vendredi 12 février 2010

vendredi ça rime à rien



Vendredi, ça rime à rien
ou alors
sans tambour ni fanfare
avec: poisson
ce qui revient finalement au même.


Vendredi
ça prend le large
en panoramique
du haut
du chemin des contrebandiers.
Mais oui
t'as bien entendu!
Pas  celui des douaniers.
Il faut choisir son camp
Camarade.



Vendredi, j'ai la cale sèche,
et  les formes avides.
Le port à ses raisons
qui dépassent la crise.
Seulement, 
tu vois...
Bientôt ici, si l'on n'y prend garde,
on boira aux souvenirs
aux batailles de l'Histoire
et 
au musée
tout neuf
des tragédies ouvrières.

Vendredi 
ou samedi...
sur son pré électoral.
On s'attend
forcément
au parachute,
déguisé en ombrelle peut-être...
Dame!
Le jacques au bain
maquille
toujours
ses promesses.
Cette année,
ligère est terrible...




Vendredi,
j'ai la pêche...
côtière,
Que veux-tu,
c'est mon titre de noblesse
qui n'est pas hauturière.
Et
les presque fonds marins
qui en ont marre
de se prendre des raclées
me disent 
en retrouvant un peu de souffle:
Merci


Vendredi
en levant la tête
de mon front de mer
j'ai aperçu  un étrange volatile.
Selon les experts
patentés
il annoncerait la paix...
Franchement,
j'ai eu du mal à le croire
mais,
à ma décharge
jm'appelle pas
Olivier
ni
gui

mercredi 10 février 2010

ça tire dans tous les coins

Chaque jour apporte sa charretée de "bonnes nouvelles" par l'intermédiaire de ces messages et liens divers envoyés par vous z'autres collègues blogeurs (ah si on m'avait dit qu'un jour on s'appelerait ainsi...) ou non, habitués des grands espaces de la toile et parfois ou par hasard de mon île bricolée; 
ça bouillonne terrible dans le grand chaudron des idées, les colères sont franches et sans doutes aussi de temps en temps légèrement désabusées. C'est que, bien sur -vous connaissez le truc-  suivant comment l'on regarde le flacon, il est à moitié vide ou... plein, et ainsi, nos rêves, nos espoirs, nos envies de changement et nos croyances, puisqu'il s'agit bien de cela n'est-ce pas... que cela puisse aller mieux un jour, pour tous ou presque- tant qu'à faire,  sont à l'échelle du baromètre, du minuteur pour la cuisson des oeufs et de ce qu'on peut déduire du fond de la tasse une fois bues toutes les infos, les données, les analyses et tout ce qui fait notre quotidien de citoyen éclairé par  le soleil en plein gueule.
L'âge aidant (enfin celles qui restent) il est convenu de constater que la pendule ne fonctionne plus du tout de la même manière qu'avant- pour le avant, chacun à sa définition bien entendu- mais on s'accorde quand même et généralement à dire un truc du genre: Boudiou et nom d'une tranche de  kig ar farz   j'ai pas vu le temps passer, à adapter naturellement suivant les diverses  sensibilités.
Bref, alors que le jeune, dont nous fûmes il y a peu , en dépliant sa grande longueur sur le canapé se dit "putain!  trop pas jm'enmerde " (ou une approximation du genre), nous autres "les vieux" sommes déjà rendus aux humeurs du mois d'août alors qu'on sortait à peine de la galette des rois, et du coup, avec tout ce qui se passe on finit par se demander s'ils nous ont pas changé également le calendrier des postes, en réduisant vite fait en douce quelques journées...
Mais de quoi vous plaignez-vous?  disait l'éloquent  et surchargé pondéral sénateur en direct de sa  travée du Luxemboug, on vous prépare avec les potes de chambrée, pour les prochaines vacances justement une ptite loi du derrière des latrines  de l'Elysée, concernant l'allongement du temps de travail . Vous allez pouvoir enfin  apprécier à leurs justes valeurs  les langueurs du temps- et à l'image  -par exemple-de ces actifs et toujours dynamiques -et youpi-  septuagénaires britanniques qui vaillamment font  à ptits pas,des ptits boulots pour un ptit salaire, vous aussi, très bientôt vous aurez la chance de vous sentir utiles plutôt que rester à rien foutre  et à dépenser au lidl des jeunes, le minimum vieillesse.
Les idées saugrenues de quelques allumés des siècles passés concernant la solidarité et le partage des richesses sont au nom du progrès de mes bourses et  de mon cake 40 tout à fait déplacées et entre nous soit dit complètement ringardes. 
Nous voulons des pauvres modernes, des qui crèvent en disant: merci mon bon maître.
Depuis une vingtaine d'années, à coups de grandes messes mondiales et coulisses comprises (FMI,OMC...) et également  avec l'aide d'experts en baratin , d'économistes, de  politicouilles aux ongles propres (de droâte comme de gôche (avoir  plusieurs marques, c'est mieux pour booster  les ventes), de journalistes accrédités aux miettes de ptits fours... bref de la jet set du marché sur les os, se prépare de façon professionnelle, la mise au pas et à l'index de la masse laborieuse qui  n'est qu'une marchandise et comme telle s'achète, s'utilise et  se jette.En ce qui concerne son environnement immédiat tout est également consommable, et c'est donc la loi de l'offre et de la demande qui primera. On peut dire qu'aujourd'hui nous y sommes presque, les derniers bastions d'irréductibles gauloiseries vont finalement  tomber -l'école, la santé, la culture, les transports publics..d'ailleurs ce machin "public" il faut tout de suite  que vous enleviez ce vilain mot de la bouche, maintenant on dit: PRIVE.
et pour bien que vous l'appreniez vous allez vous serrer la ceinture 
en vous privant justement
ah! ah! ah!
allez répétons tous ensemble:
trois, quatre:
- privé de retraite
-privé de culture
-privé de soins
-privé d'information
-privé de transports
-privé de liberté
-privé de dignité
-privé de logement
-privé de chauffage
-privé d'eau...
vous rallongez la liste comme vous voulez...

