lundi 11 juin 2012

à cheval sur l'entre-deux


 "Aussi longtemps que les hommes ne seront pas complets et libres, ils rêveront la nuit" Paul Nizan



A cheval sur l'entre-deux
chacun semble à sa place
et la nuit m'aspire
-comme toujours-

Je parle avec les doigts
une langue de clavier
celle qui oserait tout dire
si elle n'était quelque peu farouche,
comme  si privée de compagnie
mais pour autant pas d'assurance
elle transformait le décès du jour
d'un revers demain.

Il me fallait toujours sublimer la solitude
en des croches  fragiles et dérisoires
qui m'emportaient n'importe comment
pourvu qu'elles exorcisent les calmes et les peurs
de s'aventurer esseulé et précaire.

A force de fréquenter le règne introspectif,
j'en arrivais  parfois à médire sur mon double inconnu,
celui qui  donnait le change dans les associations d'idées,
les rencontres presque volontaires en tranches de société.
J'en arrivais aussi plus ou moins empêtré, plus ou moins ébloui
par la lumière qu'on disait naturelle
à ne savoir que dire
à ne savoir qu'en faire
de l'autre versant  du moi qui communique
et qui mène tant bien que mâle
son année d'illusion sympathique.

A cheval sur l'entre-deux
puisque
c'était la règle du JE.

Au risque d'y perdre mon image.



l'os à ronger


Photo source toile



ça c'est fait...
Sur l'estuaire, pas besoin de se prendre la tête pour un deuxième tour de piste  pisque la candidate du parti socialiste a été élue dès le premier  Ah c'est sur que par ici pour chercher un peu d'alternance cela a toujours été du genre compliqué...Certains, bien à gôche dans leurs bottes vous diront que c'est normal, que ce sont les électeurs qui tranchent etc etc..Certes, mais permettez moi juste de penser que bouffer  la même chose depuis heu...80, 90?  ans ne veut pas dire pour autant que l'on a le sens du bon goût. C'est bien simple on se croirait sur TF1 avec les mêmes arguments d'ailleurs de la part des "propriétaires" qui tout comme ici  et depuis le temps en connaissent un sacré rayon sur les méthodes du  clientélisme. 
Tiens, on pourrait même vous donner à l'avance le nom du prochain maire, quoique finalement... avec juste  la réserve de la guerre fratricide qui s'annonce déjà dans les coulisses.C'est bien connu il n'y a pas pire ennemi que chez soi...
Mais pour la couleur, à moins d'un tremblement de terre ou la fin des arrosages...ce sera rose pâle, comme d'hab.
Allez,  vous reprendrez bien un peu de flan?

Le nouvel os à ronger de la droate umpiste  partout, c'est le cannabis. Depuis que Cécile Duflot s'est permis d'essayer de dépoussiérer le sujet et surtout  l'hypocrisie ambiante  (et la non assistance à personne en danger) le délicat Copé et sa meute voient de l'herbe partout. A mon avis devraient commencer par renifler sous leur paillasson. Et puis, si je ne m'abuse c'est bien madame Dati, la Denise Fabre de l'ex majorité flamboyante qui arborait il y a peu, dans les locaux de la matinale de Canal Plus, au dos de son gilet qui brille, une feuille de chanvre du plus bel effet. 
Ah mais non, ah mais non, c'est pas du chichon...répondit l'intéressée( un peu dure de la feuille) dans son style eva porée hi!hi!hi! inimitable.:C'est de l'érable.
Ah ouais parce que MÂdÂme  feu  garde des seaux soutient le printemps canadien peut-être?




















Les pelles du 10 juin découvertes chez: "C'est pour dire"

dimanche 10 juin 2012

ce qu'il faut de patience





"Il faut tenir jusqu'à sa mort
et c'est peut-être loin derrière mille ronciers.

Pas grand chose de plus à ,savoir
mais la facilité pourquoi pas retrouvée
de progresser dans des jours dégagés
d'y faire jouer ses mains.

Sinon l'atroce obstacle
les heures arrêtées
les paniques de tout
de rien pour rien
puisque rien n'y sera changé
puisque le temps ne compte que pour soi-
qu'il tourne différent dans l'horologe des autres.

Ne craindre jusqu'à sa mort
que l'immobilité-
cette gueule de rapace empaillé, yeux de pierres."

