lundi 31 mai 2010

ON EARTH



-envoyé par Sam Core J

J'AI PEUR



Comme si "on" avait besoin de cela pour aiguiser les armes de tous les intégrismes qui couvent et prospèrent dans le vulgaire planétaire.
Hélas! misère!  honte!  peur! ...d'égout....
Mais à quoi vont bien pouvoir  encore servir les mots?
"La paix maintenant"  osent,  revendiquent,  tendent la main,balbutient et souffrent  au quotidien  dans leur  chair des  soeurs et frères de Palestine , d'Israël et du vaste  monde de l'Humanité.

  Quand au milieu des larmes et des rots caverneux ils réussissent eux -les gens du bien-  à faire vivre  lentement, laborieusement, pacifiquement une petite et  tellement fragile, étincelle d'espoir dans la descendance animale à deux pattes , d'autres, arrogants et  si surs de leur nullité destructrice et du savoir manipuler qu'ils conjuguent parfaitement par tous les temps, sous toutes les formes et même les plus improbables... vomissent où bon leur semble et lèvent leur queue- c'est tout ce qu'ils savent faire-  sur tous les murs d'immondices de la terre- Et il n'y aurait alors  que l'embarras du choix- pour envoyer au charbon, à la casse, au front... de pauvres gens, programmés à éructer, vociférer, violer...assassiner les droits de l'Homme.

La question que l'on se pose, chaque fois qu'une haleine fétide souffle sur des braises, c'est: 
A qui cela profite?
Il appartient à celui qui  pense encore  avec son âme d'y  répondre.
En attendant, j'ai peur...
et
anecdote (ça t'étonne?)
En attendant, par chez nous, un  bon gendre sur lui et fonctionnaire  trotskiste patenté,  cherchant à se refaire sur la scène pathétique se dit en direct de son entrisme  égotique  légendaire: "Chouette!, regarde  Léon,  les affaires reprennent, vite que l'on soit les premiers à appeler à une manifestation de soutien au peuple de Gaza"
-Au peuple, dis-tu? 


"C'est bon pour le moral, y a un créneau coco"  chantent  tous les marchands d'armes, de mort et d'idéologie, comment dire... nuisible, pestilentielle, putride, excrémentielle...

En attendant,  moi, dans mon coin, j'ai peur!


"La justice ne doit pas être seulement la justice, elle doit aussi lui ressembler"
(lu, quelque part)

LUNDI M'A FAIT UNE FLEUR




C'est reparti pour un tour
de passe-passe
la vie
au rythme des semaines.
Sans jamais deviner si c'est un  bon numéro qui va sortir
du chapeau.
Bravo à vous tous  d'être encore nominé , mais vous connaissez les règles
-bien sur-
Tout peut s'arrêter n'importe quand.
Alors, si j'ai un conseil...
profitez des derniers instants qu'il vous reste
-locataire-
Ils ne seront jamais aussi longs que vous ne le pensiez.
 vous  pourrez  même remarquer, au fur et à mesure des saisons qui s'avancent ,
qu'il semblerait bien que le pouls s'accélère,
et  au cas où  vous penseriez que  ce n'est qu'une vue de l'esprit ( mais en êtes vous si sur?)
les dommages existent  pourtant "bel et bien" puisque vous apprenez,  tant bien que mal, à vivre avec.
donc,
Pas le choix -enfin si- mais serait-ce raisonnable?

Sur le chemin du lundi , j'ai trouvé quelques  pâquerettes .
Certains puristes ou comptables me diront sans doute que contrairement avec -ravioli- cela ne rime pas dans le premier jour de la semaine, mais- à pré tout-
"boudin purée" non plus et pourtant c'est aussi un grand classique du commencement .

Si j'en crois les botanistes, la pâquerette serait du genre à capituler, grand bien lui fasse, puisque cela ne lui enlève en rien sa fraîcheur naturelle et son charme légèrement suranné.
Ce qui pourrait même  lui donner une certaine ressemblance avec un  terrien moyen dont je fis  la connaissance, quand il  me fallut rendre à Césarienne ce qui appartenait à César.
De quoi y perdre mon latin sans doute?

