samedi 4 juillet 2026

pour la rime

 
Côté plage: la caravane de l'été



Tour du phare en varappe
dans "l'aigle et la cuisse".



"Je suis un exilé.
je prends un moment pour me pencher à nouveau sur ma vie, et j'essaie de la voir telle qu'elle a été. Parmi la folie que j'ai rencontrée, parmi la précipitation de l'humanité et le fracas et la brutalité des collisions auxquelles j'ai assisté, il y a eu des moments.
Amour, Passion, Promesse. L'espoir de jours meilleurs.
Toutes ces choses. Mais je suis confronté à une vision, et de quelque côté que je me tourne maintenant je suis face à cette vision.
J'étais l'Attrape-Coeurs de Salinger, debout à la lisière d'un champ de sigle grimpant à hauteur d'épaule, percevant le bruit d'enfants invisibles jouant parmi les vagues et les oscillations de couleur, entendant leur rire turbulent, leurs jeux-leur enfance si vous voulez-
et me tenant sur le qui-vive au cas où ils s'approcheraient trop de la lisière du champ.
Car le champ flottait, libre et sans entraves, comme s'il était dans l'espace, et s'ils en atteignaient le bord je n'aurais pas le temps de les retenir avant qu'ils ne tombent.
Donc je regardais, j'attendais, j'écoutais, je faisait tout mon possible pour être là avant qu'ils ne basculent dans le précipice. Car s'ils tombaient, personne ne pourrait plus les ratrapper. Ils seraient partis.
Partis, mais pas oubliés.

C'avait été ma vie.
Une vie déroulée comme du fil, résistance incertaine, longueur inconnue;
se rompra-t-il abruptement ou continuera-t-il indéfiniment, reliant entre elles de nouvelles vies. Parfois du simple coton, à peine suffisant pour assembler les parties d'une chemise, parfois une corde-triplement tressée, e"xtrémités en bonnet turc, chaque brin et chaque fibre goudronnés et tordus pour repousser eau, sang, sueur, larmes; une corde pour dresser une grange, pour faire des noeuds d'arrêt et tirer une nefant presque noyé d'une inondation, pour tenir une jument rouanne et la soumettre à sa volonté, pour ligoter une homme à un arbre et le battre pour ses crimes, pour hisser une voile, pour pendre un pêcheur.

.../...


.../...
Une vie à retenir, ou à voir glisser entre des mains indifférentes et inattentives, mais toujours une vie.
Et lorsqu'on nous en donne une, nous en souhaitons deux ou trois, ou plus , oubliant si facilement que celle que nous avions a été gaspillée.
Le temps avance droit comme une ligne de pêche pleine d'espoir, des semaines devenant des mois devenant des années; pourtant en dépit de tout ce temps, un infime instant de doute et tout s'envole.
Les moments exceptionnels-sporadiques, comme des noeuds serrés, irrégulièrement espacés tels des corbeaux sur un fil télégraphique- de ceux-là nous nous souvenons, et nous n'osons les oublier, car souvent ils ne sont que ce qu'il nous reste à montrer.
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Claude Nori-Galerie des franciscains-expo: CARGO-2026

.../...
Je me souviens de chacun d'eux, et aussi d'autres, et me demande parfois si l'imagination n'a pas contribué à façonner ma vie.
Car c'est ce qu'elle était, et sera toujours: une vie.
Maintenant qu'elle a atteint son chapitre final je sens qu'il est temps de raconter tout ce qui s'est passé.
Car voilà qui j'étais, qui je serais toujours...rien de plus que le narrateur, le conteur d'histoires, et si l'on doit juger de qui je suis ou de ce que j'ai fait, qu'il en soit ainsi.

Au moins ceci s'érigera en vérité-un testament si vous voulez, une confession même.
Je suis assis calmement. Je sens la chaleur de mon propre sang sur mes mains, et je me demande si je vais continuer à respirer longtemps. Je regarde le corps d'un homme mort devant moi, et je sais qu'à quelque petite échelle justice a été rendue.
Revenons en arrière maintenant, remontons au tout début. Accompagnez-moi si vous le voulez car c'est tout ce que je peux demander, et malgré tous mes torts, je crois en avoir assez pour que vous m'accordiez ce temps.
Inspirez. Retenez votre souffle. Expirez. Tout doit être silencieux, car lorsqu'ils viendront, lorsqu'ils viendront enfin me chercher, nous devrons être en mesure de les entendre.
.../..."
R.J. Ellory -extrait de:"Seul le silence- traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau




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Ailleurs aussi
Assis ailleurs


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Il restait encore cela, la bouée dans la tourmente, quelques restes d'illusion, un brin de nostalgie, un peu de vie quoi , quelques envies. 
A peine cela et ce n'était pas grand chose
 au vu de tout le reste.
Affaire à suivre.



