mercredi 25 avril 2012

travail famine batterie

source: "In the street"

Serge a relevé pour nous


Le faux travail, c'est celui des grands patrons!

"On a parlé du vrai et du faux travail dans la campagne électorale. C’est bien que le travail devienne un thème de la campagne. Mais il est regrettable que cela se passe dans la confusion la plus totale, comme si tout thème devait perdre son sens dès lors qu’il a le malheur d’entrer dans le champ du débat politique. C’est fâcheux, cela devrait être le contraire : l’échange de points de vue devrait contribuer à clarifier les notions, plutôt que d’aveugler les esprits en brandissant des épouvantails.

Il ne s’agit pas d’opposer des catégories les unes aux les autres – surtout des catégories qui ne sont pas adéquates, comme celles que l’on a commencé à marteler depuis hier (en particulier travailleurs versus assistés, ou industriel versus tertiaire). Ceux qui ont compris ce qu’est le « faux travail » savent la différence entre le travail créatif, un tant soit peu créatif ou du moins créateur de valeurs, de lien social, de vérité, et le travail stérile. Ils savent donc que les deux types de travail se rencontrent partout, à tous les niveaux, dans tous les secteurs d’activité, à tous les âges.

Les détenteurs d’un faux travail sont le clergé du capitalisme néolibéral, que ce dernier sécrète, dès qu’il met un peu de productivité de côté, pour assurer sa domination sur la société. Ils en définissent les règles (les dogmes), ils en assurent le bon fonctionnement (le rituel), ils en garantissent la pérennité (l’inquisition). Bien sûr, il y a le haut et le bas clergé. Le bas clergé est parfois aussi à plaindre que ses ouailles ; certains sont même éclairés. Le haut clergé, ce sont les grands patrons qui s’entichent même de mécénat artistique, à la manière d’un cardinal du XVIIe siècle. Seulement il y a manière et manière. Le haut clergé actuel est non seulement obscurantiste (c’est-à-dire qu’il maintient le peuple dans l’ignorance), mais aussi, socialement, il a peu de moralité, culturellement, il a peu de goût. Le résultat, c’est une société en piteux état.

Le profit inconditionnel, l’exploitation de l’homme par l’homme et la finance internationale, notre Trinité à tous, a son clergé. Tout cela n’a rien à voir avec les débats sur les « vrai » ou « faux » Français, que l’on soit « pour » ou « contre » (d’ailleurs, pour ou contre quoi, on se le demande ?) Tous ces débats sont d’une irrationalité consternante."  -Henri de Montety chez Marianne2






source: Toile







« Les hommes travaillent généralement trop pour pouvoir encore rester eux-mêmes. Le travail : une malédiction que l'homme a transformée en volupté. Œuvrer de toutes ses forces pour le seul amour du travail, tirer de la joie d'un effort qui ne mène qu'à des accomplissements sans valeur, estimer qu'on ne peut se réaliser autrement que par le labeur incessant — voilà une chose révoltante et incompréhensible. Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel. Le centre d'intérêt de l'individu se déplace de son milieu subjectif vers une fade objectivité ; l'homme se désintéresse alors de son propre destin, de son évolution intérieure, pour s'attacher à n'importe quoi : l'œuvre véritable, qui devrait être une activité de permanente transfiguration, est devenue un moyen d'extériorisation qui lui fait quitter l'intime de son être. Il est significatif que le travail en soit venu à désigner une activité purement extérieure : aussi l'homme ne s'y réalise-t-il pas — il réalise » (Emil Cioran, Sur les cimes du désespoir).




"Je voudrais rendre grâce a celui qui peut-être
A été mon premier et mon unique maître
Un philosophe mort voici quelques décades
Mort de son propre choix ni trop vieux ni malade

Il n'était pas de ceux qui entre dans l'histoire

Nous sommes peu nombreux à servir sa mémoire
Il ne se posait pas en saint ou en prophète
Mais cherchait avant nous le bonheur et la fête

Il rêvait d'une vie que l'on prend par la taille

Sans avoir à la gagner comme une bataille
Nous disait que la terre était pleine de fruits
Et de pain et d'amour et que c'était gratuit

Il parlait de ne plus jamais plier l'échine

Ni de se prosterner devant une machine
Il souhaitait pour les générations futures
De ne souffrir jamais d'aucune courbature

Sans vouloir enseigner sa parole était claire

En cela peut-être elle est révolutionnaire
Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse
Qui ne nous arrivait ni d'Orient ni de Grèce

Je voudrais rendre grâce à ce maître en sagesse

Qui ne demandait que le droit à la paresse"
Georges Moustaki-


illustration: Toile

mardi 24 avril 2012

Marée Autre






le Camelot en chef est fait d'illuminations. Il grapille chez la concurrence et en revient avec des idées plein les fouilles.
 Au soir du premier tour et sur un  concept fort courant...que l'électeur s'attrape mieux quand on le pousse vers ses toilettes, il se dépêche d'apporter à l'usager quelques rouleaux d'essuie-tout, afin que celui-ci puisse récupérer tout ce qu'il veut des larmes à la bile et aux champs d'honneur.
Il n'y a pas de Lepénistes heureux disait le bon docteur.... 
compassion à l'addiction
et soins appropriés pour
guérir la souffrance.
sous
France.

