lundi 17 septembre 2012

sous les galets, la mer





Paradoxe,encore.
J'avais un grand-père Cap-Hornier
 mais...
je ne suis pourtant pas adepte des long-courriers.

Ici, où l'on croit  à la solidité des éléments,
les mots peuvent parfois se perdre en considération.




A la tournée des girouettes. A la santé des falaises, toujours un peu pompettes,
 à force de s'être saoulées au gros grain de sel.

L'océan se dépouille et tu gardes tout en toi, précieusement.
Pour l'impudeur de mers, 
croisant  au plus près de l'intimité,
tu offres bien peu de résistance.

Tu te débarbouilles
à l'oxygéné,
et
aussi, à une idée insulaire
de continental
qui se prend de plein fouet, en une semaine,  ce que d'autres estiment et par tous les temps, à l'année, à dix ans, à la vie
et à la  santé de la mort .











"Il y a deux choses dans l'édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde. C'est donc dépasser son droit que de le détruire."
-Victor Hugo-














"On m'avait pourtant prévenu...

Île d'Ouessant, 25 décembre 1967

Paul s'était pointé à six heures sur le quai, il avait peu dormi.
Le mardi est le jour de la relève et, même si la veille c'était le réveillon, et même si c'est un jour férié, on n'y déroge pas.
Maintenant il tombe des cordes que le suroît s'ingénie à pousser sournoisement dans le col mal fermé de son ciré tandis que la vedette qui lutte contre la grosse houlke barrant l'entrée de la baie est noyée d'embruns à chaque fois qu'elle pique du nez dans la vague.
"Ne reste donc pas là!" lui a crié Jean depuis l'abri de la passerelle. Mais Paul a besoin d'air et tant pis si celui-ci est saturé de pluie et d'eau salée, il restera à l'arrière!
Il s'en veut un peu d'avoir traîné si tard dans la nuit, mais quoi! C'était le réveillon de Noël et puis, une première montée, ça s'arrose!.../..."





".../...A la barre, le grand- c'est le patron- râle et tempête en tentant d'essuyer la buée qui condense sur le hublot tournant.
Dans un mois, ce sera pour lui la retraite, il en aura fini de ces balades aux abords des phares dans des petits matins comme celui-ci où les citoyens normaux dorment encore ou s'extasient devant la joie des enfants ouvrant fébrilement leurs cadeaux au pied du sapin.
"Si ça s'trouve, ça te manqura!" rigole Jean, accroché à la main courante du plafond de la cabine;
Le grand hausse les épaules...il est fatigué de tout ça et n'a plus envie de rigoler: le temps est pourri et la relève sera difficile. De plus, il y a une nouveau qui monte et il faudra vraiment faire gaffe.
.../...






".../...Les deux matelots halent à la volée le long filin qui relie maintenant le phare au bateau. A la barre, le grand gueule: "Du nerf, nom de Dieu!"
Paul se relève, l'estomac dans la gorge; il transpire, ses jambes lui semblent de coton..."Allez, allez, vas-y, c'est à toi!...Une main ici, l'autre là...Viiiiiire!"
Sans bien comprendre, tentant de retenir la nouvelle nausée qui le submerge, il se retrouve à califourchon sur le ballon. Il s'attend à un choc quand les autres là-haut commencent à virer, mais rien de tel ne se passe, au contraire, le câble est de plus en plus mou et Paul, déséquilibré, se retrouve allongé sur le dos sous les passavants. Un paquet d'eau glacé le rejoint aussitôt, il suffoque, il n'entend plus rien, ne voit plus rien, il vomit.
Paul n'a rien vu de la vague, il n'a pas entendu le cri d'un gardien là-haut qui lui, l'a vue se lever. il n'a rien perçu de la manoeuvre en catastrophe que vient d'opérer le grand pour éloigner le bateau du phare et atténuer le choc. Ce que personne à bord n'a eu le temps de voir, c'est l'embarquée d'eau verte qui vient de balayer le plateau, noyant le treuil et les gardiens. Celui qui se trouvait du côté au vent est resté coincé dans la manivelle, l'autre a été embarqué dans la vague et il est passé par-dessus la rambarde, à six mètres plus loin.
Dans un réflexe, il a accroché d'une main la barre supérieure du garde-corps et maintenant il se débat, bizarrement suspendu au-dessus de l'eau, le dos au phare;
C'est ce tableau que les marins voient d'abord lorsque le bateau émerge du bouillon, puis ils voient aussitôt le deuxième gardien s'extraire du treuil en crachant comme un chat furieux, foncer vers son collègue et, sans encombre, l'aider à reprendre pied sur le phare
.../...














