lundi 18 juin 2012

Comme de loire et vu sous cet angle

En face,
c'était le nord,
 frontière envisagée et reconnue
 d'un consensus météo
qui voulait que le plus grand fleuve
en magasin se devait  coupable
et lourdement  responsable
de la pluie et du beau temps
sur le territoire national.
et ainsi,
 transformait le riverain et son arrière-train
à tel point qu'il regarde toujours avec un troisième oeil son homologue...
d'en face.




Pour la peine,
il fallait changer de point de vue
et reconnaitre que  son voisin de là-bas où il n'était plus,
 avait  raison
lorsqu'il  lui disait  que de l'autre côté: C'était pas pareil.

Traverser un jour.
Personne ne sait, qui fut le premier
à mettre le pied sur l'autre rive
et pas de flamme de l'aventurier des berges
-inconnu-
pour s'y recueillir.







".../...De l’autre côté du fleuve
comme de l’autre côté de la mer
il y a un pays où vivent
de l’autre côté de nos vies
des hommes qui nous ressemblent.
Autrefois
ils habitaient dans les livres d’images
et dans nos peurs../..."

Y.l.M.






".../...Les images précèdent les mots
les yeux précèdent les images
le regard est la première langue de toutes les langues.../..."

Yvon Le Men- deux extraits de: "Niger"




 Bibliothèque sur Loire


"C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source."
-Jean-Jaurès






"Le mensonge ne trouvera pas de bac et ne traversera pas le fleuve"
-proverbe égyptien-




"Même la gloire du fleuve s'achève à la mer."
-Proverbe Russe-



"Le temps est comme un fleuve, il ne remonte pas à sa source."
-Rivarol-


"Si vous cherchez la source du fleuve, vous la trouverez dans les gouttes d'eau sur la mousse."
-proverbe japonais-














"Elles s'en vont les pensées tristes, les années veuves,
comme un bouchon qui s'accroche, un instant dans les roseaux du fleuve."
-Francis Blanche-





"Qu'est-ce qu'un fleuve sans sa source? Qu'est-ce qu'un peuple sans son passé?"
-Victor Hugo-



"C'est par leur murmure que les étangs mettent les fleuves en prison."
-Jacques Brel-




"Je m'arrêterai à nouveau, essoufflé, hébété peut-être, échoué sur la pierre froide d'un seuil qui traverse le lit en diagonale, en suggérant un gué : l'eau se faufilera entre des galets plus gros où elle rebondira dans une mousse claire. Elle retombera avec un tintement de fontaine, puis courra se glisser sous les vergnes couchés au bord de l'eau. Je n'aurai rencontré personne depuis mon départ, j'aurai seulement croisé des voitures et des tracteurs, et entendu des animaux: Je resterai allongé un instant sur le ventre avant de repartir. J'écouterai l'eau couler; sonner, sauter sur les cailloux, répéter sans se lasser son cliquetis cristallin, incapable de me représenter ce qui m'attend, jusqu'où cette eau va me porter, et encore moins comment. Je n'aurai rien préparé, j'aurai froid, j'aurai seulement décidé de partir sans réfléchir; sous le seul prétexte d'avoir envie de voyager, et d'aller nager dans l'eau."

extrait de "La traversée de la France à la nage." -Pierre Patrolin- P.O.L. éditeur




























GABRIEL YACOUB



Tambour Major nous propose: Francis Poulenc



 

dimanche 17 juin 2012

rien que du vent



"Ce n'est rien, ce n'est rien que du vent
Ce n'est rien, ce n'est que le vent qui fait rêver"
-Joé Dassin-



"Sont-ils de grands oiseaux ou de nouveaux moulins,
Ces étranges objets , enfantés par Éole ?
Bien arrimé , chacun , afin qu'il ne s'envole.
Ils ont été crées par des esprits malins.

 
Au lieu de quatre ou deux , on leur a mis trois ailes
Qui tournent lentement , aux caprices du vent.
De dix lieux à la ronde on vient les voir souvent,
Pour admirer de près leurs techniques nouvelles.

 
Sur une seule patte ils se tiennent debout
Comme des échassiers passés dans cette lande,
certains les trouvent laids, un autre en redemande,
Mais il ne faudrait pas en mettre n'importe où.

