mercredi 9 mai 2012

bloum bloum tralala


....l'Enarchie vaincra?



Surtout ne pas perdre le nord car:
Et si un certain exemple venait du froid?




L’Islande est notre Utopie moderne

"En rejetant par référendum le sauvetage de leurs banques et le remboursement de la dette extérieure du pays, les Islandais ont montré qu’il est possible d’échapper aux lois du capitalisme et de prendre son destin en main, se réjouit un historien espagnol. "

"Comme l’écrivait Oscar Wilde, une carte sans l’île d’Utopie n’est pas digne d’un regard. Or l’Islande est passée du statut d’enfant chéri du capitalisme tardif à un projet de démocratie réelle, ce qui laisse à penser qu’une carte sans Utopie est non seulement indigne de notre regard, mais qu’en outre elle est mensongère. Le phare d’Utopie, que les marchés le veuillent ou non, à commencé à émettre des signaux d’alerte ténus vers le reste de l’Europe.
L’Islande n’est pas Utopie. On le sait, des royaumes de liberté n’ont pas leur place dans cet empire de la nécessité qu’est le capitalisme tardif. Mais l’Islande est la preuve que le capital ne détient pas toute la vérité sur ce monde, quand bien même il aspire à contrôler toutes les cartes dont on dispose à son sujet.
Par sa décision de freiner la roue tragique des marchés, l’Islande crée un précédent qui peut menacer de casser les reins du capitalisme tardif. Pour l’instant, cette petite île, qui est en train de faire ce qu’on croyait impossible parce qu’irréel, n’est toujours pas plongée dans le chaos, semble-t-il, même si peu d’informations arrivent à filtrer. En effet, nous ne savons presque rien de l’Islande, alors qu’on nous abreuve d’informations sur la Grèce et ses prêts.

L'Islande n'intéresse pas les médias

Pourquoi l’Islande intéresse-t-elle si peu les médias, pourtant censés nous raconter ce qui se passe dans le monde ? Jusqu’à présent, définir ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, ce qu’on peut penser et ne pas penser, faire et ne pas faire, était l’apanage du pouvoir. Les cartes cognitives servant à la connaissance de notre monde ont toujours comporté des espaces occultes où réside la barbarie dont se nourrit la domination des élites. L’existence de ces zones aveugles du monde va de pair avec l’élimination de l’adversaire, l’île d’Utopie. Il suffit de relire Walter Benjamin : tout document de culture est en même temps un document de barbarie.
Ce sont ces élites, secondées par des théologiens et des économistes, qui définissent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Dans le même mouvement, elles indiquent ce qui est réaliste, suivant leur définition de la réalité, et ce qui ne l’est pas – ce qui donc constitue une aberration de la pensée et ne mérite pas qu’on s’y attarde. Autrement dit, ce qu’il faut faire et penser, et ce qu’il ne faut pas faire et ne pas penser. Cette définition est toujours en accord avec ce qui constitue le fondement même du pouvoir et de sa violence : le terrible concept de nécessité. Il faut faire des sacrifices, nous dit-on d’un air accablé. L’ajustement ou la catastrophe inimaginable relèvent de la nécessité. Une chose est sûre, la logique du capitalisme tardif a quelque chose de perversement hégélien : tout ce qui est réel est nécessairement rationnel, et vice-versa.

La rebellion pacifique des Islandais

En janvier 2009, le peuple islandais s’est rebellé contre l’arbitraire de cette logique. De grandes manifestations pacifiques ont provoqué la chute du cabinet conservateur de Geir Haarde. La gauche, minoritaire au parlement, est revenue au pouvoir et a appelé à des élections en avril 2009. L’Alliance social-démocrate de la Première ministre, Jóhanna Sigurðardóttir, et le Mouvement gauche-vert, ont renouvelé leur coalition gouvernementale en remportant la majorité absolue.
A l’automne 2009, suite à un référendum d’initiative populaire, l’Islande a confié à des assemblées citoyennes la rédaction d’une nouvelle constitution. En 2010, le gouvernement a proposé la création d’un conseil national constituant, dont les membres devraient être élus au hasard. Deux référendums (le deuxième en avril 2011) ont refusé le sauvetage des banques et le remboursement de la dette extérieure. Et en septembre 2011, l’ancien Premier ministre, Geeir Haarde, était poursuivi en justice pour sa responsabilité face à la crise.
S’imaginer que le monde est une tragédie grecque, où la roue du destin ou du capital tourne sans tenir compte du facteur humain, c’est nier la réalité. C’est oublier que cette roue est manœuvrée par des êtres humains. Tout ce que l’on peut concevoir comme possible est aussi réel que la réalité à laquelle les marchés veulent nous faire croire. En retrouvant l’imagination et l’art du possible, l’Islande nous montre que ces facultés sont aussi réelles que la nécessité pantagruélique du capitalisme. Nous n’avons qu’à répondre à cet appel pour découvrir le piège qu’on nous tend. Il n’y a pas d’alternative, nous assure-t-on. Ceux qui nous annoncent des sacrifices ont-ils seulement pris la peine de réviser leur carte du monde ?

