mercredi 28 septembre 2011

chronique piriacaise


."../...La maman des poissons elle a l'oeil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron../..."
-Extrait de "La maman des poissons" Boby Lapointe-



"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
-Bernard Giraudeau-



"La mer touche au plus profond de l'homme. Dans la lumière du soleil n'est-elle pas le miroir de l'âme humaine?"
-Philippe Plisson-



".../...Sérénité de tout ! majesté ! force et grâce !
La voile rentre au port et les oiseaux aux nids.
Tout va se reposer, et j'entends dans l'espace
Palpiter vaguement des baisers infinis.../..."






.../...Le vent courbe les joncs sur le rocher superbe,
Et de l'enfant qui chante il emporte la voix.
O vent ! que vous courbez à la fois de brins d'herbe !
Et que vous emportez de chansons à la fois !

Qu'importe ! Ici tout berce, et rassure, et caresse.
Plus d'ombre dans le coeur ! plus de soucis amers !
Une ineffable paix monte et descend sans cesse
Du bleu profond de l'âme au bleu profond des mers."

Extraits de: "Promenades dans les rochers"- Victor Hugo-




"Oui, quel est le plus profond, le plus impénétrable des deux: L'océan ou le coeur humain?"

-Lautréamont-


mardi 27 septembre 2011

sert à rien



C'est comme la poésie et un tas d'autres bricoles, objectivement comme dirait un trader indigeste ça sert à rien  de regarder passer les bateaux , pêcher les oiseaux ou  encore mater l'autre grand couillon  qui se donne des ailes en équilibre sur son obélisque .
C'est juste du que dalle indispensable à la survie de l'altruisme, à la douceur d'un instant qui permettra sans qu'on  s'en rende parfois vraiment compte d'en supporter d'autres -des instants- tragiques, pathétiques odieux... Appelez ça comme vous voulez. Je suis sur que vous avez vos  définitions bien à vous, suivant les circonstances;
mais aussi,
des mots fragiles, dérisoires, et bienveillants... vous en avez également toute une ribambelle dans votre musette pour ne rien signifier  d'autre que le plaisir d'un coup d'oeil sur un coin de nature, le calme en vous de la vie qui s'égoutte tranquillement à ne rien faire et laisser battre le coeur des Hommes.
Grâce au "sert à rien" qui nous relie à l'espace et au temps des civilisations , on  a  le droit  et le devoir de s'appeler Humanité.
Le reste, c'est juste de la déco., pour oublier que ça passe et ça casse.





Vidéo envoyé par Odile avec sur le post-it   une  proposition de pensée d'un jour:
« On devrait vivre sa vie à l’envers....
Commencer par mourir, ça éliminerait ce traumatisme qui nous suit toute notre vie.
Se réveiller dans un hospice puis se faire expulser pour bonne santé.
Travailler jusqu’à devenir assez jeune pour profiter de la vie.
Faire la fête, aller au lycée, au collège.
Puis devenir un bébé, passer 9 mois tranquille à flotter.
Et pour finir.... Quitter ce monde, dans un orgasme. »




lundi 26 septembre 2011

la nuit sent la mer

La nuit sent la mer.
C'est ainsi un constat à l'aimable et,
 en guise de lundi d'automne.
alors que dans les rides d'un souvenir
à saison gardée
l'ennui sentait la terre.
et même plus encore:
l'angoisse
du chemin des écoliers de septembre.
Et d'ailleurs cette fragrance pour divan le terrible
me colle encore  à la peau
parfois,
à
la semaine des quatre jeudis
quand l'histoire bégaie son ralenti
et réveille des sueurs  nocturnes
pour règle jaune
fracassée sur son  crâne juvénile.
à la pension des frères de Ploermel.

La nuit sent la mer
et je la laisse paisible
mener en moi sa barque
des libertés
lucides peut-être
mais à jamais
et pour toujours
retrouvées.




