samedi 10 juillet 2010

ON RIT ENCORE




"Bienvenue en mon cirque
Mon cabaret du ridicule
Ce soir, vous faites l’homme fort
Et moi, je joue les funambules

L’homme fort, sachez
Doit d’abord avoir l’air de faire
Un grand effort en silence
Il danse tout seul avec la mort

Nous sommes d’ici
Nous sommes gentils bien sur
Nous sommes plus forts plus forts que la nature nature
Nos avancions rayonnant
D’optimisme et d’amour
Qu’on a tout vu, tout vu
Et on rit encore encore

Et cependant je continue
Moi à risquer ce qui bouge dans mon ventre
Vous êtes si stoïque
Et moi si imprudente

C’est si burlesque
Si pittoresque
L’homme fort et la jeune funambule
Jouant à la cachette dans un hôtel qui brule

Nous sommes d’ici
Nous sommes gentils bien sur
Nous sommes plus forts plus forts que la nature nature
Nous avancions rayonnant
D’optimisme et d’amour
Qu’on a tout vu, tout vu
Et on rit encore encore ."
-Arthur H-

EN FACE




Ainsi...
On aurait tout dit de l'homme et de son regard portés vers l'infini de la ligne bleue... des songes marins.
L'océan qui s'ancre en nous à pas d'heure, en toutes saisons de nos humeurs.
La rive nous sert de bastingage et l'on  s'essaye ainsi à  scruter  dans le silence relatif  du soir côtier  les nuances de la toile humide  accrochée dans  nos yeux ébahis.
Devant,  sur son île d'occasion, larguée et  mouvante , le paysan  océanographe  relève ses filets de poiscaille, de poésie, de pinces emberlificotées dans la maille et parfois... de mort soudaine dont on ne parlera qu'en silence, beaucoup plus tard.
En face , plus loin encore que l'imagination il y a tous  les autres, de l'autre rive, qui regardent pareillement un jour se lever et faire sa gym de soleil.


Avant, On se connaissait  si peu ou peut-être  par bribes des canotes de tous gabarits qui faisaient et défaisaient  les mailles  et leurs fantasmes entre les peuples des mers connues ou  espérées.
Aujourd'hui , on en saurait un peu plus parait-il sur nos manies, à tel point d'y trouver quelque ressemblance...
.Cependant,  la véritable chance de nos peaux salées ne serait-elle pas de n'avoir la même saveur lorsqu'on les cuisine à l'intime de l'histoire?
En face aussi,  on s'attend sans malice et sans hâte  à la suite de vagues pionnières, un peu lourdes de fantaisie pétrolifère,  amarrées au quai numéro huit. qui dégueule  sa  cargaison de rêves en plastique mou...


Sur le front de mer qui  se relâche en paix, un goéland s'enfonce dans l'ambiance  nocturne en criant au passage quelque vérité à qui veut la saisir.
Le passant déposé,  lève un court instant  la tête avant de reprendre sa méditation loin là-bas vers de nobles espérances ou de noirs caprices.

INSEPARABLE


"J'écris comme je vis:
sans votre accord.
De tout mon corps,
de la peau de mes dents
je m'acharne à l'usure,
et je cogne dans ma nuit,
contre la vôtre.
Que nous soyons autres.
Jamais ailleurs."
-Philippe Léotard-"inséparable"- extrait de:"pas un jour sans une ligne"-Editions: "les belles lettres


vendredi 9 juillet 2010

LE TEMPS QUI RESTE



-envoyé par Modinelly-

"Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures combien?
Quand j'y pense mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps encore...
Combien

Je l'aime tant, le temps qui reste...

Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand

Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait:
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes en pour demain...

J'ai encore du pain,

Encore du temps, mais combien?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...

Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images.
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons, ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...

Combien de temps encore?
Des années, des jours, des heures, combien?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera...
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord?"

-Jean-Loup Dabadie-

FESTIVAL COTE MER et ses accessoires



L'été ça attaque de tous les côtés, en coups de soleil, en grosse chaleur, en bains de pieds et du reste si affinité, en rosé qui tape derrière la nuque , deux trois trucs à emporter à l'hygiène relative, (mais pas grave -ils sont de passage -dixit un pseudo cuistot) et puis aussi pour notre salut public en musique en arts de la rue, spectacles de tous poils et à rebrousse qui font du bien par où que ça passe et permettent non pas d'oublier les pitoyables  comédiens au pouvoir mais de les assaisonner comme ils le méritent avec notre mépris, l'humour et le décalé  qui font les gens debout quoi qu'ils gesticulent et endive en disent  les z'autres...

