mardi 20 septembre 2022

sant-nazer le retour

 
A la "veille" d'une nouvelle manifestation pour la réunification administrative de la Bretagne
samedi 24 septembre à Saint-Nazaire, un peu d'histoire locale avec quelques photos de la précédente
sur le territoire nazairien en 1977 au Parc Paysager  avec un samedi concerts et prises de parole sous chapiteau (Alan Stivell etc) et le lendemain défilé dans la ville, où l'on put apercevoir au milieu des participants un ex-éducateur/député et futur ministre de la santé socialiste. Notons également que  le Maire  socialiste z'également (de l'époque) avait reçu une délégation et fait pavoiser l'édifice municipal aux couleurs de la Bretagne. Le maire actuel socialiste z'aussi en fera t-il de même? la dernière fois qu'il a osé la chose c'était légèrement forcé... pour un hommage rendu sur le parvis de la mairie a un militant et historien breton, il se dépécha de faire disparaitre le Gwenn ha du au bout de quelques jours.
" Jacobino sors de ce corps" (voix off)
 

 

 







Photos Didier Graves
 
 

 

                                   


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 "Jamais une statue ne sera assez grande
Pour dépasser la cime du moindre peuplier
Et les arbres ont le cœur infiniment plus tendre
Que celui des hommes qui les ont plantés

Pour toucher la sagesse qui ne viendra jamais
J'échangerais la sève du premier olivier
Contre mon sang impur d'être civilisé
Responsable anonyme de tout le sang versé

Fatigué du mensonge et de la vérité
Que je croyais si belle, que je voulais aimer
Et qui est si cruelle que je m'y suis brûlé

Fatigué d'habiter sur la planète terre
Sur ce grain de poussière, sur ce caillou minable
Sur cette fausse étoile perdue dans l'univers
Berceau de la bêtise et royaume du mal
Où la plus évoluée parmi les créatures
A inventé la haine, le racisme et la guerre
Et le pouvoir maudit qui corrompt les plus purs
Et amène le sage à cracher sur son frère

Fatigué de parler, fatigué de me taire
Quand on blesse un enfant quand on viole sa mère
Quand la moitié du monde en assassine un tiers

Fatigué de ces hommes qui ont tué les Indiens
Massacré les baleines et bâillonné la vie,
Exterminé les loups, mis des colliers aux chiens
Qui ont même réussi à pourrir la pluie
La liste est bien trop longue de tout ce qui m'écœure
Depuis l'horreur banale du moindre fait divers
Il n'y a plus assez de place dans mon cœur
Pour loger la révolte, le dégoût, la colère

Fatigué d'espérer et fatigué de croire
A ces idées brandies comme des étendards
Et pour lesquelles tant d'hommes ont connu l'abattoir
Je voudrais être un arbre, boire l'eau des orages
Me nourrir de la terre, être ami des oiseaux,
Et puis avoir la tête si haut dans les nuages
Qu'aucun homme ne puisse y planter un drapeau

Je voudrais être un arbre et plonger mes racines
Au cœur de cette terre que j'aime tellement
Et que ce putain d'homme chaque jour assassine
Je voudrais le silence enfin, et puis le vent...

Fatigué de haïr et fatigué d'aimer
Surtout ne plus rien dire, ne plus jamais crier
Fatigué des discours, des paroles sacrées

Fatigué de sourire, fatigué de pleurer
Fatigué de chercher quelques traces d'amour
Dans l'océan de boue où sombre la pensée"
Renaud Séchan 
 

 

lundi 19 septembre 2022

sur toutes les plages du monde

 

Rester vivant, dit la voix, s'applique aussi à toutes les filles, qui que vous soyez restez vivant à cause du vent lisse dans les roses et dans vos délires, restez vivant, montrez-vous avec vos syllabes et vos images, n'ayez pas peur de toucher à votre mélancolie, restez vivant malgré les mouches et les brûlures, les petites décorations, les armoires fermées de chacun, restez vivant les bras ouverts comme les pages d'un dictionnaire, respires haut et fort entre les signes les miroirs les petits croquis, n'oubliez pas votre grigri et la grammaire latine, restez vivant malgré votre mère dans son bain, les terroristes et les menteurs, restez vivant dans l'axe de la lune et touchez, touchez donc à vos miroirs aux bons endroits avant de vous regarder partir.
Restez vivant comme quelqu'un qui n'est pa vous."
Nicole Brossard
 