"La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j'en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ö l'ange des plaisirs perdus
Ö rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C'est fini, la mer, c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini...
Quand la mer bergère m'appelle"
-Léo Ferré-

dimanche 25 septembre 2011

bande à part

source: Toile


aujourd'hui (dis manche) la palme aencrière de la méditation revient conjointement  à l'oncologue brésilien Drauzillo Varella


et à Marius qui nous l'a  fait découvrir:

"Dans le monde actuel nous investissons cinq fois plus d’argent, en médicaments pour la virilité masculine et le  silicone pour les seins des femmes, que pour la guérison de la maladie dAlzheimer. 
Dans quelques années, nous aurons des vieilles avec des gros seins, des vieux à la verge dure, mais aucun d’entre eux se rappellera à quoi ça sert."

tourner la page



"../...Cécile Colmont, assise sur un rocher au bord de la plage, contemplait les reflets de la lune, presque pleine, sur les eaux grises de l'Atlantique. Les vagues s'échouaient à quelques centimètres de ses pieds nus; elle avait posé ses bottes de caoutchouc à l'entrée du sentier qui menait à cette minuscule crique où, tous les soirs, elle venait passer un moment seule. La marée commençait à se retirer, abandonnant sur le sable quantité d'algues déracinées qui ondulaient, perdues au fil des flots.
Cécile se pencha en avant et saisit une pognée de fucus tout à fait comparable à une grappe de raisin. Elle en perça machinalement plusieurs grains avec les ongles, faisant jaillir une bulle gélatineuse qu'elle porta à ses narines. A sa grande stupéfaction, pour la première fois depuis si longtemps, elle perçut une vague senteur. Ténue. Quelque chose d'indéfinissable. Presque rien. Affolée, bouleversée, remplie d'espoir, elle quitta le rocher sur lequel elle était assise, s'engagea jusqu'à mi-cuisse dans l'eau glacée et empoigna des brassées de tout ce qui se trouvait à sa portée. Une végétation marine très dense, un conglomérat visqueux dont elle se frotta voluptueusement le visage, le cou. Avec la même sensation renouvelée, de plus en plus intense, au fil des minutes qui suivirent. Ce n'était pas suffisant. Il fallait en avoir le coeur net. Elle croqua un grain de fucus, rageusement, à pleines dents. Puis deux, puis trois, en prenant soin de les mâcher, de les mastiquer. Elle bloqua sa langue contre son palais avant de déglutir. Ce fut comme si l'océan entier explosait dans sa bouche. De vieux souvenirs olfactifs, gustatifs, tout un fatras reclus ou plutôt cadenassé dans un obscur recoin de sa tête, refirent soudain surface, en vrac.
Un plateau de fruits de mer, justement. Un dimanche à Trouville, ça remontait à quand déjà? Cinq ans? Six? Peu importe. Des huitres, de"s crevettes, des bulots, des pinces de tourteau dégustées à la terrasse d'un restaurant du port. Une cuillerée de mayonnaise. Quelques rondelles de citron dont le jus acide picotait la langue. Ou une glace à la vanille suçotée sur la plage de Propriano, la veille de son accident. Ce fut une déferlante de réminiscences confuses qui cognaient à la porte de sa mémoire, impatientes de rattraper le temps perdu. Jusqu'aux plus lointaines, aux plus enfouies. Le doudou qu'elle tétait le soir avant de s'endormir, quand elle était petite, avec son goût médicamenteux, pauvre doudou imprégné de gouttes pour le rhume, de sirop Théralène, de chocolat aussi, grâce aux nombreuses taches qui le parsemaient. Les tartines de confiture de framboises du petit-déjeuner avant le départ pour l'école maternelle, les chamallows croqués en douce dans la cour de récré...
Toute une collection de sensations à laquelle   elle croyait ne plus jamais avoir accès s'ouvrait de nouveau à elle, à la manière d'un album de photographies oublié au fond d'un grenier et soudainement redécouvert.
.../..."
Extrait de: "Mon vieux" de Thierry Jonquet-

on en cause ici






et là aussi





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Puisque l'on est dans la lecture, ne nous arrêtons pas en si bon chemin.
Claire de Viron (dont nous avons reproduit  ici-même une de ses nouvelles, il y a quelque temps) nous cause dans le poste:

"Voici une publication qui pourrait vous intéresser: “Fracas” chez Thélès. C’est un recueil de nouvelles. J’y ai mis tout mon cœur pour faire vibrer le lecteur."