La possibilité d'une différence

L’Islande démontre que notre cartographie est plus complexe que qu’on nous en dit. Qu’il est possible de dominer le réel, et que dans cette domination réside le principe de liberté, de nécessité. L’Islande n’est pourtant pas un modèle. Elle est l’une des possibilités de la différence. La tentative du peuple islandais de construire l’avenir de ses décisions et de son imagination nous montre la réalité d’une alternative.
Car enfin, la possibilité de la différence telle qu’elle est proclamée par le plus grand nombre est aussi réelle que la nécessité du même telle que l’exige le capital. Les Islandais ont décidé d’empêcher que l’avenir soit dicté par la roue tragique de la nécessité. Les autres pays vont-ils encore tolérer que le réel soit défini par le capital ? Allons-nous continuer à confier l’avenir, le possible et l’imagination aux banques, aux grands groupes et à ces gouvernements qui disent faire tout ce qu’il est vraiment possible de faire ?
Toute carte de l’Europe devrait avoir l’Islande comme point de fuite. Cette carte doit se construire avec la certitude que le possible est inscrit dans le réel, au même titre que la nécessité. La nécessité n’est pas seulement une possibilité en plus à l’intérieur du réel. L’alternative existe. L’Islande nous l’a rappelé en proclamant que l’imagination faisait partie de la raison. C’est à la multitude qu’il appartient de définir ce qui est réel et réaliste, en utilisant la possibilité de la différence. De cette manière, nous ne nous contenterons pas de consoler les rêveurs. Au contraire, nous nous appuierons sur une partie de la réalité que la carte du capital voudrait totalement effacer. L’existence d’Utopie en dépend, et avec elle le concept même d’une vie digne d’être vécue." Miguel Sanz lorono (traduction: olivier Ragasol)
source: PRESSEUROP











les mots pour le dire:

".../....Il ne suffira donc pas de diminuer les émoluments du nouveau président de la République, ce qui est  pourtant souhaitable, ni de réduire le parc automobile des ministères, ce qui est nécessaire. il ne sera pas non plus suffisant d'interdire le cumul des mandats pour les ministres, ce qui sera pourtant bienvenu. il faudra bien davantage.
On en a causé, mais il faudra se résoudre à aller au-delà, que les ministres, les élus redeviennent des serviteurs de l'Etat, et donc du bien public. Il faudra se montrer drastique, spartiate, quasi monacal. Et qu'on ne sourie pas d'un air blasé. il y va de l'essentiel, de ce renversement des valeurs qui permettraient un retour aux fondamentaux de la République. On nous a trop pourri la tête avec la toute-puissance du fric. L'argent roi. L'étalon-or devenu la seule mesure de toute chose, de l'intelligence, de l'action, des responsabilités.
Renverser le veau d'or qu'on a désormais en nous ne sera pas chose aisée, surtout lorsqu'on se souvient à quel point les socialistes eux-mêmes ont pu être gangrénés, infectés par la cupidité. Ce poison n'est pas que de droite et a contaminé la gauche partout où elle a pris le pouvoir. François Hollande n'a pas été forcément le plus vigilant au sein même de son parti, comme du cercle d'amis, sur ces questions délicates. C'est le goût du lucre, l'esprit de profit qui, aussi, a perverti la social-démocratie jusqu'à la faire tomber dans la complaisance vénale envers le néolibéralisme financier et ses appeaux miroitants. Cette puissance sans limites que François Hollande décrivait comme son "adversaire sans visage" s'est souvent insinuée jusque dans les coeurs de ceux qui sont censés la combattre, et il faudra donner au plus vite des garanties de ne pas être pervertis par elle? Comment ne pas être inquiet quand on a été instruit par le passé de toutes les concessions, qu'on a devant soi une équipe dont une des forces principales peut se révéler une des faiblesses premières: ils sortent tous du même moule ou presque. La Hollandie, c'est en grande partie l'énarchie!
Le chef en personne, mais la plupart de ses ami(e)s, de ses compagnons d'aventure, des dirigeants du PS, sont passés par cette fabrique des élites.../...leur formation comme leur fréquentation en font une élite qui a une fâcheuse tendance à se refermer sur ses certitudes mondialisées, sur son petit monde des quartiers aisés et sur un convenable minimalisme réformiste. ça n'empêche ni l'humour, ni l'amabilité, ce qui déjà peut changer, mais leur ligne de pente est quand même traditionnellement l'acceptation de l'ordre établi comme seul ordre possible. Un ordre à réguler peut-être -ils sont socialistes- mais point à bouleverser. De gauche comme de droite, ils se spnt souvent succédé en ignorant tout aussi bien l'aggravation des fractures inégalitaires françaises et mondiales que l'échec radical du néolibéralisme.
.../...
La haute estime que l'énarchie de gauche a de sa compétence renforcée, de sa bonne conscience toute ne morgue, n'a pas été pour rien dans son abandon des classes populaires. en particulier sous Lionnel Jospin, énarque lui aussi, et qui, de surcroît, avait si longtemps appartenu à ce cercle étroit de la haute intelligence trotskiste qui s'imaginait avoir tout saisi  des rapports de force et de leur manipulation.
Il faudra, ainsi qu'il s'y est engagé, que François Hollande fasse preuve d'ouverture. Qu'il consacre et engage ce dialogue avec des corps intermédiaires traumatisés, dévitalisés par des années d'échanges infructueux avec un pouvoir hostile.../...
La plus haute autorité de la République et ses ministres ont l'estrade de leurs perrons ainsi que les miroirs des parquets cirés de leurs salons pour rehausser ces dignités foulées aux pieds. Si les seigneurs de la politique veulent pacifier la société et l'entraîner collectivement à surmonter ses déficits structurels qui ne sont pas que financiers, s'ils veulent retrouver l'origine et la force de la solidarité du vivre-ensemble, il leur faudra bien sacrifier leur arrogance conceptuelle comme sociale et redécouvrir les vertus de la confrontation démocratique de base. On se fait des illusions? Peut-être. il en faut.Mais au moin la gauche aura été avertie qu'il est des digues à ériger, très vite, et d'abord contre elle-même, contre sa propension à tout diriger. L'Etat PS, avec quasiment toutes les régions et l'écrasante majorité des départements, le Sénat, et peut-e^tre demain l'Assemblée nationale ce ne serait guère mieux que l'Etat Sarkozy!
L'omniprésence, qui fait tout et qui est responsable de rien, on sort d'en prendre.../..."
Nicolas Domenach

l'article  de Nicolas Domenach  est à lire en entier dans le numéro 785-786  (numéro spécial) de l'Hebdomadaire Marianne






Les photos  de la danseuse drôlement bien  remontée sont de Johann






mardi 8 mai 2012

toi de chôme







Et pendant ce temps là






Lu dans la presse du jour:

Grève de la faim : demain, un mois...




