jeudi 31 juillet 2014

Festival Photo La Gacilly 2014- tome 1 -

Y'a pas photo
nous y étions l'an passé,
et comme on a vraiment beaucoup aimé
ben
quel plaisir d'y revenir cette année et de déambuler 
dans un écrin de verdure
pour admirer des images lâchées  pleine nature
et qui n'ont rien de clichés.

A voir jusqu'au 30 septembre
Pays invité: Les Etats-Unis

plus d'infos










« Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange. »
-Bill Brandt-


« Ce que la photographie reproduit à l'infini n'a lieu qu'une fois. »
-Roland Barthes-

« On s'était dépensé en vaines subtilités pour décider si la photographie devait être ou non un art, mais on ne s'était pas demandé si cette invention même ne transformait pas le caractère général de l'art. »
-Walter Benjamin-


« Tu ne prends pas une photographie, tu la crées. »
-Ansel Adams -



« Il faut aimer la solitude pour être photographe. »
-Raymond Depardon-


« La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard. »
-John Stuart Mill-


« Une photographie, c'est un arrêt du coeur d'une fraction de seconde. »
-Pierre Movila-



Affaire à suivre...

mercredi 30 juillet 2014

canotage z'et papotages


LES ESCALES 2014


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ALTERNATIBA NANTES



APPEL A BENEVOLES




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INFOS


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SERPENT D'OCÉAN - Huang Yong Ping from MACHINEMACHINE on Vimeo.
      

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SERGE
 a lu dans Rue 89/Le nouvel Obs un témoignage sur la société du spectacle:

"Le sourire qui nous accueille est large et compassé, convenu, officiel, automatique. Le même sourire pour chaque famille, chaque visiteur, sourire mesuré, minuté, calibré pour l’accueil du péquin international qui, après trois ans d’économie, a pu enfin se payer le voyage à Disneyland.

 L’humain libre, que vous pensiez dignement représenter depuis votre naissance et l’affirmation de votre libre arbitre, est, dès le parking placé sur des rails. Une fois la bête pénétrée, les parcours deviennent balisés, fléchés, organisés.

 Puisque j’ai payé pour en profiter, autant en profiter jusqu’au bout : dépensons… Mais pour arriver à ses fins, la bête Disney a engendré sa progéniture – intellectuellement stupéfiante – « la file d’attente satisfaite ».

Se résoudre à n’être personne


Aucun être humain normal n’accepterait de patienter plus d’une demi-heure sous la pluie ou le soleil – repensons aux réactions que par simplicité nous pourrions nommer celles de la vraie vie, lors d’un retard de train, dans une salle d’attente d’un médecin, une queue à la Poste.
Mais chez Disney, servile, soumis, béat, presque ravi, l’être humain ne se rebelle jamais, accepte à peu près tout de ce qu’on lui impose, des prix aux restaurants infects, mais surtout, surtout, il accepte les interminables files d’attente qui lui permettront d’accéder ensuite à sa minute de plaisir. Minute ? Voire.
Certaines attractions peuvent se mesurer en secondes. Y accédant, le visiteur doit alors se précipiter pour connaître le bonheur. Il doit tristement crier sa joie, s’extasier, pousser des cris, lever les bras. Peu importe l’image qu’il renvoie de lui-même aux autres puisque les autres font comme lui, ce qui revient à dire qu’en faisant comme tout le monde, il se résout à n’être personne.

Régresser ? On est là pour ça

Le visiteur, aucune autorité ne lui a intimé l’ordre de retomber en enfance, mais il n’hésite pas pour le grand saut, mi-pathétique, mi-mélancolique ; la régression le guette, il étend ses bras pour l’étreindre ; il l’accueille. Il ne l’admet pas, il la recherche. Il est là pour ça.
Le père de famille sait bien que très rapidement le frisson du manège se terminera et qu’il faudra, pour poursuivre le rêve et le plaisir, pénétrer à nouveau un labyrinthe de couloirs, un méandre de fils barbelés en guimauve, où des allers-retours de barrières, de chaînes, de piquets, le ramèneront à sa condition d’esclave de la file. C’est qu’il n’a pas fait tout ça pour rien le père de famille ! Il tient à en profiter.
Alors, oublieux des avanies de la file, le père de famille, suivi de la mère de ses enfants, informe dans ses vêtements amples pour mieux profiter, et sa progéniture à faces roses tendance « Les Trois Petits Cochons », gueule un bon coup sur le manège afin de proclamer à la face du monde qu’il en profite pleinement. On dirait qu’on serait heureux ! Disney a soumis les cerveaux, mais les cerveaux, au fond, ne réclamaient-ils pas ce bonheur d’être guidés ?

