samedi 17 décembre 2011

retour progressif à la normale



Vitesse et précipitations
confondues
n'en déplaise au dicton-taine.


 Petite annonce en vitrine de l'agence de la Brise de mer
où l'on recherche::
"TTS-TLN
Tempête
technicienne de surface
travaillant 
la nuit."



Le lendemain, à l'ouverture du bureau du port-ex-port
c'était pas la dernière à se faire mousser




Retour progressif à la normale 
pouvait-on lire en cinq colonnes sur la dune.

"Vous étiez à l'essai" 
déclara tout de go
Monsieur Météo
en la recevant
dans son bureau.

"Désolé! mais nous ne pourrons pas vous garder,
Il faudra repasser le permis de circuler, puisque vous n'avez pas réussi de manière concluante l'exercice de simulation du cargo malté
et malheureusement dilué dans  de l'eau salée
en courant se perdre dans les bras d'Etel...."


Epitaphe:
de trois fois rien:
Capitaine abandonné
équipage enchainé
et navire à la traine.

photos: "la côte sauvage-Le Croisic-" Vendredi 16 décembre-2011- par Chantal B..-




vendredi 16 décembre 2011

impression passagère sur Joachim et compagnie


 source:: comme le Port-Salut c'est écrit dessus

Qu'on le prononce à la briéronne ou à la portugaise, dans les deux cas,  l'est drôlement dans le vent, le Joachim.
Il a débarqué dans  le bourg avec clairon et trompette
et depuis lors
il nous fait du tapage nocturne, le bougre,
à se demander comment il n'a pas encore réveillé toute la maisonnée
Mais Chut!
car
c'est bien connu, à cet âge là, on dort profondément
Et donc
reste plus que ma pomme pour se demander si à force on va pas finir  par s'envoler tellement l'autre le Joachim,  il semble  en colère , le genre: grand dépressif...
Selon les spécialistes des yeux au ciel et des doigts dans le nez, il parait que le gazier aérophagien .va  continuer à s'époumoner sur nos côtes, jusqu'en début d'après-midi (et plus si affinités).
Bon... même si c'est très beau à voir, il est fortement conseillé de ne pas s'aventurer en bord de mer, ni  d'ailleurs d'aller ha!ha!ha! "prendre l'air", on  risque de se prendre"une tuile"du ciel sur la tête. et c'est bien connu on aime pas ça nous autres,   quand le ciel il nous tombe sur la cabessa

Allez, les gens,  on croise les doigts...


                

mercredi 14 décembre 2011

le lis de mer





".../...La mer était à sa gauche, au-dessous du chemin, tranquille comme un lac, claire et brillante, libre de toute voile et de toute fumée; à sa droite était la pinède, comme une autre mer plus sombre et d'un vert d'oxyde, brillante également avec un moutonnement figé en l'absence du moindre courant d'air. Des fils de fer barbelés l'entouraient, pour protéger les jeunes arbres contre  les chèvres de Sainte Lucie, mais Vanina savait que le réseau n'allait pas plus loin qu'à la première crique, et qu'il était inutile de se salir, ou de déchirer sa jupe à travers les pointes rouillées.
Elle descendit par un sentier abrupt, une coulée de sable ou des racines aidaient au pied et à la main ( les pins de lisière, sur leurs racines à demi déterrées, avaient l'air d'être plantés sur le dos de grandes araignées noueuses) , et elle arriva au bord de la mer, sur une plage de cailloux et de rochers bas. Ceux-là même où selon ses racontars, le pécheur avait surpris une murène et un serpent appariés dans leur flamboiement de midi, et mieux valait en pareil cas fuir au plus vite, car le serpent se fût lancé contre l'homme ou la femme assez téméraire pour vouloir assister à leur union contre nature.
Vanina pressa le pas, jetant un regard sur les rochers de pierre rouge et déchiquetée, où les mousses faisaient comme du poil brun au fond de petites mares. Des crabes, sans doute, s'y trouvaient blottis, mais on ne voyait rien remuer, et de poisson et de reptile il n'y avait ombre ni trace..
A l'autre extrémité de la baie, terminée par un chaos de roches plus obscure et de galets comme de gros oeufs bleuâtres, le sentier en pente assez douce remontait vers le bois de pins.
Il fallut traverser un rideau de tamaris, écarter leurs branches au contact soyeux (qui se couvriraient d'une eau salée comme des larmes, à la tombée de la nuit, Vanina s'en souvint en passant).
Le bois, évidemment, était désert, comme les rues du village, les champs, les vignes, les sables et comme on aurait dit que fût tout le reste du monde à cette heure; mais il n'était pas désert avec la même innocence. C'était comme une prison qui eût été un piège aussi, où l'on pouvait à tout moment être assailli de tous côtés. Le caractère sylvestre est d'être clos en même temps qu'ouvert de toutes parts, à cause des milliers de troncs, des dizaines ou des centaines de milliers parfois, qui sont autour de vous comme des poteaux plantés pour vous tenir captif, et des ouvertures multipliées entre tous ces poteaux, par lesquelles un agresseur peut se glisser facilement, mais qui font un dédale où on est empêché de fuir. .../..."
extrait de:" Le lis de mer" de André Pieyre de Mandiargues










source: Toile

lundi 12 décembre 2011

Où vont les rêves?

Question d'un jour brassé,
par les vents
pressés
d'en découdre
aux  nuages.

"Débouchons, l'embouchure "
Le slogan  bien trempé dans son élément maritime
suintait sous la mitraille.
d'un jour à prendre sa revanche
sur les émotions restées à quai.
dans la cambuse
à prendre le bouillon
et mijoter quelque sortilège.



dimanche 11 décembre 2011

entre 16 et 19 degrés



Foi d'Anatole,
qui avait sans doute une certaine connivence avec ses phrases,
pour se permettre ainsi d'en dévoiler leur intimité.
Ainsi donc ce serait  cela  ce qu'on appelle:  l'esprit France?
 Des trésors fragiles joliment empaquetés  par des mains expertes en rubans
pendant que d'autres spécialistes de la  mise en boite
jouent du coffre et s'époumonent.
La transhumance de l'hiver peut bientôt débuter,
à la croisée des accents.





"Il y a ce chien pour se taire à mes jambes
Et le soleil
Bien un chien pour se taire à mes jambes
Bien le soleil

Y en a-t-il
Y en a t-il un
Pour me dire
Qui je suis venu
Rejoindre

Y en a t-il
Y en a t-il un
Pour lui dire
Que je suis venue

On ne laisse pas l’homme attendre ainsi debout
Sous le soleil
On ne laisse pas l’homme attendre ainsi debout
Sous le soleil

Y en a t-il
Y en a t-il un
Pour me dire
Qui je suis venu
Rejoindre

Y en a t-il
Y en a t-il un
Pour lui dire
Que je suis venu"

-Bertrand Belin-




source: Toile

Enfin, un connaisseur:
«A l'ouest de Paris, il n'y a plus personne, à part des vaches et l'Atlantique»
 Günther Oettinger, membre de laCDU d'Angela Merkel

 source: Toile





samedi 10 décembre 2011

jeudi 8 décembre 2011

porté, transporté




Il fallait être porté, transporté,
jamais gratuitement.
Avantage et dépens.  

Poursuivre sa ligne de vie
en veine de fuite de mots
et contre-sens.

Ne rien parier, laisser satisfaire,
Monter la côte encore,
cette fois.
Profiter uniquement et ne plus rien devoir.
Accepter les tempêtes
avec ou sans conflits d'intérêt.

Ne plus souffrir
faute de temps.
Ne plus mourir,
faute d'argent.
Car pour bien se servir de sa mort 
il serait  franchement  indispensable d'y trouver du crédit.
Sinon?

A quoi ça rime:
Toutes ces histoires
de petites  coupures.
Toutes  ces épines
dans la machine.
Toutes ces promesses
à chavirer
Toutes ces maladresses
redressées
tant bien que mal
et plutôt...
...que...






