dimanche 27 mars 2011

j'envoie valser

 "Valse" Françoise  Dugourd-Caput



 "Le cavalier blanc"-Galienni-

abstraction d'estuaire

Toréador états-unien se sentant pousser des ailes afin d'embrocher de son épée un navire marchand remontant l'estuaire de la Loire

personne

sur une boulangerie


"Je n'écris pas pour dire que je ne dirai rien, je n'écris pas pour dire que je n'ai rien à dire. J'écris: j'écris parce que nous avons vécu ensemble, parce que j'ai été un parmi eux, ombre au milieu de leurs ombres, corps près de leur corps; j'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture; l'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie."
-Georges Perec-


sur la pharmacie à côté de la boulangerie

"../...Tu le sais je suis né d'un père et d'une mère humains. Mes soeurs, pas plus qu'eux, n'ont quatre pattes, une tête bête, ni des yeux rouges. Mes enfants non plus. De mon côté, j'ai aussi l'apparence d'un être humain, un peu sombre, peut-être. J'aime l'herbe, mais ne la broute pas, et j'habite un studio donnant sur les arbres à Montmartre, au pied du Sacré-Coeur. C'est là où je reprends conscience de ma vie. Il y a certainement eu en elle des choses qui m'ont totalement échappé...car je ne les cherchais pas.

Ces phrases que je transcris sont les premières d'un texte intitulé le mouton noir mélancolique. Près de deux cents pages rédigées à la main d'une écriture soignée, corrigées et annotées jusqu'à la fin. Sur la chemise bleue qui les renferme, mon père a écrit  "à romancer". Ce texte, il le destinait à d'autres. Ma soeur et moi pour commencer. Il a passé les derniers mois de sa vie à l'écrire, dans le petit appartement que nous lui avions aménagé: une pièce blanche et claire, au rez-de-chaussée d'un immeuble moderne précédée d'un couloir en coude , sur lequel ouvraient une cuisine, une salle de bain, une penderie, et dont la paroi du fond  était entièrement occupée par une baie vitrée qui donnait sur voie plantée d'arbres. Il y avait dans ce lieu comme dans certaines chambres d'hôtel, quelque chose d'impersonnel et de rassurant. Dès que nous l'avons vu nous avons su qu'il y serait bien, qu'il y échapperait à la peur. Nous y avons installé les meubles et les bibelots rescapés de la vente  à Drouot, une grande bibliothèque où tenaient ses livres de droit et les cartons remplis de ses cahiers, un divan et un bureau, des tapis usés, une console Empire, des tableaux de mon grand-père, une photographie en noir et blanc de la Malouinère de Saint-Méloir-des Ondes: les reliques d'une dynastie de notables qui recomposeraient autour de lui le décor d'une vie respectable, lente et feutrée. Les psychiatres l'ont autorisé à quitter la clinique où depuis un an il était enfermé. Il allait pouvoir recommencer à vivre. C'est dans cette chambre qu'il est mort, neuf mois après.

Tout de suite, il s'est approprié cette nouvelle scène. Et durant ces neuf mois, le temps d'une gestation, il s'est inventé un nouveau rôle. Il avait été le Malade, il serait le Médecin; il avait été le Fou, il serait le Sage. Il s'est remis à lire; pas de romans mais des essais, saint Thomas et Hannah Arendt, Jung et Plotin ( ce sont les névrosés qui lisent des romans m'avait dit un psychiatre rencontré peu après sa mort, les psychotiques préfèrent la poésie et la philosophie, ils creusent plus loin dans le réel). Lui-même, dans sa chambre blanche, il se rêvait penseur, moine-savant. il était Abélard isolé et banni, ou l'un de ces mélancoliques de la Renaissance assis à son écritoire, entouré de livres, de globes, de vanités et de miroirs ternis. Ce texte qu'il écrivait, n'est pas l'histoire de sa vie mais celle de sa maladie. J'ignore qui est ce "Tu" auquel il s'adresse d'emblée, ce tu qui "sait"; un autre malade, compagnon d'armes, frère d'âme? Celui que la maladie avait, en lui, laissé invaincu, impassible? Ce "Procureur implacable" dont il dit que, sa vie entière, il l'a redouté et qu'il espérait fléchir enfin? Ou bien encore une femme, une compagne rêvée comme celle que s'inventent les enfants tristes et les adolescents solitaires, une Héloïse, dit-il: Que n'ai-je une Héloïse à qui écrire parfois dans ma solitude?" ../..."

Citation et extrait de "Personne" un roman de Gwenaëlle Aubry-Editions Mercure de France-

samedi 26 mars 2011

tema de maela

photo: Philippe


l'heure d'été



j'été,
je suis je serais...

