dimanche 4 juillet 2010

LA CARTE POSTALE qu'elle était



Du bleu à l'âme, dégradé à l'horizon- par essence infini-
du bleu pour carte postale, cartonnée en été, valeur sure des congés, rien que moins payés.
Tu saisis la nuance?
Mais non, elle t'échappe, parce-que en vacances, on n'est pas là pour se prendre la tête , on consomme du peu de temps qui passe et tout est à l'avenant, pré-mâché, digéré à l'instant même ou tu l'as gobé le saisonnier feu RTT, 35 l'heure...retournée la coquille qui fait des pellicules en  souvenir....
Et pour combien de temps?
C'est déjà trop du napperon au crochet immigré sur ta télé tout autant exotique!
L'an série, la pensée paysage, à regarder toujours dans la même direction, mais pas trop longtemps non plus...
Au suivant.
Tu Chine? moi non plus!
Le plouc dont je m'adhère (avec la sauce) s'est mondialisé  dans  le sourire qui fait vendre et les théories de la philo-xera
Oups! contagieuse la mise en bouche estivale, le coucher de soleil calibré juste comme il faut avant la marche  à ne surtout pas louper, parce que... pas de temps à perdre ou que ça à gagner, en profiteroles surgelées.
Les vacances en troupeau, au suivant sous la douche et profit maximum- emballé c'est pesé-

Du bleu en pagaille sur tous les plans  et...quand bien même on se serait oublié dans  l'horaire des marées, le missel des nouvelles paroisses démontables , il resterait toujours un peu de  la grillade parfumée pour  la plage, l'apéro voisinage, le... qu'est-ce qu'on est bien à rien foutre, non mais sans blague! 
que ça en serait presque indécent;
  Scusez du peu! 

A la rentrée, on comptera ce qui reste- moins ce qui ce sera envolé en douce dans notre dos écrémé indice 4- 

En attendant...
profite petit Homme et...
par ici la monnaie de ta pauvre pièce -au mieux-  ensoleillée.

SOY CAMPESINO

LA DEFERLANTE


"Depuis 17 ans, 10 stations balnéaires du littoral Atlantique s’accordent à « monter » une programmation culturelle originale et gratuite au printemps et en été :
Saint Brevin les Pins, Pornic, Noirmoutier en l'île, Barbâtre, Notre Dame de Monts , Saint Jean de Monts, Saint Hilaire de Riez (présidence 2010), Saint Gilles Croix de Vie, Les Sables d'Olonne (siège social) et La Tranche sur Mer."