"ah mais non, regarde-nous, t'as qu'à pas être pauvre" disait l'assistant et parent  du sénateur  depuis sa corniche fiscale.

Mais comme il est hors de question de se laisser abattre sans l'ouvrir encore et toujours, et que vos mots sont de magnifiques et  gentils (parce qu'il ne s'agirait pas d'être méchant en plus) pieds de nez à l'hypocrisie, à la bêtise, à l'inculture, à la mocheté ...je lance présentement  un pont d'arc en ciel  entre l'estuaire et le Berry pour faire un ptit coucou à Anne et son arche de noë, elle qui raconte si bien ses histoires de Vie, des histoires de gens  debout, à ne jamais devenir chèvre (quoique...), 

Et puis, pour ne jamais rester sur la touche et lettre morte, et même si des fois on se dit -fatigué- que ça ne sert à rien, ben  c'est comme les manifs quand y'en aura plus ça sera pire, croyez pas? Voici donc une pétition envoyée par Serge,  pour la défense de l'hôpital public, mais si je vous assure ça existe encore et l'on trouve même parfois  des chirurgiens qui ne vous opèrent pas avec des dessous de table, c'est  dingue non?  (au fait Serge pour les articles c'est quand tu veux....feignasse va!)

Allez, ne nous arrêtons  pas en si bon chemin, encore de la pétitionne qu'elle est frâicheu , cette fois c'est pour se battre contre le projet darcos  (en minuscule ça suffira) de mise à mort de la médecine du travail (sont pas députés ceux-là), c'est ici que ça se passe.

le presque mot de la fin entendu ce jour à la radio:

"nous sommes dans la merde jusqu'au cou, c'est pourquoi nous marchons la tête haute" Dario fo


et pour conclure en beauté (enfin!)  une autre sortant de la bouche d'un sénateur um en piste
"les marché financiers, c'est le thermomètre"
(voix off- "et on l'a dans le cul")



là dessus je vous tire -pour l'instant- ma révérence, j'ai une sieste sur le feu!
 





mardi 9 février 2010

Luciole - J't'oublierai

merci Brigitte pour la découverte!

