lundi 7 novembre 2011

festivals à trois et aussi à Nantes




Les Utopiales 2011






 Festival des trois continents









Tissé Métissé

lundi pond



"L'australopithèque farfouillait la charmille en quête de groseille pour le brouet du soir.
L'ingénieur casqué règle sur sa plate-forme la tête de sa  suceuse pour mieux crever un batholite récalcitrant
La brute chasseresse et le chasseur de brut o.
euvrent au même objectif: se payer sur le dos d'une bête qui s'appelle la terre
L'équation qui régit l'économie de la caverne et celle de la plate-forme est la même.
Si l'effort dépensé pour cueillir des baies est supérieur à l'énergie que celles-ci rapporteront au cueilleur, la tribu périclite. Si l'investissement engagé dans l'extraction  du baril de brut dépasse son prix de vente , les majors déclinent. 
Toute prospérité réside dans la marge."
Extrait de "Eloge de l'énergie vagabonde"- Sylvain Tesson-



Autant l'être soi-même et ne rien devoir à personne



Une fin en soie



Il faut positiver,
se protéger le nez,
le cou
et les oignons
conviés à
presque
chaque repas.
En foie de magazine 
pour affronter
le spleen,
un  vent à toutes les sauces
et le ciel de gris-masse.
Cependant,
nez
en moins,
But!
Pero!
Aber!
Ond!
Ma!
Ancak!
Nhung!
...
Merveilleuse est la vie
en instance de poésie 
et de divorce avec les détails de notre ridicule comédie.


dimanche 6 novembre 2011

j'ai oublié le titre



Dimanche au cimetière des bateaux 
plus sur l'eau
mais en vase
au Bono
sur sa base,
arrière
toute
et  rivière d'Auray
à l'orée d'un jour.



ce qui posa problème au pseudo technicien de surface nullement accrédité pour immortaliser la scène; et dans la foulée, à l'arrivée, se retrouva fort dépourvu quand la copie sus rendue.
Attention,
 Je n'ai pas dit pour autant vomi
et à la peine
pour
ce qui fut récupérable
d'une morbihannaise compagnie.
A l'heure ou tout semblait gris
sauf les apparences
peut-être.





Le Bernard, ermite malgré lui,
à l'échéance du voyage.
Ici même 
en prenant de la hauteur
avec vue sur rivière.
Car la mer
fut trop chère
pour une mort à crédit
d'un navigateur
à l'Arbre
solidaire.






Et 
pi
taffe







Echouer si près du but...
mais la morale est sauve
au cimetière sans bateau
 et quelques coquillages
 pour écouter la mer
sur l'infini naufrage.



Fait trop sombre là-dedans,
allumez les bougies;
répéta à l'envie
le rimeur à tout faire
du genre
père missionnaire en utopie.





samedi 5 novembre 2011

le bûcher des vanités




Comme pour reprendre le titre d'un célèbre bouquin des années 80 que je n'ai pas lu et dont je ne parlerais pas; mais voilà  c'est l'expression  qui m'est venu immédiatement à l'esprit -comme une fulgurance- aurait dit un Pierrot technique, en contemplant de ma petite lucarne du grenier de mes incertitudes, le monde qui bouge forcément et qui laisse des traces sur la moquette.

L'intolérance est sans doute une marque de fabrique du genre humain avec quelques autres joyeusetés plus ou moins bien réussies à la conception du Genre. Et d'ailleurs si j'en crois moi-même personnellement, comme tout bon bipède (à ne pas confondre avec l'hétéropède ah!ah!ah!) je ne suis pas exempt du sentiment.
Ah!  par exemple, que me souvienne et j'en aurais encore le lait sur le feu comme quand j'étais gosse et que mon paternel mangeait sa soupe façon Brel avec de grands schlurp!
Pas de quoi fouetter une mayonnaise   me diriez-vous et pourtant j'ai eu parfois des idées de meurtre tellement je trouvais cela insupportable.
Certes, à une certaine période de l'enfance tout ce qui touche de près ou de loin à ses géniteurs à tendance à énerver  à priori et prodigieusement..
Seulement  et fort  heureusement ,je n'ai fait qu'effleurer l'idée (oui mon père plusieurs fois, mais sans les mains) et cela m'a d'ailleurs suffi à calmer mes ardeurs et humeurs massacrantes.
Et voilà bien j'imagine ce qui fait toute la différence entre la lucidité bonne conseillère et le master pour gros cons que certains passent avec brio. Et voilà  toute la légère nuance entre penser et l'agir, entre la raison qui travaille et le cerveau lent en phase  aiguë d'aliénation.
Il y a pourtant un risque majeur pour l'Humanité à ce que nous désirions que l'Autre soit comme nous ou notre ombre. Je n'ai rien inventé , on le sait maintenant, c'est prouvé et certifié même que la reproduction en vase clos des soi-même ne peut qu'entrainer une  inexorable dégénérescence  et nous faire remonter dare-dare le cours de l'Histoire jusqu'au chainon manquant.



