vendredi 20 avril 2012

basse mère




Le temps est toujours propice à quelque chose.
Il laisse ses traces,
qu'il faudra par la suite décortiquer
comme une langoustine au sortir de son bain de vapeur.
Le temps sent fort, de bas en haut, 
à la dunette et chez fond de cale,
il a toujours la dalle.

Et du couloir à l'escalier,
il s'en raconte,
trop content de nous le faire,
le grand jeu,
de la maison de famille revisitée
qui ne manque surtout  pas d'air....





Les symboles se ramassent à la peine,
disait un vieux druide
même pas assermenté.
qui avait pris l'habitude de naviguer pas trop loin de la fontaine,
où faute de jouvence,
il dansait la ridée
en citant
des classiques
celtiques en vrille.






Dolmen et Menhir revisités
par une météo bien attentionnée
regardaient passer les bateaux,
puisqu'il est, paraît-il de bon temps de le faire,
quand on s'attarde un peu trop au bord des golfes fiers.

Fort heureusement, peut-être,
la parentalité
soussignée
semblait
fermement
résister aux tempêtes.




J'avais enfin retrouvé le docteur,
à moteur.
Cette fois pris au filet.
Tiens, vous êtes encore là, j'aurais pas crû,
 ni tout cuit
non plus
sourit-il dan sa barbe
à tout faire.
Mais, veuillez m'excuser 
On m'attend à Brouel,
Chut! pas ici, de l'autre côté...

N'oubliez pas surtout:
Laissez vous faire. 

Finalement,
il n'y avait qu'à suivre les flèches.




à suivre...






conseil et chanson du jour

Le conseil de Sneck




La chanson du jour par Dominique Grange

jeudi 19 avril 2012

le complexe de l'Isle à marée basse


De l'autre côté de la barrière
d'un décor qui prit l'eau
pour le meilleur et le pire,
j'acceptais de bon coeur la supercherie
de l'émotion
désirée, attendue;
qu'il ne fallait pas rater, puisqu'elle ne s'ouvrait
que tous les dix ans.






De l'autre côté de la barrière,
j'avais  retrouvé
un carnet  jauni par le sel et le sable,
 prisonnier
d'un filet d'où il ne devait plus sortir.
Mais les souvenirs vont toujours à la page.
Rien ne sert de vouloir les chercher
ou les fuir.
L'embarquement étant annoncé
il ne me restait plus qu'à écouter
les voix maritimes.





 Ne craignez rien surtout,
c'est  juste un  complexe de l'Isle à marée basse,
 très fréquent vous savez, surtout dans un cas comme le votre
Allez!
une cuillerée  de charbon de Belloc  chaque soir, avant le coucher
et rapidement il n'y paraîtra plus.

Le docteur était pressé, il enfourcha son caducée
et en s'élançant dans un nuage pétaradant
il me dit , enfin, je crus comprendre:
Je suis en retard,
on m'attend à la pointe.
Faites comme les autres
Laissez vous surprendre. 




 à suivre...
 



"Demain la route va me prendre
Dans les anneaux de ses détours
Qu'elle se décide à me rendre
Ou qu'elle m'avale pour toujours

Je vous emporte dans mon cœur

Par-delà le temps et l'espace
Et même au-delà de la mort
Dans les îles où l'âge s'efface
Et même au-delà de la mort
Je vous emporte dans mon cœur

Demain je m'en vais l'âme en fête

Vers la patrie de mes amours
Avec un chant de joie en tête
Avec pour vous un chant d'amour

Qu'importe demain la distance

Si j'ai laissé un peu de moi
Peu ou beaucoup, quelle importance
On ne mesure pas son émoi

Tous ces mots qui de moi s'envolent

Demain vous n'les entendrez plus
Les doux oiseaux de nos paroles
S'ils ne se croisent jamais plus

Demain quand les étoiles tremblent

Cherchez Arcturus ou Vega
Et nous serons encore ensemble
Si vous pensez un peu à moi"
-Gilles Servat-






samedi 14 avril 2012

relâche





Quand j'étions légèrement plus haut que trois pommes et demie, mon père, du genre blagueur, connaissant mes goûts d'alors  pour le cinéma, me dit un jour::
 : "il  y a un film qui sort au "Normandie" et franchement je te le conseille" 
-Ah bon et comment s'appelle t-il?
"Relâche"
-Tiens c'est curieux, j'en ai pas entendu parler.
"Ben écoute , à ta place moi j'irais le voir quand même et tu ne seras pas déçu"
Ce n'était pas la première que mon paternel, amateur éclairé de cinématographe, me conseillait un bon  film, aussi je décidais de l'écouter;
Et c'est ainsi que le jeudi suivant (jour de repos des écoliers) je me dirigeais vers mon cinéma préféré  "Le Normandie" et trouvais portes closes avec une affichette collée sur une des vitres et sur laquelle était écrit en grosses  et grasses lettres d'imprimerie::
 "RELACHE"

 Et bien, très chers lectrices et teurs habitués à mon cinoche quasi quotidien, vous aurez  aisément remarqué en devanture de ce bloga-tout faire, l'affichette en question; celle qui avait permis il y a environ  quarante-cinq ans de cela et à la grande joie de mon papa resté (et disparu) jeune- de me faire tomber- si j'ose dire: dans le panneau.
Ce qui signifie, après ces circonvolutions (habituelles...) que nous allons fermer boutique pour quelques jours et profiter du  fort courant du golfe morbihannais pour  aller jouer aux insulaires Robinsons sur un bout de caillou, duquel j'essaierais, de vous ramener un souvenir, si vous êtes assez aimable pour attendre la suite...

