et toi en pleine forme; d'ailleurs on la construite spécialement pour toi
et ta légère corpulence- mais non faut pas te fâcher-
je disais cela gentiment et j'étions même quelque peu admiratif devant ton personnage de grande taille.
Les pompiers "nouilles au quai" dans leurs gros sabots yankee étaient sans doute moins sensibles à tes charmes quand ils t'ont noyé sous leur lance à incendie, une décennie plus tard.
Que veux-tu les bâtisseurs d'avenir...sont aussi de très grands démolisseurs; il suffit pour cela de se promener dans tous les coins de la planète où ils ont débarqué pour s'en rendre compte.
Du passé faisons table rase et zou que je vous envoie sur les décombres encore fumantes mes banquiers et toute leur cavalerie militaro-religieuse...
Ici, en bordure d'estuaire on connait bien la chanson et sa méthode testostéronée; la ville a été reconstruite pour faire plaisir aux sauveurs occupants et soyons honnêtes, aux locaux en mal de logement et ravis des dollars qui y pleuvaient en même temps que le crachin.
Mon father Zazou parlant couramment l'américain -ce qui était rare à l'époque chez les autochtones - en a bien profité dans ses ptites affaires et il m'a transmis aussi très tôt le plaisir du jazz et des comédies musicales avec ou sans claquettes.
Tous ces bateaux, tous ces oiseaux...
Les navires de toutes sortes de superlatifs sont construits dans les chantiers du port avant de disparaître un jour au large; les goélands eux, ils restent ,et font partie du charme de la cité qui fait tant plaisir aux touristes en mal d'authenticité locale.
Nos cathédrales à nous , nos pyramides...c'est cela , de gigantesques machins flottants qui donnent du boulot et baladent ensuite entre deux avions les fonds de pension dans des paradis aussi exotiques que stéréotypés.
"Les mots des livres sont à tout le monde. Ils sont à moi puisque je
viens de te les lire, à toi puisque tu viens de les écouter, et c'est
exactement cela que j'avais envie de te dire à cet instant."
Yves Simon
"Le silence est la plus vibrante des paroles"
Sima Qian
"Les extrêmes marquent la frontière au-delà de laquelle la vie prend fin,
et la passion de l'extrémisme, en art comme en politique, est désir
déguisé de mort."
Je ne me souviens plus quand est-ce que l'expression est arrivée dans nos assiettes
mais je sais par contre qu'aujourd'hui on en abuse et re.
J'ai parfois l'impression d'exister - pour certains- dans un parc ornithologique
où des espèces exotiques retiennent l'attention le temps de la promenade
avec us et coutumes
qui sont les deux mamelles
d'un terrible terri-poires
"Ne rien faire et se tenir en joie."
La belle-soeur de Spinoza
"J'ai longtemps été un petit garçon qui se rêvait une famille idéale. A partir des rares usages qu'ils me laissaient entrevoir j'ai imaginé la rencontre de mes parents. Quelques mots lâchés sur leur enfance, des bribes d'informations sur leurs jeunesse, sur leur idylle, autant de parcelles sur lesquelles je me suis jeté pour construire on improbable récit.
J'ai dévidé à ma façon l'écheveau de leur vie et, de même que je m'étais inventé un frère, j'ai fabriqué de toutes pièces la rencontre des deux corps dont j'étais né, comme j'aurais écrit un roman.
"J'écris
parce que les mots sont la seule chose qui nous reste pour enterrer
les-morts Il
y a des moments où un homme cesse d'être un homme. Il
devient une blessure. Une entaille ouverte dans l'univers. Je
suis cette blessure. J'écris
ces mots non pas depuis une pièce, mais depuis la tombe du sens
lui-même. Et je les écris les mains tremblantes et le coeur
blasphématoire, car je ne sais plus si la prière est une vertu
ou une malédiction. Parce que le silence céleste est devenu si
fort que je crains qu'il ne me fracasse le crâne. Ils
nous ont dit de fuir. Ils nous ont dit : « Allez vers
le sud, vous y serez en sécurité. » Alors nous sommes
partis. Obéissants. Dociles. Mendiant la vie comme des
mendiants mendient leur pain. Mais il n'y a pas de sud. Il n'y
a pas de sécurité. Il n'y a que la terre qui tremble sous le
poids des cadavres, et des enfants portant les yeux des morts sur
leurs visages. Je
suis assis maintenant dans une pièce plus petite qu'un
confessionnal, vingt-huit mètres carrés de culpabilité. Et
j'ai honte de posséder même cela. Honteux parce que mon ami gît
sans tête dans le Nord. Honteux parce que je respire, et que sa
mère ne respire plus. Honteux parce que survivre, ici, est devenu
un péché. Qu'est-ce
que c'est ? Comment appelle-t-on un monde où l'innocence est
