samedi 31 mai 2025

vivre au bord de la mer

     

Faire le pont ou rester de bois
devant l'exubérance 
des rives?
Prendre la température
et marcher à l'ombre
de la surabondance...


"Ça me rend dingue, cette manie que le monde a de rendre tout et tout le monde interchangeable, de transmettre les choses sans les situer, sans les expliquer, soi-disant pour aller plus vite, en réalité par paresse. En déplaçant les choses et les êtres, en effaçant les traces, en ne racontant rien que des faits désincarnés, comment peut-on trouver la vérité? Comment peut-on comprendre et pardonner sans connaître l'histoire et la géographie d'un fait? Il en est de même pour l'art. Sans cadre, comment l'art pourrait-il s'exprimer? C'est sa limite dans l'espace et dans le temps
 qui le rend transgressif et vivant."
Guillaume Gallienne extrait de: "Le buveur de brume"



"Nous rêvons de voyager à travers l'univers; l'univers n'est-il donc pas en nous?
Novalis


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"Il y a toujours eu du vide. Il y a toujours eu des vagues, et des terrains vagues. C’est là que je me cache pour contempler ce territoire où tout s’est mélangé, et où la couleur vient redonner du sens à l’espace et au temps qui passe. C’est là que je me cache, c’est là que j’observe, géante souveraine de ce territoire ordinaire.
Dans cette exposition, l’artiste Superlette vous invite à visiter une partie de son territoire imaginaire.
Une exposition qui sent bon les premiers jours de soleil, où la peinture, le collage et les crayons racontent une histoire de la couleur, de paysages qui se mélangent et de souvenirs d’enfance." 

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"Y'a les regards de ceux que l'on croiseEt ceux que l'on habiteAvant d'avoir eu le temps de voirJ'ai fermé les yeux trop viteTous les visages parlent d'eux mal Avant qu'on les connaisse Le mien t'as dit vas t'en cours au loinJe ne serais que tristesse
Y'a les sourires de ceux que l'on croisentEt ceux que l'on habiteAvant d'avoir eu le temps de boireTu as craché trop viteTous les visages parlent d'eux malAvant qu'on les connaisseLe tien m'a dit vas t'en cours au loin Je ne serais que tristesse
On s'est brisé la tête et le cœurAvec bien trop d'adresseOn a noyé nos yeux dans les pleursPrétextant notre ivresseTous les visages parlent d'eux malAvant qu'ils se connaissentLes nôtres on fait semblant jusqu'à la finAidés de fausses promesses"
Pierre LaPointe




Photos de MORDMARDOK



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A VOIR CHEZ KUB

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"Le bleu est une plongée inconsciente interminable"
Malcom de Chazal


"Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge."
Pablo Picasso





SOURCE: M.M.


"Vivre au bord de la mer et ne rien faire que l'essentiel
Rester sur cette terre 
Aimer l'hiver aimer le ciel quand il se voile à l'horizon
quand il s'éclaircit sans raison
Croire au présent croire aux saisons
Retrouver la bonne pulsation

Vivre au bord de la mer
de l'amertume sans s'y noyer
vivre encore et sourire à l'avenir, à l'amitié

Quand tout se voile à l'horizon
Quand tout s'éclaircit sans raison
Croire au présent, croire aux saisons
Retrouver la bonne pulsation

Vivre au bord de la mer
Loin de la foule
De la folie
Revivre et respirer
Se respecter
Aimer la vie

 Quand elle s'estompe à l'horizon
Quand elle ressurgit sans raison
Croire au présent, croire aux saisons
Retrouver la bonne pulsation 

 Vivre au bord de la mer... "
Mathieu Rosaz






mardi 27 mai 2025

IA HI! HA! HIHIHI! HAHAHA!

 

"les hommes doivent être ou caressés ou écrasés: ils se vengent des injures légères; ils ne le peuvent quand elles sont trop grandes; d'où il suit que, quand il s'agit d'offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance."
Guliano Da Empoli citant Nicolas Machiavel -"Le Prince"


"Qui nescit dissimulare, nescit regnare"


"Le grand dilemme qui a structuré la politique au XXe siècle est le rapport entre l'Etat et le marché:
quelle part de notre vie et du fonctionnement de notre société doit ^tre sous le contrôle de l'Etat et quelle part doit ^tre laissée au marché et à la société civile?
Au XXIe siècle, le clivage décisif devient celui entre l'humain et la machine. 
Dans quelle mesure nos vient doivent-elles être soumises à de puissants systèmes numériques- et à quelles conditions? En fin de compte, les individus et les sociétés devront décider quels aspects de la vie réserver à l'intelligence humaine et quels aspects confier à l'IA ou à la collaboration entre l'homme et l'IA.
Et chaque fois qu'ils choisiront de privilégier l'humain, là où une IA aurait pu garantir des résultats plus efficaces, il y aura un prix à payer."
Guliano Da Empoli extrait de: "L'heure des prédateurs"


"La mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné.../..."
Marguerite Yourcenar


"Je n'ai pas connu en personne
Les inconnus en question
Ni après, ni avant
Ni d'Eve, ni d'ailleurs d'Adam

Mais j'entends leurs pas
Dans le désert
J'entends leurs pas
Dans la prairie
En ville
Sur une place
Dans l'allée des cimetières
Dans l'allée des grandes surfaces

A l'appel du printemps
Je les entends
Se faire des promesses
De hauteur, de souplesse, d'argent
Je les entends faire
Des prières
Souvent pour eux-mêmes
Parfois pour leurs congénères

Je n'ai pas connu en personne
Les inconnus en question
Ni après, ni avant
Ni d'Eve, ni d'ailleurs d'Adam

Il y en a un
Au bord d'une île
Il y en a une
Dans un cul de sac,
Un autre, accroupi dans la flaque
Le doigt dans une anémone
Le rire qui carillonne,
La face qui rayonne
Une autre au bout
De ses efforts
Emportée dans la mort
L'amour, le carbone

Je n'ai pas connu en personne
Les inconnus en question
Ni après, ni avant
Ni d'Eve, ni d'ailleurs d'Adam
Il y en a une
Au Quatre-vents, qui regarde l'horizon

Il y en a deux
Sans solution
Parmi les renoncements
A l'âge de fer, ils frissonnent
A l'ère du pétrole
Lassés des belles paroles, ils frissonnent

Je n'ai pas connu en personne
Les inconnus en question
Ni après, ni avant
Ni d'Eve, ni d'ailleurs d'Adam"
Bertrand Belin



CLOWN

"Un jour.
Un jour, bientôt peut-être.
Un jour j'arracherai l'ancre qui tient mon navire loin des mers.
Avec la sorte de courage qu'il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m'^tre indispensablement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D'un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînements "de fil en aiguille".
Vidé de l'abcès d'être quelqu'un, je boirai à nouveau l'espace nourricier.
A coup de ridicules, de déchéances (qu'est ce que la déchéance?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j'expulserai de moi la forme qu'on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes mes semblables.
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m'avait fait déserter.
Anéanti quand à la hauteur, quand à l'estime.
Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

CLOWN, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l'esclaffement, le sens que contre toute lumière je m'étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l'infini-esprit sous-jacent ouvert à tous,
ouvert moi-même à une nouvelle et incroyable rosée à force d'^tre nul
et ras...
et risible...
Henri Michaux