mercredi 22 avril 2026

mots passant


 Mots 
passant
par le trou du  gris-washing
un tier semaine.
Morose ou mots roses ?
En détricotant le dôme du jour
je lie une béchamel maison
à l'humeur fondue,
destin liquide
avec une légère épaisseur et quelques caillots
à la gueule enfarinée.
Mots passant 
au tamis éthéré:
"Réchauffe moi tout ce gris! "






J'entends des voix enregistrées;
des voix perdues
des voix de garage ou de grenier, de placard, de carton poussiéreux et de bande à part.
Des voix d'avant
mais
j'ai paumé la clé
ou alors elle s'est barrée
vers d'autres voies
toutes tracées
et si vite effacées.




Encore s'émerveiller des enfilades de mots.
Du premier au dernier en l'espèce
                   Du premier au dernier dans l'espace
nous renvoyant la balle à blanc,
comme une évidence.

                                   Se  "raconter", s'échapper aussi,
puiser dans l'étron commun et y faire pousser 
des pensées invasives et pourtant si fragiles
et tellement dérisoires
...

           Folâtrer dans la glaise d'un verbe écorché vif.
Il panse comme il peut
ses blessures.
 Pôvre !
à la lueur du doute qui veille
( toujours )
pour le cueilleur
et pour le dire.

Ajouter au livre d'or de la grande supercherie
qui nous habille,
 quelque épitaphe à la gloire de l'ébauche fugitive,
 hommage aux perspectives incongrues,
 respect des impayables fulgurances,
révérence aux  troubadours du potage de langue
publiés à compte pour du beurre .

Il y a trop de confusion en dehors des lignes
par où la vie pèche 
à vagues qu'en veux-tu.

L'écriture à l'unisson des hommes n'a pas de semblable.
Elle tire la couverture vers elle pour essayer de se distinguer à la bonne heure du paraître
noyé dans l'être en souvenir.

Je lis mes complices galériens mais jusqu'où ira ma compréhension de fantaisies fondamentales ainsi exprimées ?
et que sais-je de l'échouage de ces paquets de mots amers, salés, acides, sucrés...
balancés à la baille et jetés en pâture aux vents de l'oubli.




Parfois on restaure de vieilles images
pour croire qu'on se répète
qu'on respecte 
qu'on inspecte aussi
les pas d'avant
et toutes les concentrations de châteaux de sable

Des pas en avant pour entrer dans la danse des poussières
qui s'élèvent loin , très loin derrière
avec tous les sabots qui vont sur l'eau de la piste de danse
et qui choquent le bois et les amarres des grandes  voiles
pour se faire belles
à la surpatte







Un jour d'avant
où je farfouillerais dans les tréfons de ma boite en bois
mais sans pillosité excessive
je trouverais une lettre
signée de nulle-part en langue abusive
me signalant 
à toute faim utile,
que j'étions potentiellement bénéficiaire
du gros lot ultime d'une grande/wonderlull  partie
orchestrée par  les spécialistes du genre (et des autres aussi),
il me suffisait alors,
une fois que j'avis lu les 348 éléments du contrat
de renvoyer par la poste
et timbré
à son emplacement fait pour .
Et là nous pouvions parmi quelques autres devenir l'heureux gagnant d'un chèque
dont j'avions déjà le fac simulé entre les mains pas top bien réveillées
et que si j'achetais un petit quelque chose; ô pas grand chose,
une pince à épiler les fraises ou une machine à faire des vents
par exemple
et bien que mes chances de gagner le gros ballot
augmenteraient au centuple voir même plus..
Mais ça c'était hier,
aujourd'hui c'est dans ma virtual box
que je me noie à toute heure des jours
sous des promesses de richesses multiples
et avariées.
Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait la promesse.

lundi 20 avril 2026

mettre les voiles

 





"Dans vingt ans vous serez plus déçu par les choses que vous n'avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors, sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez."
Marc Twain


"il ya une place en enfer réservée aux dirigeants d'entreprises et aux gros investisseurs. Des hommes aux doigts palmés et aux bras ailés. Ils décampent tels des oiseaux migrateurs  quand les vent tourne mais sont inexorablement remplacés part d'autres qui bravent le froid et retroussent leurs manches sous les hurlements du blizzard.
Des prospecteurs ayant le sens de l'argnet y voient le potentiel de se faire une fortune telle que ça vaut bien le coup de quitter un temps le soleil. Pareils à des devins, ils posent l'oreille contre la paroie grise des montagnes et proclament "ici".
"Ici gisent tant de richesses que personne ne pourra refuser."
Lorsque le fête est terminée, que la source est tarie ou que le prix du métal a chuté, ce n'est pas eux qui se tiennent devant une cantine bondée pour expliquer que les temps sont durs. Ils disposent de tout un service de RH pour faire le sale boulot. eux sont loins depuis longtemps. Loins des terres et cours d'eau contaminés, loins des mineurs devenus chômeurs, dont les poumons ont respié la poussière de minerai, l'amiante et les vapeurs de diesel.
Dirigeants d'entreprises et gros investisseurs sont déjà en route vers d'autres horizons, d'autres roches à extraire. Sous d'autres noms d'enseignes avec des conseils d'administration tous neufs et des liasses d'argent frais à agiter sous le nez des politiciens, ils sont de nouveaux accueillis en héros. Eux qui viennent porter les communes dépeuplées vers des hauteurs économiques sans précédent,créer dse emplois et instaurer la foi en l'avenir."
Karin Smirnoff extrait de: "Milenium -"La fille dans les yeux du lynx"


   illustration José Luis Munuera d'après le roman de Cédric Sapin-Defour: "Son  odeur après la pluie."


"Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles."
Albert Camus



                     Illustration: Source

    Le populisme surgit quand il y a des moments de grande défiance politique, lorsqu’un gouffre se creuse entre le pays légal et le pays réel, pour reprendre l’expression maurrassienne entrée dans le langage courant. Dans des moments de crise économique et sociale importante auxquelles s’ajoute une interrogation culturelle sur ce que nous sommes, nous, Français.
La particularité française tient à l’idée, très présente depuis la Révolution, que la représentation est déjà une forme de captation de la souveraineté populaire. La question ne se pose pas lorsqu’il il y a une bonne syntonie entre les représentants politiques et le reste de la population, que le contexte économique et social est favorable et que le pays est porté par une certaine assurance culturelle et identitaire. Mais le doute sur la représentation est une spécificité nationale. Cela remonte à Robespierre qui déclarait dès 1792 à propos des élus de la nation « Ils n’étaient, de leur aveu même, que des mandataires du peuple, et ils se sont faits souverains, c’est-à-dire despotes ».
Marc Lazar