J'en étais ainsi à l'heure dite et ce jour là dans  ce genre de disposition  cérébrale en attrapant dans le poste  et au vol une info comme quoi les locaux du journal Charlie Hebdo étaient parti en fumée grâce à la complicité de quelque bon client pour chair à canon et  à part les cocktails balancés courageusement, sans lumière apparente. Que les responsables soient des poilus ne voulant pas se mettre à poil ou quelques fachos pour la saison- qu'importe, qui se ressemble s'assemble et il est quand même symptomatique de constater que ceux qui ne pensent pas (par fatigue?) voudraient toujours  que les autres pensent comme eux.

Cela faisait quelques années que je ne  lisais plus Charlie-Hebdo le trouvant au fil du temps de moins en moins pertinent et drôle  et même parfois sous son ancien régime- monté en grade dans le service public-  de plus en plus intégriste voir même parfois  ayatollesque...Et bien pour cette fois, entre deux paquets de nouilles j'ai posé dans le caddie la dernière édition, par réaction épidermique à tout ce qui touche notre droit à l'inventaire et par peur aussi sans doute qu'en n'y prenant pas garde on risquait  de se retrouver tôt ou tard comme les artificiers et tous leur copains planétaires. lobotomisé du bulbe..
.Au secours




"Il fut longtemps censuré, l'pornographe du phonographe. Normal, les braves gens n'aiment pas que / l'on suive une autre route qu'eux. Il s'attaquait aux flics: en voyant ces braves pandores/ être à deux doigts de succomber/ moi, j'bichais car je les adore/ sous la forme de macchabées; et à la peine de mort: le juge au moment suprême/ criait "maman", pleurait beaucoup/ comme l'homme auquel, le jour même/ il avait fait couper le cou. Il ne supportait pas plus la race des chauvins, des porteurs de cocardes/les imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Il haïssait les guerres: au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi/ mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami; rejetait le sacrifice suprême: quand il les voit venir avec leur gros drapeau/ le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau/mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente; et se moquait des anciens combattants de tout bord: vos filles et vos fils vont la main dans la main/ faire l'amour ensemble et l'Europe de demain. Et quand un père convoqué au commissariat, pour son voleur de fils, se contentait de lui passer sa blague à tabac. Il commentait: je ne sais pas s'il eut raison/ d'agir d'une telle façon/ Mais je sais qu'un enfant perdu/ a de la corde de pendu/ a de la chance quand il a/ un père de ce tonneau-là. Un tel mécréant mérite-t-il le salut de Dieu? Qu'il me le pardonne ou non, d'ailleurs, je m'en fous/ j'ai déjà mon âme en peine: je suis un voyou. Merci, Monsieur Brassens"
 -30 ans déjà"-  billet d'humeur de Jacques Trémintin paru dans le numéro 1036 de l'hebdomadaire " Lien social"

vendredi 4 novembre 2011

ne pas prendre racine


Oyez! Oyez! spectateurs réguliers ou occasionnels de ce blog à roulettes.
Permettez-moi,  après consultation et diagnostic associé de vous livrer le bulletin de santé de la boutique estuairienne.et quelques explications par la même occasion
Tout d'abord,  nos services en blablature les pieds dans l'eau ont dû procéder à quelques recyclages de matériels et ajustements techniques,  ce qui pourrait expliquer-pour ceux qui connaissent  un peu la crèmerie-  que vu la grande maitrise de la bricole informatique et ainsi de suite de votre  présentement obligé, il ne faudra guère s'étonner du silence sur les ondes de mon moi de novembre, enfin tout au moins sur ses bases avancées.
Et puis, des choses de la vraie vie- Vous savez celle qui vous collent si bien  à la peau, à peine l'écran endormi- ont eu pour conséquences et dégâts  (les filles aussi) collatéraux  de semer un léger doute d'inter-saison sur la place privettement publique.