"Je me mettrai un jour
À travailler vraiment
Et mon premier souci
Sera de surveiller la forme des nuages"
Gilles Vigneault





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Depuis que Fabien Roussel a, sur un stand de la Fête de l’Humanité, fustigé « la gauche des allocs », le débat n'en finit plus de s'éterniser (oui, oui) : le travail, est-ce un truc de droite, un truc de gauche, un truc du centre ? Au fond, qu’est-ce que la gauche ? Et qu’est-ce que l’Homme ? Depuis le cimetière du Père-Lachaise où il est enterré, Paul Lafargue a tenu à intervenir dans ces discussions. Cette envie a été titillée par Sandrine Rousseau – ô Paresse, mère des arts et des nobles vertus – qui a parlé, en réponse au leader communiste, de « droit à la paresse », le titre d’un pamphlet publié en 1883 par ce cher Paul.
 
(Utile précision : Paul Lafargue n’étant plus vivant et le texte de cette interview, tiré du « Droit à la paresse », pamphlet qui a un peu vieilli dans la forme, nous nous sommes autorisé de petites coupes. Les questions sont d’aujourd’hui, faut-il le préciser…)
 
 

 
Paul Lafargue, que pensez-vous des propos de Fabien Roussel ?
 
" Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie est l’amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail."
 
Etes-vous en train de nous dire, comme le suggère Sandrine Rousseau, que le travail, c’est « une valeur de droite » 
 
 "Le prolétariat, trahissant ses instincts, méconnaissant sa mission historique, s’est laissé pervertir par le dogme du travail. Rude et terrible a été son châtiment. Toutes les misères individuelles et sociales sont nées de sa passion pour le travail. La morale capitaliste, piteuse parodie de la morale chrétienne, frappe d’anathème la chair du travailleur ; elle prend pour idéal de réduire le producteur au plus petit minimum de besoins, de supprimer ses joies et ses passions, de le condamner au rôle de machine délivrant du travail sans trêve, ni merci. Les économistes nous prêchent la théorie malthusienne, la religion de l’abstinence et le dogme du travail ? Mais il faudrait leur arracher la langue et la jeter aux chiens."
 
 

 
 Donc c’est un truc de droite ? Je voudrais être sûr de bien comprendre…
 
" Les socialistes révolutionnaires ont à recommencer le combat qu’ont combattu les philosophes et les pamphlétaires de la bourgeoisie ; ils ont à monter à l’assaut de la morale et des théories sociales du capitalisme ; ils ont à démolir, dans les têtes de la classe, appelée à l’action, les préjugés semés par la classe régnante ; ils ont à proclamer, à la face des cafards de toutes les morales, que la terre cessera d’être la vallée de larmes du travailleur…"
 
 Ok, ok. On a compris. Vous voulez quoi, un revenu universel ? Avec ça, on va se retrouver avec des zombies « netflixés » qui passent leur journée en slip sur un canapé…
 
 "Sublimes estomacs gargantuesques, qu’êtes-vous devenus ? Nous sommes bien dégénérés et bien rapetissés. Quand, dans notre Europe civilisée, on veut retrouver une trace de la beauté native de l’homme, il faut l’aller chercher chez les nations où les préjugés économiques n’ont pas encore déraciné la haine du travail. L’Espagne, qui, hélas ! dégénère, peut encore se vanter de posséder moins de fabriques que nous de prisons et de casernes ; mais l’artiste se réjouit en admirant le hardi Andalou, brun comme des castagnes, droit et flexible comme une tige d’acier ; et le cœur de l’homme tressaille en entendant le mendiant, superbement drapé dans sa capa trouée, traiter d’amigo des ducs d’Ossuna. Pour l’Espagnol, chez qui l’animal primitif n’est pas atrophié, le travail est le pire des esclavages…"
 

 
 
 Euh… L’Espagnol qui ne travaille pas ? Ce n’est pas un truc semi-raciste que dirait un ministre du Budget d’un pays du nord de l’Europe, ça ?
 
" Les Grecs de la grande époque n’avaient, eux aussi, que mépris pour le travail ; aux esclaves seuls il était permis de travailler : l’homme libre ne connaissait que les exercices corporels et les jeux de l’intelligence."
 
 Mais il faut bien produire pour redistribuer. Vous pensez qu’elles tombent d’où les « allocs » ?
 