Je vous souhaite une bien belle journée et tout ce qui s'en suit.

;-)



vendredi 13 avril 2012

depuis le début






"Le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent."
-Lucie Aubrac-






.../...La poésie est avec nous depuis le début.
Comme l'amour,
comme la faim, comme la peste, comme la guerre.
Parfois mes vers étaient insensés;
Quelle honte.


Je ne demande pas d'excuses.
Je crois que chercher la beauté des mots
vaut mieux
que tuer et assassiner."
-extrait de "ET maintenant, adieu" de Jaroslav Seifert-






"Passants,
De vagues souvenirs me reviennent
De vos nombreux visages
Maintenant que le jour s'achève
Loin des trottoirs
Que les semelles de vos chaussures ont foulés
Et où vos voix se sont élevées et mêlées
Pour former le mugissement de la ville l'après-midi
Entravant un vieux silence.

 Passants,
Je me rappelle les plus maigres d'entre vous,
Gorges dans les griffes de l'espoir,
Lèvres sur lesquelles se lisaient vois luttes,
Bouches qui n'embrassent que par amour.
Registres des grandes espérances endormies,
Longtemps contenues,
Implorées et si âprement conquises:


Oui,
Ecrites sur
Vos bouches
Et vos gorges,
Je les ai lues
Quand vous êtes passés."

"Passants"- Carl Sandburg- "Chicago Poems-


illustrations source Serge et Toile






jeudi 12 avril 2012

standing up for freedom










le doigt dans l'oeil


 illustration: Louis Moe



Parler avec les mains,
mes doigts et moi
et toi aussi alors.
Esprit latin en somme,
revisité par clavier interposé.
La planète pianote sous toutes ses coutures
communiquant avec le vent porteur
des idées,
des peurs de manquer la marée
et
de rester à quai d'une histoire 
qui s'efface aussi vite qu'elle se joue
dans la préhension
d'un vide- écran total-

Une fois que l'on place le doigt dans l'engrenage,
sous l'insistance de mystérieuses phalanges
mettant l'accent
du grave à l'aigu,
on touche du doigt sa postérité
qui gratte.
qui gratte, qui gratte 
toujours et encore.
  



source: Toile






Avec doigté, refaire son monde
et s'autoriser le doigt d'écrire comme un pied
peut-être...
Avoir des doigts de fée? 
qui sait?
Mon petit doigt m'a dit que... 


Singulière et plurielle manière de donner un coup de pouce à la 
liberté du paraître
dans un temps record,
filant inexorablement entre les doigts
de l'Homme






source: toile





                                                      ////////......../////////.....
sans transition



Une affaire de coeur
au Québec et ailleurs

Benjamin orateur impromptu d'un évènement culturel  organisé pour défendre liberté, démocratie et...
droit à la parole
Chiche qu'il a dit.
Découvert "simplement" chez Gaétan Bouchard






source: Toile





mercredi 11 avril 2012

berceuse



En français, ru signifie "petit ruisseau" et, au figuré, "écoulement (de larmes, de sang, d'argent)" (Le Robert historique). En vietnamien, ru signifie "berceuse", "bercer".



"Ma mère voulait que je parle, que j'apprenne à parler le plus rapidement possible le français, et aussi l'anglais, puisque ma langue maternelle était devenue non pas dérisoire, mais inutile.Dès ma deuxième année au Québec, elle m'a envoyée dans une caserne de cadets anglophones. C'était une façon d'apprendre l'anglais gratuitement, m'avait-elle dit. Elle se trompait, ce n'était pas gratuit. Je l'ai payé, cher. Ils étaient une quarantaine de cadets, tous grands, effervescents et, surtout, adolescents. ils se prenaient au sérieux en inspectant minutieusement le pli d'un col, l'angle d'un béret, la brillance d'une botte. Les plus vieux criaient après les plus jeunes. Ils jouaient à la guerre, à l'absurde, sans comprendre. Je ne les comprenais pas. Je ne comprenais pas non plus pourquoi le nom de mon voisin de rang avait été répété en boucle par notre supérieur. Peut-être voulait-il que je retienne le nom de cet adolescent qui faisait deux fois ma taille. Mon premier dialogue en anglais, je l'ai formulé en le saluant à la fin de la séance: "Bye Asshole"."








