vendredi 18 juin 2010

SAMARCANDA

sonnons la retraite (enfin le tocsin)


Pascale m'a envoyé ceci:

Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites

"Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote...) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen - niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité inter-générationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.

Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.

Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage." 

-un site

A FLEURS DE PEAU



J'ai déjà trouvé le titre,
enfin... 
il m'est soudainement apparu comme une nécessité, une exigence de l'instant

Mais, j'ai vite compris qu'il me faudrait tourner autour
pour ne pas , sur la préface,
l'effaroucher,  ni même l'effrayer

- "à fleur de peau" -Alain Kieffer-

J'avais déjà trouvé le titre,
et j'étais bien avancé...
tu vois, un peu comme quand tu sens des choses, intuitivement...
et que tu n'oses pas aller plus loin de peur de...
de peur de faire tout le contraire de ce que tu souhaitais initialement.
ou que ça tourne en déconfiture
avec juste ce qu'il ne fallait pas comme murs mais sans les fruits...
Quoi!
Un exemple, tu veux? 
Voilà,
Tu sais que ta boite aux lettres, elle frise l'asphyxie   mais...c'est pas pour autant que tu vas aller la soulager, parce que tu te dis que de toutes façons, y'aura que des mauvaises nouvelles dedans - factures, huissiers, conneries en tout genre... que des trucs à te donner le bourdon ,et pas le miel bien sur.
Et pourtant,
tu devrais, 
car!
On ne  sait jamais,
Un tonton d'Amérique qui n'avait que toi comme héritier(e), un abonnement gratuit pour la piscine de lourdes,
un premier prix au concours départemental, une lettre d'amour, une ptite fleurette glissée là allez savoir comment?,  un poème de sept lieues avec le plan pour y arriver, un baiser en rouge à lèvres au dos d'une pub pour assurance vie, une lettre que tu t'es envoyée parce que t'en avais plus qu'assez de..



j'avais  le titre
 .............
et après,
  je l'avais allongé avec une chouette  guirlande de points de suspension
.................................................................
C'est joli non?
Parce-que  les communicants qui savent tout avant tout le monde, m'avaient expliqué
que...
maintenant, pour réussir
fallait se taire
et ils donnaient l'exemple d'un vieux beau , refait juste comme il faut,
qui n'en mouftait pas une et qui grâce à ça avait toutes ses chances de gagner les prochaines présidentielles,
le style ténébreux, homme fatal, super élévator avec les rides en plaqué or...
un type au sang froid des thermes! au dessus de la mêlée quoi!
bref tout le contraire de l'autre, le sémaphore pour porte avions , l'agité du bocage noeud-yé-un...
DONC!
Tu ne dis rien et ça passe
comme une lettre à la poste!
Ah non, on va pas recommencer avec les histoires de courrier...


"à fleur de peau" Maryse Dandurand-

C'était déjà ça... d'avoir le titre
un vendredi à ce qu'il y parait
ou fait semblant...
Oui parce que...
quand tu bosses la nuit , t'es entre deux eaux, deux rives aussi , deux jours et...la nuit! 
et après des fois t'as du mal à raccrocher les wagons du calendrier!
Tu me diras, qu'est-ce qu'il en a foutre des wagons, le calendrier, hein?
Allez! sois pas plus con que moi, c'est une image (comme dans le temps avec  le chocolat poulain?).

J'avais quand même le titre
"A fleurs de peau" (avec un "S" parce que c'est mieux en bouquet).
C'était un putain de titre...
Le genre à renifler la poésie à cent mètres -au moins-
et il m'était apparu, soudainement,  comme un nuage bleu et vaporeux à la  Bernadette ou encore  la Thérèse (pas celle avec le caddie...)
et comme un sous entendu à cette curieuse et prenante... activité de claviste amateur définie sous le  générique "bloggeur"
"A fleur de peau" c'était à mon humble- à vie - le lien commun de tous ces gens courbés à la tâche de l'encre qui tâche "juste" par rédemption., producteurs de vent arrière , d'écorchures d'étoiles, d'émotions calibrées, de doutes en pagaille, de révoltes démesurées, de peurs à la ligne... et qui en cette saison, allez donc savoir pourquoi? (du côté de la lune peut-être ?)  se lançaient dans une curieuse transhumance.
- Qui décidait d'arrêter d'écrire et le faisait savoir. Qui implosait son blog sans rien dire à personne, Qui changeait les rideaux. Qui se jetait à l'eau (merde et la bouée?) Qui....li qui qui....

"A fleur de peau"
je te dis.

J'avais déjà le titre
et pour le reste... fallait encore que je réfléchisse un peu!
mais je vous tiendrais ptêt et  certainement au courant.
(c'est mon côté allumé).

La chine rejoint la communauté civilisée !!!!!


Devant les suicides d'ouvriers/esclaves des grandes compagnies internationales en chine le gouvernement chinois est plus réactif que notre opérateur téléphonique, ça nous rappelle de croustillants moments. Aliot Marie qui propose des draps et pyjamas en papier pour éviter les suicides en prisons, France Télécom qui parlait de faire son prochain immeuble de bureau avec des fenêtres pas ouvrables, Le président de BP qui comprend la douleurs des "Petites Gens" face à la marée noire......
d'ailleurs la marée noire : ils viennent d'estimer la contenance de la poche de pétrole(en cas qu'ils ne puissent pas arrêter la fuite)....ça continuerait au même rythme pendant 4 ans......


Wen Jiabao propose que l'administration, au niveau local, et les entreprises, qui emploient ces migrants, organisent pour eux des activités de divertissement, sport ou karaoké, pour qu'ils ne perdent pas le moral pendant leur temps libre et conseille aux ouvriers de lire pour ne pas s'ennuyer.

Le sort des petites mains qui font le « miracle économique chinois », un miracle qui pour elles ressemble aux « Temps modernes » de Chaplin, préoccupe les dirigeants du Parti communiste.
Serge

VARIATIONS SUR UN THEME-moi non plus-




Ainsi donc, nos jeunes ébouriffés ont passé leur philo hier. Cette spécialité franco-française  inaugure donc la série du bac en tout genre et en tout lieu.
Pour participer moi-même à l'effort national de culture pour tous, je mettrais de côté la pelle du général , j'ai trop peur de prendre un râteau avec.... et pour envisager un thème un peu plus intemporel (chic un bal) je vous propose quelques digressions autour de l'amour, l'amitié et l'emballage prévu avec .
Par pudeur et respect pour la B.B.C. Je ne ramasserais pas les copies à la fin d' l'heure




"L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus.
Une religion qui n'est pas étrangère à l'amour. Mais un amour où la guerre et
la haine sont proscrites, où le silence est possible."
Tahar Ben Jelloun 
 
 
 
 


"Entre l'amour et l'amitié,
Il n'y a qu'un lit de différence,
Un simple "pageot", un "pucier"
Où deux animaux se dépensent,
Et quand s'installe la tendresse
Entre nos corps qui s'apprivoisent,
Que platoniquement je caresse
De mes yeux ta bouche framboise,
Alors l'amour et l'amitié
N'est-ce pas la même romance ?
Entre l'amour et l'amitié
Dites-moi donc la différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie...

Entre l'amour et l'amitié,
Ils ont barbelé des frontières,
Nos sentiments étiquetés,
Et si on aime trop sa mère
Ou bien son pote ou bien son chien,
Il paraît qu'on est en eau trouble,
Qu'on est cliniquement freudien
Ou inverti, ou agent double,
Alors qu'l'amour et l'amitié
Ont la même gueule d'innocence.
Entre l'amour et l'amitié,
Dites-moi donc la différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie...

Entre l'amour et l'amitié,
La pudeur a forgé sa chaîne
A la barbe du Monde entier
Et de ses gros rires gras de haine.
Bon an, mal an les deux compagnes
Se dédoublent où bien s'entremêlent
Comme, sur la haute montagne,
Le ciel et la neige éternelle.
Entre l'amour et l'amitié
Se cache un petit bout d'enfance.
Entre l'amour et l'amitié
Il n'y a qu'un lit de différence...

Je t'aime, mon amour, mon petit,
Je t'aime, mon amour, mon amie !"
- Henri Tachan-




"La grande différence entre l'amour et l'amitié c'est qu'il ne peut y avoir
d'amitié sans réciprocité."
-Michel Tournier-









jeudi 17 juin 2010

J'SUIS HEUREUX

Trop la classe !!!




Les Ray-Ban du président de la République sont gravées à son nom, à l'intérieur de la branche gauche. Il jouait avec, mercredi matin, assis sur la terrasse en devisant avec son conseiller, Raymond Soubie, et quelques journalistes à qui il voulait préciser la stratégie de sa réforme des retraites.
 -Serge-

la société mercantile et spectaculaire




 Comme disait le prof aussi gris que l'était alors sa triste  blouse, en regroupant son troupeau  de sixième dans la cour de chez les frères de Ploërmel : "Allons! suffit maintenant.  Revenons aux fondamentaux" 

CHICHE! Monseigneur!
Chiche!



« Et sans doute notre temps... préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être.... »  ludwig Feuerbach



"Le caractère fondamentalement tautologique du spectacle découle du simple fait que ses moyens sont en même temps son but. Il est le soleil qui ne se couche jamais sur l’empire de la passivité moderne. Il recouvre toute la surface du monde et baigne indéfiniment dans sa propre gloire."G.D.

 
"Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images" G.D.


"Le spectacle se soumet les hommes vivants dans la mesure où l’économie les a totalement soumis. Il n’est rien que l’économie se développant pour elle-même. Il est le reflet fidèle de la production des choses, et l’objectivation infidèle des producteurs."G.D.


"À mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil."G.D.



"Le spectacle est le moment où la marchandise est parvenue à l’occupation totale de la vie sociale. Non seulement le rapport à la marchandise est visible, mais on ne voit plus que lui : le monde que l’on voit est son monde. La production économique moderne étend sa dictature extensivement et intensivement. Dans les lieux les moins industrialisés, son règne est déjà présent avec quelques marchandises-vedettes et en tant que domination impérialiste par les zones qui sont en tête dans le développement de la productivité. Dans ces zones avancées, l’espace social est envahi par une superposition continue de couches géologiques de marchandises. À ce point de la « deuxième révolution industrielle », la consommation aliénée devient pour les masses un devoir supplémentaire à la production aliénée. C’est tout le travail vendu d’une société qui devient globalement la marchandise totale dont le cycle doit se poursuivre. Pour ce faire, il faut que cette marchandise totale revienne fragmentairement à l’individu fragmentaire, absolument séparé des forces productives opérant comme un ensemble. C’est donc ici que la science spécialisée de la domination doit se spécialiser à son tour : elle s’émiette en sociologie, psychotechnique, cybernétique, sémiologie, etc., veillant à l’autorégulation de tous les niveaux du processus.G.D.







"C’est la plus vieille spécialisation sociale, la spécialisation du pouvoir, qui est à la racine du spectacle. Le spectacle est ainsi une activité spécialisée qui parle pour l’ensemble des autres. C’est la représentation diplomatique de la société hiérarchique devant elle-même, où toute autre parole est bannie. Le plus moderne y est aussi le plus archaïque."G.D.


quelques extraits de "la société du spectacle" de Guy Debord à lire et télécharger par ici la bonne soupe



Ainsi donc- pensait-il en contemplant la rosace d'une  païenne cathédrale- Mais, dis moi, cher collègue,  tu es forcément et également un pur produit de ce spectacle dont tu nous causes par intermédiaire éclairé . Ton doigté aérien sur clavier, cette idée de figer le temps en clichés aussi improbables que bricolés, ton exhibition quasi quotidienne sur un support mondialisé et tout ce qui s'agite dans ton cortex en ébullition trop permanente, mais pour autant  décoiffée - C'est le spectacle émouvant,   navrant , amusant, inquiétant, pédant... d'une identité  qui s'imaginait peut-être dans ses rêves d'illusionniste  digérer sa fourmilière,  alors que, c'était justement  elle qui l'avait recraché au petit matin, pour qu'il aille faire un tour, avant de revenir , bien vite, à la maison mère.
MAISON!


