C'est quoi au fait, le rendement Humain?...



Nathalie! Au revoir Nathalie...
Prends soin de toi!

J'ai honte! Honte de participer et de ne pouvoir agir contre une mise à la rue d'une jeune fille de tout juste 18 ans! Honte d'être éducatrice et de n'avoir su protéger une jeune contre les politiques sociales qui ne justifient et ne financent par un budget public, que pour donner bonne conscience à un Etat qui se déshumanise, et qui trompe l'ensemble de la société!
Honte de ne pouvoir qu'obéir à un ordre d'un fonctionnaire qui me demande de la mettre dehors!
Cette jeune fille à qui je viens de dire au revoir, et sur qui je referme définitivement le portail d'un foyer (structure qui s'était réellement engagée à trouver une place pour elle, adaptée à ses difficultés), je ne saus pas où elle va dormir ce soir, où elle va manger! Elle n'a personne.

Nous savons tous qu'en lui fermant le portail, nous la mettons à la rue, pour accroître le nombre de SDF en France! Je ne peux pas!  La honte, le dépit, la culpabilité, la tristesse m'envahissent! Mon corps ressent une immense fatigue et lassitude par ce combat, sans doute perdu d'avance! Nul doute que Nathalie ne soit désormais qu'une jeune fille de plus qui ira grandir le nombre de nos jeunes en extrême difficulté, et ne fasse les frais de nouvelles politiques sociales économistes!

Mais une société moderne, civilisée, n'est-elle pas en devoir d'aider ceux qui n'ont pas eu en début de vie toutes les chances de leur côté?
Interloquée! Scandalisée! Dépitée! Comment accepter qu'une histoire comme celle-ci puisse se passer en France, aujourd'hui? Voilà des mois que je suis témoin d'une vie qui part en lambeaux, d'un abandon d'une jeune vie par mes pairs. Mes pairs, sont ceux qui comme moi, travaillent dans un système social qui a comme objectif d'accompagner des personnes, qui au départ de leur vie, n'ont pas eu de racines suffisamment constructives pour pouvoir s'insérer et participer à notre société. Certains pour des handicaps physiques, mentaux,  ou pour les personnes comme celles auprès de qui je travaille, des handicaps sociaux.
Pour tous ceux-ci, les droits de l'homme, les droits de l'enfant, ont été créés car ils sont devenus une nécessité évidente pour le respect de la dignité humaine. Pourtant, aujourd'hui, j'ai parfois l'impression de participer à un vaste mensonge, permettant de rassurer ou de donner bonne conscience à un Etat, qui triche avec nous tous!
Cette histoire que je tente d'expliquer, est l'histoire d'une enfant, dont les parents, père et mère sont dans l'incapacité de s'occuper d'elle et dans la maltraitance à son égard. Pour ces raisons, cette enfant est signalée en danger. Pendant des années, des travailleurs sociaux mandatés par l'Etat interviendront auprès de cette famille, de cette enfant et de sa soeur.

Comment raconter, expliquer, une tranche de vie si pathétique, si désespérément triste? En tenant de tels propos, certains me diront que je ne suis pas professionnelle...Peut-être...Mais je suis aussi avant tout une femme citoyenne et humaine! Si j'ai choisi ce métier ce n'est pas le fruit du hasard. Je croyais à ce métier!
Ce jeunes, ayant eu nombre de carences en début de vie, peuvent malgré tout, avec un accompagnement fait de patience, d'écoute, de réassurance, s'ancrer dans la vie et dans notre société.
Mon métier n'était pas une utopie. Je sais qu'à l'impossible nul n'est tenu. Certains, malgré toute aide, n'y parviendront pas.

