dimanche 4 juillet 2010

PEUT ETRE


"Des marées de bateaux
aux morsures des golfes,
des moissons hypothétiques
en des mers enchevêtrées,
des femmes qui titubent
dans des lointains imaginaires,
les hommes qui s'attardent
dans l'opaque des cafés,
et pourtant je vous dis
que cette terre existe."
Padrig Moazon-Peut-être- -Celte Présence-





"Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme ce tordu
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boutefeu ce fouille merde.
Je crois en l’homme, ce lèche sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger."

-Lucien Jacques-Credo-


"Ma folie a ceci de sage
qu'elle me mène à la source
sans passer aux écluses
Mon principe est de ne rire
qu'au plus profond des bois
là où je peux me gorger
de mon propre écho
sans craindre l'ironie du monde.../..."
Glaodina Provost-extrait de Eviti Hag Rvidout-



"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l’ancre!
Ce pays nous ennuie, ô Mort
! Appareillons!
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons
!
Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte
!
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe
?
Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau
!"

-Charles Baudelaire- Extrait de: Le voyage -


certains des textes proviennent de: Passion Lettres: "Les autres"-le site de Anne Sculfort ,d'autres de: Le livre d'or de la Bretagne de Philippe Durand-Editions Seghers

samedi 3 juillet 2010

J'AIMIONS LA NATURE




Philippe notre envoyé (très) spécial, es-tête en  bières artisanales et sillonneur de la campagne hexagonale et limitrophe dans tous les sens, nous envoie quelques photos  -souvenirs de vacances - tout d'abord celle de maraichers bretons  en menhir, une visite au cimetière de Sète l'héraultaise  et ensuite de passage en Belgitude (Watou) 2 clichés démontrant le soin apporté dans ce fier  pays aux choux- décoratif ou légume de compagnie...





LE MOULIN DE GUERANDE-YEZHOÜ BIHAN-



"Le bourg de Batz debout sur les marais
Le Croisic tout au bout du grand trait
Sous les veilleurs, les souvenirs m'attendent
Et l'enfance en moi comme un matin


Par-dessus le manteau d'Arlequin
Où les œillets se fendent sous le sel de Saint-Guénolé
Tournez, tournes les ailes du moulin de Guérande
Sur les grains de mes jours envolés
Sur les grains de mes jours envolés


Chemin de mer pour talus de rochers
Entonnoir de granit écorché
Passaient nos jeux, passaient nos vies gourmandes
Sur le clair sablier de Port-Lin

La mer a fuit l'auge de Saint-Goustan
A l'orée des lents oiseaux distants
Mon père, penché, ramassait des amandes
Des fruits de nacre et des couteaux marins

Sur son balcon allumé de bouquets
Ma grand-mère qui regarde les quais
Et les marais balançant des guirlandes
De bateaux beaux comme des ravins

Des soirs dorés des vieux cars fabuleux
Le soleil dans le pare-brise bleu
Citron brûlant éblouissante offrande
De l'été déjà sur le déclin"


envoyé par miraculeux2006

PETIT FRERE

"Daniel mon petit frère, je n'ai sans doute jamais vu cet enfant, cet homme, cet autre toi dont tu parles? Je me souviens avant tout d'un grand rire, d'une incroyable bonne humeur. Je te savais plus faible, plus fragile avec parfois cet air absent sur ton beau visage. Je te connaissais étrange, mais pas en souffrance, non cela je ne le savais pas.
Je me souviens de ton air terrorisé lorsque notre père te demandait d'aller chercher du vin à la cave. Tu remontais, désolé de ne pas avoir trouvé la bouteille, il criait et tu souriais en me regardant. Rien n'énervait plus notre père que ce rire, il me suffisait d'une grimace pour faire disparaitre ton chagrin.
Ce rire était un rempart, une vague face à cet aveuglement que nous avions tous, tu étais l'enfant heureux, cela nous le savions simplement. Nous dormions tous les trois dans la même chambre quand nos deux soeurs se partageaient l'autre.
Les nuits étaient rythmées par le roulis de ton corps sur les couvertures, tu te balançais, nous disions tourner. Avant chaque départ vers le sommeil tu te tournais de plus en plus vite jusqu'au commencement des rêves. Même là, dans cette nuit de notre chambre, tu parlais à haute voix, tu criais, tu te battais contre les esprits farceurs.
Petit, tu tombais, tes jambes restaient fragiles et ton équilibre précaire. Tu chutais et tu riais, nous partagions cette aventure de ta bonne humeur. 
Un jour tu avais deux ans peut-être, ton frère jumeau a basculé dans un bassin, tu n'as pas hésité une seule seconde tu as plongé aussi. Je vous ai ramassés. Du haut de mes huit ans je vous gardais des journées entières et déjà vos rythmes n'étaient pas les mêmes. J'ai eu peur mais tu as ri encore en crachant de l'eau froide.
Avec cette écriture je me demande s'il te reste de ces années d'enfance les mêmes bonnes humeurs, les mêmes éclats. Je ne sais pas, je ne suis plus certain tant je n'ai rien vu de cette faiblesse dont tu portes les meurtrissures.
Même encore quarante ans après, je ne mesure pas cet écart dans nos vies. Je t'ai vu pourtant redoubler plusieurs classes successives, j'ai vu cette même photo de classe se répéter et toi grandir sans quitter le CE2. Mais je me suis  toujours dit "ce n'est rien, c'est pour plus tard, il viendra plus tard." Peut-être étions-nous tous inscrits à cette même enseigne d'une tare héréditaire, de ce manque d'intelligence dont nous affublait le père.

