jeudi 25 novembre 2010

journée internationale contre la violence faite aux femmes






CHAQUE ANNEE EN FRANCE, PLUS DE 198 000 FEMMES SONT VICTIMES DE VIOL OU DE TENTATIVE DE VIOL.
75 000 SONT VIOLEES.

 un site





j'ai reçu ceci...

Poème:

"Ne me touche pas !


Ne me touche pas
C'est mon corps
Mon corps à moi
Ne me touche pas
Comme ça !

J'suis pas ton jouet
Ni ta poupée
Ne me frappe pas
Comme ça !

J'n'ai plus le courage
De m'regarder
De m'maquiller
Pour me cacher
Moi et ma peur
Et dans mon coeur
J'n'ai plus qu' deux pieds
Pour retrouver ma dignité

Depuis trois ans
Tu l' fais tout le temps
Tu me connais pourtant
Et même si tu ne me connaissais pas
T'as pas le droit de faire ça

Tu vois
Je n'ose pas
Prononcer le mot violée
Prononcer le mot battue
Quand tu as bu
C'est une raclée de plus

Je ne peux plus t'aider
Je n'en peux plus
Tu vois
J'm'en vais

A ta famille
A nos voisins
Qui entendent tout
et qui ne disent rien
J'suis qu'un pantin
Une moins que moins

Ne me touche plus !
J'te laisse les clefs
Dans l'escalier
J'emmène mon âme
J'emmène mon corps
Jeter ta haine
Par-dessus bord

Ne me touche plus !

Ne sois jamais un homme violé
Ne sois jamais un homme battu"


Mado

mercredi 24 novembre 2010

un grain de poussière


-envoyé par Bernie-

J`suis qu`un Grain De poussière

J`suis qu`un grain de poussière, un grain de poussière

Qui colle à tes bottines, qui bloque la machine,
Qui fait d`une ville un désert,
Un grain de poussière, un fils de la terre et du vent.

J`suis qu`un grain de poussière, un grain de poussière

Perdu comme un enfant dans l`oeil du firmament,
Prisonnier d`un courant d`air,
Un grain de poussière, un fils du soleil et du vent.

J`suis qu`un grain de poussière, un grain de poussière

Qui erre à la lisière de l`enfer et du ciel,
Un nage gardien du Néant.
J`suis qu`un grain de poussière, infiniment petit ou grand.

J`suis qu`un grain de poussière, un grain de poussière

Perdu comme un enfant dans l`oeil du firmament,
Prisonnier d`un courant d`air,
Un grain de poussière, un fils de la terre et du vent."

-Jacques Higelin- 



"et c'est tant mieux parce que je ferais pas ça tous les jours"
Marie-Pierre Casey-philosophe en chiffonnade-






vu par ici

"Avant de me dire que né dans la poussière je redeviendrais poussière, ils devraient d'abord balayer devant leur porte."
-Roland Bacri-



"Quand viendra la fin, ne va pas à la poussière va aux étoiles."
-Antun Branko Simic-


mardi 23 novembre 2010

la mer




"Dans ses ondulations elle dérange mon coeur qui d'habitude est aussi tranquille qu'un miroir, et cela à cause des terribles événements qui s'annulent à l'intérieur de la lourde masse d'immobilité qu'elle présente.


La mer se précipite dans des cavités: celles des rochers, de l'esprit, du corps...Elle s'y engouffre, et en arrache les croissances tentaculaires de la mort.






Puis elle tire, du ciel, les rideaux, et se douche d'une incroyable luminosité.






Tout se passe entre la mer et moi, sans intermédiaire. il s'agit pour elle d'être à l'heure, toujours, devenant ainsi le temps par quoi nous mesurons nos limites.
Elle a elle-même ses limites intérieures, ses falaises, ses côtes, mais elle est aussi infinie que la ligne d'horizon, qu'elle pousse au devant, et que de nombreux marins passèrent leur vie à atteindre, y aboutissant sans y aboutir."

 Etel  Adnan- "La mer"- extrait du recueil de Christiane Laïfaoui et Jean-Claude Rossignol: "Tisser les mots contre la nuit"- anthologie- Editions  L'harmattan





Cantona...



en plus d'être un des plus beaux hommes de la planète il a des idées sympa.
L'appel de Cantona à retirer l'argent des banques
lire l'article : cliquons ici
voyons la vidéo : cliquons ici
-Serge-

C'est vrai que c'est le plus beau des hommes, quelle enveloppe tabernuche!
j.j.

ojala


-envoyé par Aradhriel-

mardi dans le potage


Brigitte, ma Val d'oisienne de soeur m'a envoyé une recette de soupe-" extra" précise t-elle - ben, je préfère autant même si question  goûts et les couleurs...vous connaissez la chanson! 
M'enfin;  comme il disait à -c'est pas saucier: il ne faut pas dire soupière je ne boirais pas de ton bouillon avant d'être tombé dedans. Aussi , et vu les températures qui auraient tendance à dégringoler  l'escalier, allons-y par où ça tient chaud.
Comme chez Raymond Oliver je vous laisse le temps de prendre  un papier et un crayon;
mais, est-il benêt   répondit l'écho, maintenant, voyons,  l'on joue du copier collé et ça fait la rue Michel (Oliver forcément encore un fils de..). 
Je ne sais pas si je l'ai dit?
Ah non je l'ai pas dit, me signale t-on dans mon inconscient individuel, et bien, sachez donc qu'il s'agit d'une recette de soupe Turque.Ben voui,  Brigitte est une inconditionnelle de ce pays dont elle a même été  (et l'hiver aussi) jusqu'à apprendre la langue et  franchement je ne conseille à personne de faire un scrabble en turc avec elle, déjà qu'en français personnellement... c'est point  gagné...
Mais revenons si vous le voulez bien dans sa cuisine (rassure toi sister-on va pas tous débarquer... c'est une image-  je sais qu'il n'y a pas trop de place).

Donc, pour réaliser cette soupe nous dit-on  facile à faire et exotique à vos souhaits il vous faudra:

-un oeuf
-3 cuillères à soupe de yoghourt
-2 cuillères et demi à soupe de farine
- 5 verres d'eau
-2 cuillères à soupe de riz
-1 cuillère à soupe de beurre
-un peu de paprika et de la menthe séchée
                                                                           ----------------------------
                                                                                   -----------------
-Tout d'abord, vous mélangez la farine, l'oeuf et le yoghourt jusqu'à obtention d'un mélange que nous appellerons: homogène (désolé pour les hétéros). Oui, je reconnais c'est vraiment désolant comme vanne, d'ailleurs y-a pas longtemps dans une crêperie j'ai demandé une galette hétérogoudène à la place de la bigoudène et heu...ben ...enfin..passons!
- Bon ça y est ce mélange? On pas pas y passer la matinée non plus. Ensuite dans une casserole, vous faites bouillir le riz dans l'eau en rajoutant une pincée de sel et un peu de beurre.
-Lorsque l'eau a bouilli-lli-vous versez délicatement une louchette dans votre mélange (vous savez l'homogène de tout à l'heure) allez y mollo pour pas cuire l'oeuf trop vite. vous reversez ensuite une deuxième louche dans l'affaire (ce qui fait une affaire louche hi!hi!hi!) puis vous re-transvasez le matos dans la casserole,  et vous laisser frémir environ cinq minutes (c'est pas un film d'horreur non plus).
Dans une ptite poêle , vous faites chauffer le reste de beurre avec un chouïa de paprika et de menthe ou l'un ou l'autre- c'est comme fous foulez-Au moment de servir vous en versez quelques gouttes dans la soupe et voilà le travail.
Au cas où mes explications ne seraient pas à la hauteur de mes prétentions, qui sont rassurez-vous (ou pas) plutôt rase-bitume je vous suggère d'aller faire un tour sur le blog suivant "couleurs d'Istanbul" d'où provient cette recette, et vous y trouverez également plein d'autres  succulents plats Bosphoriens et compagnie et puisqu'il paraîtrait qu'il faut faire jouer la concurrence je vous invite également à consulter cet autre blog "délices de Turquie"  ou vous trouverez une légère variante de la soupe dont on cause.

En ce qui concerne la photo d'accompagnement , vous avez remarqué qu'elle n'avait à priori aucun rapport avec le sujet, seulement parfois en  nid regardant d'un peu plus près, il arrive que l'estuaire de la Loire  ressemble à du potage avec plein de..." vitamines" dedans...Mais ceci est bien entendu une autre histoire.

Sur ce: Bon appétit
et comme on dit 
avec les renvois
quand on est poli 
-Et avec votre esprit-







lundi 22 novembre 2010

sur un air d'Harmonium



C'était juste une apparence , un cadre animé accroché au mur aveugle.
Debout, pieds nus devant "l'aquarium", je pouvais rester ainsi des heures, enfin, jusqu'à ce que mon corps devienne  trop douloureux à force de vouloir s'échapper dans des souvenirs accrochés aux saisons et à leur majesté.
L'Hiver, je l'avais envisagé ainsi, dans la cuisine. J'avais choisi un modèle avec de la neige, peut-être pas le moins cher du catalogue en ligne, mais comme de toute façon je n'avais plus beaucoup d'occasions de dépenser mon maigre salaire, il restait bien suffisant pour m'accorder ce genre de plaisir. Après l'Eté dans la salle de bain et le Printemps dans la chambre, cette récente acquisition me procurait encore quelques émotions mais je mettais néanmoins de l'argent de côté afin de  pouvoir m'offrir à mon anniversaire un Automne de feuilles en perte de chlorophylle courant sur un  tapis de mousse. 
Seulement...je n'aurais plus de pièce pour l'accrocher et je devrais  alors- le règlement était ainsi fait- me séparer d'un écran..
Je n'avais pas encore "choisi" lequel ,  j'hésitais ... J'avais tellement aimé toutes les saisons, elles se rappelaient de mon enfance , lorsque je collais mon visage à la fenêtre pour regarder dehors, maman finissait par dire  invariablement "t'es encore en train de rêver, t'as pas autre chose à faire?" alors, je changeais de pièce, je retournais dans ma chambre et le nez sur la vitre, traversant les ombres de la nuit, j'imaginais... quand je serais grande...
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Ce texte a été publié dans le cadre d'un jeu d'écritures  (cinquième du genre)  mis en scène par  Lizly et Madame Kevin  du "blog à mille mains". 
Chacun peut, s'il le désire, participer.
Pour ce faire il vous faudra respecter quelques contraintes, tout d'abord vous inspirer du dessin illustrant ce "post" pour écrire une histoire sous la forme qu'il vous conviendra, la publier ensuite  sur votre blog ,  en référer aux organisatrices  et mettre également un lien vers leur blog et celui de la dessinatrice Marlène.

j'espère que j'ai été à peu près clair... pour plus de renseignements et lire la charte accompagnant ce projet  veuillez s.v.p. vous reportez au "blog à mille mains"

Sachez enfin, pour reprendre les propos des auteurs:
" ce jeu d’écritures n'est pas un tag, pas un concours, surtout pas une compétition littéraire. Il s'agit de mettre en commun nos envies d'écrire, nos inspirations, nos idées, nos textes."

rencontres

Il est désormais interdit de boycotter




"On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une «provocation publique à la discrimination envers une nation», punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements.
Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que «les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants antiapartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde.
La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime. Une action collective qui viserait à ne pas consommer de produits d’une entreprise parce qu’elle licencie ou délocalise sa production, ou d’un Etat parce qu’il maltraite ses minorités ne peut être qualifiée de discriminatoire, sauf à ôter aux consommateurs leur seul pouvoir, celui de ne pas de consommer n’importe quoi et n’importe comment. Que l’on se rassure : les Etats qui décideraient d’imposer un embargo à un pays étranger n’encourront pas les foudres de la loi pénale…
L’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme est inadmissible, surtout lorsqu’elle vise à faire taire l’engagement citoyen. La circulaire en question, qui a su convaincre au moins un tribunal, constitue donc, pour la société civile, une régression d’une ampleur peu commune. Cette provocation s’est pour l’instant heurtée à un mur de silence. La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie. L’absence de contestation de la pénalisation, lorsque celle-ci ne répond à aucun autre objectif que celui de museler les peuples, n’en est pas une meilleure."

 Benoist Hurel- secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature- article publié sur le site Libération.fr

la diagonale du vide


"Je me souviens, cette année-là, au milieu de l'hiver, debout derrière la baie vitrée de la salle d'embarquement, les yeux noyés dans une aurore verte et rose où un avion décollait toutes les minutes, j'ai décidé de tout arrêter.
Ne plus bouger. Ne plus partir. Surtout ne plus parler. Trouver au plus vite un endroit retiré. Avec du silence. De la lenteur. Peut-être un brin de tristesse. De préférence dans une région sauvage.
Au moment où une voix suave, tombée de nulle part, invitait une dernière fois les passagers de mon vol à embarquer, j'ai franchi en sens inverse le portique de sécurité. Je suis passé discrètement devant la guérite de verre des douaniers. J'ai déchiré mon billet en petits morceaux que j'ai jetés dans une poubelle transparente. Je n'avais avec moi qu'un sac de voyage. Tant pis pour ma valise! Prisonnière de la soute, elle était condamnée à une impitoyable destruction par les démineurs, sur le béton du tarmac, sous le regard des passagers d'un vol très retardé par l'absence d'un homme, en temps de terreur. Traversant la zone d'enregistrement, j'ai eu l'impression que les voyageurs ressemblaient à des enveloppes froissées faites de chair lasse et d'étoffe terne. Ils étaient pressés et préoccupés. Leur petit bagage, qui trottinait derrière eux, avait bien du mal à les suivre.
Je tenais à quitter les lieux avant que mon nom ne soit prononcé de façon accusatrice dans les hauts-parleurs: "M. Travenne...Le passager Travenne est prié de se présenter im-mè-dia-te-ment porte n°...Dernier appel..."
Dehors, il faisait un froid glacial. Le ciel devenait peu à peu jaune pâle avec de longues traces sanglantes qui allaient en s'élargissant. On aurait dit qu'une énorme bête invisible grondait en lançant des coups de griffes au hasard. Des insectes géants dans le ciel, des taupes géantes sous la terre. Tout vrombissait et vibrait dans la jungle de béton et d'acier.
Minuscule voyageur de l'aéroport Charles- de-Gaulle, je renonçais à un énième voyage en Extrême-Orient. Au moins le vingtième! En dix ans, douze ans, je ne sais plus. Tantôt Shanghai , tantôt Hong-Kong. Parfois Singapour. "Pour affaires", comme on dit, même si le fait d'être devenu un "homme d'affaires" me semblait toujours aussi incroyable et comique. J'étais un champion du décalage horaire. Un champion de l'attente et de la somnolence dans des fauteuils qui vous cassent les reins. Sur la terre comme en plein ciel. Un masque de tissu bleu ou blanc sur les yeux. Mais c'était fini. J'arrêtais pour de bon.
Après avoir échappé au vacarme de l'aéroport, je suis passé en coup de vent au bureau afin d'annuler les commandes et les contrats en cours, et j'ai dicté quelques lettres de désengagement à envoyer à nos principaux clients. Quand j'ai annoncé à nos deux secrétaires que j'allais disparaître quelques temps, elles m'ont considéré avec gravité, sans demander d'explications, avec une sorte de respect apitoyé. Elles ont compris que quelque chose n'allait pas, qu'elles allaient se trouver très seules dans ce qui ressemblait à une dernière longueur. Tout en m'écoutant en silence, elles jetaient des coups d'oeil attristés dans la direction du bureau définitivement vide de Wolf, mon associé. Ces fidèles collaboratrices s'étaient toujours doutées qu'avec des pilotes dans notre genre il y avait des risques d'explosion en plein vol.
Notre société, "Travenne & Wolf", spécialisée dans ce qu'on appelle le "design de luxe", nous l'avions créée vingt ans auparavant. Label français mais fabrication chinoise. Nous nous étions peu à peu consacrés à l'art de l'emballage sophistiqué: boîtes laquées, luxueux coffrets, écrins raffinés, dont je concevais les formes, avant de les faire fabriquer en Chine puis de les fournir, par dizaines ou centaines de milliers, à plusieurs marques renommées. Puisque tout s'emballe désormais. Puisque la plus médiocre marchandise se recroqueville au fond de ce qui l'enveloppe. Bientôt, il ne restera plus que des emballages. Et des professionnels du "packaging" comme on dit, contraints à renouveler sans fin les apparences des choses et des idées. .../..."

-Extrait de: "La Diagonale du Vide"- un roman de Pierre Péju- Editions Gallimard-