Disney révèle le pire de l’humanité

L’organisation est parfaite. Tout est pensé, minuté. La perfection organisatrice portée à son paroxysme. La rationalité dans l’attente, l’attente comme espoir, l’espoir de sa minute de frisson, d’émerveillement. Le carton-pâte et le stuc font office de désir, ce désir qui fait passer la pilule de la file et la file comme moteur du désir.
Plus c’est long, plus ça devrait être bon. L’esclavage atteint son plus noble degré de perfectionnement. L’acceptation par l’esclave lui-même de sa condition. On songe à Orwell, évidemment. A Rousseau : « L’homme est né libre et partout il est dans les fers… »
Disney révèle le pire de l’humanité : la satisfaction béate avec laquelle celle-ci court à sa perte pour un tour de manège. Le train n’est pas loin. Les wagons attendent. Le but du voyage n’est pas toujours connu, mais le père a choisi cette attraction-là. La bétaillère devient désirable. Il faut se serrer pour ne pas enrayer la file. Des centaines de personnes se pressent sans que les gardes-chiourmes n’aient à élever la voix. Elles s’entassent. La file s’auto-réglemente. Elle est disciplinée. Les sardines ne font pas mieux. Viendra un temps où les mêmes accepteront le tête-bêche pour un gain de place !

Moralement, aucune tête ne dépasse

En bout de file, ceux qui vont accéder au Graal, l’attraction, font figure de héros, de privilégiés. On les admire de loin. On les jalouserait presque, nous, pauvres hères à qui l’autorité annonce encore quarante minutes d’attente au milieu des odeurs de sandwichs, des enfants pleurant, des mères agacées mais muettes et des pères résignés. Moralement, aucune tête ne dépasse. Tout accès à une attraction se fait délivrance, accouchement. Disney devient le maïeuticien des émotions fugaces.
Le bilan de fin de journée sera maigre. Combien de temps passé réellement sur les attractions ? Trente minutes ? Une heure ? Quelques spectacles ! Quelques manèges ! Très vite, la fatigue s’est installée. Le client est dominé par le flot de clients identiques à lui. Il est pris par le tourniquet de la foule. Il accomplit sa tâche, marcher/attendre/profiter, triptyque machiavélique déguisé en loisir. Ses yeux sont rivés sur le plan du site. Il veut tout voir, tout essayer, mais le temps lui manque.
Une attraction attendue devient forcément désirable (un must) même si, à bien y réfléchir, la pauvreté de l’offre s’impose : une photo prise avec une fausse Cendrillon qui vieillira très vite pour se reconvertir en fée Carabosse et ne pas perdre son emploi ou un tour de tapis volant dont les mécanismes sont si visibles qu’il faut avoir 4 ans pour se prêter au jeu de l’émerveillement ! On recherche l’attraction populaire. On fait comme tout le monde. On se prête au jeu des tous pareils…

La crainte, c’est de perdre une minute

Cette humanité-là n’a plus de mémoire. Elle n’en a nullement besoin puisqu’elle n’est qu’avenir. Hier ne l’intéresse pas puisque compte seulement l’attraction suivante. C’est une humanité sans mémoire qui ne possède que des photos-souvenirs vendues très chèrement (une quinzaine d’euros le cliché). Elle fonctionne par pôle d’attraction, de manière légèrement manichéenne, ce qu’elle a déjà vu et ce qui reste à voir. Sa grande peur est de rater quelque chose d’essentiel.
Qu’il est loin, me dis-je, le temps des hommes en canotiers qui donnaient du temps au temps, celui de Renoir, de Manet, de Monet, où de vieux contemplatifs s’attardaient devant la magnificence lente d’une rivière de province, émerveillés par les beautés de la nature !
Il faudrait réagir. Il faudrait se révolter. Mais pour cela, nous n’avons pas le temps puisque à Disneyland, la grande crainte, c’est de perdre une minute. Il faut rentabiliser le billet d’entrée. Les panneaux indicateurs annoncent le prochain spectacle dans dix minutes. Il faut suivre les flèches, courir un peu, se placer dans la file sinon nous risquons de rater la parade des chars, le ballet de Donald, l’anniversaire de Minnie, la farandole des amis de Manny, la renversante féérie des soldats de plomb...

Acheter quelque chose, n’importe quoi

Il faudrait réagir. Il faudrait se révolter. Il faudrait ne pas être « rivé au piquet de l’instant. » Il faudrait, au fond, recommencer à réfléchir mais la file d’attente est là, dans la simplicité de sa fonction anesthésiante, suscitant le désir d’un monde factice qui n’est pas le nôtre, cette file qui annihile, d’abord, la réflexion humaine, éteinte par tant de brouhahas, de musique omniprésente, d’images, de couleurs, de nouveautés, de sidérantes nouveautés, par cette profusion de propositions sujettes au caprice ludique, par l’abondance des choix essentiels qui vont du déguisement de Hulk jusqu’au masque du Capitaine Crochet.
Les grandes sirènes de la Petite roussette à queue de poisson nous ramènent sans cesse à l’essentiel : acheter quelque chose. Quoi ? Peu importe. N’importe quoi."
Source

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un été comme il faut: