"Désormais,nous parlions pour ne rien dire.Nous vîmes s'installer entre nous l'écran de ces mots lisses, de ces reflets sonores du quotidien, de ce liquide verbal dont on se sent obligé, on ne sait pourquoi, de remplir le silence.Avec stupeur,je découvrais que parler était, en fait,la meilleure façon de taire l'essentiel "
Andreï Makine
Passe ton bac d'abord!
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du 3 au 9 mai sur ARTE:
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"Saint-Nazaire, 1er mai 1967, le muguet distribué aux travailleurs avant
le meeting a le parfum de la victoire. Depuis deux mois, 3200 ouvriers
des Chantiers de l’Atlantique, de ses entreprises sous-traitantes et de
Sud-Aviation étaient en grève. Ce jour de fête du travail, un accord a
été signé entre organisations syndicales et patronat. Celui-ci a concédé
l’augmentation de salaire revendiquée. Pendant quatre jours, la caméra a
enregistré les derniers temps forts de ce mouvement qui aura marqué les
esprits pour longtemps, tant l’épreuve vécue pendant deux mois, que la
solidarité qui s’est développée entre les grévistes et la population
nazairienne. Le film fut censuré et ne fut jamais diffusé." source: "Ciné mutins"
Il
est tombé seulement l’équivalent de deux petits grains soit 1,2 mm de
précipitation durant tout ce mois d’avril. L’écart par rapport à la
normale de 1981 à 2010 est de - 98% ! Déjà le manque d’eau était bien
problématique depuis la mi-mars. Nous passons d’excès d’eau (+ 70% en
décembre 2020) à une insuffisance notoire depuis la fin de l’hiver. Tout
cela à cause d’un vent d’est persistant qui a sévi durant tout le mois
d’avril, sans céder la place à notre commun kornog. Avec le rugenn, nous
devons garder le paletot et même le gros burnous d’hiver ! La moyenne
est de 10°C ce mois-ci avec un pic caniculaire à 22,1°C le 1er avril
(comme 2015) et un minimum de 5,5°C le 6 avril 2021. Le rugenn a soufflé
en furie le 2 avril avec 86,8 km/h maximum en rafale et encore 82,8
km/h les 3 et 7 avril. Et encore 93,7 km/h et 90,7 km/h maximum en
rafale les 25 et 26 avril.
La
température de l’eau de mer monte doucement et atteint en ce début mai
12°C en surface aux Pierres Noires. Le vent d’est a aussi ce pouvoir de
faire « tomber la mer ». Effectivement la houle durant un mois entier
n’a pas dépassé le seuil des deux mètres. Enfin, du vent d’Ouest est
annoncé pour le 3 mai prochain, croisons les doigts pour que ces
prévisions se réalisent ! Sinon nous irons faire nos rogations à
Belennos et à Saint Evezneg comme le faisaient les Ouessantines au
siècle dernier !
La Nature insulaire s'éveille
Malgré
le manque d'eau que l'on ressent sur toute l'île, les floraisons
printanières vont bon train. Et, on aime reconnaitre la flore côtière en
citant le nom des fleurs comme un doux refrain qui revient chaque
année: armérie maritime, scille printanière, lotier corniculé, jasione,
silène maritime, carotte à gomme, genêt prostré… Tous sont bien présents
pour honorer ce printemps et embellir les balades côtières des
insulaires confinés. Les arbres fruitiers : pommiers, poiriers,
prunelliers sont eux aussi submergés de fleurs. La Nature est bien là et
nous rassure en ces temps si «obscurs». Finalement, elle aura toujours
le dernier mot et vaincra quoiqu'il advienne.
Le
retour du coucou gris nous a aussi rassérénés. Avait-on bien un sou en
poche ? Finalement qu'importe, car il est là ! Tout n'est pas perdu. Et
tous ces chardonnerets qui s'esbaudissent autour des cirses et des
cardères : quel plaisir de revoir leur plumage chatoyant et d'écouter
leur chant mélodieux. Les hirondelles ont aussi retrouvé leur île
d'Ouessant et débutent la couvaison. Huppes fasciès, queues rouges à
front blanc, traquets motteux, bergeronnettes printanières, fauvettes
pitchou, quel soulagement ils sont tous présents et égaient la lande et
les prairies insulaires. La vie reprend. L'Homme est désormais
minoritaire sur l'île mais Ouessant grouille de vies.
Un collectif au vent de bout '
IL
est né ! Enfin ! Et ce fut en même temps si rapide. Le projet de
construction d'une éolienne aussi haute que la tour radar (avec ses
pales) à quelques mètres du Cromlec'h sur la pointe sacré de Penn Arland
a fait bondir plus d'un (e) Ouessantin (e) sans compter les nombreux
(ses) amoureux (ses) d'Ouessant qui pour certains (es) ont même pleuré
en imaginant le «massacre» paysager… Surtout c'est l'accaparement de
Sabella et d'Akuo envers notre chère île pour en faire «leur
laboratoire» et leur «vitrine internationale» qui a commencé à faire
réagir. Et oui, Ouessant fait rêver. Rien que son nom Ouessant est sujet
à tant de fantasmes. Alors oui, estampiller «Ouessant» sur des
machines, ça ne peut que charmer et créer un pouvoir d'attraction ! Sauf
lorsque c'est au détriment des gens qui y résident et des amoureux qui y
reviennent chaque année depuis des décennies. Le fameux «mix
énergétique» qui en ce moment même fait l'objet d'une enquête publique,
déplaît et notamment par le manque de concertation, le flou et même
l'omerta qui règne autour de ce projet.
En
quelques jours, tout s'est accéléré. De nombreux coups de fil de
soutien, des rendez-vous virtuels, des SMS échangés et c'est un comité
insulaire qui s'est retrouvé mercredi 21 avril devant la mairie lors de
l'arrivée de l'enquêteur. Trois jours après, un collectif se crée avec
ce nom porteur et prometteur de «vent de bout». Et c'est le début d'une
belle aventure pour protéger Ouessant et lui trouver des solutions
adéquates ou en tous cas adapté à son environnement si fragile et
tellement protégé. Je vous fais partie de la pétition et je remercie
toutes les personnes qui ont déjà soutenue et qui m'ont aussi apporté
leur soutien lors de la dernière newsletter. Désormais, vous pouvez
faire confiance à «vent debout».
" L'homme est un enfant qui a mis une vie à se restreindre, à se limiter, à se voir limité, à s'accepter limité. Adulte, il y est parvenu, presque parvenu..." Henri Michaux