dimanche 31 octobre 2010

en résumé



"La mort ce serait le rêve si de temps en temps on pouvait ouvrir l'oeil"
-Jules Renard-



"Ces mains qui fermeront mes yeux et ouvriront mes armoires"
-Sacha Guitry-



"Les gens n'accordent guère d'importance à la vie, la preuve: quand ils la perdent, ils ne la réclament jamais."
-Jean Deluca-



"Les morts ont de la chance: ils ne voient leur famille qu'une fois par an, à la Toussaint."
-Pierre Doris-



"Plus vous laissez à vos héritiers, moins ils vous regrettent."
-Proverbe persan-

dimanche et soupe de crabes

 photo: Patrick Labouyrie


Serge étant parti très tôt  ce matin à la pêche, il nous ramène depuis ses casiers quelques crabes géants mâtinés d'Halloween et  attention.... ça pince...



 Et pour la recette de soupe de crabes? me direz-vous, maintenant que votre appétit dominical a été largement  titillé. Dame,  j'avais bien quelques idées à piocher dans de vieux grimoires familiaux  mais on va encore me dire que je pille les secrets des ancêtres aux pieds dans l'eau et bec sur la plage...Et puis, comme il existe  un Monsieur: Patrick Cadour qui raconte tellement bien  sur son blog les choses de la mer, le mieux c'est d'aller y faire un tour, il a la plume aussi leste que la cuillère, la fourchette et tout le tintouin et c'est pas peu dire:  cuisine de la mer
Pour ma part je file au marché voir si je peux y trouver quelques pétoncles c'est un peu si vous voulez une coquille Saint-Jacques  en miniature, avec tout le costume mais en nettement moins cher et en cette période d'austérité qui perdure...ne gâchons pas notre plaisir mais surveillons tout de même le tiroir caisse. Bon je vous laisse et vous  raconterais plus tard  la suite si j'en reviens...On ne sait jamais, les temps sont difficiles même si ça ne date pas d'hier...





"Si mon machin c'est du poulet,
La poule-au-pot doit bien se marrer.
Depuis que je touche des nouveaux francs,
Je mets des virgules aux ortolans.
Les temps sont difficiles!
Cet écrivain n'a pas de clients,
Il vit seul avec son talent.
Mais faut bouffer et faut ce qu'y faut,
Même si on bouffe au Figaro.
Les temps sont difficiles!

Ou Hallyday ou Dalida,
Y'a pas de raison qu'on en reste là.
Fous donc B.B. dans ta chanson,
Ça fera chanter tous les couillons.
Les temps sont difficiles!
Si d'Aznavour j'avais la voix,
Je pourrais me voir au cinéma.
Mais la petite vague m'a laissé là.
Moi, moi, moi qui me voyais déjà.
Les temps sont difficiles!

Ma femme veut jouer le président
Elle dit que c'est très plébiscitant
Pour lui montrer que je suis un homme
Je dois lui dire: - Par référendum!
Les temps sont difficiles!
Le matin c'est oui le soir c'est non
Elle me tient par conte des abstentions
Ni oui ni non ça fait???
Voila mon scrutin je garde mes scrupules
Les temps sont difficiles!

Quand on a pas les mêmes idées,
On se les refile, c'est régulier.
File moi ta part, mon petit Youssef,
Sinon je te branche sur le E.D.F.
Les temps sont difficiles!
Réponds, dis-moi où est ton pote,
Sinon tu va être chatouillé.
Dis-moi, réponds, lâche ta camelote:
Quand on questionne y a qu'à causer.
Les temps sont difficiles!

A Lyon la soie a débordé,
Le Rhône s'est foutu en jersey;
C'est comme l'amour quand ça se débine,
T'y fous de la soie y te rend du spleen.
Les temps sont difficiles!
Pour faire face à la vérité
J'ai poussé jusqu'à la télé
Où l'on m'a dit: "Vous demandez qui?
La vérité? C'est pas ici!"
Les temps sont difficiles!

Avant la guerre pour être putain,
Fallait une carte, un bout de terrain.
Des amis chez la mère Poulasse,
Un petit copain pour la paillasse.
Les temps étaient faciles!
Maintenant, c'est fini les conneries,
Faut faire son lit à France-Jeudi,
Tâter du Vadim à la une,
En attendant de montrer sa lune.
Les temps sont difficiles!