A l'heure d'une  révolution
qui n'attend pas, qui n'attend plus.

Le monde bouge et ce n'est pas qu'une affaire de tectonique des plaques.

Le son,  l'image et la colère,
-trois dimensions-
 d'une  jeunesse dans les chants et la rue.

L' arme  électronique de la dernière génération  collée à l'oreille elle  filme et enregistre les battements d'un coeur qui cogne  plus fort encore que  toutes  leurs matraques qui voudraient empêcher de Dire, d'Etre., de Faire

Parfois ,une lame sauvage  fauche les bourgeons d'une jeune plante fragile  s'élevant  vers le ciel ,  impossible  cependant de  désherber tout  ce qui pousse avec les larmes , la sueur, le sel de la vie.

La leçon des images bousculant l'ordre des choses s'appelle éternité, immortalité, espérance...

A l'Ecole du savoir vivre, les  profs ont quinze, vingt ans et ils nous apprennent à nous regarder dans la glace et à ne plus avoir peur.



envoyé par Verbena29


"C'est l'espérance folle
Qui nous console
De tomber du nid
Et qui demain prépare
Pour nos guitares
D'autres harmonies

S'élève l'espérance
Dans le silence
Soudain de la nuit
Et les matins qui chantent
Déjà enchantent
Nos soirs d'aujourd'hui

Viens
C'est la fête en semaine viens
Je t'attends,tu ne sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t'ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C'est l'espérance folle
Qui carambole
les tombes du temps
Je vois dans chaque pierre
Cette lumière
De nos cœurs battants

La mort c'est une blague
La même vague
Nous baigne toujours
Et cet oiseau qui passe
Porte
la trace
D'étranges amours

Viens
C'est la fête en semaine viens
Je t'attends tu le sais plus rien
Plus rien ne nous sépare viens
Viens
Si les larmes t'ont fait du bien
Ce sourire est déjà le lien
Avec les beaux jours qui viennent
Reviennent

C'est l'espérance folle
Qui danse et vole
Au dessus des toits
Des maisons et des places
La terre est basse
Je vole avec toi

Tout est gagné d'avance
Je recommence
Je grimpe pieds nus
Au sommet des montagnes
Mâts de cocagne
Des cieux inconnus"
-Guy Béart-

vendredi 25 mars 2011

IF I HAD A BOAT



le long chemin



"Il a fallu une loi en 1909 pour que le port du pantalon ne soit plus, pour elle, un délit; une loi de 1920 pour qu'elle puisse adhérer à un syndicat sans l'autorisation de son mari; une loi en 1938, pour abolir son incapacité juridique et son devoir d'obéissance à celui-ci; une loi en 1945, pour qu'enfin elles puissent voter; une loi votée la même année, pour supprimer la notion de salaire féminin; une loi en 1965, pour qu'elle puisse ouvrir in compte en banque et choisir une profession sans l'autorisation de son époux; une loi en 1967, pour qu'elle puisse accéder à la contraception; une loi en 1974, pour qu'elle ait le droit d'avorter; une loi en 1975, pour supprimer le droit du mari à contrôler la correspondance de sa femme; une loi en 1992, pour réprimer les violences conjugales; une loi en 2006, pour lutter contre les mariages forcés; une loi en 2010, pour interdire dans l'espace public le port du voile intégral que des traditions rétrogrades lui imposent.
Trop tard, pour Fanny Truchelut-( www.a-voix-haute.net   ) condamnée le 8 octobre 2008, pour discrimination religieuse, à deux mois de prison avec sursis et 6000 euros de dommages et intérêts. En 2006, elle avait oser demander à deux femmes de retirer leur voile dans les parties communes de son gîte rural. Trois associations partie civile ont obtenu des dommages et intérêts: la LDH, le MRAP et la LICRA. 
Décidément, l'oppression des femmes trouve, parfois, de bien curieux alliés."
-"Le long chemin vers l'égalité"- Jacques Trémintin- billet d'humeur-Lien Social numéro1010

jeudi 24 mars 2011

couleur qu'a fait local héros


Mesdames,  Messieurs et chers contribuables associés amateurs de spectacle en politique printanière,
pour ceux qui auraient  manqué notre dernière émission "cantonale" sous titrée: "qui a plus d'un tour dans son sac" , un petit rappel s'impose.
Nous avions sept candidats en première semaine et après dépouillement de vos votes au soir du dimanche dernier, car rappelons-le c'est vous, c'est bien vous,  Cher Public qui faites le jeu en donnant vos suffrages à celle ou celui qui a le plus beau sourire, la plus chatoyante cravate, les plus indémodables casseroles, le meilleur mode d'emploi, l'air de ne pas y toucher, la poignée de main exemplaire, le trémolo convainquant, les plus riches sponsors, le meilleur credo dans le sens du sacrifice...et votre couleur  préférée.
Après l'élimination des rouges- passé, vif et carmin, celle du noir anthracite , du bleu pervenche et autre blanc d'hermine, il nous reste donc comme choix pour la cuisine,  vert ou  rose. 
Ceci dit,
amateurs de déco., si j'en crois les flyers accompagnant les crises de foi de chacun des candidat, il se pourrait que le vert penche à certaines occasions vers le rose et le rose pourrait (surtout en période électorale) virer au vert pâle. 
Mais alors, dirions-nous... serait-il possible d'envisager éventuellement  et dans ce cas un mélange des deux?
Pas si simple répondent les spécialistes en nuancier car en effet -je cite:
"Le rouge et le vert sont deux couleurs complémentaires, et on sait "tous" que deux couleurs complémentaires donnent du marron, donc si on mélange du rose (blanc+rouge) et du vert, c'est comme si on mélangeait du rouge, du vert et du blanc, soit du marron et du blanc. D'où la couleur crème." source: forum

Bref vous mettez  localement  une militante d'Europe-écologie en présence d'un militant du parti socialiste et vous avez  au final un ptit crème , du genre j'imagine de  celui qu'ils ont dû boire ensemble pour commenter les résultats du premier tour et discuter  de la stratégie à adopter pour le deuxième;
mais comme c'était de l'expresso et pas du déca, au final , chacun est rentré dans sa... crèmerie en gardant aux joues  ses couleurs naturelles et en sous-entendu: "il/elle  m'énerve, l'autre".
Ce qui n'est sans doute pas plus mal quand on sait que le P.S. a pour habitude de s'intéresser aux idées des autres pour mieux- dans un premier temps- les  récupérer  et dans un deuxième les digérer...
et d'ailleurs toujours selon les spécialistes des couleurs:- rose et vert- ça ne donne pas ensemble quelque chose de vraiment définissable. On s'en était  il me semble déjà aperçu concernant par exemple le nucléaire en général  ou un projet d'aéroport.régional en particulier.
Mais... en politique comme dans la vie tout n'est pas aussi simple et figé. Ainsi, aux dernières nouvelles Martine en chef serait prête à envisager un moratoire sur le nucléaire.Ah!ah!ah! de préférence juste avant les présidentielles histoire de ramener les brebis égarées et  pour après ça mange pas de pain. .J'imagine qu'elle a dû expliquer le truc en aparté à ses nombreux  potes du parti qui roulent pour l'uranium enrichi et aussi aux collègues du PC et annexes qui en font tout autant, afin qu'ils ne crispent pas  trop sur le sujet c'est juste pour rire et passer la barre des X pour cent.
Notons,  (Amélie) que ce projet existait déjà dans les 110 propositions d'un certain François Mitterand..comme quoi on ne change pas une équipe qui raconte des bobards...
Et pour conclure, chers vous, je ne peux que citer la phrase d'un spécialiste du nucléaire puisqu'il y travaille: "Si quelque chose doit faire évoluer le nucléaire en France, ce sera l'accident"  (tiré du documentaire "RAS nucléaire-rien à signaler" diffusé sur Arte) 
Au moins nous voilà prévenu.
 ET
me semble t-il
à ne pas oublier dimanche prochain dans l'isoloir...












mercredi 23 mars 2011

this is a love song














déco sur "Toile"

la cendre des jours

"Focus"-   Christopher Walker découvert chez Carmen Pascual



-L'espoir est veilleuse fragile-

"Sur cette terre vouée au désastre
Nous tenon nous résistons
Nous nous arc-boutons
Contre vents et marées

 "Ambition"-Christopher Walker-

Car il faut persister sans fin
Dans l'âpreté des jours
Comme si l'on ne devait jamais mourir



"Eléments"-Christopher Walker-

Dans ces poèmes ce n'est pas moi qui vous interpelle
Dans ces poèmes ce n'est pas ma voix que vous entendez
Mais ce qui me traverse et me maintient:
L'ombre désespérée de la beauté
Cet espoir infini au coeur des hommes



Car entre nos mains qui tremblent
Cette petite lueur de l'espoir
Est une veilleuse fragile
Au coeur de la nuit carnassière"

"Liminaire"-Bernard Mazo-Editions voix-d'Encre-


"Transcendence" Christopher Malker



"Navigation" Christopher Walker

"A quoi bon tenter
                              de décrire
dans le tâtonnement de la parole
l'illusoire miroitement du visible

alors que tout se joue bien au-delà
au coeur du mystère de l'univers
terré sous l'écorce des choses."

-extrait de "Dans le silence habité du poème" Bernard Mazo-


"Transient" Christopher Walker