à suivre sur le site de LA DEFERLANTE

LA PART MAUDITE





-envoyé par princebzh-

".../...Le folklore? Mais je le haïssais! A dix ans, pour me récompenser de quelque bon-point, une de mes tantes m'avait conduit à une matinée de patronage : à un moment, deux Bretons étaient entrés en scène, elle en coiffe, lui chapeau à rubans, et ils avaient chanté Par le petit doigt lon la lon laire en se dandinant par la main. La Bretagne avait son héroïne, Bécassine, la bonne ahurie, et son poète, Botrel : sur fond tricolore, les images réclame du chocolat Menier montraient "L'illustre barde patriote et breton" en gilet de velours, au recto, la Paimpolaise, au verso, Ma ptite mimi, ma ptite mimi, ma mitrailleuse, "chanson de nos chers poilus sur l'air de Ma Tonkinoise"  Amusette pour enfants, soit!- encore que la mimi, la mitrailleuse ait bercé quatre ans durant, une étrange nursery. Cependant pour les adultes, la matinée enfantine continuait. Miracle à rebours, le Breton ne grandissait pas. il avait beau, apparemment, avoir une taille normale, il restait le petit Breton avec son petit costume, son petit biniou, ses petits rubans. il appartenait à jamais à la race pittoresque et récréative qu'incarnait sous une autre peau cette autre rondeur, le Bon Nègre Banania. Bamboula, Y a bon et Bécassine Ma doue beniguet , les deux lunes alternées de mon enfance, la noire, la blanche: au fond, je les imaginais assez bien mariés tous les deux, le négro et la brezonec, puis, nantis d'un petit pécule, tenanciers d'une de ces boutiques de plage où l'on débitait à la grosse du chouan tire-bouchon et du mathurin à brûle-gueule. Tout ce que la Bretagne étalait en vitrine, presque tout ce qu'elle chantait, dansait, peignait, la rapetissait à ces vues microscopiques qu'on regardait dans des porte-plumes de nacre. Ce bazar puéril m'écoeurait: si ma patrie s'était réduite à ça quelle exécration! Mais justement, la Bretagne que j'avais découverte n'offrait aucun rapport avec cette bretonnerie. J'avais déchiffré un original et on m'opposait sa traduction française, expurgée. Je retrouvais l'imposture: pourquoi cet arrêt de croissance? Pourquoi le chouan, plus vendéen que breton, nous représentait-il jusqu'à la hantise, masquant le Club Breton de 89 et nos grands mouvements libertaires? Quelle complicité censurait un effort adulte dont j'avais été le témoin? Car une autre Bretagne, digne de ses hommes et de ses paysages, se débattait sous cette caricature: à  l'heure où l'on célébrait les Botrel et les Le Goffic, des éditions locales ouvraient au breton la littérature universelle; Eschyle, Cervantes, Marlowe, Shakespeare, Boccace, Goethe, Hoffmann, Chamisso, Rilke, Pouchkine,Alexandre Block, Essenine, étaient traduits dans la langue maudite; des poètes, des historiens renouaient avec leur culture, des techniciens et des économistes élaboraient des plans; ici et là, des inconnus vivaient mon expérience, racontaient leur pays au présent. Ils n'étaient qu'une poignée, et ils contrariaient, me disait-on, leur époque. Mais je n'ignorais pas qu'ils donnaient le meilleur d'eux-mêmes; et celui qui vit à sa note la plus haute peut-il être un ennemi du temps? .../..."
-Morvan  Lebesque-extrait de "Comment peut-on être Breton?"-Editions du Seuil

PEUT ETRE


"Des marées de bateaux
aux morsures des golfes,
des moissons hypothétiques
en des mers enchevêtrées,
des femmes qui titubent
dans des lointains imaginaires,
les hommes qui s'attardent
dans l'opaque des cafés,
et pourtant je vous dis
que cette terre existe."
Padrig Moazon-Peut-être- -Celte Présence-





"Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme ce tordu
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boutefeu ce fouille merde.
Je crois en l’homme, ce lèche sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger."

-Lucien Jacques-Credo-


"Ma folie a ceci de sage
qu'elle me mène à la source
sans passer aux écluses
Mon principe est de ne rire
qu'au plus profond des bois
là où je peux me gorger
de mon propre écho
sans craindre l'ironie du monde.../..."
Glaodina Provost-extrait de Eviti Hag Rvidout-



"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l’ancre!
Ce pays nous ennuie, ô Mort
! Appareillons!
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons
!
Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte
!
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe
?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau
!"

-Charles Baudelaire- Extrait de: Le voyage -


certains des textes proviennent de: Passion Lettres: "Les autres"-le site de Anne Sculfort ,d'autres de: Le livre d'or de la Bretagne de Philippe Durand-Editions Seghers

samedi 3 juillet 2010

J'AIMIONS LA NATURE




Philippe notre envoyé (très) spécial, es-tête en  bières artisanales et sillonneur de la campagne hexagonale et limitrophe dans tous les sens, nous envoie quelques photos  -souvenirs de vacances - tout d'abord celle de maraichers bretons  en menhir, une visite au cimetière de Sète l'héraultaise  et ensuite de passage en Belgitude (Watou) 2 clichés démontrant le soin apporté dans ce fier  pays aux choux- décoratif ou légume de compagnie...





LE MOULIN DE GUERANDE-YEZHOÜ BIHAN-



"Le bourg de Batz debout sur les marais
Le Croisic tout au bout du grand trait
Sous les veilleurs, les souvenirs m'attendent
Et l'enfance en moi comme un matin


Par-dessus le manteau d'Arlequin
Où les œillets se fendent sous le sel de Saint-Guénolé
Tournez, tournes les ailes du moulin de Guérande
Sur les grains de mes jours envolés
Sur les grains de mes jours envolés


Chemin de mer pour talus de rochers
Entonnoir de granit écorché
Passaient nos jeux, passaient nos vies gourmandes
Sur le clair sablier de Port-Lin

La mer a fuit l'auge de Saint-Goustan
A l'orée des lents oiseaux distants
Mon père, penché, ramassait des amandes
Des fruits de nacre et des couteaux marins