Porté, transporté,
recyclées les images,
sans jamais
comprendre
qu'une grève inachevée
puisse encore s'inspirer des ravages de l'espoir
pour soulager la peine d'un mousse
qui ne savait pas nager et pour autant,
remettait le couvert. dans l'évier.




Porté, transporté
le marchand de glaces est repassé
en lieu et place du marchand de sables
Les temps sont durs, faut s'adapter
la vue
sur berge.

Faire du sport cérébral
Conserver son homme demain , sa femme de lettres
Et.
Au moins,
cinq fois par jour
récolter les fruits du savoir.

Aider la chance à pas de chance.
Attendre sagement son tour
pour en  être sur la photo
à noyer l'horizon
sans qu'on le sache.
ou  parfois,
dans les rivages
se prendre pour le Zorro
d'une curieuse équation.





mercredi 7 décembre 2011

habillage trois effets



 Serge nous propose ceci:


"En découvrant l'histoire de Fabrice, l'éducateur qui s'est suicidé à Dunkerque, je me suis dit que ça aurait pu m'arriver. Que des choses graves auraient pu se passer. J'ai vu des éducateurs qui craquaient, d'autres pourtant très bons qui partaient ou qui finissaient par s'énerver contre un jeune.
Après deux ans et demi comme moniteur-éducateur dans une importante institution d'Ile-de-France, j'ai demandé, à bout, une rupture de contrat.
Premier problème : le manque de personnel. Raisons budgétaires oblige, la structure accueillait un maximum de jeunes sans pour autant augmenter le nombre d'éducateurs. Nous étions en sous-effectif : ils étaient trente, on était cinq ou six. J'ai travaillé dans un autre foyer avec plus de moyens et d'encadrants, il y avait moins de soucis avec les adolescents.

Les ados ont besoin d'autorité

Mais il y a autre chose : on manque d'autorité et de respect. Même complétement désemparé, on ne peut pas sanctionner. On est là pour les aider mais quand des jeunes se mettent en danger ou nous mettent en danger, l'éducateur ne peut rien faire.
Comme Fabrice, j'ai été agressé physiquement. Deux fois en trois jours par le même jeune, alors qu'il venait d'avoir une altercation avec un professeur. Une semaine après, il a reçu une petite sanction (quelques jours d'exclusion pour un multirécidiviste ingérable).
Je ne suis pas pour la sanction, mais quand un jeune fait une bêtise, il faut le punir. Les ados ont besoin et demandent de l'autorité. Ils sont dans la toute-puissance. Ils font tout ce qu'ils veulent et on ne peut rien faire.

Les informations sont cloisonnées

Nous ne nous sentions pas soutenus par la direction. Nous sommes près des jeunes au quotidien, mais notre parole et nos écrits ne servent à rien. Nos rapports étaient tout de suite classés.
L'affaire d'Agnès m'a également interpellé. Quand on recevait ces jeunes, nous n'avions aucune information sur leur passé. Pourtant, il y avait bien un dossier d'admission. Mais une partie des informations allait à l'infirmerie, une autre à l'assistante sociale, une autre à la scolarité. Nous en avions une partie, mais rien de complet sur le jeune.
Ce cloisonnement d'information est dangereux pour le travail des éducateurs. Impossible de bosser correctement quand on nous cache des choses primordiales pour les aider !

Mes proches m'ont permis de ne pas péter les plombs

J'avais les nerfs à fleur de peau. A tel point que je me sentais capable de frapper un ado... Ce qui n'est pas du tout dans ma nature. Heureusement pour moi, je suis bien entouré. Mes proches m'ont permis de ne pas péter les plombs.
J'ai fait un « burn out ». Je ne voulais pas démissionner car j'estimais avoir essayé de faire mon travail du mieux que je pouvais, tous les jours. D'autant que les conditions étaient difficiles pour les éducateurs. La direction n'avait pour sa part aucune raison de me licencier. J'ai demandé une rupture de contrat. Elle a été reçue favorablement – voire avec soulagement.
Quand je vois tous les faits divers qui concernent le milieu éducatif, où les professeurs et les éducateurs ne sont pas soutenus mais montrés du doigt, je suis heureux d'avoir dit stop. Il y a beaucoup de gâchis, d'incompétence, de dysfonctionnements et d'inhumain dans le monde éducatif français."
 "A deux doigts de péter les plombs, j'ai quitté mon travail  d'éducateur."   texte de: Patrick Moisson- publié dans:
RUE89