mercredi 16 juin 2010

L'HEURE DU CHOIX



".../...Nous pouvons évidemment dissimuler des décennies durant un souvenir, un paysage, un carré de peau dans le secret de quelque recoin de la mémoire sans en laisser échapper le plus léger parfum, et ainsi nous protégeons-nous de la souffrance.
Mais nous ne pouvons pas cacher dans notre mémoire toutes nos trahisons au risque de provoquer un court-circuit. c'est pour cela que parfois sans crier gare, une trace revient, souillée de la tristesse de l'oubli, nous dessiner, nous découper de sa sombre lumière sur un fond de paysage africain où nous n'arrivons pas à savoir si nous étions de placides ruminants ou de sinistres hyènes.
oui, ce sont bien les bons profils, mais qu'étions-nous donc? Victimes ou bourreaux? Ou alors, si nous quittons l'horizon et que nous regardions vers le ciel: de brillantes comètes éphémères, ou bien des satellites sans vie propre?
Ni l'un ni l'autre, sans doute, mais un incessant va-et-vient de l'un à l'autre, de la verte placidité alimentaire à l'ivresse rouge du combat.../...

.../...Telles furent ces années qui virent la dictature triompher sans résistance. Personne n'élevait la voix, les plus habiles se faisaient une place au soleil, jusqu'aux pauvres, qui, pour comble de la dérision, s'enrichissaient.../..."

extrait de "L'heure du Choix" un roman de Félix De Azùa- traduit de l'espagnol par Eric Beaumatin- Editions Seuil-

RETRAITONS



En ce jour bénitier où nous allons enfin savoir- quel suspense mes ami(e)s- à quel régime la majorité d'entre-nous va être mangée par les quelques autres qui nous guident dans la nuit de l'économie, si bonne quand on la secoue; je reprends mon souffle et vous tout OTAN autant , je n'aurais, camarades et clients qu'un seul mot d'ordre:

comme disait la poétesse (de gôche)  Anne Lauvergeon

"RETRAITONS"


 Pour la peine (la très grande peine) aidons-nous les uns les autres 
ET,
-Retraitons l'uranium qui s'enrichit sur notre peau
-Retraitons les indemnités des  roitelets, ministres, députés, sénateurs, maires des villes moyennement et plus encore grandes, présidents des inter-communes alitées... pour les reverser à un Fond du respect de la parole donnée, du non gaspillage de l'argent du public ponctionné sur notre couenne et de la morale et justice enfin pour tous-(heu! pour le sigle on s'arrangera)
-Retraitons les P.D.G. qu'ils aillent en stage de vidange de poubelles dans leur saint siège, pour enfin toucher du bout de leur noeud coulant en cachemire, la réalité du vraie monde d'à côté.
-Retraitons les banquiers et leurs soupapes, leur palais grognard mais tant pis, tous les intermédiaires entre le producteur et le consommateur qui n'ont jamais servi à autre chose qu'à ponctionner au passage .
-Retraitons,  en décrétant constitutionnellement pour chaque humain de sa naissance à sa mort
le droit inaliénable à l'eau potable (et plus que ça même: bonne) les soins gratuits avec un minimum de produits chimiques et un maximum de savoir faire, une nourriture saine et variée respectueuse de la terre et de tout ce qui y vit, le droit d'avoir un toit et d'habiter où bon lui semble du moment qu'il s'y sent bien et respecte l'autre.
-Retraitons l'agriculture productiviste et ses vassaux, l'industrie polluante et ses acoquinés , les militaires en défense civile, les usines d'armement en musées du souvenir, le travail à la chaine où, chacun sait,  il n'y a pas de plaisir par la machine intelligente mais juste ce qu'il faut. 
-Retraitons les partis, les syndicats, les mouvements... pour qu'ils reviennent enfin avec de vraies et belles idées généreuses au bénéfice de tous.
-Retraitons le pouvoir et déclarons-le à jamais: "persona non grata"
-Retraitons les religions en modèles de pensées philosophiques où l'individu  unique et irremplaçable est posé délicatement en amont de tout le reste,
et pour la peine retraitons les psys, les curés en tout genre, les éducs...