Allez, un dernier Mai pour la route!
car bientôt il faudra sonner le jour le plus long,
qui aurait  tout pour la musique, si j'en crois le poudré grand Jack.

Mais!
D'ici là, on repassera quelques semaines amidonnées -empesées c'est timbré-
m'expliquait  un jour la factrice qui d'ailleurs  distribue  rarement le lundi.
Serait-ce un jour-pré disposé- pour être sans courrier?
Pas grave me dis-je 
du moment qu'il y a des pâquerettes.
Cela prouve que la vie
d'aujourd'hui,
me  fait encore une fleur.

Alors, merci qui?

dimanche 30 mai 2010

Dégueulasse !!!!!!

ça commençait bien : "Rhône: deux jeunes sauvent une mère et sa petite fille des flammes".....
Cool, émotions, intense, enfin des jeunes bien !!!! Mais voilà l'auteur de l'article juge bon de finir en disant :
"Ces jeunes ont agi vite et bien. Quand les pompiers sont arrivés, l'immeuble était quasiment évacué", a souligné le gendarme, saluant leur "réaction inhabituelle, remarquable et courageuse, d'autant qu'ils ne connaissaient pas ces gens".
En gros leur exploit c'est de sauver des gens qu'ils ne connaissaient pas. On aurait compris si ils n'avaient rien fait, merde, ils ne les connaissaient pas. Sacré Majid et Samir.....c'est leur prénoms........les non français d'origine ne sauvent que les gens qu'ils connaissent, c'est bien connu....et ils mangent notre pain et bouffent nos allocs....
Je suis sur que Majid et Samir n'ont eu qu'une idée : sauver des gens. Bravo, on espère qu'ils ne seront jamais aussi "infecté" que certains journalistes.
Serge

un  article sur le sujet dans Marianne2

VIDE GRENIER POUR RIRE

proposé par Jonas:








-envoyé par Sneck :

 envoyé par- chai plus qui- mais merci quand même:













les couvertures de Serge  auxquelles vous avez échappé (enfin presque) 

















BONNE FETE D'AMER




Il y aura  bien, toutes les vagues d'un océan
présentes en rang comme il faut 
pour  ce dimanche
face au restaurant 
et mamie à la fête au milieu avec sa permanente toute neuve
son chemisier bien repassé, un peu de rouge
et le collier offert par papi
pour leurs vingt cinq ans de mariage
Mais...
cette histoire là, toute la task force familiale  présente, la connaissait  déjà!
Tu penses...depuis le temps.
Seulement mamie, elle peut pas s'empêcher, après sa  coupette de kir royal,
d'encore la  raconter
et tout le monde fait mine d'écouter, sauf les ptits derniers qui sont partis jouer
 mais pas très loin  pour la consigne
en attendant qu'on mange .
Comme d'habitude, mamie elle prendra ses brochettes de coquille Saint Jacques
et puis un gâteau  au chocolat pour le dessert, qu'elle pourra pas finir.
Comme d'habitude, il faudra également  essayer de combler les blancs d'une conversation 
un peu laborieuse,
ou chacun fait l'effort d'y être tout en regardant  de temps en temps et discrètement, l'heure sur son portable 
nokia lyophilisé dernier cri de jument quand on le sonne.
C'est pas qu'on s'ennuie, mais mamie faut pas la fatiguer non plus, hein les enfants?
Et puis il y aura certainement du monde sur la route du retour
vu qu'il a fait beau sur la côte
alors faudra pas trop tarder quand-même.
Dites  mamie, on va  la finir cette bouteille de crémant, ,  au prix où c'est!
Allez! à la santé du maréchal, qui nous a fabriqué cette bien  jolie fête en mai 41
Ah dame, c'est qu'il en connaissait un rayon sur les valeurs familiales, le héros de Verdun
Hein mamie?
 Mais c'est qu'elle s'endort dans son fauteuil l'ancienne, serait un peu pompette que ça m'étonnerait pas, qu'il dit le tonton rougeaud en rigolant dans sa moustache colorée à la sauce armoricaine.
Voyons René, quand même, pas devant les enfants qu'elle répond la tante hyperoxydée et boudinée dans son tailleur violet qui a du mal à contenir  tous ses glorieux  épanchements.