Un peu de chlorure de magnésium, deux trois claques symboliques  et nous voici -youkaïdi!  de retour pour affronter avec sérénité et faute de mieux une certaine désinvolture, les intempéries automnales ou ce qui pourrait leur ressembler.

Ne pas prendre racine quand l'océan se gonfle de suffisance  et pousser sa barquette un plus loin vers des contrées hospitalières, ou en tout cas, qui leur ressemblent. Ainsi parlait la belle-soeur de Zarathoustra qui pour des raisons de droit d'auteur avait sa langue dans sa poche, mais ce qui ne l'empêchait pas de l'agiter avant de s'en servir.

Un peu plus loin, notre héros au long bec, légèrement chiffonné par des pensées aussi diverses que contradictoires rencontra sur sa route  un camion blanc échappé  -peut-être- d'un banc de camping caristes et qui lui délivra dans le dos et  en pleine poire un message qui tombait à pic mais sans la noyade.




 Alors et à l'heure où la maintenance rongée par les doutes et les mythes envisageait de fermer temporairement...boutique pour inventaire, il aura fallu quelques signes ou du moins  interprétés comme tels pour se dire que finalement n'ayant toujours pas -ni les moyens, ni l'envie -de se payer un lacanien impropre sur lui afin de débroussailler les contours de son égo fleuri- il suffisait  finalement  de saisir le bout lancé à sa poursuite et d'en traduire les indulgences.
Vaste programme qui devrait encore occuper le ptit personnel,  pour un -certain-  temps.


vendredi 28 octobre 2011

ici et maintenant en ailes et en iles





Diable, déjà vendredi et la lessive toujours dehors.
Cela ne lui ressemble guère.
D'habitude...
-D'habitude on ne traine pas non plus dans la gadoue, surtout  en fin de semaine.
répondit agacé le commissure en chef  à son second en chef
-Alors, si vous le voulez bien,  pour avancer rapidement  dans l'enquête évitons de trop penser aux habitudes.
-Surtout hélas, en fin de semaine.
ha! ha!

Il s'en suivit quelques secondes de gloussement discret rapidement mises à profit par une délégation d'oies posées dans le champ voisin pour les besoins de la production.

Commissure, Commissure, s'il vous plait!

Tous les regards, du  pâle moins  au foncé plus, convergèrent.

Le jeune stagiaire de l'école nationale des commissures, débarquant deux jours avant, dans un réflexe logique pour son âge  et dans le contexte bien sur et particulier d'une éducation marquée par trente-cinq  de vie commune  avec la soeur de sa mère qui au bout du compte s'avéra, un peu plus tard, être sa tante,
-virgule-
 Réalise dans  l'instant  l'impolitesse de ses propos et se met illico dans la peau d'un poèle à pelets, au démarrage de sa ventilation. 

pettite note administrative:
-c'est une image légèrement osée que seuls les connaissures pourront à sa juste valeur apprécier-


Le commissure divisionnaire -que tout le monde appelait Pornic à cause de son père né à Quimper- se retourna vers Vincent le stagiaire et imposant silence, même aux oies, d'un  léger mais tout à fait charmant geste d'une main gauche occupée à  jouer avec un mouchoir blanc de la banlieue sud de Cholet.

-Et bien jeune homme, je vois bien là toute la fougue, la vitalité, le souffle porteur de la jeunesse; d'ailleurs moi-même à votre âge..

Toute l'assemblée -réunie autour de son chef , les trois capitaines, les douze lieutenants, les soixante-trois agents en uniforme et les cinq compagnies de CRS garées à proximité et pas très loin,  reliées à la plate-forme par rétro-projecteur vidéo conférence et chocolatière- eut et en même temps
-c'est comme cela que l'on reconnait les vrais chefs-
un léger rictus plus communément appelé rictus de la commissure.
mais aussi:
sourire attendri
dans la société civile.
 -Je vous écoute mon jeune ami, qu'avez vous donc de si pressé à me demander:

Et bien, heu...commissure,  serait-il possible que je fasse référence dans mon prochain mémoire à cette phrase que vous venez de prononcer:

"Evitons de trop penser aux habitudes surtout hélas, en fin de semaine".