".../...Ces types sont dingues! Ils m'ont pratiquement installé de force sur ce putain de ballon! Moi, je voulais quitter cet endroit au plus vite et ne plus y remettre les pieds, je savais déjà que je ne ferai pas ce métier. Mais je me suis retrouvé là-haut bien malgré moi et les jours qui ont suivi ne m'ont pas réconcilié avec le phare, je peux te l'assurer! Quand Fanch m'a expliqué qu'il avait vu l'hélice du bateau passer à un mètre au-dessus de lui; tu as bien entendu: au dessus! alors qu'il était coincé dans le treuil! Quand le compresseur de brume a explosé, deux jours plus tard, alors que j'étais de quart! Si je suis vivant aujourd'hui, c'est sans doute parce que j'étais accroupi derrière l'autre groupe à faire la vidange du moteur.
Celui-ci m'a protégé des bouts de métal qui ont volé partout! Un des éclats a crevé le radiateur du groupe dont je m'occupais, tu vois le tableau? on a récupéré le radia du premier pour faire tourner le deuxième, mais pour ça il a fallu d'abord que j'aille réveiller l'autre ronchon...Tu verras, il y est toujours et il n'est pas facile à sortit du lit! Quand à sa sociabilité, tu m'en diras des nouvelles...il m'a traité de tous les noms, m'accusant de tout faire pour l'emmerder; pour un peu on se mettait sur la gueule. On ne s'est plus parlé de toute la semaine, tu parles d'une mabiance.
Moi, j'ai demandé à descendre, annonçant clairement que je démissionnais, et bien, ils ont refusé! Il n'y avait, soi-disant, personne pour me remplacer, je suis resté là-bas quinze jours!
Dès que j'ai remis les pieds à terre, j'ai trouvé ce contrat de mécano en Afrique, il tombait bien. Je suis parti en couyrant.
Et tu me dis que tu veux faire ce métier, ça te regarde mais n'attends pas que je te dise que c'est sympa...Ah ça non!"

Ainsi me parlait Paul, en juillet 1968, au retour d'une mission de cinq mois au Sénégal et à qui je venais de confier ce désir que j'avais d'aller veiller un feu sur la mer."

extraits de: "UN FEU SUR LA MER"
de Louis Cozan
-Lauréat 2011 du prix du Salon International du Livre Insulaire d'Ouessant

On en parle sur Littoral

 (citation de Victor Hugo dans le livre)



Gardien de phares: le blog des phares de mer



dimanche 16 septembre 2012

la terre sentinelle




D'une façon ou d'une autre, il est toujours là, ou pas trop loin, l'autre monde qui se paie en liquide. 

Au jeu de la marelle armoricaine, nous en étions à la dernière case,
mais pas la plus facile.
Particulièrement  tourmentée et  glissante sur les bords, 
un charme fou...
Peut-être une nature schizophrène
jouant sur  les extraordinaires possibilités du tableau?

 En tout cas,
un endroit où l'on n'est pas sensé la ramener,
sa fraise de l'Immaculée
et où ses convictions
aux grands airs
restent sagement à l'abri.
d'un galet sentinelle.