Présentation de l'éditeur:

« Surplombant le bief, un muret. Sur le muret, une enfant. Elle portait un chapeau, un short, et était nus pieds. Sa peau était tannée, et ses bras pointaient dans toutes les directions. Elle observait, s'émerveillait. Elle riait, criait, bougeait sans cesse, s'asseyant sur une cuisse puis sur l'autre. »

"Autour de l'enfance et de ses secrets, Claire de Viron tisse neuf nouvelles. De la paternité aux lieux fondateurs, elle explore à travers ces textes nos propres questionnements, nos propres angoisses. Un recueil nostalgique, au style élégant, qui interpelle par sa justesse d'analyse, et montre que les souvenirs fondent nos vies d'adulte."
 

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samedi 24 septembre 2011

Albert et sa fanfare


".../...Monsieur Enstein loin des canons, croyant travailler pour lui seul a découvert des équations qui vont nous tomber sur la gueule../..." ( Léo Ferré)

-Allo Robert, tu me reçois?
- Dis donc et ce satellite ou ce qu'il en reste, tu saurais pas par hasard où il est tombé? Non, parce-que vos indications , c'est un peu léger tu trouves pas? Quelque part entre l'Australie et le Canada...On vous a connu plus performant les gars...
-Ah dame quand il s'agit de mettre son véto (bonjour la potion du vétérinaire) pour empêcher qu'un état ou ce qui pourrait lui ressembler si..
Enfin, en  tout cas, puisse siéger comme les autres à la table du conseil des nations, là on joue son fier à bras. Forcément les élections vont bientôt pointer bientôt le bout de leur nez, alors faut faire des choix en fonction de l'influence des électeurs pas vrai?  C'est ce qu'on appelle, parait-il  de la realpolitik et là dedans les grandes idées généreuses ben elles font plouf comme...ben comme un satellite has-been par exemple.
Et le gars Albert, il est pas  à la fête en ce moment ,des mecs ont mesuré la vitesse de particules élémentaires (des potes à Houellebecq?) et ils seraient arrivés à la conclusion que celles-ci se déplaçaient légèrement plus vite que les 299 792458 m/secondes prévues dans le manuel , comme quoi c'est un pied de nez au tireur de langue...
Certes, tu me diras que franchement y-a des gens qu'ont pas grand chose d'autre à faire que de chercher la ptite bête, mais... si j'en crois les "lumières" cela pourrait avoir par la suite  des conséquences importantes.
Qui-sait,  ptêt sur le temps qui passe ou le prix de la baguette polka?
M'enfin ,d'après d'autres spécialistes, ces résultats seraient à prendre avec des pincettes- comme pour le sucre ça fait plus poli...
Comme quoi, si Albert dévisse, c'est ptêt que la recherche de pointe ça vaut pas un clou...
-Allo Robert, t'es où là, j't'endends plus.
Merde, tu vois pas qu'il se soit mangé le bouquet final du programme télé?








Serge, fidèle collaborateur (dans l'ombre) de ce blog aux fruits de mer a le chic pour nous dégoter des infos pas piquées des vers (arénicoles chez les amateurs). Ainsi, il nous propose aujourd'hui, une histoire de femme de directeur de prison qui s'est enfuie avec un détenu. Certains diront que l'amour ça donne des ailes...A suivre: ici-même




Dans la boite  aux lettres  amarrée basse, j'avions  reçu ceci:

Bonjour!

Je voudrais juste vous remercier pour votre excellent blog

J'ai lu votre premier post "ce qu'en disait Condorcet" et après j'ai passé une heure entière à découvrir votre blog :) Votre style est clair, passionnant, accessible. J'ai bcp aimé votre post "c'est l'automne, tout le monde descend".