Mais j'ai vu des vies chaotiques, des jeunes partir avec de grands handicaps: des jeunes maltraités, humiliés, mal aimés (au sens premier du terme), des parents délinquants, perdus dans leur propre vie, pour qui il était impossible de donner à leurs enfants suffisamment de repères, de stabilité, d'amour positif. Ces enfants sont-ils responsables des difficultés de leurs parents? Doivent-ils payer le prix de leurs difficultés?

J'ai eu le plaisir de voir nombre de ces jeunes, avec la patience et l'écoute d'une équipe de professionnels, se saisir enfin de leur vie. Pour cela, il faut croire sincèrement en eux, être même tenaces et patients, tenir ses engagements d'adultes responsables représentant la société dans laquelle ils trouveront enfin leur place.
Eux, ne croient plus en rien ni en personne. Trompés, malmenés depuis de longues années, la société, les adultes, leurs pairs ne sont souvent pour eux que des êtres menteurs, égoïstes, calculateurs, profiteurs, irresponsables. Nous tentons de leur montrer une vie ni blanche, ni noire. Mais une vie où ils peuvent trouver toutes les nuances de gris, à condition de patience, d'envies, et de se "battre" pour créer leur propre palette de nuances. Tous, ou presque, peuvent s'inscrire dans notre société si on leur en laisse le temps et qu'on leur en reconnaît l'humanité.

Mais depuis quelques temps, les politiques sociales, la société des temps modernes, calculatrice de rendement (au fait, c'est quoi au fait le rendement Humain?...) comptable de coûts, d'économie de l'instant, comme pour se gargariser de savoir gérer l'argent public, économise à grandes coudées l'avenir de ces jeunes, mais aussi notre avenir à tous, ainsi que le coût futur des violences, des agressions, des maladies mentales que ces jeunes "abandonnés" vont nous renvoyer comme un boomerang.

C'est pourquoi je prends la plume pour mettre sur la place publique la façon qu'à notre gouvernement  en 2010, de faire semblant de s'occuper de l'enfance en danger! Avant dix-huit ans le conseil général, préfère rapatrier une jeune dans un foyer citadin, sachant pertinemment, que cette jeune fille risque un danger permanent de violences sexuelles ou de prostitution! Mais ce n'est pas grave, chacun se couvre, le lieu étant habilité par les services du conseil général!  Pourquoi la retirer d'un lieu, à la campagne où elle était en sécurité et pouvait s'épanouir plus sereinement, mais qui avait le tort de ne plus être habilité?
Comment se fait-il que des jeunes, n'ayant même pas commis d'incivilité soient déscolarisés par l'Education Nationale alors qu'ils sont en obligation scolaire? comment alors parler à ces jeunes de loi et de respect de la société quand cette même société ne respecte pas les lois qu'elle a établies pour l'égalité du droit à la culture, à la citoyenneté!

Voilà, messieurs dames, plusieurs années que je vois se dégrader de façon grave la protection de l'enfance! Des jeunes se retrouvent à la rue parce qu'ils ont dix-huit ans! Vos enfants à vous, sont-ils capables d'être autonomes à cet âge? Seuls, sans aides ni possibilité d'être réellement accueillis par leurs parents.
Pouvez-vous me dire comment il est possible que le système de protection de l'enfance estime qu'un jeune de dix-sept ans et demi soit en danger et le fasse placer dans un foyer et décide de le renvoyer à la rue lorsqu'il en a dix-huit. N'y aurait-il subitement plus de danger pour ce jeune? Certes, oui! pour les gouvernants, plus aucun danger légal d'être accusé en cas de problème! Il est entendu qu'étant que majeur, le jeune est civilement responsable de lui-même! Même en 1974, lorsque Valéry Giscard d'Estaing fut élu comme président de la république, l'Etat ayant conscience qu'il ne pouvait abandonner une partie de ces citoyens, s'était engagé alors à accompagner les jeunes en difficulté jusqu'à vingt-et-un ans. Pour autant tous n'ont pas besoin d'être suivis jusqu'à vingt-et-un ans, mais il serait tout de même moins scandaleux de leur laisser le temps de prendre un peu confiance en leurs capacités d'autonomie. qu'ils puissent finir leur bac, leur BEP, voire s'installer peut-être en studio!