"Petite, je croyais que la guerre et la paix étaient deux antonymes. Et pourtant, j'ai vécu dans la paix pendant que le Vietnam était en feu, et j'ai eu connaissance de la guerre seulement après que le Vietnam eut rangé ses armes. Je crois que la guerre et la paix sont en fait des amies et qu'elles se moquent de nous. Elles nous traitent en ennemis quand ça leur plaît, comme ça leur convient, sans se soucier de la définition ou du rôle que nous leur donnons. il ne faut donc peut-être pas se fier à l'apparence de l'une ou de l'autre pour choisir la dircetion de notre regard. J'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont pu préserver leur regard, peu importe la couleur du temps, du moment. Ma mère me récitait souvent le proverbe qui était écrit sur le tableau noir de sa huitième année à Saïgon: "La vie est un combat où la tristesse entraîne la défaite."








"Je m'appelle Nguyên an Tinh et ma mère, Nguyên An Tinh. Mon nom est une simple variation du sien puisque seul un point sous le i me différencie d'elle, me distingue d'elle, ,jusque dans le sens de mon nom. En vietnamien , le sien veut dire "environnement paisible" et le mien "intérieur paisible". Par ces noms presque interchangeables, ma mère confirmait que j'étais une suite d'elle, que je continuerais son histoire.
L'histoire du Vietnam, celle avec un grand H, a déjoué les plans de ma mère. Elle a jeté les accents de nos noms à l'eau quand elle nous a fait traverser le golfe de Siam, il y a trente ans. Elle a aussi dépouillé nos noms de leur sens, les réduisant à des sons à la fois étrangers et étrangers dans la langue française. Elle es(t surtout venue rompre mon rôle de prolongement naturel de ma mère quand j'ai eu dix ans."


Extraits de "RU"  un livre  de Kim Thùy éditions Liana Levi

mardi 10 avril 2012

faites vos j'oeufs





Un peu de mardi  pris
qui vaut mieux que leurs partis pris dans les salmigondis, faisanderies,
d'un pouvoir qui aboie dès qu'on lui chatouille délicatement et avec humour le croupinion.
Liberté égalité fraternité relégués et perdus dans la banqueroute  d'un tube digestif sous perfusion.

Dis, tu t'en souviens?
" Il est mort le vieux monde"
Et cette  jeunesse d'aujourd'hui,  qui n'a pas d'âge, se rappelle à tes bons souvenirs, tellement vite ou presque oubliés sous un "confort" d'opérette, la peur de s'agiter après de s'en servir, les compromis fermant  leurs volets à heure fixe, le plancher trop vaste pour tes mornes pantoufles....

Utopie, poésie
Les deux mamelles d'un monde que tu désirais tant  changer avant qu'il ne te mange en douce de l'intérieur et fasse de toi son obligé. sa carpette bon marché, tellement  vite usée.

Hé! Ho!  tu parles tout seul maintenant?
ça va pas mieux
...




Sur un mur 
à lire
gentiment
dans un murmure 
...
Tout le contraire
des marchands du temple
rentrés en campagne officielle
mon mardi 
et
décibelles que j'y voyais déjà
leur  cul sur une  bien  trop commode.

Sur un mur ouvert à tous les vents
et
aux embruns de l'Histoire qui rote.
Un Breton surréaliste aurait écrit ceci:

"La poésie, l'amour,
c'est par ce seul ressort que la pensée humaine
parviendra à reprendre le large."
-André Breton-
















Indignez-vous! par guyomdeSinope













Z'au courrier du jour:

Bonjour à toutes et à tous.

"Patrice Franceschi, écrivain, aviateur et marin (capitaine du trois mats La boudeuse n.d.c), sort son nouveau livre : "Avant la dernière ligne droite", dont vous trouverez ci-joint (et en avant-première!!) la couverture en à-plat ainsi que le bandeau qui ira autour.
Publié aux Editions Arthaud, ce livre comptera près de 600 pages et sortira le 2 mai en librairie.

Ainsi que l'explique lui même Patrice Franceschi, il s'agit là de "mémoires intermédiaires" qui s'inscrivent dans une dimension précise : la manière d'être libre dans un monde de plus en plus formaté, quel que soit son choix de vie. C’est aussi une "vie à travers le siècle" avec les engagements qui vont avec.


Voici le texte de la quatrième de couverture, écrit par Patrice Francechi :

"Maintenant que j’aborde ma « dernière ligne droite », il y a une chose au moins dont je suis certain : mener sa vie conformément à ses rêves est devenu un pénible défi quotidien. Jamais nous n’avons été autant prisonniers du monde que nous avons créé, de l’univers formaté dans lequel nous nous sommes enfermés. Être simplement libre – autrement dit agir et penser par soi-même –, n’est même plus un droit mais un devoir qui aujourd’hui se paie très cher. Dans ces conditions, comment trouver un accord entre soi-même et l’existence que l’on mène, c’est-à-dire en définitive, comment être heureux ? Peut-on même encore rêver de choisir sa vie pour en être propriétaire ? Et qu’en faire alors ?
Un jour, très jeune, j’ai tout jeté dans la balance, sans compter, pour tenter de répondre à ces questions : j’ai sauté hors des rails. Avant la dernière ligne droite est l’histoire mouvementée de ce qui a suivi". Patrice Franceschi

Amicalement, 

Nathalie Franceschi