vendredi 10 avril 2009

l'inconnu me dévore




La pleine lune a rendu son verdict, jolie marée et flotte à l'apéro traduisez: beau temps pour les grenouilles sur les bords de l'estuaire et comme dans la vie "faut se mouiller"... Je vous l'accorde volontiers c'est un peu tiré par les cheveux comme préambule, mais les habitués de la maison ne s'en étonneront pas...donc cette légère digression pour dire qu'à quelques encablures du muséum d'histoire naturelle se trouve à nantes la bretonne, le musée départemental dobrée où sont réunies les plus belles collections archéologiques, historiques et artistiques de la loire-atlantique. le musée porte le nom du fils d'un riche armateur "thomas dobrée" qui aurait pu dépenser sa fortune dans des jeux vidéos mais comme ça existait pas à l'époque et bien le jeune gars il a préféré acheter des collections de peintures, orfèvrerie, mobilier, tapisserie, estampes...Viens chez moi je te montrerai ma collection d'estampes japonaises qu'il disait le thomas, c'est une supposition bien entendu, y'a pas d'écrits concernant la chose mais bon vous savez ce que c'est avec les jeunes, ils en profitent toujours...Et donc pour pas que ses oeuvres précieuses prennent la flotte - voui c'est humide parfois par chez nous ("souvent tu veux dire"-la grenouille de service-) msieur dobrée junior décide de se faire construire un palais-ben tiens, pourquoi se géner-et comme il a acheté du terrain , il demande à un architecte bien connu de l'époque viollet- le- duc de lui faire des plans et c'est ainsi que sortit de terre ce qui deviendra un peu plus tard (1895) sur volontés testamentaires, le musée départemental de la loire- inférieure- Ah oui savez-vous, pour ceux qui ne sont pas du cru mais ni du cuit pour autant, avant d'être loire- atlantique, on baignait dans la loire -inférieure , pas parce qu'on était du genre un peu limités du bulbe dans le coin, que nenni les amis, c'était tout bonnement à cause de la situation géographique sur le cours inférieur de la loire, et puis par la suite comme certains trouvaient ça pas bien, c'est devenu loire-atlantique. On en a d'autres exemples dans le genre, avec les côtes du nord qui sont devenues côtes d'armor- pourtant c'est pas vulgaire d'être du nord, allez comprendre...tiens dans le sud on a même failli transformer les pyrénées orientales en pyrénées roussillon tout ça parce que des édiles de l'époque légèrement à droite toute s'étouffaient avec l'orient...comme chacun a pu le remarquer dans sa carrière - la connerie est sans limites - Mais je m'égare... de nantes et je voulais également signaler aux quelques nationaux jacobins des pseudo pays de loire qui auraient éventuellement pu se perdre par cheu nous que le sieur dobrée fit graver sur la tour de l'édifice: "Ann dianaf a rog ac'hanoun" ce qui signifie en breton :"l'inconnu me dévore" . Le musée est situé 18 rue voltaire, il est ouvert du mardi au vendredi de 13h30 à 17h30 et les samedi et dimanche de 14h30 à 17h30- renseignements au 02-40-71-03-50- plus d'infos: ici même - la pub pour la biscuiterie nantaise provient du site marikavel très bien documenté sur la bretagne et ses cinq départements

jeudi 9 avril 2009

éloge de l'autre











"Celui qui marche d'un pas lent dans la rue de l'exil, c'est toi, c'est moi. Regarde le bien ce n'est qu'un homme. Qu'importe le temps la ressemblance, le sourire au bout des larmes, l'étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux. Aucun arbre arraché ne donne l'ombre qu'il faut, ni le fruit qu'on attend. La solitude n'est pas un métier ni un déjeuner sur l'herbe, une coquetterie de bohémiens. Demander l'asile est une offense, une blessure avalée avec l'espoir qu'un jour on s'étonnera d'être heureux ici ou là-bas." -éloge de l'autre-tahar ben jelloun
"Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles à certaines heures pâles de la nuit près d'une machine à sous, avec des problèmes d'hommes simplement des problèmes de mélancolie. Alors, on boit un verre, en regardant loin derrière la glace du comptoir et l'on se dit qu'il est bien tard... /..." léo ferré-richard-