"Nous sommes nés au milieu de l'océan, c'est notre domicile, comme la terre est celui de ceux qui sont éloignés des bords de mer."
Lettre du conseil municipal d'Ouessant 1819-
cité par Françoise Péron dans "Ouessant- l'Ile sentinelle- Edition: Le Chasse Marée-Armen




"Il convenait d' être prévenu: "Attention où tu poses les pieds" 
autant pour soi d'ailleurs que pour le milieu adoptif.
Et même s'il naît pas anatife comme on voudrait parfois  bien le croire,
le pouce-pied nous montrait de son doigt préhistorique, le chemin à bon port.


Etrange et coquette poésie
granitique,
parsemée de galets à tous vents
et de moutons devenus chèvres à force de sentiment.
Un faisan du matin passait devant la maison.
Au soir, ce fut le tour d'un lapin.
La chasse s'ouvrirait le dimanche suivant, le lendemain du lâcher de moutons et à quelques jours de celui des chèvres.
Allons donc comprendre quelque chose, nous-autres!!!...

Et ce n'était qu'un  début...





" Vous venez au festival" m'avait dit comme une évidence la dame de la Penn ar Bed lorsque j'avais réservé les places sur le bateau, quelques jours auparavant. Sauf que pour moi,  ignare,le festival d'Ouessant c'était au mois d'août  et la musique c'était celle des mots insulaires. 

Ah oui d'accord... mais il fallait aussi compter avec l'autre - l'Ilophone- qui revenait avant la grande marée d'équinoxe, depuis cinq ans déjà.
Le samedi soir il y avait autant de monde à babord qu'à tribord, entre salle des fêtes et bars du dehors.
 quand Yann Tiersen local héros nous emmena dans ses rêves électroniques.
C'était l'occasion qui fit  les larrons, sans préméditation;
 mais comme nous avions prévu tellement d'autres choses,
moins accessibles en temps normal, nous quittâmes  ravis mais sans regret la fête, au creux de la nuit alors qu'un certain nombre tiraient des bords;
 "coutume" sans doute évidente par ici. Non?

Et pour la ptite histoire, d'autres que nous l'auraient de toutes façon racontée, à leur manière bien-sur.

 La maison n'était pas très loin, deux petits kilomètres après le bourg de Lampol. Il n'y avait qu'à suivre les éclats du phare du Créach pour deviner la route, par intermittence bien sur.
Demain, il faudrait tout voir.
Enfin, c'est ce que je croyais, en fermant les yeux, les oreilles plein la mer...






Photos: Valérie et Jean-Jacques

mercredi 5 septembre 2012

ohé du bateau



"Couleurs d'Aencre prend ses bottes, ses lignes, ses casiers... et file pour quelques jours en mer d'Iroise.
Aux dernières nouvelles météorologiques, on nous annonce du beau, que dis-je  ptêt même du très beau temps.
 
A bientôt
;-)
Jean-Jacques












mardi 4 septembre 2012

aucune écriture






Aucune écriture
dans les mots qui n'existent plus,
à première vue
et pas très loin également.

C'est de la même veine de couleurs
s'inventant au fur et à mesure,
des vagabondages.

Tout s'explique
comme
surtout pas.

Laisser au silence,
tenir bon.
Bonifier
afin qu'ils oxygène,
sans gène.

La parole
ma parole,
sans parole,
mais musique 
quand même.



 



lundi 3 septembre 2012

made in fourre-tout


source: Toile

Le mythe économique comme réalité illusoire


"Le capital est malade de trop d’argent. Le vol d’une partie de la force de travail s’est tellement accumulé dans le capital, au cours du temps, que la production mondiale de marchandises, plus les services qui s’y attachent, ne représentent plus que 3 % des richesses du monde. Il n’y a jamais eu dans l’histoire du monde, autant de richesses accumulées par un aussi petit nombre d’individus, que depuis l’invention spectaculaire de la crise.
.../...

                                                   source:G.R.



à suivre sur Global Relay


                                                   %%%%%%°°°°°°°°%%%%%%


     source: Toile


 proposé par Serge:

Petites histoires du mot « con » par Marcel Zang écrivain-

 "De la connasse au vieux con et au néo con, de la cour de récré au palais de l’Elysée, en passant par la rue, les livres, les forums et le bistro du coin, je n’ai cessé d’entendre parler du « con ». Sans trop savoir au fond ce que ça voulait dire. Finalement, je me suis penché sur la question.