A quoi sert notre métier d'éducateur, si on ne peut pas réellement accompagner ces jeunes? a quoi bon dépenser de l'argent public pour faire semblant?

Ne serait-il pas moins coûteux à la société d'accompagner maintenant réellement ces jeunes, plutôt que de payer plus tard des hôpitraux, des prisons, des violences de rues, extrêmement plus coûteuses pour la société, sans compter le gâchis humain de ces politiques électorales à court terme. Ne soyons pas dupes!
Messieurs dames, il s'agit de vous, de nous, de nos enfants, de nos choix de société dite civilisée; ce sont aussi nos, vos impôts que l'on utilise de manière éhontée, en Vous mentant, en Nous mentant!

Mais que le gouvernement assume sa position économiste, et qu'il ne fasse plus semblant: qu'il stoppe dès aujourd'hui la protection de l'enfance, qu'il ne la fasse plus minimaliste, juste pour se donner un semblant de bonne conscience , retournant plus tard la responsabilité sur ces jeunes, qui peut-être gâchent le paysage d'un pays apparemment tranquille et bien sous tous rapports!"

Florence, une future ancienne éducatrice!
Ce texte a été publié dans la page "Rebonds" de l'hebdomadaire "Lien Social" -n°959-

rock amour et peinture valentine

lundi 8 février 2010

ambiances portuaire

"La mer est sans routes, la mer est sans explications"
Allessandro Baricco

"Qu'est -ce donc que toute notre tendresse?
Rien qu'une petite vague qui racle sur la terre
et s'en retourne à la haute mer."
Léon-Paul Fargue


"Il ne faut pas avoir peur des vagues qui agitent votre âme.
C'est ça la vie."
Hwang Sok-Vong

"Lorsque l'homme s'habitue à voir les autres porter les chaînes de l'esclavage, c'est qu'il accepte lui-même un jour de les porter."
Abraham Lincoln 


"Si tu ramasses un coquillage et que tu le portes à ton oreille, tu entendras la mer. Si tu le portes à ta poitrine, il entendra ton coeur." 
Philippe Geluck 

"Les détails font la perfection, et la perfection n'est pas un détail."
Léonard de Vinci 

"Les promesses d'Hommes sont pareilles aux vagues de la mer:
Elles meurent aussi vite qu'elles naissent"
Gilbert Sinoué 


"Dans l'humanité, il n'y a que les détails qui changent" 
Alfred Capus 

 

11em rencontres de cinéma à Saint-Brévin-les-Pins

Thelma, Louise et Chantal

dé- localisations, comme s'il en pleuvait

Souvent, nous pensons que l'économie comme tout ce qui touche aux gros sous de la planète est affaire de spécialistes, et d'ailleurs cela arrange bien du monde que nous pensions ainsi...
Comme dit si bien le  banquier, l'assureur, le notaire,   l'Enarque, le journaliste accrédité, l'expert de mes deux et toutes ces sortes de CHÔses- "Ne vous inquiétez surtout pas, je pense pour vous"
Et puis parfois, l'on tombe -sans se faire mal, bien au contraire- sur des gens qui vous racontent sans se la pêter et  comme c'est étrange, dans ces cas là , on  finit par comprendre! 
Ne croyez surtout pas qu'avant, vous (je)  étiez abonnés à la gazette des abrutis, non que  non, c'est juste que l'on ne s'était pas donné la peine de nous expliquer, parce que c'est bien connu "aux innocents les mains pleines et les poches vides sous les yeux" . 
C'est dans cette perspective que cette semaine mes bien chers frères z'et soeurs   le thème du bistrot du port  sera : la délocalisation -C.Q.F.D dans le texte-  et pour la peine je vous propose une réflexion menée par un blogueur de chez : 

 
qui nous détaille l'affaire du genre, comme si l'on y était, et avec des propositions en pluche.
Et là, moi même personnellement de chez nous autres,  je dis au nom de ma collectivité du Tout le monde-
Merci Msieur.

