jeudi 19 septembre 2019

et encore, et encore







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Quand on croit ce qu'on croit...

                                         découvert chez: LaFrenière&Poésie


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chez: "Rêveuse de mots"

             photo: Maria Dolores Cano


 
"Ne point briser les rêves 
              les laisser flotter au vent 
              sur la peau de la mer 
              tels des drapeaux à prières 
              ouverts aux quatre vents 

              grain de ciel   grain d’eau 
              goutte de sable et de mirage 
              les anges ne sont pas loin 
              le temps fragile et fluide 
              coule sur les parois de l’éternité 
              avec le désir de savourer 
              le sel de la vie

la vraie       le vrai

                 ce petit grain de rien
                 qui nous fait tant de bien

              en ce jour gris   bleuté   sablé
              capter les derniers reflets 
              et les menus secrets 
              dans le mouvement de l’eau
              le murmure des mots 
              leur chant     leur mystère
              sur les lèvres de la mer 
              qui n’en finit pas de pleurer 
              ses larmes perles d’ardoise 
              grises   blanches   bleutées 

                  ne brisons point nos rêves 
                  nos rêves      d’avoir été "
Maria Dolores Cano

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"L'homme recherche l'oisiveté mais, l'oisiveté ne pouvant être bien appréciée qu'en opposition avec le travail, il recherche le travail pour pouvoir rechercher l'oisiveté. La civilisation est une série de contradictions."
Frenando Pessoa


"L'ambition enivre plus que la gloire; le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses.
il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre ce soit encore la rêver, mais moins mystérieusement et moins clairement à la fois, d'un rêve obscur et lourd, semblable au rêve épars dans la faible conscience des bêtes qui ruminent."
Marcel Proust 


Aujourd'hui m'aime.
Maintenant,
à l'instant
même
           finalement ,
à travers le filtre de l'adoucisseur 
Dès à présent. 
           D'or
            et déjà.
            Sur le chant
 d'un vent 
                hors d'haleine. 
 pour sa peine.

                                                Aujourd'hui m'aime.







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mercredi 18 septembre 2019

on ne fait jamais que parler d'autre chose



"Je n'ai pas vraiment choisi.
Lorsque j'ai vu ce fil, je n'ai pas pu m'empêcher de tirer dessus.
Ma mère me disait toujours qu'il ne fallait pas tirer sur les fils parce que ça détricotait mes pulls.
Mes pulls grattaient, alors je me fichais bien de les détricoter.
Au contraire, faire du mal à l'ennemi m'offrait une revanche.
Je n'ai pas vraiment choisi, mais je l'ai tout de même fait. J'aurais peut-être dû m'abstenir.
Je n'ai pas vraiment choisi non plus ce qui allait venir. Je le voyais moins long, ce fil. J'imaginais qu'il allait peut-être se casser malgré mes précautions.
J'ai tiré et il s'est déroulé. J'ai tiré et il ne s'est pas cassé. j'en ai fait une bobine, calée entre mon coude et mon poignet;
Je voulais savoir ce qu'il racontait, où était la fin. Je ne la voyais pas venir.
Mon coude et mon poignet ne suffisaient plus, alors je l'ai enroulé autour de ma taille. Un tour, un deuxième, un troisième.
Il commençait à gratter un peu et je repensais à ma mère, heureux qu'elle ne voit pas ça.
Je ne sais pas combien de mètres j'ai ainsi déroulés et réenroulés.
Je n'ai pas vraiment choisi non plus de continuer.
Cela s'est imposé à moi, frénétiquement.
Si on m'avait vu on m'aurait pris pour un fou. On ne détricote pas le monde. Même s'il gratte, on ne le détricote pas.
Ce n'est pas une affaire de religion, ce n'est pas une affaire de morale. on ne le fait pas. Point.
J'ai vu passer des civilisations, des Egyptierns, des Etrusques, des Romains, des Mérovingiens...
enfin je crois. J'ai vu passer des guerres. Et autant de paix, même si je n'ai pas cru en toutes. J'ai vu des naissances, des morts et des deuils, des mariages et des séparations, quelques jolies fêtes.
Des lampions et des guirlandes.
Mais ça grattait toujours.
C'était joli mais ça grattait.
Parfois, je n'osais pas regarder. Je n'étais plus un enfant, pourtant il y avait des images que je préférais m'épargner.
Je les savais présentes, même si je ne les voyais pas, elles existaient, à la manière de chuchotements venant siffler à mon oreille.
On a mis des pommades et des onguents. Je n'ai pas vu qui et je n'ai pas eu le temps de dire merci, le fil avait continué sa course.

