envoyé par Serge
mardi 5 avril 2011
lundi 4 avril 2011
sur un trait de plume
"La mer a ses façons
la mer boucle les rochers de fluettes campanules
bouches d'or presqu'île d'herbe aux nègres écumes
La mer a ses façons délicatesses échappées radieuses
ses anthracites fluides
fluette campanule
bouche d'or ventre rose
presqu'île d'herbe aux nègres écumes
anneaux de saturne
folles saisons des boréales
presqu'île d'herbe au cristal de flûtes d'ébène
nuages aux parfums dansés
je crois que le temps les porte sur un trait de plume"
Savouré chez Marie dans ses "Fragments et Pourpres"
ciel mon lundi
Un lundi sur son avril dans un ciel tout bleu partout, comme après la méga lessive du printemps, qui fait que les fenêtres sont grandes toutes vertes et le moral en phase avec la température extérieure, plutôt en hausse Côa.
Alorsse,
comme d'habitude dans des cas là, le grand Dieu du kitch et de la guimauve incorporée, qui n'est jamais très loin -en ce qui me concerne- m'a posé sur les lèvres purpurines, qui ne sont pas, rappelons-le , le féminin de -pur purin-, un bout de chanson, à l'heure du merle, c'est à dire dans les environs des cinq heures de la mat. un truc qui fait "je n'aurais pas le temps, pas le temps"...Vous voyez bien, je suis sur, de qui que quoi je veux causer , le genre de machin qui ne vous lâche plus une fois que...
Dame, chacun porte sa croix et je me dis que finalement, avec un peu de recul mais pas trop non plus-pas envie de tomber- Y'a pire non?
Bon, faut que je vous laisse, j'ai tellement de trucs sur le feu que la journée déjà bien rongée ni suffira plus.
Ah lala
j'vous jure:
pas le temps.....vraiment
pas le temps...Comment vous faites...
vouspour y arriver?
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"Et pourtant c'est vrai"
Billet d'humeur par Jacques Trémintin- paru dans le numéro 1012 du Lien Social
"Christian J. vient de se voir supprimer le complément de ressources de 179 euros mensuels qu'il percevait au titre d'une invalidité de plus de 80%. Car, pour toucher cette allocation, il ne faut pas bénéficier d'autres revenus. Bigre, Christian J. aurait-il gagné au loto ou hérité d'un lointain cousin d'Amérique? Non, il a gagné, pour l'année 2010 la mirifique somme de...1 euro. C'est ce que lui a royalement accordé sa banque, au titre des intérêts liés à son compte-courant.../...Cette anecdote est authentique. elle a pour héros la Caisse d'allocation familiale de la Somme et pour victime un usager qui essaie de survivre avec ses 890 euros par mois: "Le 8 du mois, une fois le loyer parti, il ne me reste que 400 euros et des factures à payer" explique Christian J. "Ben, le règlement, c'est le règlement." Oui, mais quand même..."Mais puisqu'on vous dit que c'est marqué là, à la page 125, alinéa 3, ligne 7. On n'a fait qu'appliquer le cadre de référence. "Si nombre d'agents de gestion font leur travail avec sérieux et bienveillance, d'autres seraient inspirés de suivre une formation continue, style:" derrière un dossier, il y a un être humain."
Mais sommes-nous si sûrs que cela, que certains travailleurs sociaux n'auraient pas à s'y inscrire eux aussi?"
-Jacques Trémintin-
La vidéo toute en délicatesse du jour nous est offerte par Olivier:
et le dessin z'aussi:
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Ben t'as qu'à rester dans ton fauteuil gros tas, mois je filerai en temps voulu à Brest. Tonnere de B. ...
dimanche 3 avril 2011
de choses et d'autres
Monika m'a envoyé ceci:
INVITATION
Au 29 rue des érables à Saint-Nazaire, manifestation de "l'Art prend l'air" dans le cadre du Conseil général
je vous invite dans mon atelier & mon petit jardin ouvrier & poétique, en compagnie du plasticien BENOIT SIRE .
le 16 & 17 Avril .
-Benoit Sire-
Pour Info ///
• le site Internet dédié à la manifestation est maintenant en ligne à l'adresse suivante:
sur lequel vous pouvez :
retrouver la liste de tous les artistes participants ainsi que les informations concernant la manifestation.
-Jean-Pierre Gallais-
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Photo découverte sur le site du Marquis de l'Orée et dédicacée (par mes soins) à Anne des Ocreries
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'L'ancêtre parle, c'est l'Océan, c'est une race qui lavait les continents avec son voile de souffrance; il dit cette race qui est chant, rosée du chant et le parfum sourd et le bleu du chant, et sa bouche est le chant de toutes les bouches d'écume; océan! tu permets, tu es complice, faiseur d'astres; comment n'ouvres-tu pas tes ailes en poumon vorace. Et voyez! il ne reste que la somme du chant et l'éternité de la voix et l'enfance déjà de ceux qui en feront héritage. Car pour la souffrance elle appartient à tous; chacun en a, entre les dents, le sable vigoureux L'océan est patience, sa sagesse est l'été du temps."