En fait, je travaille dans la société -prout-. Nous référençons les offres d'emploi dans le monde entier.

Mon travail consiste à persuader des bloggeurs d'ajouter les liens vers notre site.

J'adore mon travail. Notre équipe est très unie. Le directeur est sympa. Mais malheureusement, je n'ai aucune idée comment persuader un bloggeur de mettre notre lien sur son blog. C'est pourquoi j'ai peur de perdre mon travail :(

Et maintenant, au lieu d'envoyer des milliers de lettres aux bloggeurs différents, je lis votre blog.

Franchement, je ne suis pas tout à fait sûre que le lien vers notre site France -prout- soit convenable pour votre blog, mais si vous pourriez le mettre, je vous serais extrêmement RECONNAISSANTE!!! Notre site est vraiment génial pour chercher du travail.

Bonne journée à vous! Merci encore pour votre excellent blog. Bonne continuation!

Et avec votre esprit ah!ah!ah!

y'a pas non plus écrit:

jeudi 22 septembre 2011

ce qu'en disait Condorcet




"Il ne faut pas condamner à mort un Noir innocent ; il ne faut pas non plus condamner à mort un Blanc coupable – parce qu'il ne faut condamner personne à mort.
L'exécution de Troy Davis ce jeudi [décès constaté à 5h08, heure de Paris, ndlr] soulève, à juste titre, l'indignation. Son cas est exemplaire : malgré les doutes nombreux qui pèsent sur la thèse de sa culpabilité, la sentence a été non seulement prononcée mais encore exécutée.
D'un côté, le doute ; de l'autre, une certitude dont les effets sont meurtriers et irréversibles. Le problème de la peine de mort est ainsi concentré de manière exemplaire et tragique.
Mais un autre cas d'exécution capitale, contemporain de celui de Troy Davis, est peu, sinon pas du tout, commenté : celui de Lawrence Brewer. On l'apprend de manière subreptice, comme si son cas était honteux.

Un raciste blanc, on peut bien y aller, non ?

Une autre exécution capitale a en effet eu lieu au Texas quelques heures avant celle de Troy Davis : celle d'un membre du Ku Klux Klan  Lawrence Brewer, condamné pour meurtre raciste. Dans la presse, une ligne ou deux pour la mort de cet homme. Sans commentaire. Comme si cette exécution-là était sinon excusable, du moins compréhensible.
Cet autre cas, dont on fait si peu de cas, n'est probablement pas exemplaire. Pas de doute sur la culpabilité. Et puis il s'agit d'un raciste blanc, qui a torturé sa victime et n'a pas regretté ses actes : on pouvait bien y aller, non ? Or, c'est ici qu'il faut rester ferme sur la condamnation de la peine de mort, ici, précisément dans ce genre de cas.

Ce qu'en disait Condorcet

Rappelons le raisonnement de Condorcet  Le principe de la peine de mort est condamnable car la peine est par sa nature même absolue et définitive, irréversible. Or, une décision dont les effets sont absolus et irréversibles devrait être prise en vertu d'une procédure assurant une certitude absolue, sans aucun risque d'erreur, même infime.
On me répondra que dans un cas (qui est très probablement celui de Lawrence Brewer) où on a une entière certitude sur la culpabilité, on peut prendre une décision de cette nature…
Mais Condorcet répondrait que la loi est générale : c'est donc la procédure (et non son application particulière à tel ou tel cas) qui doit donner une assurance de certitude absolue, pour tous les cas, existants et à venir. C'est pourquoi, si le cas de Troy Davis est exemplaire, celui de Lawrence Brewer est emblématique : ce qui rend la peine de mort condamnable en son principe n'est pas l'erreur commise sur tel ou tel, c'est qu'aucune procédure ne peut garantir qu'on ne commettra pas d'erreur.
Il faut donc récuser la peine de mort parce que le risque d'erreur, fût-il infime, est nécessairement présent, parce qu'aucune procédure ne peut assurer qu'aucune erreur ne sera commise.
A Frédéric II, qui en 1785 faisait remarquer à Condorcet que la peine de mort peut se justifier dans les cas de meurtre horrible, Condorcet répondait que ce sont précisément ces cas qui emportent des risques d'erreur supplémentaires. Et de toute façon, toute possibilité d'erreur, à partir du moment où elle est redevable à la procédure même de la décision et non à la nature des choses, est une injustice. A fortiori lorsqu'on prononce la mort.