Petit, tu étais maigre et sec, à la mer tu te baignais et puis tu tremblais comme si tu épuisais tes réserves. Tu serrais les poings, tu te blottissais contre notre mère et tu attendais ainsi grelottant sous un soleil de plomb.Nous te couvrions de serviettes puis nous retournions à l'eau avec nos chambres à air et nous te faisions des grands signes.
Ton corps parlait à sa manière de cet esprit à vif, de cette révolte muette, mais nous disions "il est nerveux" Tu as grandi doucement sous la coupe d'une implacable malédiction. Cette lenteur dans tes gestes, cette maladresse du mouvement, venaient d'une terrible malchance: tu avais bu "l'eau de la mère" et ce liquide impur te condamnait à une anémie de l'esprit. Tu n'étais pour rien dans ce retard sur les choses, seule une mauvaise inspiration te laissait à la traîne de l'école. 
Nous mesurions à ta fragilité la chance d'avoir retenu notre respiration plus longtemps que toi dans le ventre de notre mère. Nous ne disions rien de cette étrangeté, nous pensions simplement à son étonnante toxicité. Toi plutôt que ton frère, quelle injustice! Y'as-tu seulement pensé une seule fois?
Tu as gardé un rapport au monde abrupt, effilé comme le tranchant des décisions sans appel, tu aimes ou tu détestes, il n'existe aucun compromis. tu as besoin de faire et défaire cent fois les petits bouts de vie dans ta tête. ensuite rien ne t'arrête, rien ne peut dévier cette course vers le but fixé. Pas même mes raisons qui parfois s'effritent, se transforment, rendent inutiles l'idée du début. 
Un jour je t'ai dit qu'il commençait à neiger au bout de la rue, tu t'y ai rendu sans douter une seule fois de ma parole. Tu t'es planté sous le lampadaire à l'endroit exact où je t'annonçais les premiers flocons. 
Combien de blagues idiotes t'avons nous faites sans que jamais tu ne te fâches. Lorsque tu comprenais, tu revenais en riant aux éclats et tu nous bourrais de coups de poings factices. Tu aimais te battre, te mesurer à moi dans des corps-à-corps virils. Tu finissais irrémédiablement au tapis trahis par ton déséquilibre, tes membres secs s'accrochaient à moi et tentaient de me jeter au sol.
Il n'y a pas si longtemps encore nous nous battions ainsi sur un ponton près de la rivière et toujours ce besoin de se toucher de mélanger nos forces.
Je sais ce qu'il en coûte de se raconter mais peut-être le ferons-nous quand même. Cette fois-ci, petit frère, c'est moi qui attendrai la neige et je sais très bien où elle tombera. Je te le dirai un jour lorsque nous serons prêts et qu'enfin cette malédiction ne sera plus qu'une étrangeté."