Dès le lendemain, 
sans Si
 ni Bémol,
l'orchestre est reparti en tournée
générale
de caniveau.
Tout l'intérêt étant d'exacerber la colère, le regard en coin sur son voisin,  de pousser le déraisonnement  dans ses plus bas instincts. Moi c'est vrai, toi c'est faux. Toi méchant moi poireau
Une fois que j'aurais cru  régler son compte à l'Autre je me sentirais mieux.

collection: "Je est un autre"

Pourtant, 
l'Autre,
 j'en suis un Autre et majuscule même . Un autre à parts, fabriqué de morceaux éparpillés et souvent difficiles à regrouper.
 Au grès des circonstances, des rencontres, des oublis, des mode d'emploi,  des fatigues,  des climats et paysages, des histoires des Autres,  des priorités conditionnées, des urgences improvisées, l'Autre est tout Autre
sauf qu'à force de lui faire croire qu'il ressemble à ce qu'on voudrait bien qu'il soit,  il finit par y croire, l'Autre, qu'il est celui là .
Et s'il n'y prend garde
à force des
 du moment que , moi ça me regarde pas, et Z'avaient qu'à
ou qu'à pas
demain au milieu de quelques Autres
il criera
"A mort"



-Magritte-




 Comment donner l'impression de satisfaire le client, c'est le thème du stage de quinze jours, ouvert en ce début de semaine.
Dans la mesure de tous les possibles et dans les conditions habituelles, nous ne sommes pas inscrits



 
 

                                                                     


lundi 23 avril 2012

le congrès des politologues insulaires


Le congrès  des politologues insulaires entamait avec une belle ardeur son petit déjeuner; tout au moins pour ceux qui avaient eu le courage d'enfourcher leur vélo pour rejoindre un rassemblement prévu de longue date mais devant intégrer dans son organisation les contingences naturelles.
Après avoir, comme à son habitude, pris brièvement la parole pour féliciter et souhaiter la bienvenue à la dizaine de membres du C.P.I. présent dans la salle réservée, décorée avec d'un filet de pêche sur lequel s'agrippait une énorme araignée vernie et deux palourdes de grosse taille, vernies également., le docteur passa le micro au responsable de l'intendance qui présenta le déroulement de la journée et  quelques consignes pratiques.




une fois le dernier café avalé et les tables repoussées contre les murs qui étaient quatre à ce moment là, les participants (le groupe s'était légèrement étoffé de trois étrangers au mouvement n'hésitant pas à se mettre à l'eau), firent un cercle pour la séance d'ombiliculture qui amorçait traditionnellement les travaux des congrès des politologues insulaires.
 Le silence immédiat et palpable du bout de l'ongle qui régnait maintenant dans la pièce aux fenêtres couvertes de bouées, permis aux observateurs du Mans  mandatés  de se laisser distraire quelques instants par les commérages de la tempête à l'extérieur, mais leur attention se reporta rapidement sur les spécialistes réunis dans une circulaire presque parfaite.
 Ils avaient tous maintenant mis à jour leur nombril et faisant le dos rond contemplaient avec intensité, clairvoyance  et respect leur cicatrice originelle.



Au bout de 17 minutes et vingt trois secondes, comme il était expressément  mentionné  dans le Traité du Grand  Troulude, les nombritologues enfoncèrent leur index dans la cavité offerte à leur connaissance et près avoir tourné le digitus trois fois dans le sens des aiguilles du lapin, le portèrent ensuite sous leur narine gauche ou droite suivant  un ordre préétabli, afin de sentir ou de renifler leur conscience qui -comme chacun devrait le  savoir- fait son terrier odorant  dans l'universelle cavité. A ne pas confondre naturellement, avec le coeur, qui se découvre, lui,  en se tâtant le poulpe.

Selon la coutume, rien ne serait dévoilé avant le dimanche 6 mai de la  Sainte Prudence, au cours duquel et à au moment bienvenu,  les politologues insulaires sortiraient de leur  quinze jours de silence pour révéler enfin  le contenu de leur exploration en eux mêmes qu'ils trieraient par la suite  afin de le déposer dans les différents bacs appropriés, mais cela donnerait lieu  bien sur à une autre cérémonie que nos correspondants vous ferons vivre en direct ou éventuellement avec un  léger différé granitique.