Van Gogh, las de peindre sa chaise,
S'était ouvert une portugaise.
Gauguin crevait à Tahiti,
Dans la mistoufle et dans l'ennui.
Les temps étaient bizarres!
Van Gogh maintenant vaut des millions,
Gauguin se vend mieux que du cochon.
Rien n'a changé on tourne en rond
Et dure dure ma chanson,
Le temps que je me marre..."
-Léo Ferré-




vendredi 29 octobre 2010

my song

mots à maux


Des mots en pagaille, en fouillis  qui s'interpellent, qui font parfois mine de ne pas se reconnaître quand ils sont trop sur d'eux. Ils possèdent  l'amertume fondante en arrière cour, le fatalisme des charges trop lourdes à vouloir déplacer et  l'humour en dérision  ou bandoulière afin de se retrouver dans la procession. Des mots vengeurs apeurés et lucides comme mise en bouche d'un avenir  aussi prévisible qu'incertain ou la règle du JE serait  cachée dans la boite. Des mots passés de mode à peine ils existent mais tout autant  intemporels, les causes s'habillant toujours des mêmes effets. Des mots en phrases, en courants d'air, en tourne en rond, en mirlitons et ponctuations...




"C'est quand même drôle que ce soit la maison de retraite la plus richement dotée de France, le Sénat, qui se charge de l'enterrement du système de retraite des citoyens français!"
-François Lebert-courrier des lecteurs-Télérama -




"Je m'étonne de certaines réactions parmi les baby-boomers au sujet de l'entrée des jeunes dans le débat sur les retraites: "Comment les jeunes peuvent-ils déjà penser à la retraite?","Ils ne font même pas partie du monde du travail", " ce sont des petits privilégiés qui défilent." Certains vont même jusqu'à s'étonner :"Pourquoi manifestent-ils puisqu'ils ne bénéficieront  pas du système de retraite par répartition?" 
Chers baby-boomers, n'oubliez pas que vous êtes la première génération à ne pas avoir connu la guerre, que vous avez connu le plein emploi, que vous avez hérité d'un pays sans dette, que vous avez gagné avec courage les grands combats de liberté et d'émancipation, que vous connaîtrez pour la plupart la retraite à 60 ans ou, tout au moins à moins de 65 ans. Et vous avez eu le luxe de la jeunesse: croire qu'un autre monde était possible.
Nous, les jeunes, nous connaissons le chômage massif, nous participons à vos retraites en occupant des emplois saisonniers pour payer nos études, nous sommes toujours stagiaires à 23 ans, nous avons très peu de députés de moins de 40 (une quinzaine, contre une centaine en 1981), nous entendons à longueur de temps que l'Etat-providence disparaîtra prochainement. Et nous avons le luxe des anciens: se sentir sous la menace, menace du sida, menace du réchauffement climatique, menace terroriste, menace de la ou plutôt de votre dette.
Dis papa, un autre monde est-il possible."
-Thomas Maurer-courrier des lecteurs -Télérama-




Mesdames et messieurs les parents de CRS, j'en appelle à votre responsabilité: pour faire cesser la violence qui s'installe en France, pouvez-vous faire en sorte que vos enfants restent chez eux? 
Les jeunes apprécieraient." -
Claire-Marie-courrier des lecteurs Télérama-


 histoire vraie...par Sneck


"Liberté : la parole de la population, à travers ses moyens d’expression démocratiques habituels, a été niée de manière systématique, parfois méprisante. Tout mouvement social, toute contestation notamment par les moyens de la non-violence active ont subi une criminalisation croissante. Nous sommes entrés dans un régime sécuritaire.
Egalité : ce régime sécuritaire a été mis au service de la protection des intérêts de quelques uns au mépris de l’intérêt de la majorité. Notre régime a atteint un niveau inédit de connivence d’intérêts entre membres d‘une élite politico-économique de plus en plus décomplexés. Le système de justice à deux vitesses qui punit plus lourdement le vol à l’étalage que la délinquance en col blanc est vécu comme une injustice.
Et que dire de la « fraternité » face à l’obscénité du renflouement des banques et aux mesures fiscales en faveur des plus riches, au moment où la « crise » frappe de plus en plus gravement les plus pauvres et où il n’y a plus d’argent pour financer les services publics les plus fondamentaux, au moment où une politique de plus en plus ouvertement xénophobe envers certaines minorités se met en place ? C’est au final une grave rupture du pacte social républicain qu’impose la politique d’Etat actuelle../.." -extrait du Manifeste des Désobéissants"



