samedi 21 février 2026

change-ton-angoisse.com

 

Les branluchons
avaient l'air de se faire la gueule. 
Même qu'ils pissaient
sur ce qu'ils imaginaient être leur territoire d'histoire
pour se rappeler de leur odeur
de mâle accompli
sachant souffrir pour la cause
mais restant tout de même sauvage  et romantique 
avec tous les  accessoires religieux gri-gri...
Les branluchons
avaient l'air et la chanson
des frères ennemis.
Même style (enfin, si on peut appeler ça du style)
même look
et aversion maladive de la couleur
ou alors tatouée en seconde peau.
Les branluchons aimaient le sport: de combat de préférence.
la fraternité entre hommes et quelques femmes aussi
parce qu'ils savaient évoluer avec leur époque
et leurs copines également..
les branluchons se ressemblaient tellement
qu'ils avaient les mêmes chausseurs, les mêmes blousons (mais pas la même marque)
le même genre de chefs
suivant les saisons
avec les mêmes rhétoriques , à peine inversées.
Les branluchons étaient souvent cultivés, de famille relativement aisées
avec bien sur quelques exceptions pour mettre bien en avant sur le tableau;
ils avaient fait ou faisaient encore des études
fréquentaient des librairies
pas les mêmes bien sur
et des bars
pas les mêmes non plus.
C'étaient de jeunes adulescents lisant des livres
pas les même non plus.
ils aimaient la campagne
pour s'ébattre  et se battre pour rire avec sacs à dos, 
Les branluchons aimaient aussi les chansons au coin du feu.
A une époque , tu vas rire certains allaient dans les mêmes colos entre Libye, Soudan, Algérie...
Ils se fournissaient chez les mêmes artificiers, c'est dire...
Et ils se ressemblaient tellement
enfin quoi,  c'était des brannluchons.
manipulables à souhait
et toujours là pour la bonne cause.
Celle qui donne du peps à la vie
à coup de barres de fer ou de manches de pioche.
avant de  prendre sa retraite 
et pour  certains  devenir penseurs pour branluchons
député, sénateur et plus si affinités
et horaires des marées.
Les branluchons  d'aujourd'hui s'insultaient sur les réseaux "sociaux" avec des pseudos forcément,
et des VPN au cas z'où et le dark web pour la fête foraine
z'étaient pas cons les branluchons
Ils aimaient leurs animaux de compagnie, leurs enfants de compagnie, leurs compagnons ou compagnes
de compagnie; ils écrivaient même des poèmes parfois et saluaient leurs voisins. 
Certains allaient à l'église le dimanche et priaient pour leur salut;
D'autres allaient au meeting de machine ou de machin et ça les transcendaient.
On se rassure comme on peut...
Bref z'avaient tellement peur de rester seul(e)s 
face à l'immensité du cosmos et ses doutes qu'ils se faisaient des ami(e)s 
certains virtuels, les plus nombreux et d'autres aussi un peu comme eux.
Les branluchons avaient  tellement peur qu'ils disaient "même pas peur"
ou "t'inquiète".
Ils balançaient sur la toile des trucs qu'on leur avait envoyé et plus c'était gros plus c'était vrai;
pour les vérifications ben!  pas le temps...on verrait plus tard
faut dire que ça allait dans le sens de ce qu'ils pensaient déjà;
Donc, tu vois quoi...

Parole de branluchon d'un jour ou l'autre


  photo source: Toile

"Une croyance me prouve seulement l'existence du "phénomène croyance", mais nullement la réalité de son contenu." 
Carl Gustav Jung        





"Pour survivre, il faut raconter des histoires"
Umberto Eco


.../...
"Nous vivons un processus de dissociation, c'est-à-dire une lente mais certaine destruction des milieux associés symboliques... Cette dissociation a commencé depuis que le modèle de la division industrielle du travail, issu du machinisme qui s'est déployé au XIXème siècle, a été mis en oeuvre dans le domaine langagier par les médias de masse, tels qu'ils reposent sur l'opposition de ceux qui sont devenus des producteurs et des consommateurs de symboles, et c'est ce qui est rendu possible par....l'apparition d'appareils technologiques qui permettent par exemple d'écouter de la musique sans avoir à en faire, tout aussi bien que d'écouter des discours politiques - formatés, hachés et passés à la moulinette des plateaux de télévision - sans avoir à les lire : sans les fréquenter dans de temps singulier de l'attention que constitue la lecture."
Bernard Stiegler extrait de: "De la démocratie participative" Marc Crépon/Bernard Stiegler
Editions "Mille et une nuits"



"Quand mon angoisse ne suffit plus
je vais sur change-ton-angoisse.com
et j'en choisi une nouvelle
parce que nom de Dieu de bordel de merde
sur cette terre de damnés
tout le monde mérite
une belle angoisse
à sa taille."
Thomas Vinau






dimanche 15 février 2026

terre à t(r)aire

 

Belle, grande et redoutable.
La nature est ainsi faite éblouissante, démolisseuse ...
tellement plus forte que nous  autres et toutes nos prétentions récurrentes
de pauvres bipèdes en mal de mère et autre acabit.


Photos  Christine M.  plage de la Courance-Saint-Nazaire


Je regardais la pluie se mouiller
me disant  qu'elle prenait des habitudes
depuis un certain temps
et j'écoutais  en même temps
et mollement
des histoires italiennes de neige sportive;
enfin des trucs pour drogués, shootés à l'adrénaline (pour qu'elle revienne)
du côté de leur médullossurénale catécho la bonne mine.
Un shoot perso tout à fait légal
et même glorifié à  l'échelon mondial en tout bien et tous ses honneurs
jusqu'au revers de la médaille naturlich! (plus tard)
comme pour toutes les addictions 
mais comme c'était pas dit dans l'histoire ou alors à la marge
avec en plus le goût de l'héroïsme et  de la flagellation.
Bref tout le monde se pâmait devant l'exploit
du ça  glisse ma poule.


"Je me méfie de l’héroïsme. Surtout, je me méfie des héros. Mais avant tout, je me méfie de la poésie elle-même. La poésie, cet idéal qui existerait en dehors de l’histoire, en dehors de l’économie, en dehors de la pollution – en dehors du temps." 
Jakuta Alikavazovic


Je n'ai rien contre les sportifs
Je n'ai rien contre les drogués
D'ailleurs, ce sont les mêmes
avec quelques nuances tout de même,
Dame! il faut avancer doucement dans la vie...
Certains ploient sous les médailles (les  sportifs  plus militaires sont forts là-dessus)
d'autres se font chopper par les cow-boys  intellectuels  gourmettés de la BAC
sans avoir les honneurs de la vox populi (qui lit sur son smartphone).
Ils sont tous, elles sont toutes, des accrocs
mais pas sur la même branche
aux infos.







Ma mère et ma grand-mère.
Ah oui, ça y est (enfin!)
Vous comprenez mieux maintenant