 
Éloignés des maisons , de la moindre chaumière ,
Éolienne est leur nom , n'en déplaise au bavard,
Je crois bien que se sont de belles oeuvres d'art ,
Et c'est d'elles enfin , que viendra la lumière.
"

-Albert Lachaud-






Il n'y a pas si longtemps,  ici-même, en bordure de  Loire
devait s'implanter une centrale baladeuse
qui débuta  son "tro breiz" à Plogoff
où il lui fut demandé expressément d'aller se faire voir...
Et nulle par ailleurs.
Du genre têtue sous ses crânes de technocrate,
elle essaya de débarquer en loucedé à Erdéven
on lui signifia  alors qu'elle pouvait remballer ses neutrons rapides.
Pour finir et de guerre lasse, elle franchit l'estuaire
où une immense chaine de vie
lui opposa une résistance activement pacifique.
et le mot de la fin:










Aujourd'hui, le vent de l'Histoire a tourné
et Le Carnet
passera  commande
bientôt
pour la pleine mer














"Ce n'est rien, ce n'est que du vent
Ce n'est rien, ce n'est que le vent qui fait rêver"
-Joé Dassin"

samedi 16 juin 2012

exhibition





"La poésie n'est que l'exhibition formelle de la conscience qui souffre et qui aime et qui appréhende le monde."
-Jean-Guy Rens-


-Mot clé 
et tiroir acolyte
en vente à la criée
et déporté sur sa gauche
à la couture du pantalon.

Mot dérisoire,
embouteillé
dans la mathématique Gogol,
de tous ses zéros victorieux.

"Exhibition"
forcément plus vendeur
que 
rémission,exception,
transition, dévotion...
quoique
positions, ambition, munitions...
feraient  aussi bien l'affaire
en mission.
mais...

Punition
Désolé (ou ravi) 
ce n'était  pas la suite attendue.
Alors!
Cherchez encore...



"La poésie est un exhibitionnisme qui s'exerce chez les aveugles."
-Jean Cocteau-

Mon corps est un laboratoire que j'offre en exhibition, l'unique acteur, l'unique instrument de mes délires organiques. Partitions sur tissus de chair, de folie, de douleur. Observer comme il fonctionne, recueillir ses prestations.

"Mon corps est un laboratoire que j'offre en exhibition,  l'unique acteur, l'unique instrument de mes délires organiques. Partition sur tissus de chair, de folie, de douleur. Observer comment il fonctionne recueillir ses prestations."
-Hervé Guibert-






"Dieu a fait l'homme a son image. L'exhibitionniste lui rend hommage."
-Jacques Prévert-




"Parce qu'il "fait la roue" le paon a une réputation de vanité. C'est doublement faux. Le paon ne fait pas la roue. Il n'est pas vaniteux, il est exhibitionniste. Car en fait de roue, le paon se déculotte et montre son cul."
-Michel Tournier-




photos (d'Amérique du Nord) de Patrick Lecouffe


instants délicats en  découvertes  chez: Cerro Toluquilla's"







le rêveur inutile



"Depuis le premier jour, une vision étale, (morte peut-être), L'arbre se découpe enfin au-delà de la côte, et plus loin on voit la mer.
Il reprend son souffle et attend. La nostalgie l'habite. Il sent naître l'émotion mais la nostalgie le repousse. Il a si souvent marché à reculons jusqu'à renverser corps et crâne sur le ciment dur. Il s'abandonne. Devient gris, ou bleu comme l'ardoise posée dans le jardin."




"Ou il la pousse du pied dans le fond de sa mémoire.
Il ne l'entendra plus avant de longues années.
Il ne souffre plus de ce va-et-vient suspect entre ce qui peut-être et ce qui n'est plus. Ecrire,  pour lui,
est une attitude, non un geste. Il se pose à la table pour faire son quart malgré sa vie si occupée par ailleurs à guérir d'elle. Il n'a jamais imaginé une autre tentative. Il l'a préparée dans une jeunesse blanche."



"En posant ses mains sur le bureau, il sent dans les veines du bois une force qu'il envie.
Se remet au travail. La plume est alerte pendant une page, plus rarement deux. Les doigts s'engourdissent. Il laisse aller son regard par delà l'horizon. Il se fait violence. Il vieillit comme son texte."

extraits de: Le rêveur inutile" de Hervé Carn-Edition Ubacs-




".../...Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!

Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!.../..."
-Charles Baudelaire-


jeudi 14 juin 2012

le début et la fin, mélange liquide des genres



Dans le grand discours sur l'économie,
qui consisterait à en faire,
mais pas à tout prix...
Puisqu'il faudrait
si j'ai bien tout compris,
confier ses bourses
aux pères de nos économies,
qui se chargeraient alors de ventiler
celles-ci,
en fonction de leur poche
et celles de leurs amis
de conjoncture
et
structurellement
choisis.



En fonction,
de ce qui est bon pour une forme d'idéologie
et  contraire à une autre,
l'idée même de l'art 
et sa siamoise culture,
devraient rester dans la sphère réservée
des élus à la Culture
majuscule.
Ou peut-être plutôt
il s'agirait 
d'imaginer deux types de culture,
qui ne se mélangeraient, 
pour les besoins du casting
et  la pérennité intellectuelle.

Chacun à sa place
et les rôles bien gardés.

La seule exception étant un sport décomplexé, élevé au rang de culture
dans ce qui nous réunit tous:
Le règne animal,

Traduisons:
"L'autre, est un ennemi potentiel
quand il ne fait pas partie de ma bande"








La culture,  c'est ce qui peut  faire penser
à autre chose que de se foutre sur la gueule
et  permet de s'imaginer dans un  monde
un peu  plus bienveillant,
un peu plus respectueux de l'autre,
et  pourrait même nous faire espérer,
que l'on est assez délicat pour réfléchir à sa place dans l'univers,
aux enjeux spirituels qui nous traversent,
au dérisoire du souffle de l'existence
et à la fabuleuse  beauté  de la Vie.





'Le culturel conserve, la culture cultive."
-Bernard Lubat-





"La culture c'est ce qui fait l'humain."
-Monica Bellucci-



"La culture n'est pas un luxe, c'est une nécessité."
-Gao Xingjan-














"Ce n'est pas le champ qui nourrit, c'est la culture."
-Proverbe russe-












"La culture est un truc qui rassemble les gens, qui abat les différences."
-Public Enemy-





LE VOYAGE à NANTES

ESTUAIRE 2012







Avoir la banane...
 mais
parfois
à quel prix!!!


pétition

 
"La préfecture de Guadeloupe est en passe de prendre un arrêté donnant dérogation aux planteurs de bananes pour continuer l'épandage aérien, interdit partout ailleurs, d'un produit qui présente des risques sanitaires. Échaudés par la tragédie de la Chlordécone, nous demandons l'abrogation de cette dérogation et l'organisation d'une concertation sur la politique bananière DURABLE et ECOLOGIQUE en Guadeloupe.
> Si une telle position recueille votre adhésion, signez et faites signer à vos relations, sensibilisées à un environnement de qualité avant le 14 juin, car la date de la clôture de l’enquête publique est le 18 juin, enquête à propos de laquelle vous pouvez exprimer votre adhésion ou votre opposition à la Préfecture et à la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre."
source génération
source: Générations Futures




mercredi 13 juin 2012

Et pendant ce temps


 source: toile



 Et pendant ce temps,
inlassablement,
la roue tourne.
L'info à la seconde, prioritaire. A nos souhaits! Merci!
 tiendra encore un peu,
jusqu'à ce qu'elle ait dépassé sa date de péremption
et ainsi jetée en reste aux chiens,
qui n'en feront qu'une bouchée, tout comme le morceau choisi fut précédemment avalé
avec délectation par le clown Auguste et privilégié.

Nous en sommes là et fatigués
de ne trop rien savoir
et de consommer ce qui ne tient même pas au corps
et encore moins à l'esprit 
parti, quand à lui, et sans laisser d'adresse, chercher se route vers d'autres essieux.

Mais le savions-nous?
-la planche savonnette qui crie Alep! Alep!
-les micro particules élémentaires qui s'époumonent.
-La faim justifiant leurs moyens.
-Le meilleur de l'immonde habilement déguisé et à nos frais  en  bleu marine,
à la grâce d'un François Machiavel.
tout comme
 cette plage de fin de mois qui s'annonce
en tête des gondoles et seins crustacé
pour  pouvoir remettre vite vite par la suite son collier à crédit  au grand bal des productions
jetables,
dont nous sommes -tout de même- la cerise sur la crème de jour.

