mercredi 13 octobre 2010

question à un soldat retraité

photo: Lydie T.

"Je prends une fleur et je trouve des plumes sur mes doigts. Je pense que c'est un mauvais présage : cette main qui transforme les fleurs en oiseaux morts, je peux lui faire faire des choses bien pires. Je reçois une nouvelle angoissante au téléphone, et je pressens que c'est cela que j'avais dans la main il y a un instant. A chaque toucher, on perd quelque chose, et dans cette insensibilité, nous tuons toujours une vie plus petite. C'est probablement ce qui se passe dans mon esprit. Sinon ou iraient ces hordes grandissantes de mots et de noms, et pourquoi sentirais-je toujours que des couches d'existence vivante et de souvenirs se sont noyés en lui? Restent le grandes lignes mais qui sait s'il n'y avait pas en dessous d'autres grandes lignes ? Et qu'est ce qui est effrayant, sinon le bruit qui ne monte pas à la surface?
Nous regardons, et nous tuons des choses plus petites sous le regard. Nous pensons,et nous perdons d'autres pensées, puisqu'il nous faut toujours recommencer à partir d'une chose morte. Il s'agit d'une capacité à faire disparaître qui nous est accordée, gratuitement, mais comme prélude à quelque chose de plus grand.
L'atroce explosion est délimitée dans une étroite parcelle et sous une tente. elle n'a causé aucun chaos, et nous nous émerveillons d'un tel soin, d'une telle propreté. elle sera formidable cette existence comprimée dans une capsule, et toujours prête à accomplir son devoir. et ainsi bien sûr, il n'y aura ni gaspillage ni retard. Nous ne pêcherons pas les choses avec des pensées plus grandes qu'elles, et nous ne créerons pas, d'un simple contact, des ogres ou des épidémies. En effet que se passe- t-il lorsque des scies à peine visibles cassent des murs, ou qu'une ville se transforme en une grande flaque de graisse? Que se passe t-il lorsque toute chose n'arrive plus qu'à cette échelle, et qu'on fait offrande d'énormes morceaux pour nourrir le vide? Et bien sûr, il n'est pas possible d'entendre une petite musique sous les pierres, ni d'y prédire la naissance d'une herbe. Qu'arrive t-il à deux bras qui ont travaillé comme des matraques pour sortir des enfants  de la poussière transparente, et les exposer, renversés, devant les caméras? Qu'arrive t-il à deux bras qui sont sortis des murs comme la grue, ont avalé des escaliers arrachés et des ailes brisées? Les bras et le coeur se couvrent de corne, et ce n'est pas une question qu'on peut poser à un soldat retraité , ni à une fleur."

-"Question à un soldat retraité" extrait de: "portes de Beyrouth et autres poèmes"- un recueil de Abbas Beydoun- traduction Nathalie Bontemps- Editions Actes Sud

celui qui dit qui laid


orthographe également en grève..m'enfin...pour le fin du fond
 attendons  en effet, que les votants -tripotants des deux assemblées et  donneurs de leçon nous montrent l'exemple...

in your eyes

les terres défrichées


du 15 octobre au 13 novembre, c'est la deuxième édition de "Terres Défrichées" avec des artistes locaux, régionaux et nationaux
pour des cabarets, spectacles vivants, concerts, rencontres, projection de films...
avec (en autre) :


Alexis HK



Flanaghan and the Jack






Lili Cros et Thierry Chazelle



 Ayé  Céyi


Hector le facteur



...
pour en savoir plus

les celtomania

jusqu'au 31 octobre sur 15 communes de la Loire atlantique
plus d'infos

c'est l'histoire d'un matin....