".../...A quoi rime tout cela ? Hier (mardi 19 octobre), je suis allé manifester. C'est devenu une habitude, renforcée par de longues discussions avec mes collègues et  mes amis. Je suis effaré par l?absence de réflexion, de débat de fond,  de questionnement. Aux manifs, lorsque l'on écoute les slogans, que l'on lit les tracts, je suis désolé mais je trouve cela dramatique.  Ça l'est encore davantage en écoutant les Duflot, Aubry, Besancenot et  Mélenchon? Tous sont en train de se positionner pour récupérer le  mouvement mais, surtout, pour ne pas remettre en question notre modèle de société. Tous sont dans une posture électoraliste et opportuniste, pour défendre des acquis sociaux qui ne font pas grand sens si l'on  ouvre les yeux sur l'absurdité de cette société de croissance  Il faut comprendre que, même si une retraite à 60 ans, ou à un âge plus  précoce encore, était possible, cela resterait absurde puisque l'enjeu est ailleurs. Il est dans le questionnement sur la centralité du  travail, sur le sens de nos vies et de ce que l'on produit et comment, > non dans le fait de se demander combien d?années il est acceptable de se livrer à une activité absurde et aliénante. L?appel aux lycéens est encore plus tragique : quel sens, à 16 ans (et j'ai fait la même chose en mon temps), y a-t-il à descendre dans la  rue, non pas pour une vie meilleure ou pour une réappropriation de nos choix de vie, maintenant, mais pour s?ennuyer en retraite à regarder  Drucker à la TV, à tondre la pelouse de son petit pavillon de banlieue  ou encore à laver sa belle bagnole dans 44 ans plutôt que 46 ! je suis désolé mais j'ai un sentiment d?amertume et de malaise par  rapport à tout ça? Et puis après, on fera quoi ? Comme pour le référendum sur le TCE,  comme pour le mouvement social contre le CPE, il va y avoir retrait de  la réforme mais de toute manière elle reviendra, sous une autre forme, dans 2-3 ans par le Parti Socialiste ou par d?autres, donc à quoi bon ?  Tout le monde va rentrer, en ayant la certitude d?avoir gagné une > bataille, sans se poser plus de questions, bien au chaud chez soi et  s'installer sur son canapé devant la télévision en mangeant des plats  préparés achetés au supermarché du coin, en bagnole, après une dure  semaine de labeur dans une entreprise de merde à produire ou à essayer de vendre des conneries !  A quoi rime tout cela ?  Lorsque l?on écoute la radio, que l'on lit les journaux, il n'y a  rien : pas débat de fond, pas de réflexion ! Juste des faits sur, ici  un abribus cassé, là Bussereau (Secrétaire d'Etat aux transports) qui  raconte n?importe quoi sur l'approvisionnement de gazole, de manoeuvre  de culpabilisation du citoyen à la sauce Borloo ou Lagarde, ou bien encore ici la queue dans les stations service, les trains qui  soi-disant roulent normalement, etc. Ou pire, des arguments démagogiques et malhonnêtes tels que : « il ne s'agit pas d'un choix  idéologique », « la société vieillit il faut allonger le temps de  travail« , en plus avec le soutien d'Angela (une bien pensante  allemande) et de David (le sauveur du PIB anglais).  Et bien sûr, en parallèle, la stratégie de guerre civile mise en place  par Sarko continue : le problème des banlieues, de l'insécurité puis  des roms, les éternels casseurs../..."  extrait d'un texte publié sur un forum et envoyé par Pascale


"Je pensais que le mot retraite signifiait la mise en retrait, la cessation d'une activité professionnelle souvent peu ou mal rémunérée. Je me rends compte qu'avec la réforme actuelle la re-traite ne sera plus que le prolongement de la traite (l'exploitation reconduite de l'homme par quelques-uns)."
Pierre Bernard-courier des lecteurs Télérama-



mercredi 27 octobre 2010

sur mon cou







"SUR MON COU sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort."
-Le condamné à mort- Jean Genet.

Tomorrow...

