mercredi 23 juillet 2014

tranche de ville


"Marie-toi avec l'infini,
épouse un cactus."

-Ferenc Rakoczy- "Dans la noix du monde"






'L'imaginaire met des robes longues à nos idées courtes."
-Sim-





"Et quand la vérité n'ose pas aller toute nue, la robe qui l'habille le mieux, c'est l'humour."
-Doris Lussier-(dit Le Père Gédéon)


".../...
On vit, on mange et puis on meurt
Vous n´ trouvez pas que c´est charmant
Et que ça suffit à not´ bonheur
Et à tous nos emmerdements?

.../..."
Léo Ferré extrait de: "Y'en a marre"



"Elle rit.
 Je ris aussi.
Pas longtemps, car ma pauvre frite
me reflète dans la glace du bar."
-Frédéric Dard- San Antonio- extrait de:"Au suivant de ses messieurs"


Madeleine 1962 par cvera





Mistral perdant. 

Joue-moi de l'hélico...




           "Blanc puis rouge
rien ne bouge.
                                  Rouge puis blanc
tout fout
 le camp"



"L'indépendance c'est comme un pont: avant personne n'en veut, après, tout le monde le prend."
-Félix Leclerc-



"La loi dans un grand souci d'égalité, interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain."
 -Anatole France-


"Les hommes qui pensent en rond ont des idées courbes."
-Léo Ferré-



mardi 22 juillet 2014

nous bâtirons des rêves, là où nous nous heurtons à des murs




photo source: Gaza Youth Breaks Out-GYBO-

- Nous bâtirons des rêves, là où nous nous heurtons à des murs-





"Fuck le Hamas. Fuck Israel. Fuck le Fatah. Fuck l'Onu. Fuck l'Unwra. Fuckles USA  Nous, la jeunesse de Gaza, en avons jusque-là d'Israël, du Hamas, de l'occupation, des violations des droits de l'homme et de l'indifférence de la communauté internationale !

Nous voulons hurler et briser ce mur de silence, d'injustice et d'indifférence, de même que les F16 israéliens brisent le mur du son ; hurler de toute la force de nos âmes afin de libérer l'immense frustration qui nous consume du fait de la putain de situation que nous vivons ; nous sommes comme le pou qu'on écrase entre deux ongles, vivant un cauchemar dans un [autre] cauchemar, aucune place pour l'espoir, aucun espace de liberté.

Nous en avons assez d'être pris dans cette lutte politique ; assez des nuits d?un noir de charbon avec des avions dessinant des cercles au-dessus de nos maisons ; assez des tirs qui touchent d?innocents fermiers dans la zone-tampon du fait qu'ils cultivent leurs terres ; assez des barbus qui se promènent avec leurs fusils et abusent de leur pouvoir, tabassant ou incarcérant des jeunes gens qui manifestent pour ce en quoi ils croient ; assez du mur de la honte qui nous coupe du reste de notre pays et nous tient prisonniers d'un bout de terre de la taille d'un timbre-poste ; assez d'être décrits comme des terroristes, des fanatiques maison aux poches garnies d?explosifs et au regard démoniaque ; assez de l?indifférence à laquelle nous nous heurtons de la part de la communauté internationale, des soi-disant experts exprimant leur compassion et préparant des résolutions, mais lâches dès qu'il s'agit de faire appliquer la moindre chose sur laquelle ils se sont mis d'accord ; assez, marre de vivre une vie de merde, maintenus en prison par Israël, tabassés par le Hamas et totalement ignorés du reste du monde.

Une révolution grandit en notre sein, un mécontentement et une impatience énormes qui vont nous détruire si nous ne trouvons pas une façon de canaliser cette énergie en quelque chose qui puisse mettre le statu quo en question et nous donner quelque espoir. La dernière goutte qui fit déborder nos coeurs de frustration et de désespoir se produisit le 30 novembre [2010], quand des officiers du Hamas débarquèrent au forum des Jeunes du Sharek, un mouvement de jeunesse de premier plan , avec leurs armes, leurs mensonges et leur agressivité, jetant tout le monde dehors, en arrêtant certains et interdisant à l'organisation de fonctionner. Quelques jours plus tard, des manifestants devant [le siège] du Sharek furent passés à tabac et pour certains emprisonnés. Nous vivons réellement un cauchemar à l'intérieur d'un cauchemar. Difficile de trouver les mots pour dépeindre la pression à laquelle nous sommes soumis.

C?est tout juste si nous avons survécu à l'opération Plomb Fondu, pendant laquelle Israël nous a très efficacement cassé la gueule à coups de bombes, détruisant des milliers de maisons et plus encore de vies et de rêves. Ils ne se sont pas débarrassés du Hamas, comme ils en avaient l'intention, mais ils nous ont sûrement terrifiés à jamais, laissant à chacun un syndrome post traumatique du fait qu?il n'y avait nulle part où fuir.

Nous sommes des jeunes au coeur lourd. Nous portons en nous un tel poids qu?il nous rend impossible de jouir du lever de soleil. Comment en jouir quand de noirs nuages couvrent l'horizon et que de sinistres souvenirs défilent devant nos yeux chaque fois que nous les fermons ? Nous sourions pour cacher notre douleur. Nous rions pour oublier la guerre. Nous gardons espoir pour ne pas nous suicider sur place. Pendant la guerre, nous avions le sentiment manifeste qu'Israël voulait nous effacer de la face de la terre. Ces dernières années, le Hamas a fait tout ce qu'il pouvait pour contrôler nos pensées, notre conduite et nos aspirations. Nous sommes une génération de jeunes habitués à faire face aux missiles, porteurs de ce qui semble l'impossible mission de vivre une vie normale et saine, et à peine tolérés par une organisation massive qui s'est répandue dans notre société comme une tumeur maligne, semant le chaos et éradiquant toutes les cellules vivantes, la pensée et les rêves sur son chemin, paralysant le peuple sous un régime de terreur. Sans parler de la prison où nous vivons, une prison entretenue par un pays soi-disant démocratique.