 Ce n’est pas tant le sexe qui pose problème, et de tout temps, que le « con » (n. m. XIIIe. Lat. cunnus ; vulg. sexe de la femme), qui n’a pas toujours désigné l’organe sexuel féminin, comme pourrait le laisser supposer son acception actuelle.

 Les langues sont porteuses d’histoire et reflètent dans leur reconstruction génétique la psychologie profonde de l’homme ; et certains mots, des mots-puissance, à forte charge émotive et symbolique, agissent comme des marqueurs, des traceurs linguistiques, qui, traversant irréductiblement les âges, les peuples et les civilisations, viennent par alluvions échouer au cœur de nos vies, pareils à ces fossiles nappés de mousse, puis nous parlent et nous disent un morceau de l’histoire de l’homme. Il en est ainsi du « con ». ../.."

à suivre sur Rue 89/Le nouvel Observateur

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                           Source: Agoravox.fr

 

"Un peu plus tôt cette semaine, une publicité de la banque Société Générale m’a fait bondir intérieurement. Il faut dire que ç’aurait été un peu idiot de bondir pour de vrai alors que j’étais seul dans mon logement. La publicité, télévisée, met en scène un trio de minettes qui viennent visiblement de réussir au baccalauréat. Toutes les trois… ben oui, c’est une pub ; ils vont pas y mettre une cloche qui échoue ! « Visiblement » parce qu’on les voit devant un panneau d’affichage, dans une ambiance typique de résultats du bac. Ne m’en demandez pas plus, c’est une pub.
Passé l’instant d’euphorie – très court, l’instant… je rappelle que c’est une pub au cas où ce ne serait pas encore intégré – l’une des minettes fait un peu la gueule et les deux autres de la rassurer dans une attitude très moderne, l’air de dire « T’inquiète pas, tout se passera bien. »
Ayant la flemme de sortir mon magnétophone pour enregistrer la pub en question d’autant que cette dernière ne mérite pas un tel tracas, je raconte très mal l’histoire. Je suis sur que la SocGen ne m’en voudra pas, du moins, pas en raison de mes talents de conteur. Pour ceux d’entre vous qui, comme moi, n’ont pas encore eu l’intelligence de bazarder leur téléviseur, vous la verrez nécessairement. Pour les autres, vous n’avez rien raté. Mais il y a des raisons d’être inquiet. Et c’est parce que je le suis que je me fends de quelques mots sur une banque somme toute banale.
Dans le « Tout se passera bien. », il faut comprendre « La Société Générale pourvoira » (notez la paraphrase, toute intentionnelle, un brin religieuse). Et effectivement, la pub de quelques secondes se termine par un message incroyablement rassurant qui dit clairement que la Société Générale et Oséo s’associent pour offrir aux jeunes bacheliers des « prêts étudiants ». Oséo, la banque des PME. Son site web annonce : « financement de l’innovation et de la croissance des PME ». Euh, un jeune, c’est une PME ? C’est la bouteille à encre, cette histoire.
Quand j’ai vu et entendu « prêts étudiants », mon sang n’a fait qu’un tour. Mon cerveau s’est mis en branle pour assimiler le concept, mon estomac a protesté à l’évocation du modèle américain, mon hippocampe – peu importe lequel – m’a ressorti les souvenirs de mes petits boulots à Nantes. Je vous fais grâce du reste de mes réactions physiologiques et je dirai simplement que j’ai été… interpellé, pour faire dans l’euphémisme. Plonge, livraison de Ouest France aux abonnés, agent d’accueil dans les parkings de Nantes, etc., j’ai eu des petits boulots comme tant d’étudiants, avant que la bourse de thèse et la charge de monitorat ne me procurent un peu d’air pour respirer sur le plan matériel. J’aurais même pu devenir videur mais je ne devais pas avoir la bonne quantité de muscles à l’époque. Videur, pas violeur.