 Je regarde passer l'étron,
le prochain est déjà annoncé.
Personne ne connait  encore la couleur de l'emballage
mais sur le fondement,
soyons grandement rassurés.
Il n'y aura pas de surprise,
puisqu'il en cache un autre.


source: toile



"Le spectacle n'est pas un ensemble d'images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images."
Guy-Ernest  Debord 





 source toile et marque déposée...
"le vin des philosophes" - sic-  hic!
"pour dépasser nos préjugés" 
 lit-on dans la publicité

                                                                  §§§§§§§§§§§§§§§§§










"Vive le Québec libre"

 Une aventure du quotidien racontée chez NON-STOP et relayée par "LES POETES INDIGNES"


"Vêtue d’une robe fleurie et d’un sac rempli d’objets dangereux tels qu’une pomme, une bouteille d’eau et trois livres, j’ai voulu pointer du doigt la haute présence policière et l’attitude frôlant le terrorisme du SPVM depuis le début du conflit gouvernemental en lisant calmement 1984 de George Orwell, un roman d’anticipation présentant une société prise avec un régime policier totalitaire.

Après m’être faite fouiller par un policier à mon arrivée au métro Berri-UQAM, j’ai pris place dans un wagon en direction de la station Jean-Drapeau, mon livre à la main. Lors de mon retour vers le centre-ville, j’ai lu face à un policier et une femme a lu avec moi, par-dessus mon épaule.
Nous avons été prises en photographie et le policier, voyant que nous étions deux dangereux personnages, a appelé son équipe en renfort pour nous accueillir en bonne et due forme à Berri.
Avec les autres passagers du wagon, nous avons été placés face contre mur et nous avons ensuite été amenés à l’extérieur, par les sorties de secours, où on nous a dit de ne pas revenir sous peine d’être arrêtés.
Aucune réponse lorsque j’ai demandé ce qu’il y avait de mal à lire dans le métro.

J’ai commis un acte irréparable de désobéissance civile en redescendant dans la station et en retournant lire dans un wagon. Lorsque les policiers m’ont vu manger ma pomme, ils m’ont crié qu’ils reconnaissaient mes tatouages et m’ont interceptée. J’ai demandé ce que j’avais fait de mal, autre que de lire pacifiquement, et j’ai eu pour réponse que j’avais désobéi à leurs ordres. J’ai reposé ma question, à savoir ce qu’il y a de mal à être dans le métro à lire, et je n’ai pas eu de réponse.

On m’a mise en état d’arrestation et les deux policiers se sont fait un chaleureux high five pour se féliciter de leur bon travail. On m’a amenée, telle une criminelle, au centre de détention du SPVM au centre-ville de Montréal, où on m’a prise en photographie sous toutes mes coutures. Après avoir enregistré tous mes effets personnels, les policiers m’ont conduite à la cellule 52 où étaient présentes trois autres femmes.

J’ai passé la journée derrière les barreaux, autour d’une toilette sale, couchée sur un banc, sans savoir quand j’allais être relâchée, pour avoir lu dans un wagon de métro et pour avoir récidivé à cet acte révolutionnaire. Vers 15h30, j’ai été libérée avec un constat d’infraction me disant que tout ce cirque avait eu lieu pour un refus de circuler.

État policier ? J’ai honte de mon Québec."


-Marilyne Veilleux, étudiante à la maîtrise en sciences de l’information à l’Université de Montréal.-










mardi 12 juin 2012

traverser la nuit

source: Toile

- Collection de titres-

"Je dois reconnaître que les histoires m'intéressent assez peu. A tout prendre, je préfère les historiettes. dans certains livres, je file directement à la table des matières. Souvent, les titres me suffisent. Je fais depuis longtemps collection de titres; C'est une manie qui remonte à l'enfance. on peut collectionner toutes sortes de choses, mais la collection de titres est de loin la moins coûteuse. elle nécessite peu de matériel, se conserve à l'infini et, surtout, n'engage à rien. enfin, presque. Les mots sont souvent des titres qui s'ignorent. Paresseux, certains traînent en ville ou à la campagne, par tetits groupes. il suffit de les ramasser comme on le fait avec les champignons, ou les feuilles que l'on glisse dans un herbier.
Peu à peu, ma collection s'allonge;
Mais il faut être prudent. le comble pour un titre serait de ne pas tenir ses promesses. en la matière, la présomption se paie cher. Le titre idéal n'en dit pas trop, n'en a pas l'air. Pâle et sans effet, il se tient embusqué dans un entre-deux;
Il attend."


