lundi 20 avril 2026

mettre les voiles

 





"Dans vingt ans vous serez plus déçu par les choses que vous n'avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors, sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez."
Marc Twain


"il ya une place en enfer réservée aux dirigeants d'entreprises et aux gros investisseurs. Des hommes aux doigts palmés et aux bras ailés. Ils décampent tels des oiseaux migrateurs  quand les vent tourne mais sont inexorablement remplacés part d'autres qui bravent le froid et retroussent leurs manches sous les hurlements du blizzard.
Des prospecteurs ayant le sens de l'argnet y voient le potentiel de se faire une fortune telle que ça vaut bien le coup de quitter un temps le soleil. Pareils à des devins, ils posent l'oreille contre la paroie grise des montagnes et proclament "ici".
"Ici gisent tant de richesses que personne ne pourra refuser."
Lorsque le fête est terminée, que la source est tarie ou que le prix du métal a chuté, ce n'est pas eux qui se tiennent devant une cantine bondée pour expliquer que les temps sont durs. Ils disposent de tout un service de RH pour faire le sale boulot. eux sont loins depuis longtemps. Loins des terres et cours d'eau contaminés, loins des mineurs devenus chômeurs, dont les poumons ont respié la poussière de minerai, l'amiante et les vapeurs de diesel.
Dirigeants d'entreprises et gros investisseurs sont déjà en route vers d'autres horizons, d'autres roches à extraire. Sous d'autres noms d'enseignes avec des conseils d'administration tous neufs et des liasses d'argent frais à agiter sous le nez des politiciens, ils sont de nouveaux accueillis en héros. Eux qui viennent porter les communes dépeuplées vers des hauteurs économiques sans précédent,créer dse emplois et instaurer la foi en l'avenir."
Karin Smirnoff extrait de: "Milenium -"La fille dans les yeux du lynx"


   illustration José Luis Munuera d'après le roman de Cédric Sapin-Defour: "Son  odeur après la pluie."


"Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles."
Albert Camus



                     Illustration: Source

    Le populisme surgit quand il y a des moments de grande défiance politique, lorsqu’un gouffre se creuse entre le pays légal et le pays réel, pour reprendre l’expression maurrassienne entrée dans le langage courant. Dans des moments de crise économique et sociale importante auxquelles s’ajoute une interrogation culturelle sur ce que nous sommes, nous, Français.
La particularité française tient à l’idée, très présente depuis la Révolution, que la représentation est déjà une forme de captation de la souveraineté populaire. La question ne se pose pas lorsqu’il il y a une bonne syntonie entre les représentants politiques et le reste de la population, que le contexte économique et social est favorable et que le pays est porté par une certaine assurance culturelle et identitaire. Mais le doute sur la représentation est une spécificité nationale. Cela remonte à Robespierre qui déclarait dès 1792 à propos des élus de la nation « Ils n’étaient, de leur aveu même, que des mandataires du peuple, et ils se sont faits souverains, c’est-à-dire despotes ».
Marc Lazar        


samedi 18 avril 2026

l'utopie ça fait du bruit en marchant

 

"Les histoires n'arrivent pas, les histoires se racontent."
Cristoph Ransmayr


"Mais la grande, la terrible vérité, c'est celle-ci: souffrir ne sert à rien."
Cesare Pavese


"La poésie commence lorsqu’un idiot dit de la mer : « On dirait de l’huile ». Ce n’est nullement là une description plus exacte du calme plat, mais le plaisir d’avoir découvert une ressemblance, l’excitation d’un mystérieux rapport, le besoin de crier aux quatre points cardinaux qu’on a vu ce rapport." 
Cesare Pavese    extraits de: "Le métier de vivre"     


"Bien sûr
ce serait plutôt chouette
de pouvoir se badigeonner
les noeuds du ventre
avec des rires d'enfants
et d'éclbousser la souillure
en crevant les yeux des billets
et de philosopher avec le premier diptère venu
bien sûr
ce serait plutôt chouette
de se transformer en musicien en tapir ou en mandarin
comme on va se laver les dents
et de changer de turbin
comme on change de pantalon
et de pisser à volonté
de la bière ou de la crème chantilly
pour résoudre la fin dans le monde
bien sur
que ce serait coolos
d'avoir des super pouvoirs
sans que le pouvoir amer
nous transforme en super-cons
mais ce serait déjà pas trop mal et peut-être même suffisant
si chacun faisait un peu l'effort
de fermer sa gueule de temps en temps."
Thomas Vinau "L'utopie ça fait du bruit en marchant" extrait de:Juste après la pluie"


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"Comme déjà tous les siècles et millénaires qui l'ont précédé sur la terre, le siècle nouveau lui aussi se règle sur ce principe immuable et bien connu de la dynamique historique : aux uns le pouvoir et aux autres la servitude. Et c'est sur ce principe que se fondent, semblablement, aussi bien l'ordre intérieur des sociétés (dominées actuellement par les « Pouvoirs » dits capitalistes) que l'ordre extérieur international (dit impérialisme) dominé par quelques États dits « Puissances », lesquelles se répartissent pratiquement la superficie tout entière de la terre en domaines respectifs ou empires."  
Elsa Morante     


  





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Will Ellsworth-Jones- "Le monde perdu de Banksy


"L’abeille est devenue l’emblème de la fragilité du monde. Pollution chimique, réchauffement climatique, mondialisation frénétique, agriculture intensive, etc. : sur chacun de ces grands dossiers de notre temps, elle apparaît comme l’innocente victime des méfaits de la technique humaine. Son destin témoigne du dérèglement tragique d’une nature qui serait de plus en plus dominée par un consortium diabolique. Faust, Prométhée et Frankenstein Inc., si l’on peut dire, soit : l’omniscience, la toute-puissance et la folie des grandeurs réunies en l’homme, par l’homme et pour l’homme. Face à la triple prétention de tout connaître, de tout maîtriser et de tout fabriquer, l’abeille apparaît comme l’être fragile par excellence, symbole de la vulnérabilité d’une nature soumise aux diktats de l’humain. Mais ce qui explique aussi le succès médiatique de cet insecte sur lequel on ne cesse de projeter les angoisses du présent plonge ses racines dans une longue et ancienne tradition. Car si l’on déplore aujourd’hui avec autant d’émotion – et parfois d’emphase – le déclin de l’abeille, c’est qu’elle fut longtemps considérée comme le symbole privilégié de la beauté et de l’harmonie du monde, lorsque la Nature était considérée comme infiniment plus vaste, plus puissante et plus durable que tous les mortels réunis."         
Pierre-Henri Tavoillot extrait de: "L'abeille et le philosophe"