Je suis choqué non pas par l’existence des prêts étudiants, mais par le fait que cela devienne suffisamment “mainstream” pour faire l’objet d’une pub télévisée. Ce que je sais du coût des écrans de publicité me pousse à m’interroger. Oui, la situation économique est grave mais est-ce auprès des bacheliers qu’il faut aller chercher une certaine rentabilité ? Est-ce là le nouveau « relais de croissance » que le marché mâture des banques a trouvé ?
Bis repetita, je suis tombé ce jour sur une pub de LCL dans la même veine. Même cible et même produit : les jeunes à l’orée des études supérieures et des prêts étudiants. Cela m’a décidé à écrire ceci.
Il y a un an et quelques mois, je travaillais encore chez (pas “pour”) PSA à Sochaux, quinze kilomètres au sud. Je touchais environ 2290 euros nets mensuels. Je ne sais pas ce que cela m’aurait permis d’acheter comme bien immobilier mais probablement même pas le logement social dans lequel j’ai depuis emménagé, surtout en tenant compte du prêt pour mon véhicule. Entre parenthèses, je trouve l’immobilier horriblement cher en France et je trouve qu’il faut être incorrigiblement optimiste ou confiant (je ne suis ni l’un ni l’autre) pour « acheter ».
Comme mon ancien collègue et maintenant ami avec qui je travaillais en équipe chez PSA, j’attends la prochaine révolution française. Lui et moi avons eu quelques discussions où on s’est rendu compte qu’on se posait la même question : « quand est-ce que ça pète ? ». Car, soyons sérieux, le niveau de salaire qui permettait il y a trente ans de s’acheter un logement décent vous permet aujourd’hui de ne pas vous faire jeter de chez le concessionnaire Dacia (j’exagère à peine). D’ailleurs, mon acolyte m’a donné son exemple qui tue : sa grand-mère, simple ouvrière à l’époque, dispose à Paris d’un logement acheté par les deniers conjugaux et dont la valeur est maintenant telle – par la force des choses – que lui, cadre dans l’informatique ne pourrait jamais s’offrir cette maison même avec deux épouses ayant le même niveau de salaire que lui. Attention, je ne dis pas qu’il a deux épouses, hein !
Après la charge du système de retraite qu’il faut porter, après l’immobilier (dont les prix me donnent le tournis, je ne sais pas ce qu’il en est de vous) souvent devenu inaccessible aux primoaccédants, après le poids de la dette publique (vous rêviez-vous endetté à 90,6% ? Non ? Trop tard !), il faut maintenant que les jeunes soient entravés dès avant le début de leur vie professionnelle ? Parce que continuer de payer les traites de son emprunt immobilier alors qu’on est déjà à la retraite (si on n’est pas mort avant, vu le recul du fameux âge de la retraite), ce n’est pas assez noir comme perspective ? Je me demande où on va ainsi. Mais surtout, « quand est-ce que ça pète ? »
Car, cette même semaine où la Société Générale lançait (je suis un téléspectateur assez assidu même si, pissant habituellement du code devant la TV, je ne suis pas le plus attentif) sa pub, j’ai lu ceci. Une vie à crédit. Sur tous les plans (de nouveau, j’exagère à peine). Est-ce ça qui est prévu pour les djeuns ? Y a-t-il même quelque chose de prévu pour eux ?
Quand est-ce que les jeunes se décident à tout faire péter ? Vraiment. Je veux dire « réagir », « ruer dans les brancards », faire quelque chose même si ce n’est que protester à l’image du Printemps Érable.
PS : la pub SocGen est dispo sur YouTube… Esprit djeun’s, quand tu nous prends. En même temps, le score “J’aime”/”Je n’aime pas” fait rouge mine. Comme d’hab’ sur YouTube, l’altitude de croisière des commentaires défie celle des têtes de lecture des disques durs."
Amenel Voglozin
Source: http://www.agoravox.fr
publié par les poètes indignés

                                                   source:Toile





 

                         Source: Toile


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                                source: Toile


"N'ayez pas peur, il ne viendra plus,
il est trop tard pour son arrivée.
Et puis, rien n'est prêt et son chahut
dérangerait votre vie privée;

