"Initiée par l’ACAP, Action Citoyenne pour les Alternatives aux Pesticides – réseau de 170 organisations créée par l’association Générations Futures, la Semaine pour les Alternatives aux Pesticides entame sa 6ème édition.
Du 20 au 30 mars de chaque année, en France et ailleurs, des collectivités, des entreprises, des associations et bien d’autres acteurs proposent des conférences, des projections de films, des débats, des expositions ou encore des spectacles, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles… Toutes ces actions citoyennes démontrent que les risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation des pesticides sont désormais inacceptables et que les alternatives aux traitements chimiques existent et qu'elles sont viables. Depuis son coup d’envoi en 2006, cette initiative originale apparaît comme l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et prouver que l’on peut et que l'on doit se passer des pesticides."source: semaine sans pesticides
"Merci pour les jours heureux
Merci pour la joie sans ombre
Merci pour la joue des cieux
Pour la jeunesse des mains
Pour l'âge qui s'ouvre en deux
Comme une allée dans les nombres
Merci pour les jours heureux
Merci pour la joie des mains
Pour la genèse du bleu
La robe dénouée de l'aube
Jetée d'un ange des cieux
Dans un mouvement des reins
Merci pour les jours heureux
Et la gorge des colombes
Ce beau fruit ouvert en deux
L'âge qui saigne son vin
Les mots jetés dans le feu
Les mots comme une crinière
L'âge à bouche que tu veux
Le mors que tu mords si bien
L'âge jeté dans le feu
L'âge comme une crinière
La bouche d'or des aveux
Et la proue large des mains
Les mots pêchés dans tes yeux
Mes mains plongées dans l'eau claire
Et balafrant le ciel bleu
Un messager, col ouvert
Merci pour les jours heureux
Le rire des cantinières
L'éclaireur piquant des deux
Rayant le front de l'hiver
Merci pour les jours heureux
La rivière volontaire
L'arrivée dans les cheveux
Et le rire à livre ouvert
Merci pour les jours heureux
Pour la proue des canonnières
Pour la rafle des enjeux
Et la mine à ciel ouvert
L'espoir, les montagnes bleues
La bataille des frontières
L'homme dressé sous le feu
Qui se bat à découvert
Merci pour les jours heureux
Ta voix, comme une bannière
L'ombre sur la joue des cieux
La caresse de ma main
Merci pour le mal qui vient
Merci pour le soir qui tombe
Mes mots sombrés dans ta main
Mon espoir perdu en mer
Merci pour le mal qui vient
La fête morte dans l'aube
L'or échappé de mes mains
La blessure sous la mer
Merci pour les jours heureux
Merci, pitié pour le mal
Merci pour les jours heureux
Mon mal"
-Jacques Bertin-
LES JOURS HEUREUX
Le programme du conseil national de la résistance
a) sur le plan économique :
• l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
• une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
• l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
• le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
• le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
• le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) sur le plan social :
• le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
• un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
• la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
• la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
• un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’Etat ;
• la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
• l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique des prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
• une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
• le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance, mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la Résistance pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur action et ne servir que l’ennemi.../..."
"Résister c'est créer ! Créer c'est résister!"
Chacun cherche sa route; nous cherchons la notre et nous pensons que le jour où règne de la liberté et de l'égalité sera arrivé, le genre humain sera heureux."
-Louise Michel-
Sujet librement inspiré de l'émission de Zoé Varier sur France-Inter
Même si franchement un jour, une semaine et pourquoi pas toute l'année...on nous signale cependant le retour du 8 mars et de ses" accessoires"
Même si franchement mieux vaut y lever le coude avec parcimonie (ben qui c'est celle-là? ) on nous programme prochainement la huitième édition du festival de la chanson de café de Pornic quand j'vous dis que c'est le Printemps (tabernuche)
".../...La question me semblait déraisonnable et sans intérêt. Pourtant je me suis demandé ce matin si j'avais une tête de salarié. J'étais comprimé sur mon siège dans l'autocar qui me ramenait à Nantes, le regard pris au piège de ses obsessions. Tous les visages qui montaient à chaque arrêt me paraissaient lisses et policés. Des images. Des portraits d'habitude. Des figures pétries d'un savoir faire, d'un savoir dire. Des têtes qui savent se tenir, faire bonne figure. Des têtes qui ont oublié leur corps, la jouissance et la contemplation pour un certain bien-être. Des têtes comme il faut, comme ces images de bonheur publicitaire, le sourire en moins. Des têtes qui se tiennent avec courage mais sans la force du désir, sans ses débordements.
Je me suis dit: combattre cette tête de salarié qui cherche à se payer ma tête. J'ai changé de place. Je ne supportais plus l'espace sonore modes et travaux dans mon dos. Je restais pour ne pas déranger ces deux hommes dans leur conversation comme si mon départ pouvait les offusquer. Faire bonne figure. Tenir bon. Courage!
J'ai changé de place. Prendre cette liberté-là ouvrait mon corps à un autre espace de liberté, comprimé sur un autre siège, à une autre de ces places d'autocar pensées par des ingénieurs méthodiques pour le confort de l'individu moyen, calibré, réduit aux chiffres d'un ordinateur.
Enfin, je pouvais lire, penser, écrire, écouter ce que je voulais, m'ouvrir pleinement à mes espaces intérieurs et jouir de mes sensations d'homme. Enfin je pouvais voyager.
Me réveiller. Ouvrir mon crâne en deux. Arracher le toit de l'autocar. Libérer en un bouquet explosif le feu de mes émotions. Respirer. Me mettre dans la tête la trompette enchantée d'Ennio Morricone. Les envolées vertigineuses des notes grossissaient mes larmes , les yeux gonflés comme des gros nuages qui n'attendaient plus que l'éclair de la foudre pour crever. Qu'il pleuve à n'en plus finir. Noyer ma tête de salarié dans un torrent d'émotions. Mais l'air puissant de la trompette n'avait pas le souffle assez long et retombait comme une débandade.
Puis l'idée me vient que ce besoin de me réveiller n'était peut-être dû qu'au printemps qui déjà déployait sa douceur, ses chants, ses charmes sur les paysages et dans les rues. Un coup de printemps!
Rien de plus. encore le même coup monté, chaque année répété, chaque année vain.Aussi vain que les résolutions de chaque nouvel an. L'idée me vint de balayer cette vie nouvelle que je sentais en moi d'un revers de main, d'un haussement d'épaules, d'un ce n'est rien, d'un à quoi bon?, d'un bof! Le genre d'idée qui se replie sur elle-même et qui dit merde au ressenti, et au printemps et à la vie
L'autocar nous berçait jusqu'à Nantes, filait notre bercement jusqu'à Nantes. Il ronronnait. Nous ronronnions avec lui. Et peut-être tout à l'arrière certains ronflaient déjà, finissaient là leur nuit trop courte, leur vie trop courte de la veille. L'autocar me berçait. Le soleil me souriait. Mon visage s'éveillait. Ma nuque dansait les secousses de la route. Mon échine s'ouvrait au plaisir. Mon bassin écrasé dans le fauteuil cherchait à se mouvoir. Je pouvais maintenant sentir mes couilles. A quoi ressemble la tête d'un salarié qui soudainement se met à bander? Malgré l'assise comprimée dans cet autocar qui filait mollement jusqu'à Nantes, je souriais. Je me demandais si les autres salariés, assis devant à-côté et derrière moi, étaient eux aussi excités par quelque chose sur le chemin que nous prenions ensemble: une spéculation boursière, un projet de piscine, une bonne affaire, une promotion salariale, les prochaines vacances, le déjeuner au resto du coin, une engueulade assurée, une belle rencontre en perspective, un creux, un vide, un trouble, un flottement, une sensation nouvelle, une révélation intime. Je me disais: Peu importe Nantes, Paris, Berlin, Athènes...si le chemin de ma vie m'excitait encore. Parler et prendre le risque de se dire. Ressentir et prendre le risque de s'abandonner aux sensations. Ecrire et prendre le risque de se perdre dans le jeu des mots. L'écriture m'ouvrait à de nouveaux horizons.../..."
extrait de "cheminement intérieur"-This is the end et autres annexes"-guide indigène de (dé) tourisme de Nante-s et Saint-Nazaire. Editions à la criée-