Noir innocent, Blanc coupable

On ne doit pas condamner à mort un Noir innocent : cela est évident. Mais il faut dire aussi pourquoi on ne peut pas non plus condamner à mort un Blanc coupable, car pour le condamner on recourt à une procédure qui comporte nécessairement et généralement un risque d'erreur : le condamner, c'est exposer chacun à ce risque.
Cet article s'adresse aux adversaires de la peine de mort : il est bon et salutaire de s'émouvoir de l'exécution d'un Noir innocent ; mais c'est une faute de ne pas s'alarmer de l'exécution d'un meurtrier blanc tortionnaire et raciste."
Catherine Kintzler  philosophe-
Un texte publié ce jour dans rue 89 (et proposé par Serge) sous le titre:
"Lawrence Brewer blanc et coupable a aussi été mis à mort"

c'est l'automne, tout le monde descend


saisonnier ou culturel? Dans tous les cas, l'arbre dore




La position de la brouette (début de l'escalade)



Adopi dans le jardin = ras la cafetière (version nain nu phare)


la marche des nains



Roger le nain (comme il sert dans une autre vie)


 source: Toile


A la demande générale de l'amicale des languedociens de l'estuaire, des amis de la roulette occitane, du front de libération de la poésie rasta-quouère,  de la canne-bière, des amateurs de Regglyss, des balladins  du Peyrou même et surtout si c'est pas l'Amérique, des années passées et forcément qui ne repasseront plus ou alors en vitesse...
4 minutes 06 34 de musique digestive.





mercredi 21 septembre 2011

pendant la récré



Pour des raisons diverses dont j'ai déjà  largement causé sur ce blogounet, je ne garde pas forcément des souvenirs très aimables  des années passées sur les bancs de l'école; mais pour autant, l'accès à la culture, dont c'est bien une des portes d'entrée, enfin ça devrait...ne me laisse pas insensible. Voilà pourquoi je ne peux que  m'associer à la démarche d'un "collectif contre le dépouillement de l'école" qu'un lecteur attentif m'a fait connaître. Collectif créé, je cite:
"pour dénoncer l’abandon par l’État de sa mission de service public d’éducation. Aujourd’hui « l’école est nue », luttons ensemble contre le dénuement de l’école."



Pour plus d'infos et pétition associée, c'est par ici que cela se passe







Et pour faire- objectivement parlant- bonne mesure, je me dois également de diffuser ci-après le texte  d'Alan Coraud  (envoyé par un autre lecteur, tout aussi attentif) publié sur son blog  sous le titre: "Négritude et bretonnitude" et qui nous cause des dégâts (le mot est faible) qu'a pu faire et fait  encore une certaine et nauséabonde idéologie coloniale  portée (en autre)  par ceux qu'on appelait à une certaine époque "les hussards de la République" et issus des rangs fertueux  de l'éducation nationale...


"Aimé Césaire, chantre de la négritude a su donner sa juste place aux peuples noirs dans le grand ensemble de l’humanité.
Dans ses œuvres, il a aussi dénoncé le système colonial par le terme « d’assimilationisme ».
D’autres écrivains noirs ont su apporter leur contribution à la reconnaissance des cultures africaines ou antillaises.

Amadou Ampâté Bâ dans ses mémoires notamment et ses souvenirs d’enfance a fort bien su transmettre cette culture orale d’une richesse incroyable.Il décrit aussi la manière violente d’imposer la langue française au peuple Peule dans le Mali, colonie française.