Sur son balcon allumé de bouquets
Ma grand-mère qui regarde les quais
Et les marais balançant des guirlandes
De bateaux beaux comme des ravins

Des soirs dorés des vieux cars fabuleux
Le soleil dans le pare-brise bleu
Citron brûlant éblouissante offrande
De l'été déjà sur le déclin"


envoyé par miraculeux2006

PETIT FRERE

"Daniel mon petit frère, je n'ai sans doute jamais vu cet enfant, cet homme, cet autre toi dont tu parles? Je me souviens avant tout d'un grand rire, d'une incroyable bonne humeur. Je te savais plus faible, plus fragile avec parfois cet air absent sur ton beau visage. Je te connaissais étrange, mais pas en souffrance, non cela je ne le savais pas.
Je me souviens de ton air terrorisé lorsque notre père te demandait d'aller chercher du vin à la cave. Tu remontais, désolé de ne pas avoir trouvé la bouteille, il criait et tu souriais en me regardant. Rien n'énervait plus notre père que ce rire, il me suffisait d'une grimace pour faire disparaitre ton chagrin.
Ce rire était un rempart, une vague face à cet aveuglement que nous avions tous, tu étais l'enfant heureux, cela nous le savions simplement. Nous dormions tous les trois dans la même chambre quand nos deux soeurs se partageaient l'autre.
Les nuits étaient rythmées par le roulis de ton corps sur les couvertures, tu te balançais, nous disions tourner. Avant chaque départ vers le sommeil tu te tournais de plus en plus vite jusqu'au commencement des rêves. Même là, dans cette nuit de notre chambre, tu parlais à haute voix, tu criais, tu te battais contre les esprits farceurs.
Petit, tu tombais, tes jambes restaient fragiles et ton équilibre précaire. Tu chutais et tu riais, nous partagions cette aventure de ta bonne humeur. 
Un jour tu avais deux ans peut-être, ton frère jumeau a basculé dans un bassin, tu n'as pas hésité une seule seconde tu as plongé aussi. Je vous ai ramassés. Du haut de mes huit ans je vous gardais des journées entières et déjà vos rythmes n'étaient pas les mêmes. J'ai eu peur mais tu as ri encore en crachant de l'eau froide.
Avec cette écriture je me demande s'il te reste de ces années d'enfance les mêmes bonnes humeurs, les mêmes éclats. Je ne sais pas, je ne suis plus certain tant je n'ai rien vu de cette faiblesse dont tu portes les meurtrissures.
Même encore quarante ans après, je ne mesure pas cet écart dans nos vies. Je t'ai vu pourtant redoubler plusieurs classes successives, j'ai vu cette même photo de classe se répéter et toi grandir sans quitter le CE2. Mais je me suis  toujours dit "ce n'est rien, c'est pour plus tard, il viendra plus tard." Peut-être étions-nous tous inscrits à cette même enseigne d'une tare héréditaire, de ce manque d'intelligence dont nous affublait le père.