Ce texte "Petit frère"  de Jean-Claude Arévalo a été publié  dans le numéro 979 de l'hebdomadaire "Lien Social"

vendredi 2 juillet 2010

ROCK SANS PAPIERS


Il sont ainsi les artistes. On pourrait même dire qu'ils ont ça dans le sang, enfin pas tous c'est sur mais souvent quand même, les injustices, les abus, les violences, l'intégrisme...en général ils aiment pas, ptêt parce qu'ils savent du plus profond de leur art, que pour créer il faut avant tout être libre, de ses pensées,  de sa parole, de ses mouvements...
Ainsi dans le cadre d'un collectif :" rock sans papiers"  ils ont lancé l'appel du 18 septembre dans lequel ils se déclarent solidaires des travailleurs  et familles sans-papiers.
Ce jour là, le 18 septembre, un grand concert de soutien aura lieu à Paris Bercy en présence de beaucoup de beau monde, chanteurs, musiciens... dont Jacques Higelin, les Têtes Raides, Abd Al Malik, Jeanne Cherhal, Cali.etc 

 Dans un appel, ils déclarent ceci:

Nous, auprès des artistes, musiciens, comédiens, réalisateurs, écrivains, plasticiens, professionnels de la musique, du spectacle, du cinéma, de l’information, de la culture, avec la majorité des citoyens français, nous déclarons solidaires des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays.


  • Nous refusons que des enfants, souvent nés et scolarisés en France, soient expulsés avec leurs parents vers des pays qu'ils ne connaissent pas ou plus et dont certains ne parlent même pas la langue.




  • Nous refusons que des parents soient arrêtés, menottés, rudoyés, humiliés et enfermés dans des Centres de Rétention Administrative sous les yeux de leurs enfants.




  • Nous refusons que des familles parce qu'elles n'ont pas de papiers soient séparées, le père brutalement expulsé à des milliers de kilomètres tandis que la mère et les enfants restent ici, souvent dans la misère et traumatisés à vie.




  • Nous refusons que des travailleurs, qui bien souvent exercent leur métier dans des conditions pénibles, car sans droit, dont la plupart cotisent (retraites, maladie, chômage...) et paient des impôts en France vivent en permanence dans la peur et la clandestinité.




  • Nous refusons les lois Besson sur l'immigration qui bafouent le droit d'asile français et font honte au pays des Droits de l'Homme.Comme certains l’ont fait en d’autres périodes de l’histoire, en accord avec les principes du droit international qui protègent les migrants, en accord avec les droits de l'homme et de l'enfant, comme avec les valeurs universelles de
    fraternité, d’égalité, de liberté et d’accueil de notre République, nous appelons à résister à ces pratiques indignes et inhumaines.


    Si vous voulez vous associer à cet appel rien de plus simple en signant la pétition  ici même



  • LA PENSEE DU SOIR


    "Une pendule arrêtée revient à l'heure au moins deux fois par jour."
    -Benjamin Kunkel- dans Indécision-Editions Belfond-

    LECTURE A NAU PLAGE


    Une idée portée par l'association "Le sel des mots" qui milite pour la promotion de la lecture et la circulation des textes et des idées, tout en défendant le travail des petites maisons d'édition.
    Sur la plage du Nau au Pouliguen, une cabane à lire est ouverte, on peut s'installer sur des transats (en solitaire hi!hi!hi!) Des boites de livres et revues sont posées là et  il y en a pour tous les goûts et les ages.
    lecture-transat-parasols et bruit des vagues...que du bonheur!

    LES MOTS


    -envoyé par pouleouette-

    C'EST UN PAYS




    -envoyé par juju4435-

    "C'est un pays, fallait qu'j't'en parle
    Car j'l'ai dans l'coeur comme tu crois pas
    Quand j'suis d'dans c'est pas normal
    A croire que l'monde n'existe pas.

    C'est pas fait pour les cons qui râlent
    Après la pluie ou j'sais pas quoi
    Moi j'l'aime mieux sous un ciel qui chiale
    Balayé par un vent d'noroît.

    Là-bas c'est la mer qui donne
    Et qui reprend quand ça lui plaît
    Et ce putain d'glas qui résonne
    Quand elle a r'pris tout l'monde le sait.

    Là-bas si c'est pas pour ta omme
    On te le f'ra savoir vit'fait
    Ils en ont vu passer des tonnes
    De colons et voire même d'Anglais.

    Et puis parfois toute la violence
    Qui fait lever l'poing sur la place
    qui rappelle qu'il y a méfiance
    Après la langue on vise la race.

    Qu'elle s'est pas trop gênée la France
    Pour lui mettre les pieds dans la crasse
    Des fois qu'l'idée d'indépendance
    Ne laiss'rait pas vraiment de glace.

    Car ça n'aime pas les conquérants
    A la cupidité vénale
    D'puis qu'une Duchesse encore enfant
    S'est fait mettr' d'une manière royale.

    Sa liberté c'est l'océan
    Qui la nuit va r'joindre les étoiles
    Et sa terre qui a fait serment
    D'être à jamais terre nationale.

