vendredi 19 décembre 2014

au fond d'un livre


".../...
Les poèmes inachevés,
les chansons aux rimes hautaines,
les haltes au bord des fontaines,
les chants et les bonheurs rêvés;




Tout prend une voix et m'invite
à recommencer le chemin,
tout me paraît tendre la main...
mais la vision passe vite.



Et, par les temps mauvais ou bons,
je reprends, sans nulle pensée,
ma route, la tête baissée,
pareil à mes chers vagabonds!"
-Albert Glatigny- extraits de: "Les vignes folles"-(1860)


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".../...
Sous quelle étoile suis-je né ?
J'en suis encore à me le demander
Je chercherai peut-être encore

.../..." 
extrait: "Sous quelle étoile suis-je né": Michel Polnareff










jeudi 18 décembre 2014




Comment parler des livres
qui nous parlent?
en y mettant un peu du sien sans doute
je ne bavarde pas sur un bouquin
non écrit
ou pas fini
( le sera t-il un jour? )
Non je veux juste répondre:
en dévoilant
ce qui
questionne,
interroge
et plus encore
comme un miroir :
apostrophe
et dérange.


L'itinéraire singulier d'un militant du FLB-
là où c'est  le coeur qui  fait "Boum-Boum"
en pleine et douloureuse conscience
n'en déplaise aux caricaturistes ou falsificateurs
qui ne voudraient voir qu'une seule tête bien pensante 
ou presque.
La leur,
 avec de pâles certitudes sur le monde et ses priorités.




".../...
Dès que les sonneurs se mettent à souffler dans le porte-vent pour gonfler l'outre de leur biniou,
provoquant un long mugissement grave, je sens un frisson me traverser le corps, me clouant sur place, redressant sur mes avant-bras leurs fins poils blonds de douze ans.
Quand après la vingtaine de secondes que dure ce préambule, ils se mettent à jouer, accompagnés par le son strident des bombardes, le roulement des tambours et le martèlement de la grosse caisse, mon corps est saisi d'un véritable spasme.
Mon père qui me donne la main, resserre ses doigts à en écraser mes phalanges puis relâche aussitôt la pression. Il tourne la tête vers moi ; nos regards se croisent ; nous échangeons un sourire silencieux ; les mots sont inutiles. Au même moment nous sommes saisis par la même jouissance. Ces quelques secondes me rapprocheront de mon père et marqueront à jamais ma vie.
Le temps décidément à une dimension bien relative.
Toute la soirée est entrecoupée de danses et de musiques traditionnelles bretonnes ; des danses saccadées, transes réunissant, main dans la main, bras dessus, bras dessous, des dizaines, voire des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants, de tous âges, de toutes conditions.
Jamais, en dehors de ces festoù-noz, je n'assisterai à une telle communion entre les gens.
Quand les binious et les bombardes se taisent, brutalement, j'éprouve une terrible sensation de vide. a partir de cet instant, je n'ai plus qu'une seule idée en tête:
-Quand j's'rai grand, j's'rai Breton.
.../..."
-"Quand j's'rai grand, j's'rai Breton"- Alain Coviaux- Editions Yoran Embanner-