"En grève de la faim à Nantes depuis le 11 avril, le militant anti-aéroport Michel Tarin poursuit son mouvement.
Mercredi, cela fera un mois, jour pour jour. Affaibli, en grève de la faim depuis le 11 avril, Michel Tarin continue son action pour le gel des expropriations à Notre-Dame-des-Landes. Ce paysan anti-aéroport est le fer de lance d'un mouvement auquel participent encore quatre autres grévistes. Certains ont déjà coché 13 jours sur le calendrier. Déjà très malade, le dernier arrivé, Robert Chiron, a dû arrêter. Hier, il a interpellé les responsables politiques locaux. « Quelle tristesse de penser que, des deux côtés, presque tout le monde appartient à la même grande famille de la gauche et a voté dimanche François Hollande ! »Les grévistes, dont plusieurs ne cachent pas leur satisfaction après l'élection de François Hollande, lancent à celui-ci un appel au « dialogue ». Ils demandent que se concrétisent ses déclarations de la semaine dernière. Le pas, effectué vendredi par les élus Jacques Auxiette, Philippe Grosvalet et Jean-Marc Ayrault, est jugé insuffisant. « La réponse n'est pas à la hauteur des déclarations de François Hollande », estime l'ancien conseiller général Gilles Denigot.
Car la machine des expropriations avance. « Une nouvelle audience est prévue le 20 juin et le président du tribunal va intensifier les déplacements sur le terrain », annonce Julien Durand, porte-parole des opposants à l'aéroport. Alors, « la pression sur les politiques et le PS va continuer. Désormais élus et État ne peuvent plus se renvoyer la balle. S'il n'y a pas dialogue, personne ne sera tranquille dans les circonscriptions lors de la campagne des législatives. Nous voulons l'arrêt des expropriations tant que ne seront pas épuisés les recours contre le projet. »
Les recours aujourd'hui engagés devant le Conseil d'État et la Cour de cassation devraient prendre « entre 18 et 24 mois », estime Dorian Piette, conseil juridique des opposants à l'aéroport".
Marc LE DUC. sur Maville.com









au menu des Belles Rencontres 



                                                        //////////§§§§§§§§§§//////////




jusqu'au 13 mai



 LE site du Festival







Bande Annonce "Monde d'avant, monde d'après" par trescourt







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Poet motorisé par Fulup:



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Matière  à réfléchir, en amusant la galerie?

 "Toi qui n'en peux plus qui baille
Qui voudrais dire bye bye
T'as l'bonjour d'Albert, le gros Bébert
Toi qu'as pas rigolé depuis les Pieds Nickelés
T'as l'bonjour d'Albert, le gros Bébert
 .../...
-Carlos-(Non  pas lui, l'autre)













"La possession de merveilleux moyens de production n'a pas apporté la liberté mais le souci et la famine"
-A.E.-



" Le culte de la personnalité reste à mes yeux toujours injustifié."
-A.E.-



 "L'enseignement devrait être ainsi: celui qui le reçoit le recueille comme un don inestimable mais jamais comme une contrainte pénible."
A.E.








"La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance."
A.E.







" Le nationalisme est une maladie infantile, c'est la rougeole de l'humanité."
 A.E.



 "Soit A un succès dans la vie. Alors A= X+Y+Z, où X=travailler, Y= s'amuser, Z se taire."
A.E.


 "Il ne faut pas faire de l'intelligence un dieu, car si celle-ci est douée de muscles puissants, elle ne possède pas de personnalité."
A.E.






" Inventer, c'est penser à côté."
Albert .Einstein.

illustrations source: Toile





lundi 7 mai 2012

un jour de grande marée






















Ce qu'il y a de pratique avec les grandes marées, c'est qu'on peut leur faire dire à peu-près n'importe quoi.
Par exemple: 
Elles m'ont toujours portées chance.
ou encore:
 A chaque fois, c'est la poisse.
Bref, tout le monde s'y retrouve et c'est bien cela le principal.

Pour les marées humaines c'est pareil. Portées par un élan viril de rapprochement inhabituel, elles peuvent parfois surprendre, pour ne pas dire décontenancer, voir même faire peur.
On peut aussi envisager d'y roder  son enthousiasme et de le mettre en interface (pour causer mou) avec celui de ses coreligionnaires (mais sans la légion, faut pas pousser non plus).

Lui, le pécheur du 7 mai, il envisage la grande marée sous ses aspects  foncièrement liquides.  C'est une rencontre quasi ritualisée entre trois protagonistes que sont la canne à pêche, le rocher plus ou moins glissant et la partie coulante de l'histoire, qui a, il faut le dire et en toute humidité , le meilleur rôle de la pièce...d'eau.


Un moment, j'ai trouvé que les sirènes des voitures de police ne sirénaient plus pareil, et alors j'ai demandé: Vous n'avez pas l'impression que  même les sirènes des flics ont changé?  J'ai bien cru lire dans les regards posés sur moi, un peu de perplex pas très excitée.Faut dire qu' il était déjà près de deux heures. Le vent s'était levé depuis un moment et je profitais ainsi de la brise pour me rentrer en cabotage. De toute façon Lénine l'avait bien reconnu , en vacances à Pornic en 1910: Il ne faut pas confondre les grandes marées du printemps avec le grand soir d'été.