« Je ne saurais décrire le processus par lequel les nouveaux élèves parvenaient rapidement à parler le français, car le maître ne traduisait absolument rien en langue locale des leçons qu’il nous dispensait.
À moins d’une nécessité particulière, il nous était d’ailleurs strictement interdit de parler nos langues maternelles à l’école et celui qui était pris en flagrant délit se voyait affublé d’un signe diffamant que nous appelions symbole. »
Le barde breton Glenmor, poète, écrivain et chanteur, à la question « comment avez-vous pris conscience de votre bretonnitude » répond : « Je ne sais pas, je suis né ici. Je ne parlais pas un mot de français quand je suis arrivé à l’école. J’ai été puni parce que je ne parlais pas français dans la cour. »
Le symbole était un objet que l’instituteur remettait en signe de punition à un élève surpris à parler dans sa langue régionale.
Il s’agissait soit d’un sabot de bois, soit d’une ardoise où l’élève devait écrire « je parle breton » soit encore d’une sorte de bonnet d’âne miniature que se passaient les élèves coupables d’avoir parlé breton, ce qui entretenait la délation et la suspicion entre élèves.

Glenmor et Xavier Grall ont largement contribué à cette prise de conscience d’une bretonnitude interdite dans une société française de monoculture et de monolinguisme.
Quant à la culture africaine Ampâté Bâ écrit : « Bien des adultes réputés ‘illétrés’ selon la conception occidentale, parlaient quatre ou cinq langues, en tout cas rarement moins de deux ou trois ; Tierno Bokar* lui-même en parlait sept. S’y ajoutaient parfois l’arabe et maintenant le français. »
Ce fut le naturaliste Théodore Monod qui l’un des premiers révéla la vie et l’enseignement de cet homme humble et extraordinaire, surnommé le sage de l’islam.
On ne peut oublier de mentionner Cheikh Anta Diop qui est un historien et anthropologue sénégalais.
En parlant des peuples noirs des bords du Nil il rappelle « que ce sont eux qui ont créé les Arts, la religion (en particulier le monothéisme), la littérature, les premiers systèmes philosophiques, l’écriture, les sciences exactes (physique, mathématiques, mécanique, astronomie, calendrier…), la médecine, l’architecture, l’agriculture, etc. à une époque où le reste de la Terre (Asie, Europe : Grèce, Rome…) était plongée dans la barbarie ».
La richesse de l’humanité réside dans la diversité des cultures et des langues.Comme le chante Gilles Servat « il n’y a pas de langage meilleur qu’un autre, il n’y en a pas de moins bon non plus ».

L’assimilationnisme que dénonce Aimé Césaire, Glenmor, Grall et bien d’autres réside dans cette volonté politique de ne pas accepter le pluralisme linguistique ou culturel. Être accepté dans la société, à condition de renier ses origines, tel est le constat qu’ils font.
La langue et la culture françaises dominantes doivent être exclusives, telle est la politique de la France depuis des générations. Et pourtant, renier sa culture d’origine représente une véritable violence psychologique.
La négritude ou la bretonnitude revendiquent ce droit de vivre son identité, ce que le droit international et l’Europe reconnaissent à travers les droits des minorités nationales.
Un système politique qui ne reconnaît pas ces droits ne peut se prétendre démocratique.
Bien sûr, posséder plusieurs cultures, plusieurs langues est synonyme d’une grande richesse intellectuelle et d’ouverture aux autres. La tolérance se nourrit de la diversité.

L’Europe aujourd’hui a besoin de se construire dans cet esprit de tolérance.
Elle est diverse par nature et si l’économie impose rapidement une véritable gouvernance budgétaire dans un premier temps, l’Europe de demain devra être dotée d’une gouvernance globale et fédérale car les régions d’Europe ont besoin de ce fonctionnement non centralisé et respectueux du principe de subsidiarité qui évite l’étouffement par le pouvoir central comme on l’a vu dans notre système politique .