Mamie, elle a tout entendu, mais elle fait mine de dormir, c'est pratique, comme ça elle peut avoir la paix et en même temps ne pas en perdre une miette de leur générosité sur commande.
Elle sait bien qu'ils sont tous  là par obligation, c'est la corvée annuelle avec le repas de midi du nouvel an.
Pour lui faire plaisir... tu parles.
Et le cadeau... encore un châle...comme si c'était pas  assez chauffé dans la maison de retraite.
 En même temps, deux fois par an, ils peuvent juger sur pièce de l'état d'avancement du délabrement de la mémé, mais elle tient le coup, la vache, tu vas voir qu'elle nous enterrera tous!
Merde! on aimerait pourtant  pouvoir profiter un jour...prochain du retour sur investissement.

Mamie, histoire d'accélérer le mouvement général de repli -comme ça tout le monde sera content...s'essaye à un léger ronflement. La descendance gênée jette un oeil vers les autres tables pour voir si personne n'a remarqué, mais les autres ont trop à faire  avec leurs propres ancêtres.
et qui a bavé sur son costume, et qui s'est lâchée sous elle et qui...
Quand même se dit mémé en rigolant de l'intérieur ils y vont fort les copains
en tout cas bravo, chacun joue bien son rôle comme prévu
sauf les familles qui sonnent faux, 
mais ça., on a l'habitude


Ah c'est sur c'est bien pratique cette brasserie ouverte à deux pas de la maison de retraite et au moins  pas de risque d'être dépaysé...

 Voui!  moi aussi, et  merci encore, rentrez bien et à l'année prochaine....
au revoir, au revoir... c'est ça, c'est ça...

Bon les potes maintenant qu'on a la paix, si on se faisait un tarot?
Dis donc Raoul il doit  bien te rester  un fond de lambic pour trinquer ,
pendant ce temps moi j'en roule un ptit
Allez zou  c'est toi qui distribue Solange...

samedi 29 mai 2010

GRANDE MAREE

Pique-nique géant et spectacles de rue sur le front de mer à Saint-Nazaire
cela s'appelle "la grande marée" et pour cette 9em édition
samedi 5 juin (à partir de 19h)
outre un concours de nappe la plus...(frénétique, phréatique, rétro/kitsch...)
des spectacles de rue en déambulation avec:



-la compagnie Les Quidams dans les notes musicales, les pops et le rêve d'Herbert


la fanfare Vagabontu




côté Cirk avec:



"Comment parcourir le monde sur un tuba ?  faire du pogo avec un marteau-pilon ?  voler ou presque avec une paire de rollers ?  danser sur un tambour géant ?...



Les Wells Brothers par la compagnie Les Arrosés 



PFFFFFFF par la compagnie Akoreacro 


côté Guinguette avec: 


l'extraordinaire batteur-rappeur-rime-ailleurs-occitan... (et grand  copain de Nougaro)




André Minvielle  qui fait son bal 



"Ainsi va la vie d'ici, la vie est là d'ici-bas
Elle débat et batterie les premiers pas dansés, Alban des écoliers
Balancés dans l'air, sans avoir d'air, saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus du soufflet qui s'étire et rit
C'est bon, c'est l' ton du blues

Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans les mots doux
Oh, dis, désir ici, efficace étape à passer

Sur ton accordéon, tu touches à touches, et coules
Et, facile, agis là du bout des doigts
Docile au songe, assis, tu médites tes fois
T'effaces au firmament une note cassée
Qu'assez on n'en ait plus jamais d'enlacer la musique
Infinie mélodie qui vit, effile l'âme à son pas dédicacé là
Baladant l'horizon

Ainsi va Lubac, la vie
La vie, ça va, tu l'as dit
Au bal aussi, c'est là que t'as tout vu passer
Le pas s'est dépaysé
Vas-y l'évasif, vas-y l'enfant, tout p'tit déjà
Jadis on l'a dit :
"Meinado aquesto cop, ten sortiras pas com' aco !"