-Edouard Glissant-"Océan" - "La terre inquiète"
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en avril, ne te découvre pas d'un fil
au mage d'un dimanche
"Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine,
Ceux qui cherchaient la toison d'or
Ailleurs avaient bigrement tort.
Tous les seigneurs du voisinage,
Les gros bonnets, grands personnages,
Rêvaient de joindre à leur blason
Une boucle de sa toison.
Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine.
Sous la coiffe de Bécassine,
Ceux qui cherchaient la toison d'or
Ailleurs avaient bigrement tort.
Tous les seigneurs du voisinage,
Les gros bonnets, grands personnages,
Rêvaient de joindre à leur blason
Une boucle de sa toison.
Un champ de blé prenait racine
Sous la coiffe de Bécassine.
C'est une espèce de robin,
N'ayant pas l'ombre d'un lopin,
Qu'elle laissa pendre, vainqueur,
Au bout de ses accroche-coeurs.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des blés d'or en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
N'ayant pas l'ombre d'un lopin,
Qu'elle laissa pendre, vainqueur,
Au bout de ses accroche-coeurs.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des blés d'or en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine,
Si belles que Sémiramis
Ne s'en est jamais bien remis'.
Et les grands noms à majuscules,
Les Cupidons à particules
Auraient cédé tous leurs acquêts
En échange de ce bouquet.
Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine.
Deux pervenches prenaient racine,
Si belles que Sémiramis
Ne s'en est jamais bien remis'.
Et les grands noms à majuscules,
Les Cupidons à particules
Auraient cédé tous leurs acquêts
En échange de ce bouquet.
Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine.
C'est une espèce de gredin,
N'ayant pas l'ombre d'un jardin,
Un soupirant de rien du tout
Qui lui fit faire les yeux doux.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des fleurs bleu's en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
N'ayant pas l'ombre d'un jardin,
Un soupirant de rien du tout
Qui lui fit faire les yeux doux.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Des fleurs bleu's en toute saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
A sa bouche, deux belles guignes,
Deux cerises tout à fait dignes,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
Les hobereaux, les gentillâtres,
Tombés tous fous d'elle, idolâtres,
Auraient bien mis leur bourse à plat
Pour s'offrir ces deux guignes-là,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
Deux cerises tout à fait dignes,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
Les hobereaux, les gentillâtres,
Tombés tous fous d'elle, idolâtres,
Auraient bien mis leur bourse à plat
Pour s'offrir ces deux guignes-là,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.
C'est une espèce d'étranger,
N'ayant pas l'ombre d'un verger,
Qui fit s'ouvrir, qui étrenna
Ses joli's lèvres incarnat.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du temps des ceris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
C'est une sorte de manant,N'ayant pas l'ombre d'un verger,
Qui fit s'ouvrir, qui étrenna
Ses joli's lèvres incarnat.
C'est une sorte de manant,
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du temps des ceris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas.
Un amoureux du tout-venant
Qui pourra chanter la chanson
Du temps des ceris's en tout' saison
Et jusqu'à l'heure du trépas,
Si le diable s'en mêle pas."
-Georges Brassens-
Cette photo ainsi que le texte "Bécassine" proviennent du site: "Brassens" où vous saurez tout (ou presque) sur ce grand Monsieur.
Et pour la bio. c'est par exemple par ici
samedi 2 avril 2011
tricentenaire du magnolia en France
photo: "Les tropicales.com"
Hein(g) que vous avez cru que j'allais vous faire subir le magnolia forever de l'autre agité dans sa baignoire... Ben non (Ouf! voix off), j'ai préféré une autre version beaucoup plus heu... comment dire...
l'enveloppe noire
".../...La table de la cuisine. Le pain, le lait. Il s'était levé aux aurores pour se procurer du pain et du lait. La nappe blanche, amidonnée. Deux tasses fumantes. Un ersatz de café au lait. Un ersatz, il est loin, le café, au Brésil...Ersatz de café, succédané de lait. La vieillesse, elle aussi est un ersatz, et le peuple a atteint le troisième âge, celui de la retraite.
Des tranches de pain compact, noir, chichement tartinées de marmelade de prunes. Mais la petite cuiller, le couteau, les petites assiettes ont l'éclat du neuf. Tout est propre, frais comme le printemps. Fenêtres ouvertes pour faire entrer l'élixir, le poison, l'illusion.
Madame Gafton ouvrit les journaux du jour. Elle chaussa ses lunettes, but une gorgée, regarda les titres de la première page, abandonna. Lire, de toute façon, elle n'en avait le temps que le soir, quand elle avait tout fini. Elle poussa la pile vers le bord de la table, près de son mari.