Délocalisations, tous responsables (ou presque !)

 

 


"Délocalisation, développement des pays pauvres, intérêt des citoyens et des consommateurs sont des sujets galvaudés. Qu’est-ce qu’une délocalisation ? Dans quels cas une délocalisation est-elle acceptable ? Que faire lorsqu’elle ne l’est pas ? Nous avons en fait le choix, du moins si on nous aide un peu.
Qu’est-ce qu’une délocalisation ?
Délocaliser c’est déplacer une activité industrielle, artisanale ou de service local vers un autre pays en remplacement partiel ou complet de cette activité.
Les neuf évidences des délocalisations
Première évidence : les délocalisations ne concernent pas que l’industrie mais également les services. Ainsi nous avons vu la majorité des centres d’appels basculer progressivement vers des pays étrangers. Evolution possible grâce aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) et à leurs coûts de plus en plus bas. Avant la délocalisation des centres d’appels, quelques initiatives de secrétariat à distance ont été menées.
Deuxième évidence : Les délocalisations ne concernent pas uniquement les activités à faible valeur ajoutée mais tout type d’activités. Ainsi la Recherche et Développement, la médecine, la chirurgie esthétique, etc. sont maintenant concernées. Ce qui veut dire que presque tous les métiers sont aujourd’hui concernés. Une usine qui disparaît, c’est des ouvriers, des chefs d’équipes, des secrétaires, des comptables, des logisticiens, des acheteurs, des qualiticiens, des personnes des services généraux, de l’environnement, de la recherche et développement, des cadres, des dirigeants, etc. qui disparaissent. Si le mouvement continue, même les sièges sociaux disparaîtrons car ils n’auront plus de raison de rester en France si plus aucune n’activité ne se fait localement… Les managers qui favorisent ces délocalisations scient la branche sur laquelle ils sont assis à très court terme.
Troisième évidence : si au commencement des délocalisations les produits ou services voyageaient du producteur vers le consommateur, aujourd’hui il peut arriver que le consommateur se déplace pour obtenir un service moins cher ou avec un meilleur rapport qualité/prix. Il est possible maintenant de se déplacer pour obtenir des services de santé, de chirurgie esthétique vers des pays proches mais moins chers.
Quatrième évidence : Se développer à l’étranger n’est pas forcément délocaliser. Une entreprise Française qui crée une usine ou un centre R&D étranger est-elle forcément une entreprise qui délocalise ? Ce n’est évidemment pas le cas. Une entreprise doit « idéalement » produire là ou le produit est consommé. Ceci à plein d’avantages aussi bien économiques qu’écologique. Savoir que la fabrication d’un blue-jean nécessite de faire plusieurs fois le tour du monde avant d’arriver en temps que produit finit dans nos magasins est une hérésie. Certaines entreprises l’on bien comprit comme Toyota qui produit également ses voitures en France, ou comme Décathlon qui finalement à décidé de produire ses vélos en France (relocalisation) car le surcoût d’une dizaine d’euros n’était pas significatif en regard des avantages. Citons également le cas d’une entreprise fabriquant du mobilier de bureau : après avoir délocalisé en Chine, la production a été relocalisé en France car les délais d’acheminement de 3 mois par bateau lui faisaient perdre des clients (le client avaient le choix entre attendre 3 mois pour recevoir leur commande ou de choisir parmi un nombre très limité de modèles ou couleurs en stock). Se rapprocher de ses clients est un choix justifié et naturel pour une entreprise, que cela nous arrange ou non.
