lundi 9 janvier 2012

babylone sous les bombes



[L’avant-guerre]



   "J'ai étudié longtemps, très longtemps, brillamment, très brillamment, si brillamment qu’au bout du compte, cela m’a enseigné une vérité absolue : je n’étais pas fait pour le métier auquel je m’étais destiné, n’en avais aucune envie. Alors, j’en ai exercé d’autres, ici, ailleurs, quantité, et comme bien sûr, je n’étais pas davantage fait pour eux qu’ils étaient faits pour moi, cela m’a conduit au sommet de la pyramide des institutions publiques. Cela a fait de moi un être privilégié, d’ailleurs c’est bien simple, même si je les partage avec beaucoup, j’hésite à vous avouer les avantages qui sont miens.    J’en éprouve même un peu de honte    J’œuvre pour un consortium gigantesque, un consortium qui jamais ne délocalisera, qui jamais pour des questions de coût, n’ira chercher main-d’œuvre ailleurs, et qui, par-dessus le marché, me laisse du temps libre, plein.    Je suis de l’élite commune.    De temps à autre, je signale au consortium que je suis toujours en son sein, au moyen de mon choix, je pointe présent : courriel, courrier, téléphone… Tout est bon, le consortium n’est pas très regardant.    J’ai la belle vie.    Celle d’un chômeur.    Évidemment, ça n’a pas non plus que des avantages, dire que je suis bien payé serait un mensonge, sans parler que l’ancienneté n’est pas prise en compte, ce serait même plutôt l’inverse, et puis, comme tous ceux du consortium, je suis chassé par la concurrence « rue ». Faut que je fasse gaffe, la rue sans cesse recrute, sans cesse embauche, peut un de ces quatre me refourguer un chien, un litron de rouge et un bout de son trottoir, le tout joliment emballé dans un contrat à durée indéterminé.    J’ai la belle vie dangereuse    Et du temps libre, donc.    Pour pallier la générosité déclinante du consortium, pour contrer les propositions de la rue et pour quelques billets, je débarde trois jours par semaine chez un grossiste du coin. Jusqu’aux premières lueurs de l’aube, je vide les camions de leurs denrées fruitières en cageots, cagettes et autres caisses. Je joue du chariot comme personne : j’ai le diable au corps moi.    Le diable au corps.    Elle est bien bonne !    Et pendant mon temps libre, je joue des mots."

Extrait de "Babylone sous les bombes" un roman de Stéphane Mariesté- Editions Intervista



 

lundi gestion

 source: Toile


j'ai reçu ceci:

PÉTITION DE SOUTIEN 
A
ANNICK SABATIER

"Annick habite Angres. (62).  Infirmière, elle est connue pour son dévouement et sa disponibilité auprès de tous. Comme d'autres habitants du bassin minier, elle a rejoint le collectif "Fraternité Migrants Bassin minier 62" afin d'apporter une aide humanitaire aux migrants vietnamiens qui s'arrêtent à Angres. Comme tous les bénévoles du collectif, elle leur offre le nécessaire pour vivre et survivre: des vêtements, de la nourriture, du réconfort, de la solidarité. Nous sommes nombreux à faire comme elle. Alors pourquoi le mardi 22 novembre 2011 la Police de l'Air et des Frontières s'est-elle rendue au domicile d'Annick à 6 h le matin et l'a-t-elle interpellée pour une garde à vue de 33 heures? L'aide humanitaire est-elle un délit aujourd'hui en France? Faut-il laisser des êtres humains souffrir du froid et de la faim? Faut-il sélectionner son aide en fonction de la nationalité des hommes? Nous, signataires, dénonçons les poursuites à l'encontre d'Annick et de tous ceux qui, dans le pays des Droits de l'Homme, ne font qu'apporter un soutien à ceux qui en ont besoin. Nous exigeons la fin de toute poursuite à l'encontre d'Annick et nous agirons pour qu'il en soit ainsi."

source:: Réseau Education Sans Frontières 


pour signer la pétition:  c'est par ici

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Et pour commencer la semaine avec la banane, un seul mot d'ordre:
Haut les choeurs





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Un film qui ne passera pas à la télé

"En 1932, l'écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s'imposaient en véritables gardiens de l'ordre établi."



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