Et si c'était dommage, pas si c'est un hommage
Aux hommes assis devant, vue de l'avant
L'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dans des mots doux
Oh, dis, désir ici, efficace étape à passer

Et si l'oublidas disparaît du language
Tan vlay como pec, qu'un désir ambitious
Assurément libère tout de l'animal sauvadge
La caouje es como te l'as heyte

Tapoc au bal, a tu que truquas, a tu que traquas
a tu que troques, a tu que riga, a tu que raga
A tu que riga raga, d'on anawebe mis lo cap
Petit cap bourut, lo cap pelut

Et si l'oublidas disparaît du language
Tan vlay como pec, qu'un désir ambitious
Assurément libère tout de l'animal sauvatge
La caouje es como te l'as heyte

Vois si t'es pas d'avis, à ton avis, ça se vit ?
Vitale hésitation qui va faire éclater le banc des attelés
Balancés dans l'air, sans avoir d'air
Saoulés dans le temps
Aux folles nuits d'abus, essoufflés, ils s'étirent et rient
C'est bon c'est l' ton du blues
Et si c'était ça la vie, et si on nous l'avait pas dit
L'épique époque aussi va de l'avant, l'aventure est là
Allez, dis-le-nous donc, dis, dis dans les mots doux
Oh, dis, désir ici, efficace étape à passer"


sans oublier
ciné-DJ -un espace face à la mer, un lounge bar à ciel ouvert
avec French Tourist
et Floriane Réthoré

et puis bien sur de quoi se restaurer-stand bio-restauration rapide- des bars animés avec la compagnie Nej'ma

COULEURS DE BRETAGNE



"La peinture ce n'est pas copier la nature mais apprendre à travailler comme elle"
-Picasso-

Concours de peinture se déroulant dans différentes communes de Bretagne.
Gratuit et accessible à tous.

 

 

pour en savoir plus

a signer sans modération



envoyé par André

Haro général sur cette pétition ! A signer par tout défenseur du patrimoine breton

Incroyable, Monstrueux ! Le Festival Interceltique de Lorient atteint le comble du ridicule et du grotesque !
 
Le Vignoble breton subit une nouvelle humiliation : après l'éradication progressive de l'Hermine sur les bouteilles de Muscadet au profit de la seule "Fleur de Lys", voilà ce dernier interdit de vente sur les stands du festival interceltique au profit d’une exclusivité pour les vins de Bordeaux...

En ce 40° anniversaire déclaré "année de la Bretagne", cette décision est ubuesque. Nous demandons donc aux responsables de l'organisation du FIL et aux institutionnels de Bretagne de faire en sorte que le festival redevienne, en cette année si particulière, un festival de promotion de la Bretagne comme cela a été si bien fait pour les autres nations celtes. Les questions de financement ne sauraient passer avant la reconnaissance de notre nation. Bevet Breizh !

Mignoned, setu ur goulennadeg evit ar gwin gwenn Breizh er FIL!!!
Gwir Vretoned, Tud a galon, war sav !
Lakait ho anv amañ, Trugarez!
Signez d'urgence ici ! Et faites suivre ce message à vos amis

UNE VISION DU MONDE



Dom Duff est chanteur-musicien et j'ai trouvé dans le mensuel vannetais "Bretons"  un texte où il donne sa vision du monde à travers la langue bretonne:




"Cette vision du monde n'est pas différente, elle n'est qu'une vision parmi tant d'autres. Je suis même persuadé que c'est la vision la plus répandue au monde. L'environnement contribue à cette vision. en ce qui me concerne, cet environnement est un ensemble qui comprend à la fois la langue, le mode de vie rural et maritime.
Le fait de parler, de comprendre le breton, ou tout simplement d'avoir l'accent, fait que tu es repéré par le quidam qui l'entend: soir comme un intrus qui sort de sa campagne, soit comme un ami qui, lui aussi, a sa particularité. Automatiquement, tu échanges avec ce dernier. L'autre va te tolérer ou te moquer, ou faire preuve de compassion. L'accent et la langue, pour moi c'est pareil. Tu dois composer avec cet environnement et tu te rends compte qu'avec ce que tu portes, tu ne pars pas gagnant, du sens français du terme. Tu "fais avec", tu ignores ou tu réagis en revendiquant ton breton, en t'affirmant.
Parler breton c'est aussi parler avec les parents, les grands-parents, ceux avec qui tu t'accroches quand tu es adolescent et qui ne te comprennent pas. Mais le langue te lie à eux. De plus, tu n'as pas à défendre, une quelconque attitude dans ton langage, contrairement au français où l'on te bassine depuis l'école primaire avec un "beau parler français", tellement éloigné du tien.