Cinquième évidence : Dans l’intérêt d’un pays, il faut produire le plus possible localement et vendre le plus possible à l’étranger. Ceci entre en contradiction avec le point précédent. Si pour l’écologie il vaut mieux ne pas acheter de produits fabriqués loin, pour un pays il vaut mieux exporter le plus possible (et donc fabriquer localement). Cette contradiction transparaît dans les avis divergents que l’on entend aujourd’hui concernant les délocalisations. Si les délocalisations sont légitimes parfois pour l’entreprise elles sont contraires à l’intérêt local et à l’écologie (à l’exception des services intellectuels, encore que cela consomme de l’électricité en serveurs, téléphone et transmissions d’informations). Ainsi chacun défend ses intérêts et tout le monde à « égoïstement » raison.
Sixième évidence : Les délocalisations semblent profiter aux pays pauvres mais la réalité est plus complexe. Nous entendons parfois que les délocalisations sont nécessaires et utiles aux pays pauvres. Cet argument très altruiste (lorsqu’il émane des habitants des pays à hauts-coûts) est portant discutable. Les pays pauvres se développant trop vite agrandissent souvent leurs inégalités locales. Ainsi, entre les paysans Chinois qui ont conservés leur métier et ceux qui ont intégrés les usines, il y a maintenant un écart de pouvoir d’achat très grand. Le développement économique rapide d’un grand pays comme la Chine et l’Inde ne concerne et ne concernera pas toute sa vaste population. Pire, il fait monter les prix locaux, rendant plus pauvres encore les laissés pour compte de l’industrialisation. Etre paysan est de plus en plus dévalorisé dans ces pays et pourtant il est nécessaire de nourrir cette population citadine sans cesse grandissante qui ne produit pas sa propre nourriture. Ceci implique des importations massives de denrées alimentaires en provenance de l’étranger. D’un point de vue écologique, ces développements rapides sont une catastrophe, l’eau en Chine n’est pas buvable et ne le sera pas avant très longtemps. Les usines utilisent parfois des produits interdits et/ou dangereux ; Difficile de contrôler de si nombreuses entreprises alors que ces pays n’ont pas encore la culture nécessaire ni les moyens. Une croissance économique rapide attise les appétits des plus corrompus, développant mafias et abus en tous genres (scandale du lait frelaté en Chine et corruption). Les délocalisations massives et non contrôlées vers ces pays tout en leur apportant croissance à deux chiffres, leurs posent de nombreux problèmes sociaux, énergétiques, écologiques, politiques et même économiques.
Septième évidence : Il est à noter que les délocalisations rapides auxquelles l’Europe procède ne sont pas facilement réversibles et ne sont pas pérennes pour l’Europe et pour les pays en voie de développement. Ces derniers ont parfois une masse de population si importante (se comptant en milliards d’individus) qu’elle est difficilement épuisable. Le nombre de pays potentiellement en voie de développement est également assez important. Si les délocalisations continuent à ce rythme nous n’aurons bientôt plus rien à délocaliser ce qui n’est pas pérenne pour nous et pour ces pays. Les grand pays comme la Chine et l’Inde en sont conscients et parient sur une croissance de la consommation locale forte pour prendre le relais lorsque l’occident cessera d’être leur principal donneur d’ordre. C’est un pari et une course contre la montre qui n’est pas gagnée au premier abord. La paupérisation de l’occident est en revanche programmée.
Huitième évidence : Les délocalisations ne sont pas toujours rentables et relèvent parfois de l’idéologie. Aussi incroyable que cela puisse paraître, une « mode » des délocalisations s’est répandue et un dirigeant qui ne délocalise pas est mal vu par ses actionnaires. Si décider une délocalisation est une action simple et facile, réussir une délocalisation afin qu’elle soit profitable à l’entreprise demande de nombreuses compétences. Ce qui est ridicule avec ces délocalisations ratées est que ceux qui les ont mises en place (de manière coûteuse) ne veulent pas supporter le poids de leurs erreurs, ils font tout pour masquer, au sein de l’entreprise, cet échec. Le manque de rentabilité d’une délocalisation