-L'autre:C'est l'histoire d'un matin qui....
-La voix off: Ah non, excusez-moi...mais... si je peux me permettre, ça ne va pas du tout. Les histoires c'est pas le matin qu'on les raconte et puis pour qui d'abord hein? Les histoires c'est le soir, enfin au moment du coucher quoi! D'accord?
-le résumeur::L'autre, un peu décontenancé et pas franchement content non plus..;marmonne un peu dans sa barbe toute fraiche de la nuit , ce qui oblige le perchman qui fait superbement le pied de grue, à rapprocher son micro, sinon on va rien entendre de ce qu'il dit l'autre et alors faudrait  refaire la prise et...au prix où sont les prises comme disait mon grand-père qui s'en mettait plein les narines dans l'église pendant la guerre, mais heu...je m'égare, ça c'est une autre histoire...( la voix off entre-parenthèse:oui et en plus le perchiste il fatigue là)
-l'autre: pas le matin, pas le matin, qu'est-ce qu'elle en sait la voix de garage? D'abord, mon histoire elle est pas forcément pour le ptits qui vont au lit, pourquoi elle serait pas aussi pour les grands qui doivent se lever hein(g)?
-la voix off: Ben, il est béta lui, quand on se lève on a pas le temps d'écouter des histoires tiens!
-L'autre: Ah ouais et la radio quand tu te rases...elle raconte pas des histoires, elle? et la télé devant ton bol de ricorée?et...
- la voix off::Oh, ça suffit, pas la peine de faire le malin, tu m'as bien compris, je veux parler d'une vraie histoire, un conte si tu préfères...
-L'autre: Ben faudrait savoir: une vraie histoire ou un conte?... parce que c'est pas pareil et puis entre-nous soit-dit, dans le poste, ils en racontent en pagaille  des histoires qu'on sait même pas si c'est des vraies ou des fausses à force, des histoires à dormir debout, des contes d'apothicaires, des nouvelles défraîchies, des aventures bateau, des récits tout rassis qu'on écoute assis et même tout seul aussi..;
-la voix off: Oui , oui...pas la peine de faire le malin pour la galerie, tu a bien compris ce que je voulais dire;
-le résumeur: l'autre hausse les épaules deux fois et ptêt même trois
-( la script à lunettes et entre parenthèses: En tout cas,  dans le scénario c'était deux, pas trois, na!)
-Le résumeur: script à lunettes, ça fait un peu  pléonasme non?
-L'haut perchiste: "Et avec ça, j'vous sers quelque chose?
-Le résumeur: On sent comme un léger flottement sur le plateau et même chez la script qui est pourtant une femme à plateau; Le metteur en scène essaye de s'ébouriffer du plat de la main les trois cheveux qu'il lui reste sur le fronton du crâne, l'héroïne -comme d'habitude-  est à deux doigts de prendre la poudre d'escampette, le perchman en profite pour faire son show, son seau, heu! son sot , merde,  c'est pas facile à dire: son saut;
- l'autre: bien la peine d'être résumeur, si on est pas foutu de raconter des histoires pfffffff
-Le résumeur: Et de quoi je me mêle, Mösieur je sais tout, qu'est même pas capable de se rappeler de son texte et qu'a  été récupéré sur le fil   à l'anpe des intermittents...
-l'autre: gnaingnaingnain d'abord on dit plus anpe on dit Paul emploie;
-Le Résumeur: ah bon ben vla autre chose qui c'est ce Paul jamais entendu  causer  dans la profession. et puis...
-le metteur en scène (très en colère-voix off-: taisez-vous, ça commence à bien faire, vos conneries, avec tout ça, on sait même plus où on en est
-le résumeur: ( boudeur, qui vient de s'arracher un poil de nez -voix off) :qui fait décidément tout (le résumeur) ben on est au moment où l'autre il commence son histoire par, je cite: "c'est l'histoire d'un matin qui..."
 -La script à lunettes: Mais ça va pas du tout...il peut pas raconter une histoire le matin, c'est complètement incohérent et puis le matin, les gens ils ont autre choses à faire qu'à écouter des histoires
-la voix off: Tiens, qu'est-ce que je disais?
-l'héroïne (qu'en fait toujours des caisses entre deux prises - voix off) : Vous me faites tous chier, je retourne dans ma caravane puisque c'est ça, j'vais pas continuer à me les geler en plein courant d'air pour une histoire débile, où j'ai pas encore  réussi à en placer une , un scénario à la noix, du personnel incompétent et...
-la script à lunettes, l'autre, le perchman, la voix off, le résumeur, le metteur en scène( en coeur-le résumeur): "Ta gueule"
-Boudiou ça fait du bien -voix off
-Le metteur en scène: de toutes façons c'est plus la peine maintenant, l'autre elle s'est barrée et
-L'autre: Ah non moi je suis toujours là
-Le metteur en scène : tout rouge (voix off): Mais je ne parle pas de toi, allez c'est marre, faites ce que vous voulez,  coupez moi ça,  je vais me coucher.
- la voix off au résumeur (tout bas- voix off) Faudrait ptêt en parler au producteur non? j'ai jamais vu un tournage pareil, du grand n'importe quoi oui!
-l'autre: c'est l'histoire d'un matin qu'en finissait pas d'arriver qu'on se demandait même si on le verrait un jour tellement il avait pas envie de se lever ; un matin calme comme la mer quand elle met pas son huile sur le feu; un matin à se faire des tresses sous la couette, à sortir juste le bout du nez pour qu'on dise qu'il est tout frais, en bonne santé et bon pour le service alors que lui, il voudrait juste rester là et  qu'on lui raconte encore des histoires, même et surtout  des pas vraies, des compliquées dans ses rêves où il est toujours un autre avec de superbes idées et des aventures que t'en resterais baba, scotché dans ton fauteuil . Un matin pour espérer, pour imaginer la vie comme si elle allait changer et qu'on se lèverait en disant :"tiens aujourd'hui, tu vas voir ce que tu vas voir, au lieu de....
la gueule farcie de ton chef parce que t'as  encore loupé ton réveil en voulant écouter une histoire  jamais commencée...