Pour les affaires courantes vous voudrez bien vous désaltérer, plait-il à vous,  aux sources habituelles


à suivre...

                                                                       ////////((((((((((________)))))°°°°°°

un peu de potage peut-être pour faire passer?





A
B
C


mais aussi quelques épices pour
Heu!
Epicer

dimanche 22 avril 2012

samedi 21 avril 2012

l'Isle sous le vent



La veille encore il battait la campagne jusque dans ses moindres  venelles, passages improbables et cul de sac pour non amphibien. On aurait dit qu'il  ne voulait rien rater en espérant regrouper toutes ses connaissances pour qu'elles puissent l'aider dans sa requête en mirage.  Pourtant, jamais il ne pourrait rattraper les nuages qui au mépris de toutes les lois du  Vie-Vent, passaient du nord à l'ouest et se volatilisaient au milieu d'un chemin. 

Ici on prend l'air à son insu
et
c'est pas de la blague.








Rentrez un moment. Ici  on fait école en plein air, c'est plus pratique,
 Tenez,
j'ai préparé ceci pour vous

-Le docteur déplia une feuille de papier qu'il venait de sortir d'une poche de sa blouse et la posa sur un pupitre. Je m'avançais pour pouvoir lire:


"Aujourd'hui je laisserai le vieux bateau
à l'endroit où la marée pénètre dans le port
au rythme d'un lointain roulis, ferme et profond.
Et je me reposerai, rêverai et m'assiérai sur le pont
à observer le monde qui passe."
C.S.

Voyez, ce fragment de poème est arrivé de Chicago.
Votre grand-père n'a pas eu le temps de vous l'expliquer 
mais l'idée de  distance est une notion très aléatoire,
vous savez,
C'est un comble sur une Isle.
 Non? 




"Je choisirai quel nuage j'aime
I will choose what clouds I like
dans les grandes flottes blanches qui flânent das l'azur
tout en restant couché sur le dos où en traînassant au bastingage.
Et j'écouterai les vents changeant de cap m'embrasser, m'envelopper.
And I will listen as the veering winds kiss me and fold me
and put on my brow the touch of the world's great will.
et déposer sur mon front le baiser de la grande volonté du monde."

- extraits de Chicago Poems de Carl Sandburg-











 à suivre...

vendredi 20 avril 2012

basse mère




Le temps est toujours propice à quelque chose.
Il laisse ses traces,
qu'il faudra par la suite décortiquer
comme une langoustine au sortir de son bain de vapeur.
Le temps sent fort, de bas en haut, 
à la dunette et chez fond de cale,
il a toujours la dalle.

Et du couloir à l'escalier,
il s'en raconte,
trop content de nous le faire,
le grand jeu,
de la maison de famille revisitée
qui ne manque surtout  pas d'air....





Les symboles se ramassent à la peine,
disait un vieux druide
même pas assermenté.
qui avait pris l'habitude de naviguer pas trop loin de la fontaine,
où faute de jouvence,
il dansait la ridée
en citant
des classiques
celtiques en vrille.






Dolmen et Menhir revisités
par une météo bien attentionnée
regardaient passer les bateaux,
puisqu'il est, paraît-il de bon temps de le faire,
quand on s'attarde un peu trop au bord des golfes fiers.

Fort heureusement, peut-être,
la parentalité
soussignée
semblait
fermement
résister aux tempêtes.




J'avais enfin retrouvé le docteur,
à moteur.
Cette fois pris au filet.
Tiens, vous êtes encore là, j'aurais pas crû,
 ni tout cuit
non plus
sourit-il dan sa barbe
à tout faire.
Mais, veuillez m'excuser 
On m'attend à Brouel,
Chut! pas ici, de l'autre côté...

N'oubliez pas surtout:
Laissez vous faire. 

Finalement,
il n'y avait qu'à suivre les flèches.




à suivre...






conseil et chanson du jour

Le conseil de Sneck




La chanson du jour par Dominique Grange

jeudi 19 avril 2012

le complexe de l'Isle à marée basse


De l'autre côté de la barrière
d'un décor qui prit l'eau
pour le meilleur et le pire,
j'acceptais de bon coeur la supercherie
de l'émotion
désirée, attendue;
qu'il ne fallait pas rater, puisqu'elle ne s'ouvrait
que tous les dix ans.






De l'autre côté de la barrière,
j'avais  retrouvé
un carnet  jauni par le sel et le sable,
 prisonnier
d'un filet d'où il ne devait plus sortir.
Mais les souvenirs vont toujours à la page.
Rien ne sert de vouloir les chercher
ou les fuir.
L'embarquement étant annoncé
il ne me restait plus qu'à écouter
les voix maritimes.