source: Toile


-Le coup de la soudure-

"La nostalgie suscite la méfiance.a peine énoncée et la voilà déjà synonyme de mélancolie, mais tant pis pour nous;
"Ne marche pas sur les câbles, me disait rituellement mon père lorsque nous étions dans l'atelier, et ne mets pas les mains dans tes poches, c'est dangereux, si tu tombes, tu t'éclates la tête;"
Qui aurait osé le contredire? Il soudait du matin au soir, toutes sortes de métaux, tubes, profils, carrés, soudure à l'arc ou à l'argon, à l'acétylène aussi, c'était son métier; il devinait intuitivement que la nature s'autorise souvent des entorses au règlement, et il considérait le métal d'un oeil sceptique. une bonne soudure, m'expliquait-il, doit résister à l'épreuve de la radiographie.
Il emmenait partout avec lui ce doux parfum de fer brûlé, imprégné dans ses vêtements, ses cheveux, et peut-être même sa peau; L'odeur est bien le plus tenace des souvenirs. Qu'il me suffise aujourd'hui de croiser un chantier dans la rue, comme ce matin, traversant en toute innocence un nuage volatile chargé de cet arôme métallique.
J'en frissonne et retire sur-le-champ les mains de mes poches.
Le nuage s'éloigne déjà, rusé comme un fantôme."


Deux extraits de "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit" de Fabio Viscogliosi-Editions Stock-
 


source: Toile





lundi 11 juin 2012

à cheval sur l'entre-deux


 "Aussi longtemps que les hommes ne seront pas complets et libres, ils rêveront la nuit" Paul Nizan



A cheval sur l'entre-deux
chacun semble à sa place
et la nuit m'aspire
-comme toujours-

Je parle avec les doigts
une langue de clavier
celle qui oserait tout dire
si elle n'était quelque peu farouche,
comme  si privée de compagnie
mais pour autant pas d'assurance
elle transformait le décès du jour
d'un revers demain.

Il me fallait toujours sublimer la solitude
en des croches  fragiles et dérisoires
qui m'emportaient n'importe comment
pourvu qu'elles exorcisent les calmes et les peurs
de s'aventurer esseulé et précaire.

A force de fréquenter le règne introspectif,
j'en arrivais  parfois à médire sur mon double inconnu,
celui qui  donnait le change dans les associations d'idées,
les rencontres presque volontaires en tranches de société.
J'en arrivais aussi plus ou moins empêtré, plus ou moins ébloui
par la lumière qu'on disait naturelle
à ne savoir que dire
à ne savoir qu'en faire
de l'autre versant  du moi qui communique
et qui mène tant bien que mâle
son année d'illusion sympathique.

A cheval sur l'entre-deux
puisque
c'était la règle du JE.

Au risque d'y perdre mon image.



l'os à ronger


Photo source toile



ça c'est fait...
Sur l'estuaire, pas besoin de se prendre la tête pour un deuxième tour de piste  pisque la candidate du parti socialiste a été élue dès le premier  Ah c'est sur que par ici pour chercher un peu d'alternance cela a toujours été du genre compliqué...Certains, bien à gôche dans leurs bottes vous diront que c'est normal, que ce sont les électeurs qui tranchent etc etc..Certes, mais permettez moi juste de penser que bouffer  la même chose depuis heu...80, 90?  ans ne veut pas dire pour autant que l'on a le sens du bon goût. C'est bien simple on se croirait sur TF1 avec les mêmes arguments d'ailleurs de la part des "propriétaires" qui tout comme ici  et depuis le temps en connaissent un sacré rayon sur les méthodes du  clientélisme. 
Tiens, on pourrait même vous donner à l'avance le nom du prochain maire, quoique finalement... avec juste  la réserve de la guerre fratricide qui s'annonce déjà dans les coulisses.C'est bien connu il n'y a pas pire ennemi que chez soi...
Mais pour la couleur, à moins d'un tremblement de terre ou la fin des arrosages...ce sera rose pâle, comme d'hab.
Allez,  vous reprendrez bien un peu de flan?