L?histoire se répète de la plus cruelle des façons et nul ne paraît s?en soucier. Nous avons peur. Ici à Gaza nous avons peur d'être arrêtés, interrogés, frappés, torturés, bombardés, tués. Nous avons peur de vivre, parce que chacun de nos pas doit être pesé et mûrement réfléchi, les barrières sont partout, nous ne pouvons bouger comme nous voulons, dire ce que nous voulons, faire ce que nous voulons, quelquefois nous ne pouvons même penser ce que nous voulons  car l?occupation a pris possession de nos cerveaux et nos coeurs d'une façon si épouvantable que cela fait mal et nous donne envie de verser sans fin des larmes de frustration et de rage !

Nous ne voulons pas haïr, nous ne voulons pas éprouver tous ces sentiments, nous ne voulons plus être des victimes. ASSEZ ! Assez de douleur, assez de larmes, assez de souffrances, assez de contrôle, de limitations, de justifications injustes, de terreur, de tortures, de prétextes, de bombardements, de nuits sans sommeil, de morts civils, de sombres souvenirs, d'un avenir sinistre, d'un présent à crever le coeur, de politiques troubles, de politiciens fanatiques, de foutaises religieuses , assez d?incarcérations ! NOUS DISONS STOP ! Cet avenir n'est pas celui dont nous voulons !

Nous voulons trois choses. Nous voulons être libres. Nous voulons pouvoir vivre une vie normale. Nous voulons la paix. Est-ce trop demander ? Nous sommes un mouvement pacifiste fait de jeunes gens à Gaza, et ailleurs de soutiens, qui n?auront de cesse que l'entière vérité sur Gaza soit connue de tous, dans le monde entier, à tel point qu?aucun consentement muet ni aucune chape d?indifférence ne soient plus acceptés.

Tel est le manifeste de la jeunesse de Gaza pour le changement.

Nous commencerons par détruire l'occupation qui nous encercle, nous surgirons libres de cette prison mentale et regagnerons notre dignité et notre respect de nous-même. Nous irons tête haute même si l'on nous résiste. Nous oeuvrerons jour et nuit pour changer la misérable situation dans laquelle nous vivons. Nous bâtirons des rêves là où nous nous heurtons à des murs.

Nous espérons seulement que vous ? oui, vous qui lisez cette déclaration maintenant !  saurez nous apporter votre soutien. 

Nous voulons être libres, nous voulons vivre, nous voulons la paix.

LIBÉREZ LA JEUNESSE DE GAZA'
 
-Gaza Youth Breaks Out -BYBO 
 
 
 
 photo source GYBO
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
" Pour qui, comment quand et pourquoi?

Contre qui? Comment? Contre quoi?

C´en est assez de vos violences.

D´où venez-vous?

Où allez-vous?

Qui êtes-vous?

Qui priez-vous?

Je vous prie de faire silence.

Pour qui, comment, quand et pourquoi?

S´il faut absolument qu´on soit

Contre quelqu´un ou quelque chose,

Je suis pour le soleil couchant

En haut des collines désertes.

Je suis pour les forêts profondes,

Car un enfant qui pleure,

Qu´il soit de n´importe où,

Est un enfant qui pleure,

Car un enfant qui meurt

Au bout de vos fusils

Est un enfant qui meurt.

Que c´est abominable d´avoir à choisir

Entre deux innocences!

Que c´est abominable d´avoir pour ennemis

Les rires de l´enfance!

Pour qui, comment, quand et combien?

Contre qui? Comment et combien?

À en perdre le goût de vivre,

Le goût de l´eau, le goût du pain

Et celui du Perlimpinpin

Dans le square des Batignolles!

Mais pour rien, mais pour presque rien,

Pour être avec vous et c´est bien!

Et pour une rose entr´ouverte,

Et pour une respiration,

Et pour un souffle d´abandon,

Et pour ce jardin qui frissonne!

Rien avoir, mais passionnément,

Ne rien se dire éperdument,

Mais tout donner avec ivresse

Et riche de dépossession,

N´avoir que sa vérité,

Posséder toutes les richesses,

Ne pas parler de poésie,

Ne pas parler de poésie

En écrasant les fleurs sauvages

Et faire jouer la transparence

Au fond d´une cour au murs gris

Où l´aube n´a jamais sa chance.

Contre qui, comment, contre quoi?

Pour qui, comment, quand et pourquoi?

Pour retrouver le goût de vivre,

Le goût de l´eau, le goût du pain

Et celui du Perlimpinpin

Dans le square des Batignolles.

Contre personne et contre rien,

Contre personne et contre rien,

Mais pour toutes les fleurs ouvertes,

Mais pour une respiration,

Mais pour un souffle d´abandon

Et pour ce jardin qui frissonne!

Et vivre passionnément,

Et ne se battre seulement

Qu´avec les feux de la tendresse

Et, riche de dépossession,

N´avoir que sa vérité,

Posséder toutes les richesses,

Ne plus parler de poésie,

Ne plus parler de poésie

Mais laisser vivre les fleurs sauvages

Et faire jouer la transparence

Au fond d´une cour aux murs gris

Où l´aube aurait enfin sa chance,

Vivre,

Vivre

Avec tendresse,

Vivre

Et donner

Avec ivresse!"
 
- Barbara-