qui faisaient leurs ptites affaires, à pied, sans cheval mais à vélo
et
un regard comme exercice du silence...
"Si on veut avoir une idée de la façon incohérente dont s'élève une ville californienne, on peut aller chercher ce spectacle à Saint-Nazaire. C'est une agglomération d'émigrants grossissant à vue d'oeil."
Jules Verne
"Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie."
Omar Khayyam
"Je voudrais seulement demander à ce ciel resplendissant, à cet océan qu'il m'est donné de contempler pour quelques jours encore, d'abriter ma terreur."
Reinaldo Arenas extrait de: "Méditations de Saint-Nazaire"
"S’arrêter devant le soleil
Après la chute ou le réveil
Quitter la cuirasse du temps
Se reposer sur un nuage blanc
Et boire au cristal transparent
De l’air
De la lumière
Un rayon sur le bord du verre
Ma main déçue n’attrape rien
Enfin tout seul j’aurai vécu
Jusqu’au dernier matin
Sans qu’un mot m’indiquât quel fut le bon chemin"
Pierre Reverdy
"Je naquis la nuit en février Quand le soleil passe dans l'eau Emporté par des mers enfantines Je survis au loin sur des collines Qui dira par une bouche amère Ce qui tient mon âme emprisonnée Qui dira par une bouche amère Ce qui tient mon âme emprisonnée
La Bretagne a-t-elle autant de charme Pour porter de sable l'horizon Pour colorer mes yeux de ses vagues Et couronner mon front de ses algues J'ai des langues farouches dans la tête J'ai des vents parfumés dans l'oreille Le ressac palpite dans mon coeur J'ai des huîtres et du vin dans la bouche
Quand je m'embarque dans mes océans Je mets la voile vers les barreaux scellés De la fenêtre ouverte à l'autre bout Par où mon âme voudrait s'envoler Qui dira par une bouche amère Ce qui tient mon âme emprisonnée Qui dira par une bouche amère Ce qui tient mon âme emprisonnée
Au fil des quais glissant sous les arches Où l'herbe pousse entre les pavés Je cherche dans des reflets d'enfance Des souvenirs d'avant que je marche Ma mer est là qui coule toute grise Et qui se brise en écumes blanches Sur les étraves des piliers des ponts Comme des phares sillagent mon front..."
Gilles Servat
" Comment se fait-il que nous puissions fermer les yeux et garder en nous
le visible ? Et ne nous serait-il pas permis, et même intimé, de faire
comme l'anémone qui se referme, au soir, sur ce qu'elle a absorbé de
jour, et se rouvre le lendemain un peu plus grande ?"
Philippe Jaccottet
" Le bourg de Batz debout sur les marais Le Croisic tout au bout du grand traict Sous ses veilleurs, les souvenirs m’attendent Et l’enfance en moi comme un matin
Par-dessus le manteau d’Arlequin Où les œillets se fendent sous le sel de Saint-Guénolé Tournez, tournez les ailes du moulin de Guérande Sur le grain de mes jours envolés Sur le grain de mes jours envolés
Chemin de mer au talus de rochers Entonnoir de granit écorché Passaient nos jeux, passaient nos vies gourmandes Sur le clair sablier de Port-Lin
La mer a fuit l’auge de Saint-Goustan A l’orée des lents oiseaux distants Mon père penché, ramassait des amandes Des fruits de nacre et des couteaux marins
Parmi l'étincelance des reflets
que les sternes en criant éraflaient
devant la plage où les rouleaux se rendent
ma mère brassait les flots de Valentin
Sur son balcon allumé de bouquets Ma grand-mère qui regarde les quais Et les marais balançant des guirlandes De bateaux beaux comme des ravins
Des soirs dorés des vieux cars fabuleux
Le soleil dans le pare-brise bleu
Citron brûlant éblouissante offrande
De l’été déjà sur le déclin"
Gilles Servat
"Il n'aura pas,
mon poème,
la force des explosifs.
Il aidera chacun à se sentir vivre à son niveau de fleur en travail,
à se voir
comme il voit la fleur."
Eugène Guillevic
" Être
Où et quoi ?
N'importe où,
mais pas rien qu'en soi.
Être dans le monde.
Fragment, élément du monde.
Supérieur à rien,
Pas à quiconque, pas à la pluie qui tombe,
Se sentir égal
et pareil au pissenlit, à la limace,
Inférieur à rien,
Ni au baobab, ni à l'horizon,
Vivre avec tout
ce qui est en dehors et en dedans,