Petit, tu étais maigre et sec, à la mer tu te baignais et puis tu tremblais comme si tu épuisais tes réserves. Tu serrais les poings, tu te blottissais contre notre mère et tu attendais ainsi grelottant sous un soleil de plomb.Nous te couvrions de serviettes puis nous retournions à l'eau avec nos chambres à air et nous te faisions des grands signes.
Ton corps parlait à sa manière de cet esprit à vif, de cette révolte muette, mais nous disions "il est nerveux" Tu as grandi doucement sous la coupe d'une implacable malédiction. Cette lenteur dans tes gestes, cette maladresse du mouvement, venaient d'une terrible malchance: tu avais bu "l'eau de la mère" et ce liquide impur te condamnait à une anémie de l'esprit. Tu n'étais pour rien dans ce retard sur les choses, seule une mauvaise inspiration te laissait à la traîne de l'école. 
Nous mesurions à ta fragilité la chance d'avoir retenu notre respiration plus longtemps que toi dans le ventre de notre mère. Nous ne disions rien de cette étrangeté, nous pensions simplement à son étonnante toxicité. Toi plutôt que ton frère, quelle injustice! Y'as-tu seulement pensé une seule fois?
Tu as gardé un rapport au monde abrupt, effilé comme le tranchant des décisions sans appel, tu aimes ou tu détestes, il n'existe aucun compromis. tu as besoin de faire et défaire cent fois les petits bouts de vie dans ta tête. ensuite rien ne t'arrête, rien ne peut dévier cette course vers le but fixé. Pas même mes raisons qui parfois s'effritent, se transforment, rendent inutiles l'idée du début. 
Un jour je t'ai dit qu'il commençait à neiger au bout de la rue, tu t'y ai rendu sans douter une seule fois de ma parole. Tu t'es planté sous le lampadaire à l'endroit exact où je t'annonçais les premiers flocons. 
Combien de blagues idiotes t'avons nous faites sans que jamais tu ne te fâches. Lorsque tu comprenais, tu revenais en riant aux éclats et tu nous bourrais de coups de poings factices. Tu aimais te battre, te mesurer à moi dans des corps-à-corps virils. Tu finissais irrémédiablement au tapis trahis par ton déséquilibre, tes membres secs s'accrochaient à moi et tentaient de me jeter au sol.
Il n'y a pas si longtemps encore nous nous battions ainsi sur un ponton près de la rivière et toujours ce besoin de se toucher de mélanger nos forces.
Je sais ce qu'il en coûte de se raconter mais peut-être le ferons-nous quand même. Cette fois-ci, petit frère, c'est moi qui attendrai la neige et je sais très bien où elle tombera. Je te le dirai un jour lorsque nous serons prêts et qu'enfin cette malédiction ne sera plus qu'une étrangeté."

Ce texte "Petit frère"  de Jean-Claude Arévalo a été publié  dans le numéro 979 de l'hebdomadaire "Lien Social"

vendredi 2 juillet 2010

ROCK SANS PAPIERS


Il sont ainsi les artistes. On pourrait même dire qu'ils ont ça dans le sang, enfin pas tous c'est sur mais souvent quand même, les injustices, les abus, les violences, l'intégrisme...en général ils aiment pas, ptêt parce qu'ils savent du plus profond de leur art, que pour créer il faut avant tout être libre, de ses pensées,  de sa parole, de ses mouvements...
Ainsi dans le cadre d'un collectif :" rock sans papiers"  ils ont lancé l'appel du 18 septembre dans lequel ils se déclarent solidaires des travailleurs  et familles sans-papiers.
Ce jour là, le 18 septembre, un grand concert de soutien aura lieu à Paris Bercy en présence de beaucoup de beau monde, chanteurs, musiciens... dont Jacques Higelin, les Têtes Raides, Abd Al Malik, Jeanne Cherhal, Cali.etc 

 Dans un appel, ils déclarent ceci:

Nous, auprès des artistes, musiciens, comédiens, réalisateurs, écrivains, plasticiens, professionnels de la musique, du spectacle, du cinéma, de l’information, de la culture, avec la majorité des citoyens français, nous déclarons solidaires des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays.


  • Nous refusons que des enfants, souvent nés et scolarisés en France, soient expulsés avec leurs parents vers des pays qu'ils ne connaissent pas ou plus et dont certains ne parlent même pas la langue.




  • Nous refusons que des parents soient arrêtés, menottés, rudoyés, humiliés et enfermés dans des Centres de Rétention Administrative sous les yeux de leurs enfants.




  • Nous refusons que des familles parce qu'elles n'ont pas de papiers soient séparées, le père brutalement expulsé à des milliers de kilomètres tandis que la mère et les enfants restent ici, souvent dans la misère et traumatisés à vie.




  • Nous refusons que des travailleurs, qui bien souvent exercent leur métier dans des conditions pénibles, car sans droit, dont la plupart cotisent (retraites, maladie, chômage...) et paient des impôts en France vivent en permanence dans la peur et la clandestinité.




  • Nous refusons les lois Besson sur l'immigration qui bafouent le droit d'asile français et font honte au pays des Droits de l'Homme.Comme certains l’ont fait en d’autres périodes de l’histoire, en accord avec les principes du droit international qui protègent les migrants, en accord avec les droits de l'homme et de l'enfant, comme avec les valeurs universelles de
    fraternité, d’égalité, de liberté et d’accueil de notre République, nous appelons à résister à ces pratiques indignes et inhumaines.


    Si vous voulez vous associer à cet appel rien de plus simple en signant la pétition  ici même