    C'est aux cris des oiseaux de mer
    Quand il reviennent près du rivage
    Que j'ai compris qu'il y a l'enfer
    Mais qu'ça vaut toujours mieux qu'une cage.

    Et même quand chaque jour est une guerre
    Qui n'se lit que sur les visages
    Ici on n'parle pas d'sa misère
    Et encore moins de son courage.

    Si j'en rajoute un peu, tant pis
    Au début j't'ai bien dit que j'l'aime
    Dans tout c'merdier c'putain d'pays
    M'tient plus chaud qu'la gonzesse que j'traîne.

    J'ai pas fini d'l'ouvrir pour lui
    Pour lui j'fil'rais même des châtaignes
    Au premier salaud qui l'détruit
    Ou qui voudrait lui r'mettre des chaînes."

    C'EST L'ETANG QUI PASSE




    Il est quasiment trois heures au compteur du téléphone. La nuit s'alimente du ronron continu  de l'ordinateur. La maison a  enfin calmé ses esprits frappeurs qui pas plus tard que....interprétaient un numéro très réussi de danse de Saint Guy.
    Des fois, parfois...je me dis que j'ai ptêt passé l'âge, qu'il faudrait sans doutes des troupes un peu plus fraiches pour supporter la violence explosive du mal être de jeunes pousses  quasi incontrôlables. Et en même temps,  je vois bien les jeunes collègues qui  craquent également parce que...à force de subir, d'encaisser, même si ce n'est pas sans rien dire, on prend des jetons sur la carrosserie, de quoi rouiller  un peu ou  beaucoup  le moral.
    Ah dame, il est pas cher payé le sacerdoce mais finalement ça tombe bien non? t'es pas député ou sénateur toi, tu fais pas ça pour le fric...
    Ah Gast! je vois  déjà les perchoirs s'indigner et nos représentants  -proclamés- du peuple drapés dans  leur vertu à brasser  beaucoup d'air, affirmer la main sur le coeur à travers le veston de belle coupe ou le tailleur de chez bidule, que non décidément non ils sont là avec l'esprit glorieux du sacrifice et que d'ailleurs si on ne les payait pas ben ils feraient quand même etc blabla...
    :-Chiche les mecs- pas cap... un sénateur ou député smicard...
    Ben, sans faire de mauvais esprit je pense que dans ces cas là,  ça ne se bousculerait pas trop au portillon . Faut pas rêver, version Commune de Paris, il a existé certes mais maintenant on ne le voit plus  que dans les livres.  Et si la couleur des globules change au bar de l'assemblée, quand il s'agit de défendre ses coquets avantages, y'a plus vraiment d'opposants, que dis-je c'est même plutôt- tous ensemble  unis pour le tiroir caisse et tout ce qui va bien avec - et dans ce cas... l'étiquette n'est plus vraiment regardante...
    Allez qu'il me dit le socialo tout propret , te trompes pas d'ennemis...Mais heu! machin il y a bien longtemps au cas -improbable- où tu aurais connu la galère un jour , y'a bien longtemps dis-je que tu ne sais plus rien, des fins de mois difficiles , des factures qui s'amoncellent, des gosses en galère pour leur avenir etc etc.
    Toi tu vis ailleurs dans un monde nettement plus lisse, plus peinard et si par hasard tu reçois quelques pauvres dans ta permanence histoire de te donner le frisson et l'absolution en même temps, tu rentres bien vite ensuite dans ton confortable cottage  des quartiers tranquilles....

    Et franchement msieur, dame des indulgences républicaines- par exemple-  que les dealers légaux de GDF Suez augmentent leur prix en cascade tous les trois mois ou presque pour faire plaisir à leurs actionnaires dont tu fais ptêt d'ailleurs partie...( ben tiens faut bien payer les études du grand aux states pas vrai?) , ça te feras pas un grand trou dans la caisse -si seulement tu payes parce que...les avantages en nature, tu connais,non?

    Il est presque cinq heures sur l'écran noir de mes nuits blanches où je me fais du cinéma....Il est presque jour à dissiper le blues et je repartirais pour une nouvelle tournée , moi qui ne crois plus au ciel ,à m'investir  dans les chimères d'un fabuleux  destin où Amélie retrouverait ses crayons, ses nains goguenards et l'envie de penser comme il faudrait  à des jours meilleurs où ce qui se donne à voir  sur le fronton des symboles comme autant de "liberté-égalité-fraternité " n'a pas encore été changé en "clientélisme, abus , hypocrisie"