Avec votre permission j'aimerais bien intituler mon prochain livre ainsi.
et également et accessoirement si je pouvais ne pas travailleur ce soir, il y a Gilles Servat qui vient dédicacer son dernier opus
Ailes et Iles"
ce soir, 
à la librairie Gweladenn , base sous marine .




-Allez y mon ptit , les ailes et les iles, ça n'attend pas.
mais d'ici là 
bouclons notre affaire,
que nous puissions ensuite  ensuite tous ensemble aller  à la libraire Gweladenn 
(Saint-Nazaire, Rendez-vous à la base sous-marine le vendredi 28 octobre 2011, de 17h30 à 19h - Tel : 02.40.22.16.10 )
faire dédicacer le dernier dichque de Gilles Servat
Même les CRS, Chef?
remarqua un
capitaine:
Le capitaine Vilaine.
Vous vous démerderez avec l'intendance mon ptit, mais  prévoyez du cidre pour les hommes.




Coupez!
Elle est bonne pour moi
Messieurs,  remballons  avant la pluie.




Allo Paris vous faites suivre au générique avec  Gilles Servat
Un truc de saison de préférence
avec une déco de circonstance

Ok! patron c'est dans la boite.







".../...Le rêve de tout écrivain est de se décomposer et que sa pourriture alimente la lampe à la lueur de laquelle on lirait ses propres lignes.../..."
-Sylvain Tesson-



Et bien, on n'est pas rendu, pensa un  conducteur de car qui écrivait ses mémoires l'été  pendant ses vacances réglementaires,en famille,  en Corse grâce au comité d'entreprise.

".../...L'idéal serait de laisser mes forces intérieures se libérer dans l'action pendant que l'esprit, dégagé de tous les soucis d'intendance, divaguerait librement dans les prairies de la rêvasserie.
.../...Nous décomptons souvent ce qui nous reste à souffrir. C'"est la source de notre malheur. La perspective des heures à endurer est plus lourde que le fardeau lui-même. Les vieux maitres de la tradition Zu Ch'an ancêtres des doctrines zen, enseignaient au contraire l'art de la parfaite momentanéité. Ils travaillaient à se saisir de l'instant comme on attrape un papillon dans un filet des soie. Le secret est de s'extraire de la glu de la durée,. Pour éprouver toute l'intensité du moment , il ne faut plus le rapporter à l'expérience du passé ou à l'espoir de l'avenir. En refusant de mesurer la vie avec la toise du temps qui passe, on captera l'énergie de l'immédiat. Krishnamurti, héritier du Zu Ch'an, professait que" le présent est la seule porte de la réalité". il invitait à la pousser et appelait adéquacité  cette faculté à goutter totalement les circonstances du moment. Le penseur Daisetz Teitaro Suzuki écrivait en écho que "l'infini est dans le fini de chaque instant". La révolution n'est donc pas pour demain dans les rues insurgées, mais elle est permanente, en soi, ici et maintenant. Hic et nunc camarade!.../..."
-Sylvain Tesson-


-Extraits de"  Eloge de l'énergie vagabonde"- de Sylvain Tesson-












lundi 24 octobre 2011

l'Etat soeur




"Si en matière économique, chaque fois qu'on lit ou qu'on entend "l'Etat", on donnait à ce mot son véritable sens en le remplaçant par "le contribuable", ça donnerait ceci: la dette phénoménale du contribuable...le déficit budgétaire du contribuable...le contribuable va aider...le contribuable subventionne...le contribuable va trouver X milliards d'euros pour renflouer...le contribuable va devoir faire face à....le contribuable va devoir payer pour...le contribuable doit faire des économies...
l'Etat, c'est nous, c'est vous, c'est moi!"
courriel de Rochon dans l'hebomadaire  Télérama n°3223

Et voui, il y a comme ça des évidences qu'il est bon  de rappeler.
-Même le lundi?
Ben... j'm'étais pas posé la question mais maintenant que tu me le demandes...heu...pour ma défense m'sieur le procureur, sachez que mon planning professionnel étant légèrement décalé par rapport à la normale, je ne rentre guère dans ces considérations et je m'en excuse par avance auprès de ceux qui commencent leur semaine de boulot et qui s'attendaient peut-être à quelque chose de plus léger ou guilleret avant d' aller prendre en pleine tronche la dure réalité de l'exploitation de l'Homme par l'Homme et tout son saint frusquin...