"Jusqu'à sa mort" -Bernard Bretonnière-









"Quoi faire avec mon corps.
le couché tôt, le levé tard.
lui faire faire le sport.

quoi faire avec mon corps.

l'exciter, l'exhiber ou encore lui donner tord.

quoi faire avec mon corps.

l'intoxiquer, le purifier ou le peindre en noir.

quoi faire avec mon corps.

le faire courir ou méditer le cœur des vivants,
ou lui donner la mort.

je vieillirai avec,

que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de laisser flamber.
je vieillirai avec,
que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de se laisser tomber.

quoi faire avec mon corps.

le trafiquer pour parvenir à trahir son âge.

quoi faire avec mon corps.

lui visser des 'Vuitton' aux talons pour le confort.

quoi faire avec mon corps.

le vendre, le donner ou jouer avec son genre.

quoi faire avec mon corps.

le guérir, le blesser, le punir  ou le gaver d'animaux morts.

je vieillirai avec,

que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de laisser flamber.
je vieillirai avec,
que ça me plaise ou non.
il ira ou j'irai.
À quoi bon de se laisser tomber"

-Ariane Moffatt-





"Oh petit, tout petit,
deux bras, deux jambes,
pas grand chose de plus,
aptère et ne volant qu'en rêve.

Dans le reflet d'un cadre,
laqués par la grâce du soleil,
diamant d'automne aigu,
le téléphone d'ivoire (faux, bien sûr),
la table d'acajou (vrai, peut-être),
le dictionnaire avec sa reliure effrangée,
au second plan des livres
dans un grand brouillard irisé,
on ne peut même pas lire les titres lointains
que l'on sait à l'envers.

Pa de tristesse
car la tristesse ne voit, ,i ne lit, ni s'écrit,
pas de bonheur,
mais un bonheur assez petit pour tenir sur une page
griffonnée ici
entre deux phrases d'une lettre à luisa
en trois minutes trente
pendant que passe le café
pendant que les nuages acceptent encore
de filer en arrière du soleil
façon de dire que le désespoir
a plus d'une espérance dans son sac."

"Petit"- Bernard Bretonnière-



"Tu rêves !
Vouloir cela
que tu saurais rester d'humeur égale
comme on dit.
La vie, tu y es trop
ou pas assez,
jamais sous la lumière exacte.
Ton ombre: soit devant  soit derrière
géante, naine,
à chaque heure difforme.

Que toutes les guerres cessent sur le globe
tu en resterais aux mêmes joies
et aux mêmes détresses
abusé
éperdu."

"Tu rêves"- Bernard Bretonnière-

en savoir UN PEU PLUS sur l'auteur

encore UN PEU







les pelleteux de nuage





NOUS SOMMES DES PELLETEUX DE NUAGE
« Nous n’aimons pas ce qui fait ombrage
Aux fragiles fleurs assoiffées de soleil
Nous, nous dégotons la chair entre les jambes de l’été
Et rien ne nous fait plus plaisir
Que de soulever
Sa jupe
Quels parfums
Quelles délices
Si vous pouviez les sentir un moment
Mesdames Messieurs les bien-pensants
Aux néons blafards de vos bureaux
Nous préférons les tons marron
Et les vers
Dans la Terre libre
À la peur et ses griffes
Aux dents qui claquent
Et à la peine cotée en bourse
Nous ouvrons les bras
Et nous vous conduisons
Dans le sauna
De l’imaginaire
Suez nous
Couper dans le gras
Et retrouver la ligne
Sinueuse
Du désir
Oui
Souffrez de nous suivre
Car voyez-vous
Nous les pelleteux de nuage
Les grand’ têtes dans la lune
Nous fuyons l’intelligence
Autant que la pensée commune
Nous n’avons ni jugeotte, ni même d’esprit pour en faire l’étalage
Vous l’avez dit : nous sommes occupés à pelleter des nuages
Alors, vos principes, vos idées
Et ce que pense le vrai monde…
Le vrai monde
Avec sa grisaille presque opaque
Ce n’est pas nous
Nous, nous sommes FO, phosphorescents
Incandescents d’indécence
Lorsque nous sentons venir la fin
Au point du jour
Quand le vin manque
Et les amis s’en vont
C’est dans la nuit que nous brillons
Sous les projecteurs
Nous jactons
Hors de nous ce qui nous tient à cœur
Nous vidons notre âme
Comme d’autres leur vessie
Et tant pis si les mots pissent à flots
Comme la bière
Sous la pression de la foule montante
Qui nous fait écho
Nous ne sommes pas les vecteurs de la distraction
Au contraire le feu vivant nous le communiquons
Du moins nous essayons
Par passion par envie de vivre la vie dont nous rêvions
Enfants lorsque la parole nous prenait
Comme une quinte de toux
Lorsque nous ne prenions pas tant de détours
Pour crier notre dégoût
Et conclure notre amour
Par un serment
Dans vos courbes et vos calculs
Vos diagrammes et vos projets
Où sont les fous, les amoureux
Les magiciens et les danseurs ?
Dans votre gestion du monde
Existe-t-il une place
Que votre vertu n’ait pas contaminée?
Nous n’avons pas besoin de vos illusions
Notre addiction, c’est la diction
Nos traditions, la déraison
Arpenteurs de la réalité
Nous désapprenons à vivre
Chaque jour
Les mensonges de votre éducation
Nous ne voulons pas changer le monde
Nous vous le laissons
Nous vous l’avons toujours laissé
Nous
Nous voulons en créer un autre
A l’image de notre espoir
Et de notre foi en nos enfants
Mesdames, Messieurs les bien-pansus
Nous sommes des pelleteux de nuages
La chose est entendue
C’est toujours bien mieux que de pelleter d’la marde. »