...et demain dans la rue qu'il faudra encore une nouvelle  fois occuper pour  que l'espace  de nos fragiles libertés gagnées sur la souffrance  des coeurs et des poings  qui nous ont précédés ne  disparaisse à jamais dans une  duperie si bien emballée

les poissons ne connaissent pas l'adultère


Plus je m'avance dans cette semaine et  plus il me semble qu'elle serait en quelque sorte -sur l'espace imparti à ce blog en tout cas- placée sous le signe du poisson. Je n'ai pas d'explication particulière au mieux rationnelle à délivrer concernant le "problème", c'est une simple constatation qui vaut le temps qu'on s'y attarde et guère plus sans-doute, et l'on pourrait presque s'imaginer que la semaine se terminera en beauté sur une recette de cuisine, genre cari de lotte, mais...
rien n'est moins sur.

Pour aller dans le sens de mon pré en bulles -sinon à quoi bon-voici un extrait d'un livre de Carl Aderhold-aveyronnais  du nord comme son nom  l'indique puisque  né à Decazeville en 1963 et  -personne n'est parfait-spécialiste en histoire et littérature du 18em.

"Les poissons ne connaissent pas l'adultère" joli titre n'est-ce pas, et de plus qui s'articule à une vérité scientifique-ah dame si  c'est scientifique... Ceci dit, pour les sciences on n'abusera pas pour la suite de l'histoire à moins que, peut-être entre les lignes et  du côté  des sciences humaines...

.../...
-Tu devrais leur raconter l'histoire du Licaar...
Vincent prend un air contrarié. Combien de fois il l'a servi ce numéro, quand un parent, un ami au cours d'un repas lui demande "Et toi tu fais quoi?" Devant leur incompréhension, il leur parle du Licaar et ils s'esclaffent d'un rire gras et supérieur.
-Dans un des bestiaires qu'étudie mon ami, commence Nicolas sans attendre, il y a un chapitre consacré aux animaux marins...
-C'est dans le livre des propriétés des choses de Jean Corbechon, grommelle Vincent.
-C'est ça, reprend Nicolas, qui avance sur le bord de son siège pour se rapprocher de Colette et Julia.
Son geste n'échappe pas à Muriel. Nicolas cherche à séduire cette fille, elle en est sûre. il ne peut résister à l'appel d'une paire de seins dans un décolleté. Elle donne un bref coup de coude à Aude. Si elle n'y prend pas garde, il est capable d'avoir une aventure avec l'autre d'ici Toulouse! Mais Aude ne semble pas s'en inquiéter.
-Donc Corbechon raconte que, selon Aristote, les poissons sont plus ou moins gras, suivant les périodes de l'année. C'est parce que certains s'engraissent du vent du nord...Ce sont lesquels déjà?
-Les poissons ronds.
-Voilà et d'autres espèces, longues et plates, se nourrissent des vents du midi. Puis Corbechon se lance dans une digression sur la pluie. D'après lui, si elle est bénéfiques à certains comme l'huître qui produit ainsi la perle, elle peut en rendre aveugle d'autres.
-Aveugle? s'étonne Colette.
Oui mais Corbechon ne précise pas lesquels. Et puis, il y a le Licaar, c'est un tout petit poisson...
Il existe vraiment?
-...qui vit dans les profondeurs de la mer, poursuit Nicolas, en lançant un clin d'oeil malicieux à Julia. Il est si minuscule et si fragile qu'il demeure caché dans des grottes sous-marines. Son existence serait des plus paisibles, si le malheureux n'avait été affublé d'une curiosité maladive qui le pousse à sortir de sa tanière et à remonter régulièrement vers la surface pour voir le monde!
Colette sourit.
-C'est très sérieux, réplique Nicolas. Car un danger très grave le menace. si par malheur, ce jour-là , il tombe des cordes, il suffit qu'une goutte de pluie le touche pour qu'instantanément, il meure!
-Un poisson qui craint l'eau! pouffe Colette;
Tous rient sauf Vincent, et Muriel qui surveille le manège de Nicolas.
Aude jette à nouveau un regard admirateur à son mari. Elle pense qu'il devrait remplacer Vincent à sa conférence. Cela se passerait beaucoup mieux . Elle  craint deviner ce que ressent Vincent. Elle est comme lui. Il y a ceux qui écoutent et ceux qui parlent. C'est pour ça qu'elle a arrêté ses études de musicologie.
Julia ne quitte pas Vincent des yeux.
-Mais vous? Lui demande t-elle un peu intimidée. Qu'est-ce  qui vous intéresse dans ces histoires?
La question le surprend. il aimerait lui expliquer que peu importe la vérité, seule compte la signification de l'histoire, tels  ces miroirs déformants qui réfléchissent une image enfouie au fond de nous, qu'en l'occurrence le Licaar représente l'homme qui cherche à découvrir les mystères de la Création...Il voudrait lui dire qu'il y a toujours un sens à ce qu'on fait, même si c'est à notre insu...
-En fait, explique Nicolas, ces bestiaires permettent de comprendre comment les gens voyaient le monde. Vous savez, nous croyons aujourd'hui en des choses qui feront sourire les générations futures...
Vincent paraît soudain si triste.
Si elle était sa femme, Julia lui enlèverait ses lunettes et l'embrasserait.../..."

Carl Aderhold- "Les poissons ne connaissent pas l'adultère"  Editions JC LAttès-

un avis sur le bouquin en question

à pied, sans cheval et sans voiture


Elle s'était échoué là , au retour d'une grande marée. Elle n'avait pas pu finir  sa route et c'est ainsi qu'elle avait été cruellement abandonnée par sa jumelle qui  voulait continuer -en  état Dame - à prendre son pied. C'était  donc cela ,ce que les anciens  appelaient:" la dure loi du Talon" ?
Elle avait attendu pendant des heures,  et sous les moqueries des passants que quelqu'un  veuille bien venir la chercher et  l'emmène gentiment   vers d'autres horizons car elle n'était pas habituée à se trouver de cette lanière sous les regards de tous et de chacun.
Pour tout dire elle était d'un genre plutôt timide et habituée à raser le sol.

Elle, qui avait glissé et tourné encore et encore  sur des parquets vernis,  fréquenté des casinos illuminés qui la mettait tellement en valeur sous les projecteurs, trainé sur des moquettes épaisses,  dormi sur des tapis d'Orient... côtoyé les plus nobles cuirs , marché au couchant sur le pont des plus beaux" liner", croisé les grands de ce monde et vu de près tous leurs artifices, elle, fabriquée par un artisan aux mains si habiles et aujourd'hui ...lâchement plaquée, sur un coup de tête en plus , par sa propriétaire  qui avait voulu faire sa belle, que dis-je sa gamine, sa maligne  ... oui... sur le muret  escaladant cette plage et... en la perdant en route. Mademoiselle avait continué de courir, comme si de rien était,  en riant aux éclats jusqu'à s'engouffrer dans la belle automobile qui l'attendait, moteur paisible, juste  à quelque pas .

Oh ce rire...  heureux et insouciant , comme il résonnait encore, atroce, impitoyable...odieusement même. Elle qui avait toujours répondu présent, jamais rechigné devant les caprices, les flaques d'eau où mademoiselle faisait exprès  d'aller, bien sur, et les coups de pied en douce, le trépignement  d'impatience, les colères où elle se retrouvait les quatre fers en l'air au milieu d'une chambre d'hôtel...
En quelques secondes, comme un chien au bord de l'autoroute, une grand-mère dans un fast food... on l'avait "oubliée" sans son double et  au milieu de nulle part.
Là-bas le ciel se faisait menaçant.. A tous les coups il allait pleuvoir  et elle allait finir ainsi... trempée, méconnaissable et tellement  vulgaire, dans cet endroit  où elle avait mis le pied, ce matin  pour la première fois et  tout ça, parce que Mademoiselle avait voulu subitement aller courir sur la grève (ici bien nommée, hum!...)   avant de rejoindre La Baule et le Castel Marie Louise où ils passaient quelques jours de vacances avec Daddy...
Elle eut subitement, comment dire...
 comme un coup de pompe.

mardi 26 octobre 2010

cherish the day







"You're ruling the way that I move
Not breathe your air
You only can rescue me
This is my prayer

If you were mine
If you were mine
I wouldn't want to go
To heaven

I cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
You won't catch me running
You're ruling the way that I move
You take my air
You show me how deep love can be

You're ruling the way that I move
Not breathe your air
You only can rescue me
This is my prayer

I cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
You won't catch me running, ah
Cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
Won't run away

You show me how deep love can be
You show me how deep love can be
This is my prayer

Cherish the day
I won't go astray
I won't be afraid
Won't run away
Won't shy
Cherish the day
I won't go astray

I cherish the day
I cherish the day
I cherish the day"
-Sade-

c'était un grand meetingue





"Franchir la Frontière"  du  18 au 21 novembre-MEETING N° 8