(les photos ont été délicatement glanées sur la toile, merci d'avance à leurs auteurs)

les scènes invisibles


A saint-nazaire , nantes et...ailleurs, "athénor" s'attache depuis une vingtaine d'années "à placer l'art et la culture au coeur du quotidien et à y installer une familiarité entre les artistes et les personnes habitant sur les territoires où elle agit.../...elle porte une attention particulière à l'enfance pour sa capacité à produire du questionnement et à bousculer les processus.../.." et dans le cadre de cette démarche elle nous propose du 27 avril au 15 mai "les scènes invisibles" une scénographie de laurence henry mise en son par yannick jory , ".../...Nos villes sortent de terre, naissent d’un paysage. Puis elles s’en nourrissent, le transforment, le maltraitent, s’y enfouissent, y disparaissent... Nous les traversons, nous nous en imprégnons, nous les imaginons, nous les désirons. À chacun son parcours. Mais pour les apprécier peut-être faut-il s’en éloigner.../... De petits personnages de terre, citadins, voyageurs, promeneurs, se souviennent, se défont de l’une, se perdent dans une autre, ils y cherchent leur chemin... Sans vous prendre par la main ils vous guident dans ce labyrinthe poétique et onirique, et vous invitent à raconter votre propre histoire, votre propre ville." -infos, horaires et tout ce qui va bien avec sur le site d'athénor

mardi 7 avril 2009

je me moque


Je me moque de moi, du toit, de lait froid qui moustache les babines à la récrée de quatre heures. Ils volaient si bien les hélicoptères de samares en érable plus haut toujours plus haut et comment te dire, s'évader de la cour d'école où passaient des fantomes, les frères de bure cloués au fronton de leur croix qu'ils portaient en présentoir-souvenir. J'aimais pas l'école et elle me le rendait si bien avec son bec verseur trop facile à la tache clairefontaine, m'en allant promener au dessus des toits d'ardoise humide et mes ailes grandes ouvertes pour ne pas perdre une miette du temps si précieux. Seulement, on les reconnaissait bien là, les grands professionnels de la blouse grise, dans leur vigilance qui te rappellait à l'ordre à coup de règle sur la tête, pour enfoncer la culture consignée comme un clou dans une caboche de mur. Je me moque des saisons maintenant parce que j'en ai plus peur et bien au contraire je les savoure, et quand la nuit subtile prend ses fonctions je n'appréhende plus le noir qui m'allait si mal avant. Maintenant, que j'accompagne tant bien que mâle des enfants perdus qui se frottent à la toute puissance de leurs cauchemars pour oublier qu'une larme de sensible les ferait fondre sous la lune, je me fous des circonstances et j'attrape en ressemblance des regards hallucinés de colère, de violence, de solitude qui me renvoient aux frayeurs de naguère. Social dans l'étiquette qui gratte et lavable à la main pour ne pas perdre ses couleurs, je me moque sans conviction de mes angoisses qui font miroir. C'est le monde qui enfante ses marges à l'ombre, que l'on ne remarque même plus sur le trottoir d'en face, puisqu'il faut bien arriver entier et comme pourra jusqu'à demain ,à l'aube qui me fait une fleur, éponge tout et gratte dans les coins la misère tenace.

Maxime Le Forestier - L'homme au bouquet de fleurs

"Un bouquet d'fleurs
à la main
Il sort du magasin
Il avance de bon coeur
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Où va donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs

Vers quel rencard
Quel amant dans l'placard
Quelle inconnue
Dans la toile entrevue
Quelle fête des mères
Quel ami sincère
Quelle moitié d'aveu
Quel amour qui flanche
Quel drôle de cheveu
Sur sa manche

Où va donc cet humain
Qui croit qu'on est dimanche
Où va donc cet humain
Qui croit qu'on est dimanche

Un bouquet d'fleurs à la main
Il connaît l'chemin
Il avance de bon coeur
Qu'attend donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs à la main
Qu'attend donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs à la main

Quel genre de fête
Quel anneau dans la tête
Quel coeur qui bat
Et n'attendait que ça
Sur quelle blessure
Quel trou dans un mur
Pour quel adieu
Pour décorer quel dieu
En vue d'assouvi
Quel désir

Qu'attend donc cet humain
Qu'est fait pour le plaisir
Qu'attend donc cet humain
Qu'est fait pour le plaisir

Un bouquet d'fleurs à la main
Il connaît l'chemin
Il avance de bon coeur

Que cache donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Que cache donc cet humain
Qui porte un bouquet d'fleurs
Il marche pas vite
C'est pas des marguerites
Il presse le pas
C'est pas des camélias
Il marque une pause
Il a pas pris des roses
Ses neurones agissent
C'est pas du cannabis
C'est pas l'temps du tout
Des coucous

Que cache donc cet humain
Qui respire avec nous
Que cache donc cet humain
Qui respire avec nous

Un bouquet d'fleurs à la main
Il sait trop l'chemin
Il va rentrer chez lui
Pourquoi donc cet humain
S'est acheté des soucis
Pourquoi donc cet humain
S'est acheté des soucis" -l'homme au bouquet de fleurs-l'écho des étoiles-