-Retraitons l'amour sans la propriété qui est son vil  contraire
-Prenons soin de nous pour le peu de temps imparti 
et déclarons la poésie, la musique, la peinture et l'art en général et en particulier indispensables à toute prise de décision.
-Retraitons nos espaces de vie en lieux d'échange, de convivialité mais aussi de paix, d'agrément pour la vue et de bien-être à en disposer,
et par là-même,
retraitons leurs promoteurs, architectes, urbanistes, paysagistes...
-Retraitons l'Ecole et ses dérivés pour en faire des lieux du plaisir de l'envie de savoir et ainsi de suite... retraitons donc également  les enseignants pour qu'ils n'enfantent plus dans la douleur, le mépris ou l'indifférence.




-Retraitons, que dis-je Re-traitons, à tous les temps , sous toutes les formes, même si elles sont pas à la mode,  sous la  condition .. 
 que cela soit BON à nos  Sens giratoires




Pour cela et bien d'autres, il faudra naturellement nationaliser tous les services qui s'y réfèrent, non pas pour y diluer, gaspiller, détourner... l'argent public mais par le contrôle de celui-ci grâce à  des représentants élus et  régulièrement révoqués, qui rendront en permanence  des comptes aux citoyens- véritables maitres  d'oeuvre d'un exécutif interdit de se la péter.



Retraitons les retraités- tous indemnisés pareillement- dans des  conseils de sages  dont l'expérience donne  du sens à l'avenir, en tuteurs de jeunes pousses fragiles et  en devenir , en conseillers permanents , en artistes de leur temps , en musiciens de l'esprit et de l'àme qui vive....



ET D'AILLEURS et avant tout,
Retraitons le travail en activité véritablement enrichissante non pas en espèces sonnantes et surtout trébuchantes aussi  dérisoires que dangereuses pour notre santé mentale, mais en véritable reconnaissance du SOI, apprentissage du plaisir de créer , partage du savoir et plaisir de faire.



Retraitons... et remplaçons  l'inutile par des besoins vitaux  et nul doute que l'on aura grâce à l'intelligence de l'Homme et la science non spéculative les moyens de notre ambition, la seule véritablement nécessaire et visible sur tout fronton digne  d'une gouvernance mondiale: "aimons, protégeons, partageons"




Et si on leur disait NON, désolé, mais c'est pas possible, on a autre chose à faire les gars , faudra revoir votre copie d'ailleurs...faut que je vous dise "vous êtes virés' mais soyez pas tristes surtout , on est tous virés! du système...et cela ne vous empèchera pas de continuer à jouer au monop au lit.
Alors bien sur vous en trouverez toujours pour vous dire, soyez sérieux c'est pas possible etc enfin je vous épargne le baratin, comme moi vous le connaissez par coeur, mais vous avez remarqué ce sont toujours ceux qui  sont les garants - et qui en vivent plutôt pas mal de la merde généralisée qui disent cela.

ETRANGE NON?
Retraitons donc, le politique et son pote  journaliste oublieux de l'en  principe, l'expert assermenté, le spécialiste de lui-même, l'intéressement, l'économe pour les autres,  le médecin malgré lui, le mécano du général...

  ALLEZ!
 Un jour...
on va s'en faire un autre de -sound system - tranquillement, sans se presser, juste en urgence on mutualisera  les moyens de production pour la bouffe, les soins... l'indispensable quoi, et en ce qui concerne le reste on verra peinard comment on fait ,et comme on veut faire le mieux possible, c'est sur ça prendra  un peu de temps mais on s'en fout , y'a pas le feu à la bourse!
Ah si -Oups!-  pardon, mais là , on était obligé, on manquait de place pour les jardins d'enfants


merci à Françoise la nantaise pour l'envoi des dessins