peut tenir à beaucoup de sujets : manque de main d’œuvre qualifiée, forte concurrence entre entreprises qui délocalisent (turn-over important et salaires croissants), sous-estimation des écarts culturels, sous-estimation des frais de management, gestion de projet, voyages, formation, de la qualité des infrastructures du pays (route, réseau, téléphone, Internet…), productivité de la main-d’œuvre locale, temps de mise en place d’un centre qui fonctionne de manière optimale, éloignement des clients finaux, corruption locale, loi locale mal connue, etc. Dans cette liste, le choix du pays est primordial mais le pays idéal n’existe pas. Dans la course à la recherche du profit immédiat, une délocalisation est souvent éphémère. Les délocalisations en cascade (d’un pays pauvre vers un pays encore plus pauvre) d’une activité qui vient à peine d’atteindre ses performances maximales, diminuent encore la rentabilité de ces opérations !
Neuvième évidence : Ainsi, les délocalisations ne concernent pas que les pays occidentaux, mais également les pays en voie de développement. La Chine délocalise elle-même certaines de ses usines au profit de l’Afrique par exemple. Les victimes des délocalisations sont beaucoup plus nombreuses et variées qu’on peut l’imaginer.
Que faire ?
Laisser le marché se réguler lui-même ne donnera rien car ceux qui décident de délocaliser n’ont souvent aucun intérêt commun avec le reste des personnes concernées par ce phénomène. L’intérêt des actionnaires est axé sur le profit immédiat sans vision du long terme. Délocaliser appauvrit le pays et donc diminue le marché local ? Qu’importe, les pays en voie de développement sont de nouvelles cibles de consommation encore plus grandes et alléchantes ! Pourtant ces pays en pleine expansion ne comptent pas rester uniquement des cibles commerciales et leurs entreprises comptent bien profiter en priorité de cette croissance. Le protectionnisme que l’on s’interdit pour des raisons idéologiques en Europe ne pose en revanche aucun problème à ces pays. Nous allons donc « dans le mur ».
Que faire si le marché ne va pas dans la bonne direction ? Il faut que nous, consommateurs, prenions nos responsabilités rapidement tant qu’il en ait encore temps. Il faut également que nous ayons les moyens d’assumer nos responsabilités. Tout le monde peut remarquer que le prix d’un objet n’a plus aucun lien avec sa qualité ni même son lieu de fabrication. Cela fait bien longtemps (plus de 20 ans) que les marques de luxe ont commencé à délocaliser très discrètement. Le consommateur ne peut plus, comme autrefois, faire confiance au prix afin de désapprouver les délocalisations qui finalement lui sont néfastes. C’est donc une vraie question, comment faire valoir ses intérêts en temps que consommateur ? Il faut être clair ce n’est actuellement pas possible. Le système ne permet pas au client de choisir. Il faut donc réguler un peu, juste assez pour que les consommateurs aient le choix.
Propositions
Il pourrait par exemple être rendu obligatoire un marquage règlementaire sur chaque produit indiquant : ou le produit est conçu (R&D), ou il est assemblé, ou il est emballé. Pour chacune des trois catégories un pourcentage serait rendu obligatoire. Bien sûr cela ne va pas dans le sens de l’intérêt des multinationales qui délocalisent mais dans le sens de la démocratie et de l’information du consommateur. Ainsi je suis sur que certain nous expliquerons tout le mal qu’ils pensent de cette proposition qui va contre leur intérêt purement financier et/ou idéologique.
PS : Remarquons également que le bas prix des produits qui voyagent beaucoup tout au long de leur cycle de fabrication et de vente est en fait un hold-up sur la planète car si l’on payait au juste prix le CO2 dégagé par ce cycle ils couteraient chers. Le marquage concernant le CO2 dégagé par la fabrication de chaque produit est un premier pas vers l’information du consommateur et vers un choix possible de société."