-C'est une bénédiction, notre climat! Cette succession de saisons. Qu'est-ce que ce serait, si nous n'avions que l'hiver? Ou l'été, comme dans le désert? Une harmonie comme chez nous, c'est une bénédiction...Chez nous, il y a de l'harmonie! C'est une chance, une grande chance.
Son mari lui lança un long, très long regard.
-Oui, oui, c'est précisément ce que disait quelqu'un dans la file d'attente des journaux, tout à l'heure. C'est un cadeau de la nature, ce printemps! Ce n'est plus la jeunesse, mais c'est tout de même une renaissance, non? Une vraie provocation, je te jure!
L'épouse retira ses lunettes, les posa sur la pile de journaux, plongea son regard dans la tasse. Silence. Puis un murmure. Oui, elle murmurait:
-Tu te rappelles quand est mort François-Joseph?
-Elle est bien bonne celle-là, qu'est-ce qui te prend?
-Je ne sais pas, c'est juste comme ça...J'embrouille tout. En fait c'était un homme tolérant, comme tu disais, un tolérant.
Il sourit. Il connaissait bien ces petites ruses du matin. Signes de tendresse, d'encouragement pour ses préoccupations. Elle ne lui posait pas de questions sur son étude en cours, elle savait que ça l'énervait avant de partir pour la bibliothèque. De toute façon, le soir, c'est lui qui reprendrait sans doute le sujet...
Mais le matin Venturia trouvait des formules rituelles pour lui faire comprendre que son étude l'obsédait autant que lui.
-En fait, j'étais en train de réfléchir...César, Néron, c'est quand, ceux-là? Je veux dire, quand est-ce qu'ils sont...Et Franco, et Salazar? Mussolini, je le sais, au printemps, c'était au printemps, n'est-ce pas? Et le Führer, c'est pareil, il s'est flingué au printemps. Et l'autre, le moustachu, le Géorgien, il a crevé en mars, impossible de l'oublier. C'est l'assaut du printemps?
Il approcha la pile de journaux, repoussa les lunettes à monture dorée près de la tasse. La femme arrangea ses cheveux blanchis, attachés sur la nuque.
-Oui l'assaut, comme tu dis. L'agression du changement. Quelque chose d'incertain, d'impétueux. Je vais te lire une petite histoire dans le journal d'aujourd'hui. Et qu'on ne me dise pas qu'il ne se passe rien chez nous...
Il mlissa le coin de la nappe. Elle se leva, la corbeille à pain dans les mains. Il la regarda. L'instant de paix de la journée. Le petit déjeuner lui donnait des forces; un repère calme, au début d'une nouvelle journée. Après c'était la course, la bousculade. Les queues, les fiches de bibliothèque, les lettres aux autorités, encore des queues.
-Ecoute. "Les faits que nous allons relater brièvement ci-dessous semblent tirés d'un film sur le Ku Klux Klan ou sur la chasse aux sorcières. La chasse aux sorcières du quartier de..."
Ecoute...Tu ne veux pas écouter?
Elle déposait les tasses et les couverts dans l'évier. Elle bougeait lentement, à contrecoeur. Elle boitillait légèrement de la jambe gauche, et avait du mal à se mouvoir, penchée ainsi d'un côté. Mais elle était revenue, s'était rassise. Ses mains pâles et dodues étaient de nouveau sagement posées sur la nappe immaculée.
-Donc, ils ont fait irruption dans un appartement. Et tu sais quoi? ils y ont mis le feu; tu peux imaginer ça! Ils y ont mis le feu! Parce qu'elle aimait les animaux, tu entends! parce qu'elle avait des chats ou des chiens, ou que sais-je. Souviens-toi du prétexte, des procédés et surtout du nom de cette femme, de son adresse. Tu comprends? Et machin, qui prétend représenter le conseil populaire du secteur...tu entends ça, complice des instigateurs, locataires de l'immeuble. Tu fais le lien, n'est-ce pas, tu vois le lien?
Elle le fixait, sans plus sourire, habituée à son obsession de relier les événements du jour au recherches qu'il poursuivait à la bibliothèque. Sa manie de revenir sans cesse que ce qui s'était passé quarante ans plus tôt. Cette fois, tout de même, sur un ton particulier. Comme triomphal. Une preuve enfin décisive, qu'elle ne parvenait pas à saisir. Mais elle sentait son trouble. une sorte de victoire redoutée, oui. Une panique longtemps refoulée, oui, oui, qui confirmait ses attentes et semblait lui redonner de la vitalité. .../..."
Extrait de: "L'enveloppe noire" un roman de Norman Manea- traduit du roumain par Marily Le Nir.Editions Seuil- Fictions & Cie.
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