lundi 24 août 2026

avaler ses couleuvres

 

"Vendre n'importe quoi et à n'importe qui ,
Depuis les Iroquois qu'on soûlait de whisky ,
Vendre sur la jachère des bétonnées campagnes ,
Mais vendre pierre et chair aux visiteurs du bagne ;


Vendre les ballons blancs de l'enfant de Saïgon ,
Cadences redoublant au gré des harpagons ;
Vendre le poulet mort , le cadavre chimique
Élevé sans remords en camps agronomiques ;

Vendre enfin les nuages puis aller à son heure
S’enivrer du mirage , Ô merveilleux bonheur :
Acheter , consommer le cola et mille œuvres !

A son tour assommé , avaler ses couleuvres ."         
Yannis Youlountas "Amer Hic"


"ENCRE : La plume se trempe à l'encrier des blessures et l'écriture se prolonge dans le sillon des cicatrices."        
Yannis  Youlountas 
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"Entartons, entartons les pompeux cornichons"
Noël Godin 13/09/1945-23/08/2026










dimanche 23 août 2026

quartiers de vacances

 

Tout est questionnement et surprise
au hasard des rues.
La vie  et ses philosophes
prennent leurs quartiers  de vacances.




"Ô jardinier de l'âme
as-tu prévu
un carré de terre humaine
où planter encore quelques rêves ?
As-tu sélectionné les graines
ensoleillé les outils
consulté le vol des oiseaux
observé les astres, les visages
les cailloux et le vagues?
L'amour t'a-t'il parlé ces jours-ci
dans sa langue étrangère?
As-tu allumé une autre bougie
pour blesser la nuit dans son orgueil?
Mais parle
si tu es toujours là
Dis-moi au moins:
qu'as-tu mangé et qu'as-tu bu?"
Abdellatif Laâbi



"Il ne reste plus certains jours
que le désir entêtant
d'entrer dans un film d'Ozu
parce que c'est doux
calme et bien écrit
en tout cas plus que la vie
en tout cas mieux que la vie."
Jérome Leroy

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"Tu vois, maman, en te détournant de mes peurs, tu m'avais préparé à celles qui m'attendaient. Ton silence m'avait prévenu. Les monstres cachés sous mon lit d'enfant ne me laisseraient jamais en paix. Je ne les avais pas chassés d'un baiser et voilà qu'il me poursuivait en grimaçant."  


« [...] J’avais été compagnon de route. J’allais devenir compagnon de doutes. »         


"Au bord de l'eau, garçons et filles rejouaient Woodstock, Wight, les grands rassemblements musicaux dont nous avions rêvé. Mais ici, il ne pleuvait pas. Ni déluge, ni boue de tranché, ni guitare hurlante pour cracher sur la guerre ? Pas de Vietman dans nos poings, pas de colère dans nos regards. Nous n'étions qu'un amas de fuyards. Des enfants perdus arrivés au bout du chemin. Nous venions de partout. Accents, langues étrangères, peaux colorées. Comme moi, des centaines de jeunes s'étaient retrouvés là, un bandeau dans les cheveux, sans mot d'ordre, sans consigne ni rendez-vous. Nous n'allions nulle part, mais ensemble. Une transhumance de chiens sans collier."    
Sorj Challandon extraits de: "Le livre de Kells"    

                                         
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'Une frontière un dimanche
on ne sait plus le jour
ni le mois ni l'année
le train ralentit à peine
le pont est toujours le même
qu'importe la frontière
qu'importe le dimanche
nous avons toujours été là
à passer une frontière
à passer un dimanche."
Jérome Leroy extrait de: "Et des dizaines d'été dorés"