 "Et les économistes s’en vont répétant aux ouvriers : travaillez, travaillez pour augmenter la fortune sociale ! Prêtant l’oreille aux fallacieuses paroles des économistes, les prolétaires se sont livrés corps et âme au vice du travail, ils précipitent la société tout entière dans ces crises industrielles de surproduction qui convulsent l’organisme social. Alors, parce qu’il y a pléthore de marchandises et pénurie d’acheteurs, les ateliers se ferment et la faim cingle les populations ouvrières de son fouet aux mille lanières."
 
 Ça s’appelle le capitalisme. Vous ne voudriez quand même pas casser la croissance ?
 
" L’abstinence à laquelle se condamne la classe productive oblige les bourgeois à se consacrer à la surconsommation des produits qu’elle manufacture désordonnément. Au début de la production capitaliste, il y a un ou deux siècles de cela, le bourgeois était un homme rangé, de mœurs raisonnables et paisibles ; il se contentait de sa femme ou à peu près ; il ne buvait qu’à sa soif et ne mangeait qu’à sa faim. Il laissait aux courtisans et aux courtisanes les nobles vertus de la vie débauchée. Aujourd’hui il n’est fils de parvenu qui ne se croit tenu de développer la prostitution et de mercurialiser son corps pour donner un but aux labeurs que s’imposent les ouvriers des mines de mercure ; il n’est bourgeois qui ne s’empiffre de chapons truffés et de Laffite navigué, pour encourager les éleveurs de la Flèche et les vignerons du Bordelais. A ce métier, l’organisme se délabre rapidement, les cheveux tombent, les dents se déchaussent, le tronc se déforme, le ventre s’entripaille, la respiration s’embarrasse, les mouvements s’alourdissent, les articulations s’ankylosent, les phalanges se nouent."
 
 

 
 Vous y allez fort, nous bénéficions tous des fruits de la croissance, qu’il faut aller chercher avec les dents, je vous le rappelle…
 
 "En présence de cette double folie des travailleurs, de se tuer de sur-travail et de végéter dans l’abstinence, le grand problème de la production capitaliste n’est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d’exciter leurs appétits et de leur créer des besoins factices. Pour forcer les capitalistes à perfectionner leurs machines de bois et de fer, il faut hausser les salaires et diminuer les heures de travail des machines de chair et d’os. Les preuves à l’appui ? c’est par centaines qu’on peut les fournir. Dans la filature, le métier renvideur (self acting mule) fut inventé et appliqué à Manchester, parce que les fileurs se refusaient à travailler aussi longtemps qu’auparavant."
 
 Attendez, Benoît Hamon, qui était d’accord avec vous sur la baisse du temps de travail, voulait faire une taxe sur les robots ! Et là, vous nous prônez le communisme de luxe automatisé !
 
 "Si, en diminuant les heures de travail, l’on conquiert à la production sociale de nouvelles forces mécaniques ; en obligeant les ouvriers à consommer leurs produits, on conquerra une immense armée de forces travail. C’est alors que le marché du travail sera débordant ; c’est alors qu’il faudra une loi de fer pour mettre l’interdit sur le travail. Il faudra, par des lois sévères, imposer aux ouvrières et ouvriers en passementeries, en dentelles, en fer, en bâtiments, du canotage hygiénique et des exercices chorégraphiques pour le rétablissement de leur santé et le perfectionnement de la race. Du moment que les produits européens consommés sur place ne seront plus transportés au diable, il faudra bien que les marins, les hommes d’équipe, les camionneurs s’assoient et apprennent à tourner les pouces. Les bienheureux Polynésiens pourront alors se livrer à l’amour libre sans craindre les coups de pied de la Vénus civilisée et les sermons de la morale européenne."
 
 Par Rémi Noyon
Envoyé spécial au Père-Lachaise L'OBS exclusif: "Le gendre de Marx répond à Fabien Roussel"
 
 
                                         

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"Je me suis pris à l'aile exquise du hasard
J'avais oublié de le dire
J'avais perdu le sens de la distance
Dans la débâcle du présent
Serré dans les filets rigides de la raison
Étouffé de forces précises
Je tournais sans comprendre autour de la maison
Assis debout perdu dans le délire
Et sans mémoire à remonter aux limites obscures
Plus rien à conserver dans les mains qui se brouillent
À retenir ou à glaner entre les doigts
Il n'y a que des reflets qui glissent
De l'eau du vent filtrés limpides
Dans mes yeux
Et le sang du désir qui change de nature
Des images des images sans aucune réalité
Pour se nourrir  "
Pierre Reverdy 
 


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