Tout est dans le regard
disait Edgar
pour la rime

Photos de Emeline Sauser Festival  de photos CARGO 2026







pas lu-pas pris



Sous la canicule
le romantisme dégouline
dans les rétros
Trop de créme, écoeurant
Quoi ! rafraichissant
Vous me surprenez.

Par cette chaleur



jeudi 2 juillet 2026

pas de hâte

 

Des ombres narquoises de St naze
passées à l'orange
Quelle imprudence.

Pour
choisir la couleur
son tempérament
Il suffisait juste de se lever un peu plus tôt







              

La nouvelle expression à se glisser dans la bouche
et qui fera date peut-être
ou pas.






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 Esther Donikian Photo  extraite de l'expo CARGO-"Les photographiques de Saint-Nazaire 6em édition-jusqu'au 27 septembre 
à voir boulevard Albert Ier


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"Assis sur un banc devant l'océanDevant l'océan égal à lui-mêmeUn homme pensif se masse les tifsInterrogatif, à quoi pense-t-il?À quoi pense-t-il, livré à lui même?Il pense à son îleSon île HélèneEst-ce que l'île l'aime?
Assis sur un banc devant l'océanL'océan jamais tout à fait le mêmeDans le bruit lascif autour des récifsQue la vague enchaîneÀ quoi rêve-t-il, l'éternel bohème?Il rêve à une île dont le littoralA le pur profil de l'amour total
Assis sur un banc devant l'océanDevant globalement la Terre tout entièreQui jamais n'enterre ses haches de guerreOu si peu, si guère que c'est faire semblantIl pense que le vent fraîchit sur sa joueIl pense que l'amourSait vous mettre en joueBan, ban, ban
Il pense surtout devant l'océanBel esclave bleu qui remue ses chaînesIl pense à son île, à son île HélèneEst-ce que l'île l'aime?Pense-t-elle à son il?"
Claunde Nougaro



L'été de la poésie au Cinéma des merveilles...









Roulez! Roulez! Jeunesse



"Le monde est notre désir.
Le monde est notre vouloir.
Il n'y a rien à dire du monde --- sauf qu'il nous ressemble trait pour trait.
Si nous le trouvons médiocre --- c'est que nous sommes médiocres.
Si nous le trouvons vain --- c'est que nous sommes vains.
Si nous le trouvons affreux --- c'est que nous sommes affreux.
Si nous le trouvons dur --- c'est que nous sommes durs.
Si nous le trouvons morne --- c'est que nous sommes mornes.
....
Si nous le trouvons hostile --- c'est que nous sommes hostiles.
Il ne changera que quand nous changerons.
Il est nous --- et indéfiniment il nous ressemblera.
Pour l'instant --- c'est un monde de terre sèche.
Il y aura un brin d'herbe quand vous serez devenus brin d'herbe.
Ou alors --- laissez tout crever.
Les démoniaques des pouvoirs ont ce qu'il faut dans l'arsenal pour une gigantesque épouvante.
Une gigantesque Mort."           
Louis Calaferte









"Ne pas être en insécurité linguistique, c'est ne pas craindre de parler, de s'exprimer, de développer son point de vue. Être à l'aise. Il y a plein de gens qui ont plein de choses à dire mais qui n'arrivent pas à les exprimer. a des gens qui racontent n'importe quoi mais avec un tel aplomb qu'on a l'impression qu'ils maîtrisent le sujet. Et puis il faut reconnaître qu'on a toujours cette fascination pour les gens qui parlent bien. Ça hypnotise, ça endort, ça rassure." 
Guillaume Meurice extrait de: "S'entendre"



    WARM UP






"Avec tes défauts, pas de hâte.
Ne va pas à la légère les corriger.
Qu'irais-tu mettre à la place ?"      
Henri Michaux