jeudi 3 février 2011

ça me va


 Jean de la Lune-1931-Jean Choux/Marcel Achard

Lu chez Jean de la Lune (J.D.L.L.):

"Un jeune tunisien formule sa conception de la liberté

« celui qui veut faire l'amour ? Il fait l'amour, celui qui veut prier ? Il prie, celui qui veut prendre l'apéro ? Il prend l'apéro » ça me va!"
 
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"Tu ne vas jamais aux collections
Tu préfères mette tes sous à plat
Pour t'acheter une belle maison
Drapée par les Dior du gothique
Mais comme on va pas cul tout nu
Et puis que d'abord moi je voudrais pas
Tu te sapes chez le couturier de ton cru
Qu'a des harnais démocratiques

Ça te va

Cette robe de dix sacs
Ces cheveux en vrac
Ce rien qui t'habille

Ça te va

Tes souliers pointus
Même s'ils sont fichus
Ça flatte tes gambilles

Ça te va

Ce sac en lézard
Qui fait le lézard
Sous ses airs plastique

Ça te va

Cet air sans façon
Dont t'as pris mon nom
Pour vive de musique

Tu ne vas jamais chez Rubinstein

Qu'a de la frimousse en comprimé
Qui pour deux plombes vous met en scène
La gueule des dames pour la parade
Et quand tu sors chez les snobards
Et que je te demande si t'es parée
Tu me dis avec ton air anar:
"Moi j'ai le soleil sur la façade..."

Ça te va

Cette gueule de dix ronds
Malgré ce que diront
Les cons de photographes

Ça te va

Ce dos qui descend
Sous l'oeil indécent
Des gars qui te gaffent

Ça te va

Tes carreaux mouillés
Quand ils ont regardé
La joie qui se défoule

Ça te va

Tes mains toutes comme ça
Par ce je ne sais quoi
Qui fait les mères poules

Tu ne vas jamais aux collections

Tu préfères coudre un peu de bonheur
Dans note carrée et faire ton rond
Loin des ballots et de leur système
T'es là jusqu'à la fin des temps
A m'écrire le courrier du coeur
Tu me lâches tout juste pour que j'aie le temps
De faire un 'chanson et dire que je t'aime

Ça me va

Ta prison dorée
Ta bouche adorée
En guise de serrure

Ça me va

Tes plats mijotés
Tellement qu'on dirait
Manger de la luxure

Ça me va

Ton air bienheureux
Qu'ont les amoureux
Qui restent fidèles

Ça me va

Qu'on puisse dire un jour
"Et quand à l'amour
Il n'a aimé qu'elle..."

-Léo Ferré- 

aujourd'hui c'est raté



"Mercredi 19 janvier, il est 23 heures et je n'aime pas cette journée. Ce mercredi, une enfant de neuf ans s'est jetée par la fenêtre de son immeuble. Elle est morte. Un jeune de dix-sept ans s'est aspergé d'essence avant de s'enflammer dans son lycée. Il est à l'hôpital, mal en point. La gamine souffrait d'un diabète de type 1, c'est à dire un diabète que tu as le jour de ta naissance et qui ne lâche pas, qui te vole ta liberté d'être môme, de rigoler avec les copains, de bouffer ce que tu veux. Un diabète qui te contraint à prendre des médicaments, à contrôler ta glycémie dans le sang plusieurs fois par jour. Un de ces trucs monstrueusement injustes qui te font prendre conscience très petit que la vie est fragile et que la mort rôde pour une dose d'insuline oubliée ou un excès de sucrerie. La conscience de la mort, ce sentiment qui s'acquiert doucement, avec le temps et les accidents de la vie occupe les pensées de ces enfants victimes de la vie. On suppose que c'est un refus de cette condition de malade chronique qui l'a conduite à ce geste irréversible. On n'en sait rien. L'autre jeune garçon avait des soucis scolaires, de famille, de copains et d'amour. Les problèmes de tous les ados en somme mais lui a décidé d'en finir et de souffrir une fois pour ne plus souffrir. Après ces drames, les psys sont interrogés par les journalistes: "Rassurez-nous, donnez-nous une explication rationnelle à ces gestes de folie, c'est rare, hein?" et les psys qui ont toujours les bonnes explications ne se laissent pas déborder par l'émotion, ils restent maîtres d'eux, ils savent pourquoi ces malheurs arrivent, ils savent les failles, ils savent les fragilités individuelles. Oui, mais voilà, on sait tout cela après, quand c'est trop tard. On est encore passé à côté de ces gamins-là, on n'a rien vu, pourtant on en a lu des bouquins sur l'enfance, sur l'adolescence, sur la dépression. Le proviseur du lycée l'a bien dit: "Rien ne laissait présager un tel geste." Alors? Alors, je crois que l'on est très loin d'avoir compris ce que sont  les enfants et les adolescents, je crois qu'il faut être modeste et se méfier des savants. Voilà, Lien Social m'a embauché parce que j'écris des trucs rigolos...Aujourd'hui, c'est raté. J'ai hâte que cette journée se termine."
-Etienne Liebig- "Mercredi 19 janvier"-Chronique- Lien Social numéro1003-


mercredi 2 février 2011

book of longing

un choix de Brigitte

livres ouverts



Odile a  particulièrement aimé "Wisconsin" de Mary Relindes Ellis et pour la peine elle nous offre un court  passage:

".../... Ernie avait senti vibrer la gorge de sa femme avant même de distinguer ses paroles. Elle avait raison, bien sur; pourtant il avait du mal à concevoir, qu'à cinquante-huit ans, tel un nouveau-né affligé de coliques, un homme puisse éprouver le besoin irrépressible de pleurer. Il lui semblait que le chagrin s'était accumulé en lui, formant derrière ses yeux un petit lac alimenté par son coeur, et dont le niveau s'était lentement élevé pendant des années jusqu'à déborder. ../..."

-Mary Relindes Ellis- extrait de: "Wisconsin"-

Quel rapport?
y'a pas de rapport si ce n'est qu'il fallait encore tourner la page
et que tout au bout des larmes... forcément ou presque il y aurait  la mer...



"../...Le jour va se lever il dit.

Solennel, avec son chapeau pourri, sa salopette, sa barbe, un faune échappé de sa cage: T'es pas Musset papa! La poésie c'est pas pour nous.
Et puis la nuit.
La nuit se lève pas.
Le jour la nuit la neige, il restera quoi?
Quoi?
De tout il restera quoi?
Elvis Presley, Babar qu'est-ce que j'en sais? Tu sais, toi?
Rien ne va droit, mon gars. Les lignes droites c'est pas vrai, ça n'existe pas, tout s'entrechoque et ses croise, et les hommes nous là au milieu. Pourquoi à ton avis?
Tu vas où comme ça?
Regarde ton ombre, elle sera où à ta mort? Eh oui, fils.
Je comprends pas.
On est là pour le manège c'est notre ombre, ça va pas, eh bien tant pis: on continue. Pas de pognon pas de savon. On continue. On est des cheval et on ira au bout des Cheval.
Ah oui? T'as remarqué ce qui va pas? Non? C'est qu'il y a pas de pluriel à Cheval, on est tous les deux sur le même et il en peut plus! Et c'est ça le bout des Cheval, le singulier!

Il me regarde, perplexe. Je vois bien que j'ai touché sa dinguerie, moi-même je n'y avais jamais pensé à ça, les disputes c'est bien pour avancer, sans les disputes on aurait pas inventé les flèches, les canons,et même l'amour regarde Cupidon. Je pars en courant je sais qu'il peut pas à cause de sa jambe, je vais courir jusqu'à la mer, là-bas je me noierai." ../...

extrait de "Cheval"-Richard Morgiève-Editions Denoël

mardi 1 février 2011

ces petits riens

découvert chez: "FILLES SOURIRES"




vous avez bien dit:"UNE AUTRE"...

quand la France exporte en quelque sorte son savoir faire (enfin dire)...


vu à la télé...
de notre guetteur dans la lucarne
"les photos sont prises en Egypte, c'est un Français qui vit la-bas (marié et enfants égyptiens)"

Festival Brèches


"Après un détour par le Piano'cktail (2009) et par le château des Ducs de Bretagne (2010), le Festival Brèches reprend ses quartiers au Centre Marcet. Toujours ambitieux, toujours audacieux, il se veut un temps fort dédié à des musiciens hors normes, inclassables, qu'il nous est impossible d'étiqueter. Des artistes venus des musiques traditionnelles de Bretagne, d'Espagne, de Provence, de Corée, de Vendée, de Hongrie ou du Rouergue. Ils ont ces langages musicaux dans leurs bagages, en héritage, mais ils les transcendent, les projettent vers un ailleurs généreux, vers une autre vision du monde, vers l'universel..." source:Le nouveau Pavillon

avec:
Pedro Sollers et Gaspar Claus



 Lo Rulh


François Robin- Ronan le Gourierec (les Allumés du Chalumeau)




Baltazar Montanaro & Tadahiko Yokogawa


Red Rails from Renaud Vercey on Vimeo.



E'Joung Ju & Jean "Popof" Chevalier

 Roland Becker



plus d'infos

Né en Derthal ?



Crocs mignons et Nés en Derthal, prosternez vous devant Sapiens qui Dieu devient.
Le mur du temps vient d'être franchi, et pas par des fonctionnaires mais par de valeureux chevaliers du privé, de la grande distribution.....Nestlé qui n'est laid que si on regarde trop près offre à l'humanité le Manger/Boire !!!!!! Pas du veau à la dioxine, pas des graisses cancérugineuses, pas du "on c'est pas quoi" aux pesticides.... Nestlé vous aime....de l'eau et quelques pincées de "ils savent quoi, on peut leur faire confiance, ils sont gentils"........
LIRE L'ARTICLE ICI
Serge

mario lucio



dans le pochon du mardi


Une rencontre matinale avec des descendants de Ben-Hur posant devant leurs fiers coursiers



Et comme l'affirme si bien le dicton: " quand les chiens aboient la caravane (du psy) passe"

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 Le progrès  qu'il est  frais et gouleyant  est toujours en marche...Olivier nous propose une nouvelle clé USB à consommer bien entendu avé modération:



Mais on ne le répètera jamais assez, il faut rester raisonnable
voyez plutôt ce désolant fait-d'hiver/divers- envoyé par Serge et paru dans Sud-Ouest



"Précisons d'emblée qu'il ne s'agissait pas là de procéder à une reconstitution a priori fatale au commun même des cirrhosés. Pour autant, et au lendemain de la révélation dans nos colonnes d'une alcoolémie Himalayesque dans la campagne rochelaise, la nécessité d'une tournée de ses bistrots s'imposait. Ainsi à l'heure de l'apéro, le triste exploit de l'agriculteur aux 5,12 g était hier sur toutes les lèvres plus ou moins imbibées du trop bien nommé bourg de Sainte-Soulle.
Contrôlé ici même l'avant-veille au soir pour n'avoir pas allumé le gyrophare orange de son tracteur, l'assoiffé s'était vite révélé aussi rond que ce ballon gendarmesque qu'il ne réussira pas, d'ailleurs, à gonfler. Devant la patrouille soufflée, un record venait de tomber. Son détenteur aussi. « Le pire, c'est qu'il ne zigzaguait même pas sur la route mais il a fallu le porter tellement il était ivre. Nous avions déjà coincé des 4 grammes, mais là, c'est du jamai- vu », n'en revient toujours pas un gradé.
Une dose a priori mortelle
Au jeu de l'homme qu'a vu l'homme qui a pris la cuite du siècle, le patron du PMU de Sainte-Soulle était assurément hier le mieux renseigné. Cartes d'état-major disposées sur le zinc, Pascal arborait ainsi le sourire entendu de celui qui sait mais ne dira rien : « Le problème, c'est que je ferme mon bar le jeudi après-midi, alors certains vont penser que je suis victime d'une sanction administrative à cause de lui. Sauf que le gars ne coure jamais les bistrots, il se débrouille autrement. » Rompu à la réhydratation solitaire, l'homme semble en fait d'autant plus organisé que la cabine de son tracteur se rapprocherait plus du wagon bar que de l'engin agricole.
« Ceux qui le connaissent savent qu'il a toujours à bord deux grandes bouteilles d'eau minérale déjà mélangée au pastis, quitte parfois à se tromper de portail quand il rentre dans sa ferme », lâche un informateur anonyme. Au sortir d'une longue nuit de dégrisement, le chauffard a pourtant affirmé n'avoir étanché qu'un malheureux demi-flacon de jaune, se flattant au passage de ne jamais téter de vin. « Impossible, un tel taux correspond à 20 ou 25 verres, à se demander d'ailleurs comment il n'en est pas mort », démentent en cœur les spécialistes de la chose.
Loin de ne susciter qu'admiration ou fou rire, malgré quelques circonstanciées brèves de comptoirs (« On sait qu'il labourait, mais qui l'a bourré ? » sic), les habitants de Sainte-Soulle se partageaient hier entre l'envie de lui ériger une statue ou bien à l'inverse une potence.
« Ce type, c'est d'abord un débile et un fou dangereux, il aurait pu tuer un gosse », frissonnait une mère de famille. Une sévérité un peu plus loin relayée par la patronne du routier Poivre et Selle. « Lorsque j'ai découvert ça sur Facebook, j'ai cru à une plaisanterie. J'espère qu'il ne vient pas picoler chez moi. De toute façon, j'ai supprimé depuis un an la formule vin à volonté. »
Au risque enfin de surprendre l'inavouable fan-club naissant, rappelons que le petit village ne détient pas le record de l'ivrognerie mondiale. En 2005, près de Bourg-en-Bresse, un extraterrestre de 37 ans avait flirté avec la barre des 10 grammes. De quoi au moins détendre le maire de Sainte-Soulle, si chagriné hier qu'il réclama que l'on mette fissa les affichettes des journaux hors de sa vue." -source: Sylvain Cottin-Sud-Ouest

quand à Sneck il s'emballe au comptoir d'Angoulème, il est temps que tout cela cesse...


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On est jamais assez prévenu:



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une info de l'interne de service:

COMMENT PROTÉGER VOTRE CARNET D'ADRESSES
"Un technicien en informatique a déclaré qu'un carnet d'adresse, c'est comme de l'or! (Et c'est une très bonne chose!). J'ai appris un truc d'informatique aujourd'hui qui est tout simplement ingénieux dans sa simplicité.
 
Comme vous le savez, lorsqu'un virus (ver) entre dans votre ordinateur, il se dirige directement vers votre carnet d'adresse de courriels, et envoie lui-même un message infecté à toutes les personnes inscrites dans votre carnet d'adresses, infectant du même coup tous vos amis et associés. Ce truc n'empêchera pas le virus de se rendre à votre ordinateur, mais l'arrêtera d'utiliser votre carnet d'adresses pour se répandre davantage, et vous avisera du fait qu'il y a un tel virus qui vient d'entrer dans votre système.
 
Voici tout simplement ce que vous devez faire :
1. Ouvrez votre carnet d'adresses et cliquez sur «Nouveau contact ». (Comme si vous vouliez rajouter un nouvel ami à votre liste de courriels).
2. Dans la fenêtre où vous entreriez le prénom de votre contact, entrez « a ». Pour l'adresse courriel, entrez "aaaaa@aaa.aaa".
Maintenant, voici ce que cela fait dans votre ordi :
Le nom « a » sera placé en premier dans votre liste de contacts comme entrée numéro 1. C'est l'endroit où le virus-ver commencera pour envoyer son premier email à toute votre liste  de contacts, dans un élan pour envoyer plusieurs courriels à tous vos contacts. Mais, lorsqu'il essaye d'envoyer le courriel à aaaaa@aaa.aaa, le message sera impossible à acheminer, parce que l'adresse courriel que vous avez entrée est complètement invalide. Et lorsque le premier essai échoue (comme dans ce cas-ci), le ver ne pourra se propager plus loin et aucun de vos contacts n'en sera infecté.
Voici le second avantage de cette méthode :
Lorsqu'un courriel ne peut être livré à son destinataire, vous êtes avisés de ceci dans votre boîte de courrier presque immédiatement. Par conséquent, si vous recevez un courriel disant que vous avez envoyé un message à « aaaaa@aaa.aaa » qui n'a pu se rendre à son destinataire, vous saurez immédiatement que vous avez un virus-ver dans votre système. Vous pourrez alors prendre les mesures pour vous en débarrasser!
Facile, n'est-ce pas ? Si tous ceux que vous connaissez étaient protégés de cette façon, alors vous ne seriez pas inquiets d'ouvrir du courrier de vos amis.
Passez donc le mot!
ÇA NE PREND PAS DE TEMPS !!!-"
 
                 Autre problème d'ordre technique proposé par Philippe:

Vous êtes tous des champions de l'ordinateur mais vous allez apprendre quelque chose aujourd'hui.
Un mystère est enfin résolu :
Comment la petite flèche de l'écran de nos ordinateurs se déplace-t-elle quand on bouge la souris ?
Qui ne s'est jamais posé cette question ?
Grâce à des outils de haute technologie, on comprend maintenant

comment c'est possible !
mais oui...mais c'est bien sûr!  Pour tout comprendre, cliquez sur le lien ci-dessous,
et grâce à la super loupe, tout va enfin s'éclairer ...
Attendre le téléchargement, un cercle blanc se dessine au milieu de l'écran.
Déplacez le curseur de votre souris dans ce cercle,  De temps en temps, gardez-le immobile ...
de temps en temps, cliquez..... et regardez ...

POUR VOIR, cliquez là :

http://2006.1-click.jp/

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 Et puis, tout de même... pour élever un peu le niveau, (enfin...) Serge nous propose un article de Philippe Bilger paru dans Marianne2
               

"Vous croyez qu'on n'a pas de temps à perdre en vaines querelles, qu'il y a eu la Tunisie puis maintenant l'Egypte, que la crise est mondiale et que la France n'est pas au mieux ? Vous vous trompez. L'essentiel est que Christian Jacob, président du groupe parlementaire UMP, a été traité de Rantanplan (jdd.fr, nouvelobs.com).

Vous croyez que la justice et son indépendance, la police et ses enquêtes, l'Etat de droit en général appellent une attention démocratique de tous les instants ? Vous faites erreur. L'important est qu'on reproche au Premier ministre d'avoir traité Christian Jacob de Rantanplan.

Vous croyez que le chômage qui ne baisse pas, l'état calamiteux de nos finances publiques devraient mobiliser prioritairement le monde politique ? Vous vous égarez. L'urgent est de vérifier si le démenti du Premier ministre sur Rantanplan est fondé ou non quand Christian Jacob, paraît-il, s'est plaint auprès de lui.

Vous croyez qu'à quelques quinze mois de l'échéance présidentielle les citoyens sont en droit d'attendre de leurs gouvernants et du parti dominant des perspectives, une vision, moins une agitation législative, une obsession de la réforme pour la réforme qu'une réflexion forte pour l'avenir, une volonté de redonner un sens, de recréer un destin collectif ? Vous êtes vraiment futiles. Le capital est d'entendre Jean-François Copé, à son tour, déplorer que le Premier ministre se soit laissé aller à Rantanplan sur Christian Jacob.

Il y a tous les drames sociaux, les misères et les tragédies au quotidien, le désespoir de beaucoup qui ont du mal à joindre « les deux bouts » et supportent de plus en plus mal leur infortune quand l'argent crève l'écran de notre République, quand ostensiblement la France qui possède et abuse oublie l'autre et que le pays se retrouve cassé en deux. Vous croyez qu'il y a là de quoi se révolter ? Vous avez du temps à perdre. Le fondamental est de déterminer qui a pu traiter Christian Jacob de Rantanplan et si le coupable de cette faute gravissime ne serait pas en réalité un collaborateur de Jean-François Copé (Paris Match).

J'admets forcer le trait mais il n'empêche que Rantanplan, depuis une quinzaine de jours, agite et occupe. Quelle énergie est dépensée pour ce ridicule incident ! Je me demande si ceux qui ont participé à cette joute se rendent bien compte du désintérêt absolu du peuple à l'égard de ces péripéties pichrocholines.

Plus sérieusement, quand le président de la République s'est emparé du crime de Pornic, il a affirmé que lutter contre la récidive était le seul moyen de faire pièce au Front national (Le Figaro). On peut en discuter. En 2007, on l'a asséché. En 2011, ne lui redonne-t-on pas vigueur en venant sur son territoire, fût-ce pour le dénoncer ? Ce qui est sûr en revanche, c'est que Rantanplan est une catastrophe sur ce plan. Les digressions dérisoires et grotesques que la République s'octroie comme pour se divertir font le lit d'une frange de plus en plus importante de la communauté nationale qui, méprisant les partis, moquant la politique et les « politiciens », est ouverte à toutes les dissidences pourvu qu'elles ne soient pas gangrénées par la légalité républicaine.

Rantanplan, c'est la distraction d'un univers qui ne sait plus où donner de la tête, un monde qui s'occupe de très peu ici parce qu'il est impuissant par ailleurs." -Philippe Bilger-