mardi 12 octobre 2010

12 octobre rouge



un résumé de la journée titré et envoyé par Rémy

c'est dans les vieux pots...


Les luttes perdurent bien sur, puisque comme chacun sait -ou devrait savoir...-ce qui est gagné un jour par la force des convictions et  de la solidarité ne l'est jamais véritablement . Les tenants du toujours plus de fric pour eux et d'économie sur le dos de la masse des autres( "la rue" comme ils disent  à la télé et caniveau en aparté...) n'ont jamais dit leur dernier mot et toutes les occasions sont bonnes par la peur, la division, le mensonge et... les matraques pour faire rentrer les moutons dans la bergerie et leur tondre la laine sur le dos.

Il y a plus de trente ans maintenant , grâce à la détermination et au courage des habitants de Plogoff  et au formidable élan de fraternité qui s'est manifesté un peu partout dans l'hexagone, le projet de centrale nucléaire sur un site aujourd'hui classé et protégé "la pointe du Raz" n'a pu voir le jour. Pourtant,  rien n'était gagné d'avance, les technocrates et leurs alliés politicards associés au nec plus ultra des forces répressives ...s'en sont donné à coeur joie pour humilier, dénigrer, battre et enfermer les opposants.
Aujourd'hui dans un autre contexte bien sur même si le fond est finalement toujours le même- le droit d'exister -Debout- de la majorité contre l'avis de quelques nantis vulgaires et cyniques...- aujourd'hui donc, on nous dit que ce n'est plus la peine d'aller manifester puisque on a voté et alors... circulez y-a rien à voir. Ben voyons. La claque  officielle a toujours et de tout temps  procédé ainsi, faire croire que c'est pour notre bien qu'elle agit et qu'elle  ne peut pas faire autrement, alors que:
Les comptes  du Cac 40 l'attestent s'il était encore besoin de le prouver..que ces gens là: cravatés, ouatés, délicats et manucurés... baratinent comme il faut et s'égosillent trémolo UNIQUEMENT pour  leurs privilèges et satisfaction de leur libido/ pouvoir tout en utilisant le droit de vote -dans les démocraties, (ailleurs c'est encore un peu plus compliqué...) comme garantie de leurs lois et décrets à suivre, quitte, comme on l'a vu pour le référendum sur la constitution européenne à s'asseoir dessus quand ça les arrange et d'ailleurs, ils s'en arrangent toujours, des lois, de la justice , de la morale  toujours bonne pour les autres. Eux  ils sont d'un autre monde plus feutré où l'on se débrouille toujours  entre coquins.

J'ai perdu depuis longtemps les illusions d'un grand soir où l'on raserait gratis... Ceux qui  nous ont vendu cette came sont maintenant les mêmes qui nous demandent d'être raisonnables et de la fermer, pour qu'ils puissent vivre leur retraite  bien dorée sur notre tranche de paillasson. Peut-être que c'est un baroud d'honneur d'être dans la rue aujourd'hui, peut-être qu'on n'arrivera pas pour cause de frilosité ambiante à faire reculer leur loi du plus fort et pan dans ta gueule....mais rien que de les imaginer ces quelques heures à flipper dans leur costume bien coupé , à se demander si ça va pas dégénérer , si la jeunesse.... etc etc rien que pour ça,
 hier à Plogoff et aujourd'hui partout en France
VIVE LA VIE...
VIVE LA LUTTE...
VIVE LA GREVE...



rétrospective Judith Reigl


Jusqu'au 2 janvier au musée des beaux arts de Nantes (Naoned)



Judith Reigl-"flambeau de noces chimiques"- musée des Beaux Arts de Nantes-

penser ses plaies