N'ayez pas peur, il ne viendra guère,
il est au diable, il est quelque part,
très loin d'ici sur des rocs lunaires
et s'il venait, ce serait trop tard;

non, le bonheur sait qu'on n'aime pas
son calme regard insupportable;
N'ayez pas peur, il fait les cent pas
et vous pouvez bien vous mettre à table."
-Norge-
"Le bonheur"




                                                 source: Toile


"Voyageur altéré, d'une eau vive je rêve,  et n'ai plus soif lorsque j'arrive au bord du puits;

 j'ai faim et j'ai sommeil, et jamais je n'achève ni le pain qu'on me sert, ni mes rapides nuits;

Printemps, n'êtes vous beaux qu'au déclin des automnes?

Pour croire au Paradis, faut-il  qu'il soit perdu?

Heureux qui peut goûter les bonheurs monotones et l'insipide fruit qui n'est pas défendu!..."

-Léo Larguier- "Voyageur altéré"

 Bulles de mer

 

 

 

dimanche 2 septembre 2012

festival tribus d'ailleurs


"Fort du succès de sa première édition, dédiée aux cultures Africaines,
TRIBUS D’AILLEURS 2012
s’envole vers le continent latino-américain pour un extraordinaire voyage culturel et festif !!"
 source: site du festival 






plus d'infos par ici même



















samedi 1 septembre 2012

d'où vient le vent?



Dans mes contreforts intérieurs, c'est comme cela que ça fonctionne.
Dès que la fin du mois est out -vous pouvez remettre dans l'ordre si vous voulez-
il se passe comme un truc indéfinissable dans l'air du temps qui fait que je me retrouve en culotte courte quelques années en arrière (au moins ça...) pas très loin de la marée d'équinoxe, à compter les jours qui me rapprochent inexorablement du couperet de la rentrée des classes. 

Alors bien zur aujourd'hui, j'ai quitté l'école (et pas encore embrayé sur l'université du troisième âge) mais toujours en cette saison, je me ramasse plein les naseaux d'un parfum de saison qui l'espace d'un instant (après je me fous des claques pour me réveiller du cauchemar) me terrorise tout comme à l'époque de l'enfance et des retrouvailles prochaines  avec les frères de Ploërmel d'une institution locale, mélange subtil de sadiques, fachos et pour certains tripoteurs de ptits  garçons...Les seuls sympas ayant défroqué...

Cool Robert. Réveille-toi. C'est bien fini tout ça, me disais-je dans mon roquefort intérieur et puis aujourd'hui y-a plus que des civils dans les écoles religieuses (de chez nous), et de toute façon les méchants dont tu causes z'ont dû depuis le temps sucrer les fraises   le lisier... Alors, faudrait ptêt voir à relativiser et envoyer tes angoisses à la déchetterie la plus proche pour recyclage immédiat.

Ben oui, t'as raison mais tu sens pas quand même... cette drôle d'odeur.?
Pfffff!! moi tout ce que je hume dans le bourg , c'est la pissaladière à Lulu en train de gonfler gentiment dans le four et j'aime autant te dire que ça n'a rien à voir avec l'eau bénite ouioui...