Alors, encore et toujours,  VIVE les intermittents du spectacle qui nous la font poétique, exotique, magique,  VIVE  tous les artistes des palettes  de la vie, les bateleurs ,joueurs de rimes, musiciens, sculpteurs, jongleurs...et peintres de nos émotions. Sans eux on est foutu, avec eux on résiste alors protégeons-les, allons les applaudir et surtout  aimons-les.
Et puis,
comme disait une dame drôlement Gironde (si je peux me permettre ce jeu de mot facile ) , un jour  dans un de ses commentaires  où elle reprenait les propos d'un artiste:
"il n'y a rien de plus réellement artistique que d'aimer les gens" Vincent Van Gogh
et c'est d'ailleurs pour cela, qu'avec un peu d'intuition , de jugeotte, je n'ose dire de psychologie...l'on fait tout de suite la différence entre ceux qui,  même en jouant, restent dans le  vrai -les artistes-  et ceux qui vous sourient, vous serrent la main , vous mentent comme des arracheurs dedans et dehors aussi, vendeurs de vent mauvais et  tout  pour de faux que j'appellerais- n'ayant pas pour l'heure  trouvé mieux: les étrons -et dans ce cas et surtout en cette saison, n'oublions jamais  de tirer la chasse- traduisez, fermez la télé quand ils l'occupent, éteignez la radio quand ils y bavent et épluchez vos légumes dans les journaux où ils s'exhibent - ça sera toujours ça de gagné sur le développement du rable.

Ce modeste et aérien... préambule pour signaler un festival  "côté mer"qui se tiendra tout l'été à Saint-Brévin- avec une foultitude de spectacles gratuits et comme je ne peux décemment , présentement et ardemment vous donner toute la liste, le mieux c'est d'aller fair un tour sur le site qui dit tout

jeudi 8 juillet 2010

J'Y SUIS J'Y RESTE

LA COLERE DE MICHEL



"Quand je suis très en colère, je ne sais plus parler, je ne sais que pleurer et écrire."
Ruia-le Chêne Pointu-

"Qui sème la misère récolte la colère ils n'étaient pas bien nombreux, ce jour-là, armés de banderoles déteintes par la pluie. Ils n'étaient pas bien nombreux et le brigadier Bidouin, du fond de son bureau hésitait: "Me font chier à gueuler comme des putois! "empêcher les troubles" qu'il a dit le préfet. Le préfet, il y connait quoi, aux troubles? Le maintien de l'ordre, appris dans les meubles de l'ENA...Et ça le trouble pas, toute cette colère qui brave la pluie? Le préfet, il me fait chier autant que les autres avec leurs banderoles!" songea le brigadier, qui faisait déjà dans sa tête l'itinéraire pour rejoindre la Normandie avec sa femme. Un week-end qu'ils attendaient depuis trois mois. "Avec tous ces cons et leurs banderoles, à quelle heure je vais rentrer chez moi?"
Il s'avança vers la fenêtre pour compter le nombre de manifestants. Ce jour-là, l'Histoire retiendrait que les manifestants étaient douze, "selon les chiffres de la police". Douze personnes en colère, ça faisait pas beaucoup pour une si grande cause.
Au journal télévisé, à peine deux minutes d'antenne sur cette manifestation, si on n'aboutit pas pour notre cause c'est la catastrophe, il faut arriver à exprimer notre colère pour avoir une société plus juste pour l'avenir de nos enfants. Cela ne s'arrange pas, on s'enfonce encore plus, jusqu'à mourir pour nos enfants? et pourquoi pas! L'avenir de nos enfants  en vaut bien la peine non?
Au bois, on entendait les gros bras du préfet hurler dans l'attente d'en découdre.
Nous n'avions pas peur. Les yeux rouges de colère, nous nous sommes tous levés, les enfants, les femmes, les hommes, et, à l grande stupéfaction des brigades déguisées qui nous tenaient en respect, nous nous sommes mis à marcher droit devant nous dans leur direction. Puis à courir à perdre haleine. Plus de peur, seulement la volonté d'atteindre notre objectif...

Michel lâcha le porte-voix et se retourna vers ses camarades...Incrédule, il ôta ses lunettes couvertes de buée, essuya les verres, les remit sur son nez. Il était seul, comme un con, depuis il ne savait combien de temps. La pluie avait eu raison de l'ardeur révolutionnaire. En face de lui, il n'y avait que Bidouin, ce con de Bidouin. Il se marrait? Non, il ne se marrait pas. Il ouvrait son parapluie, se hâtait vers la Mégane- maigre cadeau du divisionnaire en échange de l'astreinte-: "Gardez la voiture, Bidouin!"
Il esquissait un sourire gêné: " c'est fini ça, Michel, faudra faire autrement. "Quelques jours plus tard, la colère éclata."
-"La colère de Michel" -Atelier d'écriture, l'Orange Bleue-



  Peintures: Oswaldo Guayasamin

« Ma peinture a pour but de blesser, de griffer et de frapper le cœur des gens, pour montrer ce que fait l’homme à l’encontre de l’Homme.»