Alors j'ai continué jusqu'à disparaître, emprisonné sous les lacets. Je n'ai pas vu la fin. Je crois bien que le fil continuait à se dérouler tout seul.
C'était plutôt amusant et ça ne grattait plus.
Ou j'avais accepté.
dans ma camisole, je ne me battais plus contre les sensations. Jentendais les voix et la musique. Et le rythme était plutôt bon.
J'ai voulu tout rembobiner. Le retricoter. Je ne me souvenais plus bien de l'ordre, j'ai fait comme j'ai pu.
Je n'ai jamais été très bon avec des aiguilles.
Cela ne me semblait pas très académique mais le résultat était assez harmonieux. Je ne saurais dire comment je m'y suis pris. un coup à l'endroit, un coup à l'envers.
Rapidement, il ne restait plus qu'une mince pelote entre mon coude et mon pognet.
J'ai tout remis en place, dans le désordre mais en place.
Il n'y avait que ce bout de fil qui dépassait."
Gilles Marchand extrait de: "Des mirages plein les poches" Editions: Au forges de Vulcain





"Le poète en des jours impies
Vient préparer des jours meilleurs
Il est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs."

Victor Hugo 







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Molly Nilsson + Bad Hammer
au Lieu Unique-Nantes/Naoned
vendredi 20 septembre -21h
Entrée libre




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Joue-moi de l'hélico!
                                                                    
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Programme pour: Saint-Nazaire
z'et
  le département de Loire-Atlantique


                 GIF source: Toile


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lu dans
 la rubrique: "Mieux vaut en rire ! " de Marianne n°1174:

"L'âge du travail
Question posée par Le Figaro: "Travailler après 70 ans, est-ce un privilège ou une nécessité?"
Et après 80 ans, est-ce une performance ou un besoin?
Et après 90 ans, est-ce une chance ou une prouesse?
En attendant travailler après 50 ans est un vrai défi." 


                        Photo:source toile


 Lettre déplacée

"S'il vous plait: ne disons rien. Faisons-le, plutôt.
Ne disons rien et n'en disons rien.
Toute déclaration est de guerre, j'ai fini par comprendre ça, il était temps.
Mise en demeure, assignation à résidence.
Langage de code pénal.
Ne disons donc rien.

"S'il faut parler (c'est vous qui l'avez voulu), parlons d'autre chose...
On ne fait jamais que parler d'autre chose .
Les mots ne disent pas la vérité.
La vérité, langage de policier.
Les mots sollicitent, éveillent, violent ou caressent.
C'est déjà beaucoup.
C'est ce que vous aimez, non?
Ne me dites pas la vérité, j'irai la prendre, et peut-être en serez-vous surprise.

"Ne disons rien, c'est déjà beaucoup que nous soyons là, vous et moi, vous ne trouvez pas?
Cela aurait pu n'arriver jamais.
Vous, je ne sais pas, mais moi je m'étonne toujours d'un sourire, d'un visage qui se donne, des yeux qui ne fuient pas.
Lorsque vos yeux se ferment, je me permets de penser que c'est pour me mettre au défi de les rouvrir.
Par effraction.
Car nous ne méritons jamais cela.
Personne.
Mériter.
Langage de juge.
Si vous pensez que je mérite quelque chose, retirez-le-moi tout de suite, ne vous gênez pas;
je vous le rendrai sans autorisation.

"On ne mérite pas.
On n'est jamais "à sa place" où l'on est.
C'est à dire  qu'on vous a fait place mais que ce n'est pas "la vôtre".
et c'est ça qui est bien.
Tout est injustifié.
Surprenant.
Je n'ai aucune place ici : c'est la meilleure raison, et probablement la seule, d'y être.
En m'étonnant toujours de ce que cela a d'improbable, prendre une place à quoi rien ne me prédestine et sans aucun "droit".

"Je déconseille également, vous l'aurez compris, de dire que cela s'appelle être aimé.
Vous ne m'aimez pas, et vous avez bien raison.
il ne manquerait plus que de croire à ça.
Langage d'estimation immobilière.
Par contre vous ne refusez pas d'être heurtée, troublée, déplacée.
et de me le faire.
donc je rature, je cherche une autre expression.
Apparaître, exister, dans l'espace que dessine un visage et le regard intrigué de quelqu'un.
En être modifié, du coup.
appelé à autre chose.
A parler autrement.
Alors là, oui, et vous m'avez donné cela, cette possibilité qui m'arrache tout.

"Les mots ne peuvent qu'une chose pour nous: nous faire parler autrement.
C'est cela qu'ils peuvent pour nous.
ils peuvent nous faire changer de langue.
Ce que je ne puis dire dans une autre langue que la mienne, j'en suis privé.
Je vous prie de méditer cette phrase. Je répète: Ce que je ne puis dire dans une autre langue que la mienne, j'en suis privé.
D'accord?

"Pas tellement dans mon style, tout cela?
Non. justement. La triste ambition que d'avoir un style.
Ils ne se trouvent pas assez mutiques dans la vie, il leur faut encore en rajouter.
moi j'ai trop longtemps porté un vêtement qui me serrait la gorge.
Il me gêne encore.
il faut toujours que j'ouvre à cet endroit, entre plexus et visage, dans le souffle:
là où passent les mots, justement.
.../..."


François Tallandier extrait de: "Dix ans sous la bleue"-Editions Stock

                                                              Gustave Thibon