dimanche 8 février 2026

badinage

 


Pensées comme vous voulez:




"Je veux bien croire que la peur tue, que la culpabilité tue, que le silence tue, mais je ne peux pas croire qu'on meure d’avoir regardé la souffrance en face. Moi, en tout cas, je ne suis pas morte. Et avant que la colère, la colère que nul ne m'a prise, ne se retire de ma plage intérieure, avant que la colère ne laissant derrière elle qu'une vague nausée qui ne me brûlera plus que le fond de la gorge, ne déserte mes rochers, mes algues et mes galets, et que ne demeurent sur le sable retourné et humide de ma conscience que quelques crabes inertes aux corps transparents que des mouettes affamées auront déjà évidés de leur bec, je me mettrai à écrire. Car derrière les paravents, même s'il n'y a plus rien, même si le temps a tant passé qu'il ne reste que des cendres emportées par le vent ou par les flots dans le courant de la Seine, même si les souvenirs sont si anciens que seuls les paravents leur tenaient lieu de réalité, il y aura toujours quelque chose à inventer.
Après tout, la pensée a horreur du vide."


La passerelle qui dit NON





"Les enfants, ça ne doit pas mourir avant les parents. Dans une société idéale, on ne devrait mourir que lorsqu’on a fini de vivre."        

Les masques tombent





Petite pensée humide pour le bateau qui n'en finit pas de se la couler douce et qui plait tellement ainsi
au promeneur sponsorisé par l'office de tourisme...


illustration source: "Le son du papillon"


The Very You
"Consciousness is not your essence. It flickers. It shuts down. It depends on conditions. What does not flicker is the drive of persistence embedded in the organism itself. Not in the ego. Not in narrative. Not in psychology. In the body as a self-maintaining system. Chemistry, feedback loops, homeostasis, repair. If that drive stopped, there would be no question, no despair, no choice just disappearance. Most organisms would vanish instantly without it.
This is close to Schopenhauer. The “will” in you is not a thought. It is not conscious. It does not ask whether life is worth it. It operates. And it operates whether you approve or not. Sleep does not interrupt it. Depression does not interrupt it. Even the wish “not to live” does not interrupt it, unless the body itself collapses.
Life here is not something most of us would prefer to choose. It matters because it destroys a very common lie, the idea that being alive is the result of consent, affirmation, or meaning. It isn’t. Life did not ask you. And it does not wait for your agreement. Preference enters very late, and very weakly.
So when I say that without this will to persist I would choose not to live, you’re pointing at a brutal asymmetry. The “choice” to live only exists because the will already keeps the system running. The moment the will disappears, the chooser disappears with it. That’s why the fantasy of “choosing not to be” is always parasitic on what it denies.
This is also where a lot of spiritual and therapeutic talk becomes dishonest. They speak as if consciousness could opt out, dissolve, rest, or merge while quietly relying on the body’s blind persistence to keep the experiment going. People talk nonsense about “dissolving into the void” knowing that their bodies are working overtime to keep them alive. That’s not liberation; that’s borrowing credit from biology while pretending it’s insight.
What is your essence, then? Not consciousness, not meaning, not values. The essence is constraint, a self-organizing process that continues unless forcibly stopped, without asking whether continuation is justified. That’s not noble. It’s not tragic either. It’s simply how life works.
Recognizing this does not obligate you to love life, justify life, or “say yes” to anything. It only removes the lie that you are here because you chose to be, or because consciousness decided something. You’re here because something older, dumber, and stronger than consciousness is operating through you.
You are not alive because you want to be; you can want anything only because life is already insisting."

Détective de saison essayant vainement de faire bouillir sa marmite

Lamanage et barbotage sont les deux mamelles du badinage portuaire

illustration source: Toile


"La paresse au XXIe siècle c'est avoir du temps pour s'occuper de soi, des autres, de la planète : c'est se préoccuper enfin des choses essentielles à la bonne marche d'une société. C'est renoncer à l'individualisme, à l'égoïsme, à la destruction méthodique de notre planète. C'est ouvrir un espace ; des espaces. C'est se poser. Et même se re-poser : se poser à nouveau, chaque jour, la question de ce qu'on est, de ce qu'on veut faire, de ce qu'on doit faire. Ne plus être un robot allant travailler, s'usant la semaine pour dépenser son fric une fois le week-end venu, en drogues de toutes sortes (numériques, chimiques, matérielles, culturelles, peu importe, ce sont autant de misérables voyages consuméristes) : on ne rattrape rien en dépensant l'argent qu'on a gagné en étant privé de sa vie. C'est déja trop tard. On n'a qu'une vie : celle que vous êtes en train de vivre, là, aujourd'hui, maintenant. Ce n'est pas un brouillon, ce n'est pas une esquisse. C'est votre vie : vous ne pouvez pas perdre votre temps pour la gagner. Il est temps de la vivre."
Hadrien Klent

vendredi 6 février 2026

la nuit remue

 

Petite revue de détails dans les docks
Le Belem se refait un lifting avant d'aller voguer au printemps vers d'autres rivages.
Les tuyaux d'orgue éolien attendent leur gros canote qui les amènera c'tantôt 
ou un peu plus tard vers le large où ils pourront s'égosiller à plein poumons en brassant de l'air.
Devant, à gauche, en bordure de toile on aperçoit l'ange gardien orangé du sauvetage en mer prêt à aller secourir ses futurs clients et au fond  de la darse pas très loin de la maousse grue des chantiers  les trois tubes appartiennent à un voilier  hybride des temps modernes pour croisiéristes au portefeuille haut de gamme.


"Voir le monde dans un grain de sable
Et le paradis dans une fleur sauvage
Tenir l'infini dans le creux de sa main
Et l'éternité dans une heure."   
William Blake      

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                           photo source: Contre Feu

"Notre proposition de loi vise à mettre fin à la vente de tabac aux personnes nées après 2014 pour libérer les jeunes de cette addiction mortifère.

Au moins 100 signatures sont nécessaires pour obtenir un débat parlementaire. Tant que nous n’y serons pas, nous comptons sur vous pour les interpeller."


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Au jardin, Aristide fait un discours aux crocus qui rient jaune mais faut pas leur en vouloir, c'est leur nature profonde.




 


                         ...pour aller danser, sur les vagues.

"Si un contemplatif se jette à l'eau, il n'essaiera pas de nager, il essaiera d'abord de comprendre l'eau. Et il se noiera."  
Henri Michaux
       





" L'homme est un enfant
qui a mis une vie à se restreindre,
à se limiter, à se voir limité, à s'accepter limité.
Adulte, il y est parvenu, presque parvenu..." 
Henri Michaux

               photo Lionnel

"Tu t'en vas sans moi, ma vie.
Tu roules.
Et moi j'attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t'ai jamais suivie.
Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.
A cause de ce manque, j'aspire à tant.
À tant de choses, à presque l'infini...
À cause de ce peu qui manque, que jamais n'apportes."
Henri Michaux extrait de: "La nuit remue."




Question hautement philosophique d'un grand voilier des plaines: "Mais d'où vient le vent?"