Ce qui explique en partie la grave situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui par rapport à une Allemagne fédérale où l’initiative des régions, des entreprises et des personnes est sans entrave, libre de prospérer.
Être courageux politiquement consiste à proposer un projet qui modernise les institutions.
Le projet de réforme territoriale qui aboutira en 2014 va dans le bon sens.
Il doit être plus réformateur encore et il doit prendre en considération la création à la fois de régions légitimes et de dimension européenne."

-Alan Coraud-



source: Toile





« L’éducation appartient à la création de l’homme, non à la production de marchandises »
-Raoul Vaneigem-





mardi 20 septembre 2011

l'homme qui marche

Alberto Giacometti: "L'homme qui marche"

Le buste légèrement courbé en avant,  pour  bien montrer aux flâneurs  contemplatifs qui déambulaient nonchalants dans le luxuriant jardin méditerranéen, que lui, "L'homme qui marche" avait autre chose à faire que de rester à réfléchir, à se poser je ne sais quelle question sur le sens caché, profond... de cette vision surréaliste d'un bonhomme maigrelet donnant l'illusion de fendre la bise alors qu'il avait les pieds collés dans la glaise et ne pouvant logiquement s'en dépatouiller.
Ce n'était pas le premier dans son genre à faire ainsi des caprices aux lois de la gravité, à  l'attraction terrestre, avant d'en devenir une à son tour. Avant lui, un mec un peu plus costaud, s'était déjà exercé à ce genre d'exercice de style et d'illusion sauf que lui, il avait perdu la tête et et les bras  et que du coup (et sans aussi) à part exhiber un semblant de roublignoles -pour compenser?- il n'avait, à priori,  pas trop de quoi faire le malin pour épater la galerie du musée.

Auguste Rodin-"L'homme qui marche"

Pfffttt...reprirent en choeur les deux comparses. Comme s'il suffisait d'avoir en réserve, tout ce que la nature concède au genre humain, pour prendre la poudre d'escampette, pour voyager par monts et par vaux, pour partir à la recherche du temps perdu, de soi-même, de la paix des braves ou de ses illusions.
Rien n'était moins sur et d'ailleurs, s'il en était ainsi, routes et chemins seraient en permanence encombrés de nomades, d'aventuriers, de démarcheurs de l'impossible...Et puis, comment se faisait-il alors que certains s'offraient  les ailes qu'ils n'avaient jamais eues , ou perdues,  pour aller bourlinguer au bout de leurs espérances? Comment se faisait-il que d'autres encore, sans avoir jamais ou presque mis le nez dehors faisaient en une nuit dans leurs "rêves" plus de kilomètres qu'aucun rondeur n'en verrait  jamais dans une vie? Comment se faisait-il que celui-là, qui n'avait plus l'usage de ses membres locomotifs arrivait à  toujours et encore visiter le monde?

Qui était donc cet homme qui marche? Qu'est ce qu'il voulait nous dire, à la fin? En quoi cela nous concernait-il, nous autres, les simili valides en rond de cuir?

 "L'homme qui marche debout"






Faut-il ...
être pour avoir été?
paître pour se la péter?
naître pour s'endetter? 
grec pour banque-router?
Sarkozy pour s'agiter
avant de s'en servir?
Strauss can kahner à la télé?
Bouger et s'éliminer?

 Move-Rick Mereki-

L'homme qui -Marchais- sans faire ses valises Liliane
L'homme qui fait son marché un dimanche sur Dieu
L'homme de la Mancha qui se prenait pour une Brel
L'homme des hauts-plateaux à la cantine du boulot
L'homme des cavernes jamais très loin de la case départ
L'homme de la situation au chômage
l'homme des quatre cents coups, jardinier chez Truffaut
L'homme du Picardie, au canal historique
L'homme à toux fer
L'homme qui se laisse aller et brâme de papier
L'homme aux abois et l'homme qui fume
L'homme des profondeurs -dubon dubonnet rouge
L'homme des baskets dans le vent
L'homme couché toujours debout

L'Homme enfin dévoilé 





L'homme des évidences...




 Move-Rick Mereki-