illustrations avec l'aimable (et involontaire) complicité de Serge




vendredi 31 août 2012

un coeur portuaire



"(...
J'ai débarqué une première fois de la vie sans que quiconque s'en aperçoive .
Sur les raisons, prélude à cette situation impromptue, nul besoin de s'étendre. 
Une seule question valait d'être posée: qu'avais-je seulement vu, à ce moment-là,
qui ne s'était pas révélé à mes yeux? Sachant que l'émotion emporte souvent dans son tournis la part aveugle de l'image, au final la plus importante.
Je raconterai donc: le jour se levait par la fenêtre est de la maison quand les deux hommes en civil ont pénétré chez nous, le visage trop grave pour ne pas trahir leur malaise, presque en état de faute lorsqu'ils ont, après un bref échange, passé les menottes à mon père. Je n'avais rien entendu de ce qu'ils s'étaient dit. en repartant, ils avaient pris soin de le pousser devant eux. Je me souviens des restes d'un vent de noroit s'engouffrant dans le vestibule, qui avait obligé ma mère à vite refermer la porte. Du seuil de ma chambre, j'avais suivi l'action sans un battement de coeur, sans dérobade physique, rien sur quoi mettre un mot, une larme. Longtemps après, je m'étais fait la réflexion que le désarroi devait ressembler à une absence de cette sorte.
L'unique manifestation vitale, palpable, d'une intensité quasi physique, avait été la présence de la lumière du matin avec son curieux mélange d'énergie et d'épuisement. C'est elle qui en définitive, avait déclenché l'émotion. Je n'avais su si j'allais me perdre dans son éclat mais l'idée d'une sorte d'aboutissement, de fin de parcours -alors que j'avais l'âge du contraire-, s'imposa.

A peine avais-je éprouvé une sorte de glissade intime, donnant l'impression de traverser le flot de lumière sans que mes yeux ne s'obscurcissent une seule seconde.
Le passage accompli, je m'étais réveillé doué d'égarement. Une partie de moi laissée dans une existence précédente dont je n'avais pas une conscience suffisamment aiguë pour qu'elle se transforme en mémoire franche. Peut-être me restait-il du corps héroïque de mon père la violence issue d'une guerre mondiale passée dans les maquis. De ma mère, un regard d'automne déjà enclin à la Pensée. Et par-ci par-là, quelques airs dur un tourne-disque : des musiques militaires et des cha-cha-cha d'époque. Déjà, rien qui n'allait avec rien. Il n'y eut, d'un coup, plus de promesse d'origine, de parole certaine de son fait, redevable d'un territoire affectif. Avait-il vraiment existé d'ailleurs? Peu importait, puisque le délit obscur- ainsi fut-il vécu- me libéra de toutes sortes de lien: de l'obéissance, d'une certaine inquiétude à regagner chaque soir la maison, d'une geste masculine à endosser, de l'apprentissage d'une langue difficile, déjà, à installer dans des phrases. Inculpé par filiation, je découvris la rumeur et la mise à l'index, sans les mots pour me défendre.
Il convint alors d'entrer en nudité et la lumière de ce matin-là, si côtière, si métallique, fit son travail. Ainsi ma vie - et je n'en étais qu'au début - allaiut-elle dorénavant se jouer dans une géographie ténue, un état portuaire de l'ordre de la suspension que je me devais d'occuper, à charge d'inventaire.
Une chose était d'ores et déjà certaine: mes prochains s'annonçaient
...)"

-extrait de: "Un coeur portuaire" de Jean-Luc Marty éditions Julliard-


source: Toile


"Inclassable ! Mais pourquoi faudrait-il tout classer ? Ne relevant ni du reportage ni du récit de voyage, la métaphysique de Jean-Luc Marty s’avoue « foraine ». Il rôde sur un fil dont lui seul connaît les multiples points de rupture, l’exacte tension. « Ce qu’il aime et ce qui l’envoûte, écrit Gilles Lapouge dans sa préface, ce sont les navires marchands fatigués et remplis à ras bord de mémoires. » De fait… Du vent, des vagues, du ciel, de l’horizon ; le bleu piqué d’un bois de chalutier, l’eau stagnante d’un khlong de Bangkok ; des tempêtes açoriennes et des plages andalouses ; les descentes de Santiago de Cuba ; le tremblé du monde, son temps fragile ; le son obscur du tambour, les sirènes policières, le sifflement des balles aux Orients… Au carrefour de lointains réunis par la grâce de corps et d’esprits divers, Marty tente de deviner « la tripe du paysage ». Une esquisse d’autobiographie poétique, « et tout cela aux heures portuaires lorsque les équipages descendent les échelles de coupée, insensibles au rassemblement des chats »."
Maurice Lemoine 
source: Le Monde  diplomatique-


 source: Toile




on en cause  également sur France Culture 

ou encore  chez le Black Bazar