Les félicitations de la Chine au nouveau président:












samedi 5 mai 2012

mots croisés








"La plupart des couples adorent se raconter des histoires, penser que leur rencontre revêt un caractère exceptionnel, et ces innombrables unions qui se forment dans la banalité la plus totale sont souvent enrichies de détails offrant, tout de même, une petite extase. Finalement, on cherche l'exégèse en toute chose."
-David Foenkinos-"La délicatesse-




"Le" docteur hurle dans mon oreille.
-L'hôpital va couler. Il n'est pas de taille pour résister à cette tempête.
Capitaine de tous les bateaux de la mer. Foutue tempête.
Le capitaine de tous les bateaux de la mer ne croie plus en lui. Il pisse dans une sonde. Avec des tuyaux partout. Le docteur dit que le ,gaillard veut encore de la vie.
-Capitaine, il faut aller à la barre. Nous allons couler avec ces milliers de lits, de corps déglingués,.
d'esprits absents.
Mama Africa garde son calme . Elle protège les gamelles, statue noire.
-Le grand store bat contre la fenêtre de la cabine du capitaine. Aucune sirène. Que de la barbaque de maudit.
-L'hôpital prend l'eau par l'avant! crie le docteur en se prenant le pouls.
-ça y est, j'ai le coeur comme le vôtre. Il bat. Je veux aller au bout du monde.






Il n'y a jamais de bout au monde. C'est ça l'espérance. Vallée après vallée. Grand Singe dessine d'arbre en arbre la folle liberté. Je vole dans sa lumière. Délivrer, lui de sa cage, moi de ma disgrâce.
.../..."

-Richard Bohringer- "Traîne pas trop sous la pluie."






"Il suffit de respirer pour que le temps passe
"
-David Foenkinos-










-illustrations sur:Toile-

vendredi 4 mai 2012

une fois que


















source


Une fois sorti de l'isoloir
Une fois que le psycho. sur talonnettes  et son porte-manteau  soo chic et folâtre seront  retournés dans le monde d'où  ils venaient, celui où l'on se gratte la Bourse du bout de l'ongle manucuré.
Une fois que tous les cravatés assurément fermentés auront dépassé la date limite d'exposition,
 au risque de dégouliner sous les flashs de la mise en boite  haute définition.
Une fois le jour du repassage des pouvoirs accompli sans un pli.
Une bonne fois pour toute: Pendant les travaux, la spécule continue
Une fois pour rire, pour voir, à gratter chez les joueurs.
Une autre fois dans l'ouest, le local de l'étape.
Une fois que le Oui mais sonnera la victoire  du consens'use que si l'on s'en sert.
Une fois que les matraques de Göche auront remplacé celles de  Drôate.
Une fois tous les cinq  ans et vlan dans ta pomme Adam et sa l'Eve gercée.
Une fois n'est pas coutume, mais tradition oblige.
Une fois que l'on se rappellera que le monde existe en dehors de son altesse Lutèce Borgia
Une fois que la bête immonde relookée en Marine louise Michel  aura digéré son hors-d'oeuvre avarié en attendant, les babines retroussées,  le faisandé du troisième plat chez les grands
Une fois que le rose qui détache aura fini de se décolorer sous son strict  minimum vieillesse et allocation de rentrée scolaire. Faites un geste pour vos pauvres, le FMI vous le rendra.
Une fois que les Barons décentralisés auront rejoint le cimetière des Eléphants
Une fois que la Corrèze aura récolté toutes ses pommes. Mais y'a pas que ça.
Une fois à la  queue comme tout le monde.
...
Des fois que,
 il nous reste cinq minutes...















"Nous ne voulons pas mourir dans les décombres du néolibéralisme !" à suivre















 Photos premier mai 2012-source: Toile




RASSEMBLEMENT
ANTI NUCLEAIRE
DIMANCHE 13 MAI A PARTIR DE 11 H 00
Site du Carnet (44)
(boulevard des illusions, au pied de l'éolienne)
Chaine humaine de la victoire, témoignages de la lutte à l'occasion des 15 ans du rassemblement contre la centrale du Carnet, pique nique, balade sur les lieux historiques du combat.







jeudi 3 mai 2012

enivrez- vous



"Finalement
je ne m'adosserai à aucune pensée
Finalement
je ne m'adosserai à aucune religion
Finalement
je ne m'adosserai à aucun savoir
Finalement je ne m'adosserai à aucun pouvoir.