Hier soir j'ai vu "Le monde en marche"; mais non je n'étais point à faire la concierge derrière la fenêtre, il s'agissait d'une émission sur La Cinq (Ouah! La Cinq, Télérama, il  frise la caricature le gars) qui dressait en quelque sorte un état des lieux sur la situation économique de la Grèce.
Ben entre nous,c'est la grosse cacouille...Enfin, pas pour tout le monde -comme quoi: enfoirés de tous les pays unissez-vous- (merci c'est déjà fait). En effet, un armateur du cru avait l'air de trouver cela follement rigolo, du style: pendant la crise la fête continue.Il nous a quand même joué le couplet récurrent et passe frontières, un truc du genre: Les riches quand ils sont riches c'est bien pour la plèbe , sinon elle serait encore plus pauvre, faute d'être riche. Il suffisait de voir dans quel état de délabrement psychologique était le pékin l'athénien moyen pour constater que le baratin du clown à moteur hors-bord et inboard avait quelque chose de profondément indécent.
Mais... rassurons-nous. Grâce aux spécialistes boursiers des jeux vidéo et leurs potes des ministères nous serons  très prochainement dans la même situation que nos collègues sirtakiens. Ah mais, pleurez-pas on n'y peut rien, c'est comme ça. D'ailleurs tous les économistes payés par la Banque vous le diront, on peut pas faire autrement, sinon ce serait suicidaire.
D'ici-là pensons tout de même à aller vous faire vacciner contre la rougeole. C'est la nouvelle campagne -annuelle-  et de santé publique comme il se doit, de nos labos chéris;un ptit shoot again  entre deux doses d'anti-dépresseur ça peut pas faire de mal (pour les dividendes). Et ça serait quand même un peu con de se flinguer en mauvaise santé. Croyez-pas?

samedi 22 octobre 2011

le voyage à nantes et à notre dame des landes pour le même prix ou presque


Odile, fidèle lectrice de ce blogounet , nous envoie ceci:
hello


on y était ..

on nous voit pas !!!

mais la vidéo est sympa

bises et bon WE à vous:

Merci Odile  et avec votre esprit. Je mettrais cependant une petite réserve  sur le passage gore and boxe de la vidéo; m'enfin  comme on dit dans ces cas là:chacun s'égouts



Et pour faire bonne figure, rappelons également  que c'est  le même maire (et futur premier ministrable chez le Landerneau  estuairien) qui fait dit-on plein de belles choses pour le rayonnement  culturel  etc de sa ville est également un des ardents défenseurs du projet  particulièrement  dégue. de construction d'aéroport à Notre Dame des Landes et aussi   farouche opposant à la  réunification de la Bretagne. 
Comme quoi,  l'Humain c'est bien connu est grande  affaire de complexité, et avec du pouvoir plein les mains (et les poches), tous les dérapages sont malheureusement autorisés.



Au cas où vous auriez  manqué le début et pour un salutaire  rafraichissement un site à visiter à pied , tracteur,  vélo... ici même

vendredi 21 octobre 2011

tu recommences à faire des ronds


".../...Avec la nuit, un vent de mer s'était levé, apportant des nuages, quelques averses et secouant les encolures des tamaris. Marie et moi avions passé la soirée au lit à regarder la télévision. Qu'espérions-nous de cette aventure lunaire qui ne nous concernait que de très loin? Autant je me sentais étranger à tout ce suspense spatial, cette mise ne orbite des émotions, autant marie vivait intensément chaque nouveau bulletin comme si, là-haut,  se jouaient son bonheur et une grande partie de notre avenir. Elle me parlait sans cesse du troisième astronaute, Collins, lequel, d'après tout ce qu'elle avait entendu, ne sortirait pas du LEM. Si tout se passait bien, Amstrong et Aldrin iraient marcher sur la lune, pendant que Collins, lui, resterait à l'intérieur de l'engin. Endurer toutes ces années d'entrainement et de préparation, subir ce travail intensif, prendre ces risques insensés, et, à l'instant de la récompense, demeurer assis dans l'engin, vulgaire taxi garé au parking, pendant que les autres, découvrant l'extrême légèreté de l'être, dansaient sans fin sur les trottoirs de la lune. Marie ne pouvait admettre le sort fait à Collins, cet homme sacrifié et soumis à une inconcevable torture cosmique../..."



