lundi 1 novembre 2010

vide-grenier and revue de presse


A prendre et à laisser, à boire et à manger, à rire ou à pleurer,  être d'accord ou râler... c'est le vide-grenier des local héros et limitrophes, pour dégager les stocks derrière les oreilles, vider les pochons et fourre-tout  des fins de moa et ne jamais oublier  si on y regarde d'un peu plus près que rien n'est complètement  et durablement  sérieux ou alors...































avec l'aimable participation de Johan, Philippe, Serge, Olivier, Rémy, Patch Barret and co

grizzly man

pêche en novembre et sagitaire avant de s'en servir



Pêcherie!
Voyons!
facile,
avoir la pêche et en rire!
et l'on dira  que c'est...
un peu tiré par les cordes,
forcément.



Dans une autre vie passée, présente  ou future, je ne sais pas bien encore, je crois cependant pouvoir distinguer en moi cet élément à la fois aquatique et terrestre, qui regarde sans trop faire de vagues, bouger l'océan au grès des courants de l'Histoire. 
Sans précipitation ni trop d'illusions sur la suite des opérations, laisser filer calmement  le carrelet pour qu'il barbote à son aise dans sa pataugeoire 
où le temps ferait son oeuvre
entre fil à retordre
et maille à partir.



Alors... le voyage s'invente et  s'organise au mieux du regard et ma seule ambition maritime consiste à surprendre cette ligne de fuite rectiligne et fugace au cul des bateaux, retardant sans trop y croire l'idée de leur passage. 
Et pour la leçon de chose, regarde bien, ce sont les plus discrets des rafiots qui laissent s'échapper  la plus belle trace. De quoi en apprendre sans doute et méditer sur une manière d'occuper l'espace où le bruit, la fureur, la prétention  et la peur d'un manque de reconnaissance seraient des moteurs pour  une existence voulant combler le vide et son silence.



Pêcherie rafistolée, bricolée... au charme désuet d'un avant-hier sans lendemain et pourtant toujours fidèle au poste d'observation , discrète en majesté, poème suranné à la rime incertaine et la prose trébuchante...
J'aimerais tant lui ressembler et... je m'y évertue... en sachant cependant que pour des raisons d'ordre technique, culturel et autre faits de société... au mieux  j'en serais une bien pâle copie , facile à démonter sous les assauts du paraître.




Mais...s'il n'en reste rien je veux être celui-là. Ne rien laisser paraître qui pourrait occuper inutilement un espace tellement convoité que je le cède volontiers à ceux qui s'évertueront à bien faire, à se croire indispensable, à s'imaginer professeur émérite en leçon de vie, mécanicien en descendance, carriériste aux soupapes bien huilées,  préposé aux portes de la distinction. Je veux être juste un moment  dans la nasse qui remonte en grinçant  entre  deux crabes verts et un peu de goémon , que l'on balancera ensuite par dessus bord pour ne servir à rien qu'à l'instant d'un décors. et à la multitude de l'oubli...


dimanche 31 octobre 2010

plus rien ne m'étonne




en résumé



"La mort ce serait le rêve si de temps en temps on pouvait ouvrir l'oeil"
-Jules Renard-



"Ces mains qui fermeront mes yeux et ouvriront mes armoires"
-Sacha Guitry-



"Les gens n'accordent guère d'importance à la vie, la preuve: quand ils la perdent, ils ne la réclament jamais."
-Jean Deluca-



"Les morts ont de la chance: ils ne voient leur famille qu'une fois par an, à la Toussaint."
-Pierre Doris-



"Plus vous laissez à vos héritiers, moins ils vous regrettent."
-Proverbe persan-

dimanche et soupe de crabes

 photo: Patrick Labouyrie


Serge étant parti très tôt  ce matin à la pêche, il nous ramène depuis ses casiers quelques crabes géants mâtinés d'Halloween et  attention.... ça pince...



 Et pour la recette de soupe de crabes? me direz-vous, maintenant que votre appétit dominical a été largement  titillé. Dame,  j'avais bien quelques idées à piocher dans de vieux grimoires familiaux  mais on va encore me dire que je pille les secrets des ancêtres aux pieds dans l'eau et bec sur la plage...Et puis, comme il existe  un Monsieur: Patrick Cadour qui raconte tellement bien  sur son blog les choses de la mer, le mieux c'est d'aller y faire un tour, il a la plume aussi leste que la cuillère, la fourchette et tout le tintouin et c'est pas peu dire:  cuisine de la mer
Pour ma part je file au marché voir si je peux y trouver quelques pétoncles c'est un peu si vous voulez une coquille Saint-Jacques  en miniature, avec tout le costume mais en nettement moins cher et en cette période d'austérité qui perdure...ne gâchons pas notre plaisir mais surveillons tout de même le tiroir caisse. Bon je vous laisse et vous  raconterais plus tard  la suite si j'en reviens...On ne sait jamais, les temps sont difficiles même si ça ne date pas d'hier...





"Si mon machin c'est du poulet,
La poule-au-pot doit bien se marrer.
Depuis que je touche des nouveaux francs,
Je mets des virgules aux ortolans.
Les temps sont difficiles!
Cet écrivain n'a pas de clients,
Il vit seul avec son talent.
Mais faut bouffer et faut ce qu'y faut,
Même si on bouffe au Figaro.
Les temps sont difficiles!

Ou Hallyday ou Dalida,
Y'a pas de raison qu'on en reste là.
Fous donc B.B. dans ta chanson,
Ça fera chanter tous les couillons.
Les temps sont difficiles!
Si d'Aznavour j'avais la voix,
Je pourrais me voir au cinéma.
Mais la petite vague m'a laissé là.
Moi, moi, moi qui me voyais déjà.
Les temps sont difficiles!

Ma femme veut jouer le président
Elle dit que c'est très plébiscitant
Pour lui montrer que je suis un homme
Je dois lui dire: - Par référendum!
Les temps sont difficiles!
Le matin c'est oui le soir c'est non
Elle me tient par conte des abstentions
Ni oui ni non ça fait???
Voila mon scrutin je garde mes scrupules
Les temps sont difficiles!

Quand on a pas les mêmes idées,
On se les refile, c'est régulier.
File moi ta part, mon petit Youssef,
Sinon je te branche sur le E.D.F.
Les temps sont difficiles!
Réponds, dis-moi où est ton pote,
Sinon tu va être chatouillé.
Dis-moi, réponds, lâche ta camelote:
Quand on questionne y a qu'à causer.
Les temps sont difficiles!

A Lyon la soie a débordé,
Le Rhône s'est foutu en jersey;
C'est comme l'amour quand ça se débine,
T'y fous de la soie y te rend du spleen.
Les temps sont difficiles!
Pour faire face à la vérité
J'ai poussé jusqu'à la télé
Où l'on m'a dit: "Vous demandez qui?
La vérité? C'est pas ici!"
Les temps sont difficiles!

Avant la guerre pour être putain,
Fallait une carte, un bout de terrain.
Des amis chez la mère Poulasse,
Un petit copain pour la paillasse.
Les temps étaient faciles!
Maintenant, c'est fini les conneries,
Faut faire son lit à France-Jeudi,
Tâter du Vadim à la une,
En attendant de montrer sa lune.
Les temps sont difficiles!

Van Gogh, las de peindre sa chaise,
S'était ouvert une portugaise.
Gauguin crevait à Tahiti,
Dans la mistoufle et dans l'ennui.
Les temps étaient bizarres!
Van Gogh maintenant vaut des millions,
Gauguin se vend mieux que du cochon.
Rien n'a changé on tourne en rond
Et dure dure ma chanson,
Le temps que je me marre..."
-Léo Ferré-




vendredi 29 octobre 2010

my song

mots à maux


Des mots en pagaille, en fouillis  qui s'interpellent, qui font parfois mine de ne pas se reconnaître quand ils sont trop sur d'eux. Ils possèdent  l'amertume fondante en arrière cour, le fatalisme des charges trop lourdes à vouloir déplacer et  l'humour en dérision  ou bandoulière afin de se retrouver dans la procession. Des mots vengeurs apeurés et lucides comme mise en bouche d'un avenir  aussi prévisible qu'incertain ou la règle du JE serait  cachée dans la boite. Des mots passés de mode à peine ils existent mais tout autant  intemporels, les causes s'habillant toujours des mêmes effets. Des mots en phrases, en courants d'air, en tourne en rond, en mirlitons et ponctuations...




"C'est quand même drôle que ce soit la maison de retraite la plus richement dotée de France, le Sénat, qui se charge de l'enterrement du système de retraite des citoyens français!"
-François Lebert-courrier des lecteurs-Télérama -




"Je m'étonne de certaines réactions parmi les baby-boomers au sujet de l'entrée des jeunes dans le débat sur les retraites: "Comment les jeunes peuvent-ils déjà penser à la retraite?","Ils ne font même pas partie du monde du travail", " ce sont des petits privilégiés qui défilent." Certains vont même jusqu'à s'étonner :"Pourquoi manifestent-ils puisqu'ils ne bénéficieront  pas du système de retraite par répartition?" 
Chers baby-boomers, n'oubliez pas que vous êtes la première génération à ne pas avoir connu la guerre, que vous avez connu le plein emploi, que vous avez hérité d'un pays sans dette, que vous avez gagné avec courage les grands combats de liberté et d'émancipation, que vous connaîtrez pour la plupart la retraite à 60 ans ou, tout au moins à moins de 65 ans. Et vous avez eu le luxe de la jeunesse: croire qu'un autre monde était possible.
Nous, les jeunes, nous connaissons le chômage massif, nous participons à vos retraites en occupant des emplois saisonniers pour payer nos études, nous sommes toujours stagiaires à 23 ans, nous avons très peu de députés de moins de 40 (une quinzaine, contre une centaine en 1981), nous entendons à longueur de temps que l'Etat-providence disparaîtra prochainement. Et nous avons le luxe des anciens: se sentir sous la menace, menace du sida, menace du réchauffement climatique, menace terroriste, menace de la ou plutôt de votre dette.
Dis papa, un autre monde est-il possible."
-Thomas Maurer-courrier des lecteurs -Télérama-




Mesdames et messieurs les parents de CRS, j'en appelle à votre responsabilité: pour faire cesser la violence qui s'installe en France, pouvez-vous faire en sorte que vos enfants restent chez eux? 
Les jeunes apprécieraient." -
Claire-Marie-courrier des lecteurs Télérama-


 histoire vraie...par Sneck


"Liberté : la parole de la population, à travers ses moyens d’expression démocratiques habituels, a été niée de manière systématique, parfois méprisante. Tout mouvement social, toute contestation notamment par les moyens de la non-violence active ont subi une criminalisation croissante. Nous sommes entrés dans un régime sécuritaire.
Egalité : ce régime sécuritaire a été mis au service de la protection des intérêts de quelques uns au mépris de l’intérêt de la majorité. Notre régime a atteint un niveau inédit de connivence d’intérêts entre membres d‘une élite politico-économique de plus en plus décomplexés. Le système de justice à deux vitesses qui punit plus lourdement le vol à l’étalage que la délinquance en col blanc est vécu comme une injustice.
Et que dire de la « fraternité » face à l’obscénité du renflouement des banques et aux mesures fiscales en faveur des plus riches, au moment où la « crise » frappe de plus en plus gravement les plus pauvres et où il n’y a plus d’argent pour financer les services publics les plus fondamentaux, au moment où une politique de plus en plus ouvertement xénophobe envers certaines minorités se met en place ? C’est au final une grave rupture du pacte social républicain qu’impose la politique d’Etat actuelle../.." -extrait du Manifeste des Désobéissants"



".../...A quoi rime tout cela ? Hier (mardi 19 octobre), je suis allé manifester. C'est devenu une habitude, renforcée par de longues discussions avec mes collègues et  mes amis. Je suis effaré par l?absence de réflexion, de débat de fond,  de questionnement. Aux manifs, lorsque l'on écoute les slogans, que l'on lit les tracts, je suis désolé mais je trouve cela dramatique.  Ça l'est encore davantage en écoutant les Duflot, Aubry, Besancenot et  Mélenchon? Tous sont en train de se positionner pour récupérer le  mouvement mais, surtout, pour ne pas remettre en question notre modèle de société. Tous sont dans une posture électoraliste et opportuniste, pour défendre des acquis sociaux qui ne font pas grand sens si l'on  ouvre les yeux sur l'absurdité de cette société de croissance  Il faut comprendre que, même si une retraite à 60 ans, ou à un âge plus  précoce encore, était possible, cela resterait absurde puisque l'enjeu est ailleurs. Il est dans le questionnement sur la centralité du  travail, sur le sens de nos vies et de ce que l'on produit et comment, > non dans le fait de se demander combien d?années il est acceptable de se livrer à une activité absurde et aliénante. L?appel aux lycéens est encore plus tragique : quel sens, à 16 ans (et j'ai fait la même chose en mon temps), y a-t-il à descendre dans la  rue, non pas pour une vie meilleure ou pour une réappropriation de nos choix de vie, maintenant, mais pour s?ennuyer en retraite à regarder  Drucker à la TV, à tondre la pelouse de son petit pavillon de banlieue  ou encore à laver sa belle bagnole dans 44 ans plutôt que 46 ! je suis désolé mais j'ai un sentiment d?amertume et de malaise par  rapport à tout ça? Et puis après, on fera quoi ? Comme pour le référendum sur le TCE,  comme pour le mouvement social contre le CPE, il va y avoir retrait de  la réforme mais de toute manière elle reviendra, sous une autre forme, dans 2-3 ans par le Parti Socialiste ou par d?autres, donc à quoi bon ?  Tout le monde va rentrer, en ayant la certitude d?avoir gagné une > bataille, sans se poser plus de questions, bien au chaud chez soi et  s'installer sur son canapé devant la télévision en mangeant des plats  préparés achetés au supermarché du coin, en bagnole, après une dure  semaine de labeur dans une entreprise de merde à produire ou à essayer de vendre des conneries !  A quoi rime tout cela ?  Lorsque l?on écoute la radio, que l'on lit les journaux, il n'y a  rien : pas débat de fond, pas de réflexion ! Juste des faits sur, ici  un abribus cassé, là Bussereau (Secrétaire d'Etat aux transports) qui  raconte n?importe quoi sur l'approvisionnement de gazole, de manoeuvre  de culpabilisation du citoyen à la sauce Borloo ou Lagarde, ou bien encore ici la queue dans les stations service, les trains qui  soi-disant roulent normalement, etc. Ou pire, des arguments démagogiques et malhonnêtes tels que : « il ne s'agit pas d'un choix  idéologique », « la société vieillit il faut allonger le temps de  travail« , en plus avec le soutien d'Angela (une bien pensante  allemande) et de David (le sauveur du PIB anglais).  Et bien sûr, en parallèle, la stratégie de guerre civile mise en place  par Sarko continue : le problème des banlieues, de l'insécurité puis  des roms, les éternels casseurs../..."  extrait d'un texte publié sur un forum et envoyé par Pascale


"Je pensais que le mot retraite signifiait la mise en retrait, la cessation d'une activité professionnelle souvent peu ou mal rémunérée. Je me rends compte qu'avec la réforme actuelle la re-traite ne sera plus que le prolongement de la traite (l'exploitation reconduite de l'homme par quelques-uns)."
Pierre Bernard-courier des lecteurs Télérama-



mercredi 27 octobre 2010

sur mon cou







"SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort."
-Le condamné à mort- Jean Genet.

Tomorrow...

...et demain dans la rue qu'il faudra encore une nouvelle  fois occuper pour  que l'espace  de nos fragiles libertés gagnées sur la souffrance  des coeurs et des poings  qui nous ont précédés ne  disparaisse à jamais dans une  duperie si bien emballée