LES ENTRELACES


Le département de la Mayenne et plus particulièrement la commune de Lassay-Les-Chateaux- et son équipe d'un village en fête proposent du 11 au 14 juillet la seizième édition du festival des "entrelacés".
Au programme: une foule de spectacles -gratuits- des arts de la rue, du cirque, un apéro géant, un vide grenier, pique-nique, barbecue et tout qu'il faut en surprises, bonne humeur, artistes décalés, spectacles délirants.
avec:
la compagnie cirque exalté  dans "Complètement Swing"



 Léandre dans "Chez Léandre"

La compagnie La plaine de joie Tanguy Simonneaux



La compagnie du Tire-Laine dans" les enfants du bal"

La compagnie Joseph K avec Stanislas





La compagnie Etoile de Mer  dans "juste pour rêver"



 La compagnie Pied en sol dans "cabaret daba"

La compagnie 4 à corps dans "mieux vaut pas avoir l'air"




Okidok dans  "slip expérience"

et encore plein d'autres spectacles que vous pourrez découvrir par ici

SI CH'RAIS GRAND



Si ch'rais grand et plus que ma pomme d'Adam, ben je f'rais pousser de la prairie sous les pieds des avenues et même des boul'vards aussi.
J'y mettrais des légumes  juste  comme il faut avec un chouille de fumier, un brin  d'engrais organique de sa mère- la terre-et pas plus que ça et ainsi plus personne irait acheter du made in Spain  ou ailleurs au loin qu'a pas de goût et qui pollue à tous les étages.
Si chr'rais grand je mettrais  tant qu'à faire du cochon dans les stades -quoi! y'en a déjà? et je les laisserais gambader avec des poules , quelques canards et deux trois oies et pi je donnerais des congés aux gars de la F.N.S.E.A.et à quelques filles aussi-pour leur apprendre à découvrir les beautés du monde et je pousserais  même pépère dans le purin d'ortie pour qu'il devienne raisonnable et amoureux des sols , des nappes phréatiques, de  ses voisins et de l'entrée du porc.
Bref! comme ça risquerait de prendre un certain temps tout ça -à la comprenette- leur faudrait  vraiment des grandes vacances pour redevenir de vrais paysans et  pas des agriculteurs machin...ou je ne sais quoi encore.

Et puis si ch'rais grand , un détail mais quand même à force ça fait suer...j'interdirais cette puante et fâcheuse habitude de brûler des pneus, à tous les énervés syndiqués ou pas, c'est pas parce que tu as des choses à dire qu'il faut pourrir l'atmosphère, ni d'ailleurs renverser des poubelles, scier des arbres, casser des services publics , foutre de le bouffe dans les caniveaux - tout ça c'est des trucs de branleurs et à ton âge j'aurais honte!, primo on gaspille pas secundo on nettoie sa merde et tertio je t'envoie  un psy si t'as des vapeurs.

Si ch'rais grand , je ferais des écoles aussi mais pas comme celles qui y sont  déjà, qui vous donnent l'envie de partir en courant tellement on s'y ennuie. NON, des écoles pour le plaisir d'apprendre, pour le droit de devenir intelligent à sa façon, à son rythme, dans son genre...et terminé-out- circulez-  les machins débiles à apprendre par coeur, les générations dégoûtées  de l'histoire, la géographie, la musique, l'art , les mathématiques, le français ... la liste est longue.
Moi,  Je veux une école où l'on cause philo dès la maternelle, où c'est le prof qui s'adapte à l'élève  et non le contraire, avec des programmes à la carte, intelligents, préparés avec les enfants et pas par des vieux croutons dans des ministères d'aigris. Une école pour l'autonomie, pour l'amour du savoir, pour y  partager,  réussir sa vie mais pas comme un profiteur, un qui écraserait les autres ensuite, qui serait là pour apprendre à  gagner du fric  ou pour devenir  un  ptit robot docile et sans réflexion dans la  S.AR.L. du-gland

Et du coup, si ch'rais grand, je fermerais les banques, les bourses, les casernes -sauf celles des pompiers-les prisons, les ministères, les préfectures ...puisque, comme on aurait appris à l'école à pas devenir con et à se prendre en main y'a tout un tas de trucs qui de fait, et forcément peu à peu, sans houspiller la jument,   serviraient plus à rien.

Si ch'rais grand... -t'as remarqué je suis sur- j'ai pas dit que je fermais les églises, ben parce que "je crois"  (ah!ah!) que ça prend du temps de ne plus avoir peur de la Vie  et donc en attendant pour apaiser ses angoisses existentielles eh... deux mille ans quand même de culpabilité ... je laisserais chacun chez l'épicier qui veut et puis un jour pfout! on s'apercevrait qu'on a plus besoin de fables pour s'endormir.
 Si ch'rais grand, ben peu à peu on aurait plus de  police non plus  mais ça risque aussi de prendre un chouia de temps  avant que les effets positifs de l'éducation fassent justement leur nez fait, en supprimant les frustrations, l'idée de pouvoir, de posséder, la violence encore bien attachante chez la bête humaine, la jalousie, la propriété, le travail, le fric...  et toutes ces conneries qui nous empoisonnent au quotidien.

Si 'chr'ais grand ..
.mais...
j'suis tout ptit, moé, et je rêve beaucoup parce que ça ils ont pas réussi encore à me l'enlever mais je sais qu'ils cherchent, qu'ils cherchent...
et demain...?

ET toi, dis... tu rêves comment quand tu seras grand?

COMIC STRIP DU JEDI