Vivre longtemps m'a appris au plus profond du coeur
à ne croire qu'en ce que je vois et entends moi-même
à ne me tenir que sur mes propres jambes
face à l'adversité
Si je devais m'adosser à quelque chose
ce serait seulement à un dossier de siège."

-"Je ne m'adosserai à rien"- Noriko Ibaragi-
(traduction: Camille Loivier)












"Tu avais la mer à tes yeux
de l'horizon au sable du bord,
tous tes jours à ses cheveux emmêlés,
à ses os, à sa peau...
Peut-être une jument de Camargue
t'avait-elle emporté parmi les herbes hautes...
Peut-être avait-elle remué quelque chose
dans cette terre de ta chair,
dans cette foret de ton coeur,
quelque chose qui avait bouillonné en toi
sombre, ô garçon...
La saison en riait
comme rient les fleurs,
à blancs flocons,
neige légère...
Les portes alors s'ouvraient grandes,
toute rose était caresse sous tes pieds...
.../..."
-extrait de "Doute"-Ghjacumu Fusina-
traduction: Denis Montebello-





"Dans le petit port de Gioia Del Col, un village d’Italie qui tire ses charmes des Pouilles ; je n’aurais cru , un jour devenir la sirène du marin pêcheur. Et pourtant, Il est là mon marin…
Le teint mat des hommes brûlés par le soleil, les mains tannées de celui qui tire pour remorquer son filet, c’est lui le marin des pouilles qui me dépouille jour après jour.

Je ne connais ni ta voix, ni ton regard tu es tellement absorbé par une Mer capricieuse que lorsque tu me regardes, tu ne me vois pas. Je voudrais tant être ton Adriatique…mais je suis femme même pas une mère agitée sur laquelle tu conduis ton petit navire. Il porte un drôle de nom ton bateau, le Sinagot. Et pourtant, je le répète pour me souvenir de ce marin . Et puisque tu ne me regardes pas, alors tu vas m’entendre. De mes multiples voix, je transpercerai les tympans , je couvrirai les clapotis de l’eau sur ton bateau. Je serai ta sirène, celle qui d’une voix enchanteresse, te fera chavirer pour que ton cœur vienne s’échouer sur mon corps.


Mon joli marin ne porte ni bonnet ni rien d’autre. La simplicité de ses vêtements conduit à l’authenticité de ses gestes. Sans cesse les mêmes, mais chaque fois encore plus séduisants ; Marin de l’Adriatique, suit l’écho de ma plainte lancinante, de mes notes lyriques conjuguant invitation au désir et partage de plaisir. Laisse ton navire dériver des journées durant, jusqu’aux terres promises d’une île. Entends mes murmures comme de bons présages, comme le chuchotement de mots doux. Si tu entends la promesse d’une rencontre tourbillonnante, alors tu verras la sirène près de toi te tendant une main et de l’autre cachant sa poitrine.


Si tu ne réagis pas, j’en appellerai au Dieu des fonds marins, qu’il soulève les vagues , qu’il oblige les vents à détourner le Sinagot jusqu’au milieu de mon antre. Sans détresse , je serais ta maîtresse et toi mon amant , nous nous réfugierons dans un phare choisi par hasard sur la route d’eau parcourue par le Sinagot."

 
"Le Sinagot est mon cadeau"--Imaginative-source: Les âmes tendres-

SINAGO(T)









"Dans ma jeunesse j'ai navigué le long des côtes dalmates. Des îlots
 émergeaient à fleur d'eau, où faisaient halte de rares oiseaux en quête d'une proie; îlots couverts d'algues, glissants, beaux sous le soleil comme des émeraudes. quand la pleine mer et la nuit les annulaient, des voiles sous le vent s'écartaient vers le large, pour échapper à ce piège. Aujourd'hui mon royaume est cette terre de personne. Le port allume ses feux pour d'autres; moi, c'est vers le large que me poussent encore mon âme indomptée et l'amour douloureux de la vie."

-Ulysse-Umberto Saba-






les poèmes de Noriko Ibaragi, Ghjacumu Fusini et  Umberto Saba sont extraits de "Poésies du monde" -Anthologie-  -Le printemps de poètes présente-Editions Seghers- poésie d'abord-





"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."
 
-Charles Baudelaire-