                                             (-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-(-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)-)


la marche de l'Histoire a t-elle toujours du sens?


oublié de la crise


ça coûte bonbon


estuaire souvenir: tremper son canard, paraît que ça réchauffe


nuages et dentelle


mardi 6 décembre 2011

à part tenir


"Il y a quelque chose de plus grand pourtant que d'appartenir au monde, c'est de s'appartenir à soi -même"
Victor Hugo










"L'être humain n'a aucun standard de qualité hormis son besoin d'appartenance"
-Bernard Arcand-




"C'est notre regard qui enferme souvent les autres dans leurs plus étroites appartenances, et c'est notre regard aussi qui peut les libérer."
-Amin Malouf- 


 

lundi 5 décembre 2011

fera jour demain



C'était chaque année la même histoire, comme une  impression  d'avoir enclenché sans le vouloir le pilotage automatique. Comme si son système immunitaire conscient des risques à prendre, préférait économiser l'énergie en le mettant -en quelque sorte- en veille ou alors  pour reprendre une métaphore de son temps, en partitionnant  son disque dur pour le protéger des attaques extérieures.

Selon son biographe attitré s'il en avait eu un, mais  tout au moins d'après sa fiche de traçabilité , il aurait dû  pourtant  profiter avec un plaisir exonéré de remords de cette rencontre particulière de l'année en contrée pacifiée où l'on se devait de célébrer la  conception individuelle et  tout à fait relative du beau, du bon  et de sa famille épanouie.

Ni les pouvoirs publics,  ni l'entreprise privée, ne lésinaient leur temps et leurs presque moyens adaptés bien entendu aux circonstances économiques, pour faire en sorte que l'individu nageant dans leurs eaux soit en mesure de se mettre dans un état mental tout à fait propice à une certaine béatitude lui permettant ainsi  de prendre du plaisir à dépenser sans  trop  raison gardée,  au milieu d'une foule de
semblables tout aussi affamés. Les plus récalcitrants n'agissant que par obligation mais toujours présents.
Comme un devoir d'humanité sur sa fin de l'année.
Comme un arrière  goût de  suppositoire avant de fermer la porte et d'en ouvrir une autre sur un vigoureux: "T'inquiète petit, fera jour demain."



source:.Serge

Il avait ressorti du grenier et de son carton tout du long poussiéreux ,  un  sapin inoxydable ou presque, en tout cas qui ferait  bien  encore l'affaire cette année.  Les guirlandes  rangées dans leur pochon piaffaient d'impatience à l'idée de pouvoir enfin  quelques semaines crécher  aux exhibitionnistes  patentés. Chacun mettait du coeur à l'ouvrage  pour être dans l'ambiance et en bon soldat lui aussi,  il remplissait sa part d'utile.

Mais cela ne l'empêchait pourtant pas d'être ailleurs.
Seulement où?
A la  question, il ne savait répondre.
Parce qu'il n'avait  pas de mots pour l'expliquer,
ou alors toujours les mêmes liés à la saison, la conjoncture et ses effets secondaires...
Mais au fond,
tout au fond...
Là où les mots n'ont plus d'importance, il se prenait un air de trouble-fête, embarqué dans une aventure qui n'en était plus une depuis qu'il avait rempli son constat d'enfance.
C'était devenu  un rituel pour renacler les saisons, une glace sans fond de teint,
une raison comme une autre
et l'envers du doute.




Toutes les conditions étant sans doute  réunies , comme pour répondre à une quelconque exigence  soudainement impérieuse, il découpa  le journal municipal et  son Père Noël de l'estuaire qui annonçait la bonne parole  locale,
  et renouant ainsi , avec de vieilles coutumes il laissa filer le courant en pensant qu'il ferait bien assez tard pour essayer de le rattraper.

source: Toile