Montréal, 3 mai 2012 
Kuriakin

découverte de PAR ICI

LE PRINTEMPS ERABLE

samedi 9 juin 2012

un jour de grandes poussières

photo source Chouyo

Le texte qui va suivre a été publié dans le cadre d'un jeu d'écriture(s) blog a mille mains: 


"1 Quel est le principe du jeu ?
A partir d’une photographie commune, chaque personne qui le souhaite écrit un texte.
Le texte peut prendre n’importe quelle forme, relater des faits réels ou rester dans le domaine de la fiction. La longueur n’est pas fixée mais doit respecter le format d’un article de blog.
Les jeux d’écritures ne sont pas un tag, pas un concours, pas une compétition littéraire. C’est simplement du lien entre amateurs d’écriture et de lecture.
2. Qui peut participer ?
Les jeux d’écritures sont ouverts à tous.
3. Comment participer ?
3.1 Si le participant tient un blog, il publie sur ce blog la photo (en citant son auteur), son texte et un lien hypertexte vers le présent blog. Il signale ensuite sa participation en laissant un commentaire sur Jeu(x) d’écriture – Le Blog à 1000 mains.
3.2. Si le participant ne tient pas de blog, il peut envoyer son texte par mail à l’adresse a1000mains@gmail.com.
3.3. Les participations publiées sur les différents blogs et envoyées par mail sont compilées sur le présent blog. En participant à un jeu, l’auteur du texte accepte tacitement sa publication sur le présent blog.
Les textes ne seront pas modifiés sans l’accord de leurs auteurs à l’exception d’éventuelles fautes d’orthographe, de grammaire et/ou erreurs de typographie. 
Le texte peut prendre n’importe quelle forme, relater des faits réels ou rester dans le domaine de la fiction. La longueur n’est pas fixée mais doit respecter le format d’un article de blog.
Les jeux d’écritures ne sont pas un tag, pas un concours, pas une compétition littéraire. C’est simplement du lien entre amateurs d’écriture et de lecture."

JEUX D'ECRITURE(S) BLOG A MILLE MAINS



Un jour de grandes poussières 
enfin ni plus ni moins qu'un autre jour
finalement.
Ou alors,
un jour d'allez savoir pourquoi.
Vous en avez connu  de ces jours, j'en suis sur...
Donc,
résumons-nous:
 Un jour comme un autre mais tellement différent,
cependant.
Il décida (sans lui demander son avis d'ailleurs)
de sortir sa bibliothèque à ce grand jour.
Celle ci, qui s'était habituée (depuis le temps..) à la pénombre et au silence
en fut véritablement et  profondément troublée
Elle commença par rougir de la rangée du bas à la reliure du haut,
puis manqua de s'étouffer, pensez donc,  trop d'air d'un coup
et enfin intimidée, apeurée, déboussolée...
affolée et ne sachant dans quel sens de l'Histoire se tourner
elle s'emberlificota tellement  les phrases
qu'elle en  attrapa
oui, c'est bien ça,
elle en attrapa:
 une extinction de mots.
son propriétaire en fut légèrement décontenancé.
il se doutait bien pourtant  que ses livres peu habitués à la lumière naturelle  ne seraient  pas franchement ravis d'être exhibés ainsi à la vue de tous...
mais de là, à faire ce genre de dépression littéraire!!!
il y avait de quoi, être grandement surpris.

De nombreux badauds qui badaient 
ravis d'un spectacle peu courant en ces temps où l'écriture
en vers et contre tout perdait peu à peu pied au profit d'une image omniprésente et saccadée,
se rapprochèrent intrigués de rayonnages que la plupart  d'entre-eux découvrait  pour la première fois.
Quelques uns, plus téméraires  sans doute, commencèrent à toucher les livres, du bout des doigts, puis,  ils prirent de l'assurance poussés en cela par les autres, de plus en plus nombreux derrière eux
et
peu à peu les volumes se laissèrent approcher, caresser, éplucher, découvrir...et ronronnant d'un plaisir inconnu, ils ne purent se retenir et...
 jouirent en plein milieu de leurs spectateurs éclaboussés
et avides de sens interdits.

Le lendemain, sur le grand boulevard bordé d'arbres majestueux,
il ne restait aucune trace des débauches de la veille
sauf un livre, un seul oublié, perdu... dans la précipitation,
Il  gisait  au bord du caniveau, le coeur battant
mais si faiblement...
que le bibliothécaire le releva avec des gestes délicats et mesurés.
 C'était:" Le traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations".