"La mobilité, la variabilité, le caractère illusoire de ce qu’il entreprend, voilà ce qui caractérise l’homme civilisé. Les barbares ne voyagent pas, ils ne font que cheminer d’un point vers un autre, pour un objet précis ou pour lancer une invasion."
Olga Tokarczuk
"Parfois on passe à côté de certaines choses sans percevoir la chose à côté de laquelle on vient de passer"
“ Ecrire, c’est comme être sur une barque au milieu de l’eau, bercé, bousculé par le rythme des vagues. Au-dessous c’est très profond et vous n’avez que cette mince coque entre l’abîme et vous.”
Jon Fosse
"Lorsque l’enfant était enfant,
il marchait les bras ballants,
voulait que le ruisseau soit rivière
et la rivière fleuve,
que cette flaque soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas qu’il était enfant,
tout pour lui avait une âme
et toutes les âmes étaient une.
Lorsque l’enfant était enfant,
il n’avait d’opinion sur rien,
il n’avait pas d’habitudes,
il s’asseyait en tailleur,
démarrait en courant,
avait une mèche rebelle
et ne faisait pas de mines quand on le photographiait.
Lorsque l’enfant était enfant,
ce fut le temps des questions suivantes :
pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est-elle pas un rêve ?
Ce que je vois, entends, sens,
n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe-t-il vraiment
et des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi, qui suis moi,
avant de devenir, je n’étais pas,
et qu’un jour moi, qui suis moi,
je ne serai plus ce moi que je suis.
(…)"
il marchait les bras ballants,
voulait que le ruisseau soit rivière
et la rivière fleuve,
que cette flaque soit la mer.
Lorsque l’enfant était enfant,
il ne savait pas qu’il était enfant,
tout pour lui avait une âme
et toutes les âmes étaient une.
Lorsque l’enfant était enfant,
il n’avait d’opinion sur rien,
il n’avait pas d’habitudes,
il s’asseyait en tailleur,
démarrait en courant,
avait une mèche rebelle
et ne faisait pas de mines quand on le photographiait.
Lorsque l’enfant était enfant,
ce fut le temps des questions suivantes :
pourquoi suis-je moi, et pourquoi pas toi ?
Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?
La vie sous le soleil n’est-elle pas un rêve ?
Ce que je vois, entends, sens,
n’est-ce pas simplement l’apparence d’un monde devant le monde ?
Le mal existe-t-il vraiment
et des gens qui sont vraiment les mauvais ?
Comment se fait-il que moi, qui suis moi,
avant de devenir, je n’étais pas,
et qu’un jour moi, qui suis moi,
je ne serai plus ce moi que je suis.
(…)"
Peter Handkle "Chant de l'enfance"

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