lundi 22 novembre 2010

c'est une chose étrange à la fin que le monde




"C'est une chose étrange à la fin que le monde
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Ces moments de bonheur ces midis d'incendie
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit

D'autres viennent. Ils ont le cœur que j'ai moi-même
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime
Et rêver dans le soir où s'éteignent les voix


Il y aura toujours un couple frémissant
Pour qui ce matin-là sera l'aube première
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant



C'est une chose au fond que je ne puis comprendre
Cette peur de mourir que les gens ont chez eux
Comme si ce n'était pas assez merveilleux
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre...


Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle"


-Louis Aragon- 

beautiful tango



envoyé par Brigitte

lundi on fait dans le boudin purée



Faudrait-il  pencher la tête,
ou truquer les apparences?
et,
de gauche comme de droite le résultat serait le même,
pour comprendre de quoi il s'agit.
S'il existe un sujet fédérateur  traduit dans toutes les langues vernaculaires d'une planète en Et Moi, c'est bien celui-ci : LA PAIX, mais comment pourrions-nous l'accepter tant que nous serons en guerre avec nous-même et notre histoire.
De la conception à l'échappée belle, l'existence humaine se fait violence dans une course contre la montre pour remplir entre hasard, chance et pas de pot, l'espace-temps imparti.
Aussi, chacun voulant sa place dans la ronde des illusions, il est sans doutes bien difficile d'envisager, nous dirons: avec une certaine sérénité- l'idée  même du vivre en paix.
En résumé, à part quelques  pathologies dûment répertoriées, la majorité de nos voisins de cour de récréation planétaire, vote pour la séduisante exigence, sachant trop bien dans sa chair ou celle de ses aïeux ce que son opposé supposé signifie de larmes et de gâchis.
Alors que rien ne pourra nous en prémunir, notre peur et solitude quasi génétiques devant la fin du spectacle, nous entrainent inlassablement à l'attaque contre nos démons et ceux des autres.
"Foutez moi la paix et celui qui dit qui l'est."
Je demanderais cependant aux juges de la nébuleuse de m'accorder des circonstances atténuantes puisque tout comme mon vis à vis dans le miroir, ce n'est jamais moi qui ait commencé les hostilités.
Enfin, je présume qu'il me faut analyser la situation ainsi si je veux que mon rapide passage dans la précarité ne se transforme pas en état dépressif permanent.
Je me dois donc de m'agiter, d'assurer au mieux mon arrière-train, de saisir les opportunités, d'envisager un plan de carrière, d'aiguiser mes convictions...pour espérer profiter le plus longtemps possible de mes cellules où je m'enferme en amour, gloire et beauté.
La paix est un bel exercice pour  équilibristes en poésie et contrairement à nous-mêmes, ses charmes ne s'estompent jamais. 
La paix a toujours été à notre portée, elle nous suit comme une ombre au milieu de toutes les  autres, mais comme c'est la plus difficile à saisir , nous courons  d'abord vers d'autres chimères plus avantageuses à priori. Nous sommes, je suis, mon inconnu respectable...
Quand est-ce que je prendrais soin de son âme?

dimanche 21 novembre 2010

on se regardait

 photo Paco "la Grande marée" Saint-Nazaire



RAOUI

pour écrire un seul vers



"Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment voient les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère n'est pas encore éclairci (...), à des matins au bord de la mer, à la mer elle même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles,- et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela, il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour dont aucune ne ressemblait à l'autre (...). Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers."
"Pour écrire un seul vers..."-Rainer-Maria Rilke-

samedi 20 novembre 2010

comets

leçon de vie n°20112010



Un samedi à tout casser.
Pour la peine vous invitez quelques compères
et il en résulte un beau feu d'artifice.
Finalement, tout est affaire de circonstances et du côté où l'on se place.

J'aurais voulu être un oiseau.....



Condamnation d'un éleveur qui donnait du cannabis à ses canards

Un éleveur de canards qui donnait du cannabis à ses palmipèdes a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Rochefort à un mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende.

A l'audience, cet éleveur à la Gripperie-Saint-Symphorien, un village du marais Rochefortais, a avoué qu'il fumait lui-même "un peu" de cannabis tout en justifiant ses plantations de chanvre indien pour "purger" ses 150 canards.
"Y'a pas meilleur vermifuge pour eux, un spécialiste me l'a conseillé", a affirmé l'éleveur herboriste, sans préciser qui était ledit spécialiste
"C'est sérieux, pas un seul n'a des vers et tous sont en excellente santé", a renchéri l'avocat de la défense, Me Jean Piot, sans parvenir complètement à convaincre le tribunal de l'intérêt pour les canards de consommer de la drogue.
C'est par hasard, lors d'une visite au domicile de l'éleveur après un vol, que les gendarmes étaient tombés début octobre sur douze plants de cannabis et une poche de 5 kilos d'herbe.
Placé en garde à vue, le sexagénaire avait tenté une première fois de justifier de l'usage vétérinaire du cannabis. "C'est la première fois qu'on nous raconte une chose comme ça", ont noté dans leur procès verbal les gendarmes, pourtant habitués aux justifications oiseuses en matière de stupéfiants.

vendredi 19 novembre 2010

les musiciens



"Un jour venteux de mai, place de l'Opéra, face à ce pesant et pompeux "temple de la musique", un joueur de cornemuse écossais, kilt, chapeau de fourrure, plaid sur l'épaule et guêtres blanches, grand et fort, droit, tête légèrement renversée, sort de son instrument des sons aigus et chevrotants capables de transpercer le smog et le brouhaha venant des quatre côtés du carrefour.

Dépassant d'une tête la foule environnante, il semble ne pas la remarquer tandis qu'elle répond à sa fière attitude par une indifférence dédaigneuse. Personne ne ralentit le pas, personne ne s'arrête pour l'écouter. Jusqu'au moment où la bouche du métro vomit de ses entrailles un groupe de Gitans. Alertés par la mélodie, ils se dirigent aussitôt vers le musicien et se postent devant lui. Petits, cheveux noirs, teint basané, hommes en costumes chiffonnés et brillants d'usure, chemises déboutonnées et petits chapeaux à plume au-dessus de moustaches broussailleuses, femmes en jupes bariolées sous un tablier à volants, escarpins aux talons crottés et nattes recouvertes d'un foulard à grosses roses, nonchalamment maintenu par des barrettes, ils dévorent des yeux le blond Ecossais aux airs aristocratiques. Puis, ils commencent à trépigner sur place, à taper des mains et à onduler des hanches. Le sourire apparaît sur leurs visages. Ils s'échauffent, prennent de l'assurance...

Et soudain, la musique fait jaillir une gerbe d'étincelles et les feux des campements de la Dobroudja* embrasent les bruyères des collines écossaises."

*région de Roumanie

-Jana Boxbergerova- "Les musiciens"