une condamnation à mort et la justice une superstition ? N'appelez
pas cela une guerre. Appelez cela un massacre rituel. Appelez
cela un abandon divin. Appelez cela pour ce que c'est : la
lente crucifixion d'un peuple en plein jour, pendant que les
évêques de la démocratie sirotent du vin et parlent de
« contexte ». Ils
ont bombardé une tour aujourd'hui. Quarante-huit familles. Trente
minutes pour s'échapper. Puis ce fut le feu. Puis ce furent
les décombres. Puis ce fut le silence. Et
le monde, ce monde boursouflé et anémié, regardait, les yeux
secs et le ventre plein. Ils
l'ont écrit. Ils l'ont appelé « une réponse ». Ils
ont dit : les infrastructures du Hamas. Je dis : une
crèche avec du sang encore humide sur les couvertures. Je
dis : un enfant recroquevillé autour des chaussures de sa soeur
morte. Je
dis : un père creusant des briques avec ses ongles parce
qu'il n'y a plus de pelle, plus d'ambulance, plus d'espoir. Et
les tentes, ne nous insultez pas avec ce mot. Une tente n'est pas
un abri. Une tente est une parodie d'abri. Une tente, c'est ce
qu'on donne aux fantômes quand même la poussière a oublié
leurs noms. Et
pourtant, d'une certaine manière, mon coeur bat. Pourquoi ? De
quel droit bat-il ? De quel droit suis-je là pendant que
d'autres disparaissent en fumée ? Oh
mon Dieu, si Tu regardes, alors regarde ça. Trois autres maisons
sont tombées au moment où j'écris. Trois. Chacune avec sa
propre histoire sainte, sa propre berceuse interrompue par le cri
de l'acier. Si
ce n'est pas l'enfer, alors l'enfer est superflu. Et pourtant
j'écris. Parce que les mots sont la seule chose qui nous reste
pour enterrer les morts." Dr Ezzideen
"Si j'ai de la sympathie pour l'anarchisme, c'est parce que je suis conscient d'être un dictateur en puissance.
Certains jours, j'aimerai diriger la terre entière, et conduire l'humanité vers la voie qui me convient. Or nul despote n'ayant jamais été éclairé, le résultat serait bien évidemment catastrophique.
A chaque fois qu'un homme* veut prendre le commandement, il se trouve des imbéciles pour lui obéir et le chaos ne fait que s'aggraver.
Comment réduire- voire éteindre -en l'homme* le désir de domination? Voilà la grande question."
* ou femme( n.d.c.)
Blaise Lesire extrait de: "Opuscule Navrant
Alain Bordier "La côte sauvage"
Le Belem; Trois mâts barque qui survécut à une blague et finit à la casse d"épargne
Pour qui, comment quand et pourquoi?
Contre qui, comment, contre quoi?
C′en est assez de vos violences
Qui êtes-vous, où allez-vous?
Qui priez-vous, que voulez-vous?
Je vous prie de faire silence
Pour qui, comment, quand et pourquoi?
S'il faut absolument qu′on soit
Contre quelqu'un ou quelque chose
Je suis pour les soleils couchants
En haut des collines désertes
Je suis pour les forêts profondes
Car un enfant qui pleure, qu'il soit de n′importe où
Est un enfant qui pleure
Car un enfant qui meurt au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt
Que c′est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences
Que c′est abominable d'avoir pour ennemis
Les rires de l′enfance
Pour qui, comment, quand et combien?
Contre qui, comment et combien?
À en perdre le goût de vivre
Le goût de l'eau, le goût du pain
Et celui du perlimpinpin
Dans le square des Batignolles
Mais pour rien, mais pour presque rien
Pour être avec vous, et c′est bien
Et pour une rose entrouverte
Et pour une respiration
Et pour un souffle d'abandon
Et pour un jardin qui frissonne
Rien avoir, mais passionnément
Ne rien se dire éperdument
Ne rien savoir avec ivresse
Riche de la dépossession
N'avoir que sa vérité
Posséder toutes les richesses
Ne pas parler de poésie
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et voir jouer la transparence
Au fond d′une cour au murs gris
Où l′aube n'a jamais sa chance
Contre qui ou bien contre quoi?
Pour qui, comment, quand et pourquoi?
Pour retrouver le goût de vivre
Le goût de l′eau, le goût du pain
Et celui du perlimpinpin
Dans le square des Batignolles
Et contre rien, contre personne
Contre personne et contre rien
Et pour une rose entrouverte
Et pour l'accordéon qui soupire
Et pour un souffle d′abandon
Et pour un jardin qui frissonne
Car un enfant qui pleure, qu'il soit de n′importe où
Est un enfant qui pleure
Car un enfant qui meurt au bout de vos fusils
Est un enfant qui meurt
Que c'est abominable d'avoir à choisir
Entre deux innocences
Que c′est abominable d′avoir pour ennemis
Les rires de l'enfance "
Barbara/Birds on a wire-Rosemary Standley/Dom La Nera "Perlimpinpin"