Brezhoneg ça reste la langue de l'humour, des fêtes, des engueulades, des histoires de famille, des voisins, des proches, des manifs. Un langue du coeur: quelqu'un a dit ça un jour du breton.
Pourquoi y a-t-il toujours une banderole en breton dan chaque manif? Pourquoi la plupart des chauffeurs routiers ont un Gwenn-ha-Du dans leur camion? La plupart des bateaux aussi? Je ne pense pas que tous les Gwenn-ha-Du qui flottent relèvent d'un acte de repli identitaire, gast! Non, c'est juste pour montrer qu'on est là, de temps en temps, quand même. Et pas besoin de danser la gavotte et de manger des crêpes tous les jours pour ça. Tu n'es pas breton que du 14 juillet au 15 août!

En breton, tu subis les choses et les éléments (la faim vient à moi, la peur, la soif...), tu reste modeste par rapport à ce qui t'entoure, peut-être trop d'ailleurs. Tu ne râles pas parce que l'eau est fraîche en été, ou que la marée est basse à quatorze heures, tu sais que tu n'y peux rien. De là à te demander de laisser de côté ta nationalité, non.

A l'inverse, la langue ou l'accent gagne aussi les nouveaux résidents en Bretagne. c'est parfois contagieux quand tu t'y sens bien. Je remarque que la plupart des navigateurs au long cours "attrapent" un fichu accent breton. Comme si le rapport aux éléments et l'accent étaient liés. Ecoute Le Cam, Jourdain...Je vois des noms bretons germer sur les murs des maisons, en quelque sorte une signature et un accord de principe avec le pays. Pas besoin de débat sur l'identité. On nous a toujours interdit les débats, dont acte, pour cette fois.

Et ça voyage, ça bourlingue. Mais un Breton ne  le fait pas avec l'arrière-pensée de reconstruire sa propre colonie sur un territoire, de se l'approprier. Il se fond dans la population. pourtant les trois quarts du temps, il revient en courant à la maison, même s'il est parfois reposant d'oublier cette appartenance bretonne et de ses perdre dans la foule.

Mais le chef, c'est l'accent! C'est la braise. Tu souffles dessus, la langue repart. C'est lui qui donne la mélodie. La vie pour un Breton, c'est mélodie qui peut être mélancolique, alors tribale, rude. Tu fais sonner les mots, l'air et le rythme en découlent.
mais attention, nous ne sommes pas une culture régionale; attention d'être la cadette des poupées gigognes, c'est un enjeu qui ne rime à rien. Les cases fatiguent, elles rassurent ceux qui veulent s'y mettre; pourquoi pas "province" pendant qu'on y est. Je suis sans doute un chanteur qui a une autre vision, pas le seul, mais la vision jacobine veut cloisonner tout ça pour le contrôler d'en haut.

En ce sens, le breton donne une autre vision. tu prends les petits chemins parce que les grands sont obstrués, tu contournes l'Hexagone et l'Hexagone s'intéresse à toi lorsque l'extérieur en parle. C'est vrai pour tout ce qui est breton: culture, agriculture, pêche, sport...On surgit de nulle part, on n'est pas programmé pour être là à ce moment-là, mais on y est. Et quand on y est, c'est dur de se séparer de nous. On nous éclipse ensuite, mais on ne court pas après les chasses gardées. Nous ne sommes pas en compétition, sinon avec nous-mêmes. Notre univers n'est pas comme l'univers francophone, soluble dans la culture dominante. 

oui, le breton donne sans doute une autre vision du monde, un monde où il faut trouver sa place, composer avec celui-ci, celui-là sinon c'est le bordel. Mais c'est vrai pour nous et toutes les autres cultures. Seules les cultures qui veulent s'imposer aux autres l'ignorent, ou font mine de ne pas le savoir."
-Dom Duff-