Le nouvel os à ronger de la droate umpiste  partout, c'est le cannabis. Depuis que Cécile Duflot s'est permis d'essayer de dépoussiérer le sujet et surtout  l'hypocrisie ambiante  (et la non assistance à personne en danger) le délicat Copé et sa meute voient de l'herbe partout. A mon avis devraient commencer par renifler sous leur paillasson. Et puis, si je ne m'abuse c'est bien madame Dati, la Denise Fabre de l'ex majorité flamboyante qui arborait il y a peu, dans les locaux de la matinale de Canal Plus, au dos de son gilet qui brille, une feuille de chanvre du plus bel effet. 
Ah mais non, ah mais non, c'est pas du chichon...répondit l'intéressée( un peu dure de la feuille) dans son style eva porée hi!hi!hi! inimitable.:C'est de l'érable.
Ah ouais parce que MÂdÂme  feu  garde des seaux soutient le printemps canadien peut-être?




















Les pelles du 10 juin découvertes chez: "C'est pour dire"

dimanche 10 juin 2012

ce qu'il faut de patience





"Il faut tenir jusqu'à sa mort
et c'est peut-être loin derrière mille ronciers.

Pas grand chose de plus à ,savoir
mais la facilité pourquoi pas retrouvée
de progresser dans des jours dégagés
d'y faire jouer ses mains.

Sinon l'atroce obstacle
les heures arrêtées
les paniques de tout
de rien pour rien
puisque rien n'y sera changé
puisque le temps ne compte que pour soi-
qu'il tourne différent dans l'horologe des autres.

Ne craindre jusqu'à sa mort
que l'immobilité-
cette gueule de rapace empaillé, yeux de pierres."

"Jusqu'à sa mort" -Bernard Bretonnière-









"Quoi faire avec mon corps.
le couché tôt, le levé tard.
lui faire faire le sport.

quoi faire avec mon corps.

l'exciter, l'exhiber ou encore lui donner tord.

quoi faire avec mon corps.

l'intoxiquer, le purifier ou le peindre en noir.

quoi faire avec mon corps.

le faire courir ou méditer le cœur des vivants,
ou lui donner la mort.

je vieillirai avec,

que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de laisser flamber.
je vieillirai avec,
que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de se laisser tomber.

quoi faire avec mon corps.

le trafiquer pour parvenir à trahir son âge.

quoi faire avec mon corps.

lui visser des 'Vuitton' aux talons pour le confort.

quoi faire avec mon corps.

le vendre, le donner ou jouer avec son genre.

quoi faire avec mon corps.

le guérir, le blesser, le punir  ou le gaver d'animaux morts.

je vieillirai avec,

que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de laisser flamber.
je vieillirai avec,
que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de se laisser tomber"

-Ariane Moffatt-





"Oh petit, tout petit,
deux bras, deux jambes,
pas grand chose de plus,
aptère et ne volant qu'en rêve.

Dans le reflet d'un cadre,
laqués par la grâce du soleil,
diamant d'automne aigu,
le téléphone d'ivoire (faux, bien sûr),
la table d'acajou (vrai, peut-être),
le dictionnaire avec sa reliure effrangée,
au second plan des livres
dans un grand brouillard irisé,
on ne peut même pas lire les titres lointains
que l'on sait à l'envers.

Pa de tristesse
car la tristesse ne voit, ,i ne lit, ni s'écrit,
pas de bonheur,
mais un bonheur assez petit pour tenir sur une page
griffonnée ici
entre deux phrases d'une lettre à luisa
en trois minutes trente
pendant que passe le café
pendant que les nuages acceptent encore
de filer en arrière du soleil
façon de dire que le désespoir
a plus d'une espérance dans son sac."

"Petit"- Bernard Bretonnière-



"Tu rêves !
Vouloir cela
que tu saurais rester d'humeur égale
comme on dit.
La vie, tu y es trop
ou pas assez,
jamais sous la lumière exacte.
Ton ombre: soit devant  soit derrière
géante, naine,
à chaque heure difforme.

Que toutes les guerres cessent sur le globe
tu en resterais aux mêmes joies
et aux mêmes détresses
abusé
éperdu."

"Tu rêves"- Bernard Bretonnière-

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