.../...Marie alluma une cigarette et commença à faire des ronds de fumée. L'odeur du tabac blond mêlé de cannelle et de miel m'extirpa de ma torpeur.
-Tu recommences à faire des ronds.
-ça te dérange?
-Non mais quand tu les fais en public, je trouve que ça a un côté vulgaire qui ne te ressemble pas.
-Qu'est-ce que tu peux être coincé;
C'était bien là, pour moi, le pire des reproches. Car un libertaire ne pouvait pas être coincé. Mieux, en aucun cas il ne devait l'être;
-Je ne suis pas du tout coincé, mais quand on te voit faire des ronds, comme ça, au restaurant, on ne peut s'empêcher de penser que tu t'ennuies avec moi et que tes ronds, justement, tu les fais pour passer le temps.
-Que tu es susceptible et orgueilleux. Et puis,il faut vraiment aussi que tu sois tordu pour penser que des gens qui ne nous ont jamais vus imaginent des trucs pareils parce que je fais des ronds. Est-ce que tu sais au moins pourquoi je les fais, ces ronds? Parce que j'ai lu quelque part que Charlie Chaplin avait déclaré qu'il léguerait le quart de sa fortune à la première personne qui serait capable de réussir devant lui sept ronds concentriques.
Elle lâcha trois volutes parfaites qui s'envolèrent vers le plafond, la quatrième après un départ prometteur, se désintégra dans d'invisibles turbulences. ../..."


Extraits de: Une vie française de Jean-Paul Dubois- Editions de l'Olivier-









conte de fée




"Nous savons, depuis Bettelheim, qu'il ne faut pas rigoler avec les contes de fée. On a compris qu'ils présentent à l'enfant, en termes préscs, des problèmes existentiels en caricaturant les situations.
Le méchant est très méchant, le gentil, très gentil etc.Certains films américains nous donnent aussi un bel exemple de cette dichotomie simplificatrice. Il faut croire que ces situations excessives et imaginaires imprègnent durablement notre inconscient mais plus encore celui des journalistes et des politiques. Prenons l'affaire Babu. Un type meurt électrocuté sur la voie du métro. Pendant que l'enquête policière se déroule, enfle une rumeur, immédiatement reprise par la presse. Babu a courageusement défendu une jeune fille agressée par un méchant délinquant puis, en luttant pour son honneur a été lâchement poussé sur les rails électrifiés. Mort d'un héros ordinaire. Le courage a tué Babu. Gros titres, hommages posthumes. Le ministre se déplace et pose une gerbe, là où le grand homme est tombé. Minute de silence, discours ému du représentant de l'Etat. Le gentil est très gentil, irréprochable en tous points. Il travaille durement pour gagner sa vie. Le méchant, lui est très méchant. Chômeur, déjà connu défavorablement des services de police, étranger, on le retrouve où ce salaud? Mais dans un bar de Pigalle bien sur. Car, non seulement lâche, le mec doit être alcoolique...On marche dans la combine, on pleure, on vitupère, on s'insurge. Tout cela correspond tellement à notre petite image d'Epinal intérieure que l'on voudrait bien que ce soit vrai...
Mais voilà, on recherche désespérément la jeune fille agressée pour la voir pleurer au 20 heures: elle n'existe pas. On interroge les autres voyageurs de la rame: ils n'ont rien vu. On visionne les caméras: on y voit le fameux Babu agresser un voyageur qui se défend comme il le peut : le hasard défavorable à l'agresseur, entraînant la triste fin que l'on sait. Pas de héros, pas de démon, pas de courage, pas de quête du sublime. Une sordide histoire entre mecs sur un quai de métro.
Faites de beaux rêves quand même."
-"Conte de fée"- une chronique de Etienne Liebig parue dans le numéro 1035 de l'hebdomadaire Lien Social