 Ne craignez rien surtout,
c'est  juste un  complexe de l'Isle à marée basse,
 très fréquent vous savez, surtout dans un cas comme le votre
Allez!
une cuillerée  de charbon de Belloc  chaque soir, avant le coucher
et rapidement il n'y paraîtra plus.

Le docteur était pressé, il enfourcha son caducée
et en s'élançant dans un nuage pétaradant
il me dit , enfin, je crus comprendre:
Je suis en retard,
on m'attend à la pointe.
Faites comme les autres
Laissez vous surprendre. 




 à suivre...
 



"Demain la route va me prendre
Dans les anneaux de ses détours
Qu'elle se décide à me rendre
Ou qu'elle m'avale pour toujours

Je vous emporte dans mon cœur

Par-delà le temps et l'espace
Et même au-delà de la mort
Dans les îles où l'âge s'efface
Et même au-delà de la mort
Je vous emporte dans mon cœur

Demain je m'en vais l'âme en fête

Vers la patrie de mes amours
Avec un chant de joie en tête
Avec pour vous un chant d'amour

Qu'importe demain la distance

Si j'ai laissé un peu de moi
Peu ou beaucoup, quelle importance
On ne mesure pas son émoi

Tous ces mots qui de moi s'envolent

Demain vous n'les entendrez plus
Les doux oiseaux de nos paroles
S'ils ne se croisent jamais plus

Demain quand les étoiles tremblent

Cherchez Arcturus ou Vega
Et nous serons encore ensemble
Si vous pensez un peu à moi"
-Gilles Servat-






samedi 14 avril 2012

relâche





Quand j'étions légèrement plus haut que trois pommes et demie, mon père, du genre blagueur, connaissant mes goûts d'alors  pour le cinéma, me dit un jour::
 : "il  y a un film qui sort au "Normandie" et franchement je te le conseille" 
-Ah bon et comment s'appelle t-il?
"Relâche"
-Tiens c'est curieux, j'en ai pas entendu parler.
"Ben écoute , à ta place moi j'irais le voir quand même et tu ne seras pas déçu"
Ce n'était pas la première que mon paternel, amateur éclairé de cinématographe, me conseillait un bon  film, aussi je décidais de l'écouter;
Et c'est ainsi que le jeudi suivant (jour de repos des écoliers) je me dirigeais vers mon cinéma préféré  "Le Normandie" et trouvais portes closes avec une affichette collée sur une des vitres et sur laquelle était écrit en grosses  et grasses lettres d'imprimerie::
 "RELACHE"

 Et bien, très chers lectrices et teurs habitués à mon cinoche quasi quotidien, vous aurez  aisément remarqué en devanture de ce bloga-tout faire, l'affichette en question; celle qui avait permis il y a environ  quarante-cinq ans de cela et à la grande joie de mon papa resté (et disparu) jeune- de me faire tomber- si j'ose dire: dans le panneau.
Ce qui signifie, après ces circonvolutions (habituelles...) que nous allons fermer boutique pour quelques jours et profiter du  fort courant du golfe morbihannais pour  aller jouer aux insulaires Robinsons sur un bout de caillou, duquel j'essaierais, de vous ramener un souvenir, si vous êtes assez aimable pour attendre la suite...

Je vous souhaite une bien belle journée et tout ce qui s'en suit.

;-)



vendredi 13 avril 2012

depuis le début






"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent."
-Lucie Aubrac-






.../...La poésie est avec nous depuis le début.
Comme l'amour,
comme la faim, comme la peste, comme la guerre.
Parfois mes vers étaient insensés;
Quelle honte.


Je ne demande pas d'excuses.
Je crois que chercher la beauté des mots
vaut mieux
que tuer et assassiner."
-extrait de "ET maintenant, adieu" de Jaroslav Seifert-






"Passants,
De vagues souvenirs me reviennent
De vos nombreux visages
Maintenant que le jour s'achève
Loin des trottoirs
Que les semelles de vos chaussures ont foulés
Et où vos voix se sont élevées et mêlées
Pour former le mugissement de la ville l'après-midi
Entravant un vieux silence.

 Passants,
Je me rappelle les plus maigres d'entre vous,
Gorges dans les griffes de l'espoir,
Lèvres sur lesquelles se lisaient vois luttes,
Bouches qui n'embrassent que par amour.
Registres des grandes espérances endormies,
Longtemps contenues,
Implorées et si âprement conquises:


Oui,
Ecrites sur
Vos bouches
Et vos gorges,
Je les ai lues
Quand vous êtes passés."

"Passants"- Carl Sandburg- "Chicago Poems-


illustrations source Serge et Toile