samedi 29 mai 2010

a signer sans modération



envoyé par André

Haro général sur cette pétition ! A signer par tout défenseur du patrimoine breton

Incroyable, Monstrueux ! Le Festival Interceltique de Lorient atteint le comble du ridicule et du grotesque !
 
Le Vignoble breton subit une nouvelle humiliation : après l'éradication progressive de l'Hermine sur les bouteilles de Muscadet au profit de la seule "Fleur de Lys", voilà ce dernier interdit de vente sur les stands du festival interceltique au profit d’une exclusivité pour les vins de Bordeaux...

En ce 40° anniversaire déclaré "année de la Bretagne", cette décision est ubuesque. Nous demandons donc aux responsables de l'organisation du FIL et aux institutionnels de Bretagne de faire en sorte que le festival redevienne, en cette année si particulière, un festival de promotion de la Bretagne comme cela a été si bien fait pour les autres nations celtes. Les questions de financement ne sauraient passer avant la reconnaissance de notre nation. Bevet Breizh !

Mignoned, setu ur goulennadeg evit ar gwin gwenn Breizh er FIL!!!
Gwir Vretoned, Tud a galon, war sav !
Lakait ho anv amañ, Trugarez!
Signez d'urgence ici ! Et faites suivre ce message à vos amis

UNE VISION DU MONDE



Dom Duff est chanteur-musicien et j'ai trouvé dans le mensuel vannetais "Bretons"  un texte où il donne sa vision du monde à travers la langue bretonne:




"Cette vision du monde n'est pas différente, elle n'est qu'une vision parmi tant d'autres. Je suis même persuadé que c'est la vision la plus répandue au monde. L'environnement contribue à cette vision. en ce qui me concerne, cet environnement est un ensemble qui comprend à la fois la langue, le mode de vie rural et maritime.
Le fait de parler, de comprendre le breton, ou tout simplement d'avoir l'accent, fait que tu es repéré par le quidam qui l'entend: soir comme un intrus qui sort de sa campagne, soit comme un ami qui, lui aussi, a sa particularité. Automatiquement, tu échanges avec ce dernier. L'autre va te tolérer ou te moquer, ou faire preuve de compassion. L'accent et la langue, pour moi c'est pareil. Tu dois composer avec cet environnement et tu te rends compte qu'avec ce que tu portes, tu ne pars pas gagnant, du sens français du terme. Tu "fais avec", tu ignores ou tu réagis en revendiquant ton breton, en t'affirmant.
Parler breton c'est aussi parler avec les parents, les grands-parents, ceux avec qui tu t'accroches quand tu es adolescent et qui ne te comprennent pas. Mais le langue te lie à eux. De plus, tu n'as pas à défendre, une quelconque attitude dans ton langage, contrairement au français où l'on te bassine depuis l'école primaire avec un "beau parler français", tellement éloigné du tien.

Brezhoneg ça reste la langue de l'humour, des fêtes, des engueulades, des histoires de famille, des voisins, des proches, des manifs. Un langue du coeur: quelqu'un a dit ça un jour du breton.
Pourquoi y a-t-il toujours une banderole en breton dan chaque manif? Pourquoi la plupart des chauffeurs routiers ont un Gwenn-ha-Du dans leur camion? La plupart des bateaux aussi? Je ne pense pas que tous les Gwenn-ha-Du qui flottent relèvent d'un acte de repli identitaire, gast! Non, c'est juste pour montrer qu'on est là, de temps en temps, quand même. Et pas besoin de danser la gavotte et de manger des crêpes tous les jours pour ça. Tu n'es pas breton que du 14 juillet au 15 août!

En breton, tu subis les choses et les éléments (la faim vient à moi, la peur, la soif...), tu reste modeste par rapport à ce qui t'entoure, peut-être trop d'ailleurs. Tu ne râles pas parce que l'eau est fraîche en été, ou que la marée est basse à quatorze heures, tu sais que tu n'y peux rien. De là à te demander de laisser de côté ta nationalité, non.

A l'inverse, la langue ou l'accent gagne aussi les nouveaux résidents en Bretagne. c'est parfois contagieux quand tu t'y sens bien. Je remarque que la plupart des navigateurs au long cours "attrapent" un fichu accent breton. Comme si le rapport aux éléments et l'accent étaient liés. Ecoute Le Cam, Jourdain...Je vois des noms bretons germer sur les murs des maisons, en quelque sorte une signature et un accord de principe avec le pays. Pas besoin de débat sur l'identité. On nous a toujours interdit les débats, dont acte, pour cette fois.

Et ça voyage, ça bourlingue. Mais un Breton ne  le fait pas avec l'arrière-pensée de reconstruire sa propre colonie sur un territoire, de se l'approprier. Il se fond dans la population. pourtant les trois quarts du temps, il revient en courant à la maison, même s'il est parfois reposant d'oublier cette appartenance bretonne et de ses perdre dans la foule.

Mais le chef, c'est l'accent! C'est la braise. Tu souffles dessus, la langue repart. C'est lui qui donne la mélodie. La vie pour un Breton, c'est mélodie qui peut être mélancolique, alors tribale, rude. Tu fais sonner les mots, l'air et le rythme en découlent.
mais attention, nous ne sommes pas une culture régionale; attention d'être la cadette des poupées gigognes, c'est un enjeu qui ne rime à rien. Les cases fatiguent, elles rassurent ceux qui veulent s'y mettre; pourquoi pas "province" pendant qu'on y est. Je suis sans doute un chanteur qui a une autre vision, pas le seul, mais la vision jacobine veut cloisonner tout ça pour le contrôler d'en haut.

En ce sens, le breton donne une autre vision. tu prends les petits chemins parce que les grands sont obstrués, tu contournes l'Hexagone et l'Hexagone s'intéresse à toi lorsque l'extérieur en parle. C'est vrai pour tout ce qui est breton: culture, agriculture, pêche, sport...On surgit de nulle part, on n'est pas programmé pour être là à ce moment-là, mais on y est. Et quand on y est, c'est dur de se séparer de nous. On nous éclipse ensuite, mais on ne court pas après les chasses gardées. Nous ne sommes pas en compétition, sinon avec nous-mêmes. Notre univers n'est pas comme l'univers francophone, soluble dans la culture dominante. 

oui, le breton donne sans doute une autre vision du monde, un monde où il faut trouver sa place, composer avec celui-ci, celui-là sinon c'est le bordel. Mais c'est vrai pour nous et toutes les autres cultures. Seules les cultures qui veulent s'imposer aux autres l'ignorent, ou font mine de ne pas le savoir."
-Dom Duff-








vendredi 28 mai 2010

LE CHENE LIEGE




"Adossé à un chêne liège
Je descendais quelques arpèges
En priant Dieu, Bouddha que sais-je
Est-ce que tu penses à nous un peu?

Le monde est aux mains de stratèges
Costumes noirs, cravates beiges
Et turbans blancs comme la neige
Qui jouent de bien drôles de jeux

Il y a dans nos attelages
Des gens de raison de courage
Dans tous les camps, de tous les âges
Dont le seul rêve est d'être heureux

On a dressé des cathédrales
Des flèches à toucher les étoiles
Dit des prières monumentales
Qu'est ce qu'on pouvait faire de mieux?

Etes-vous là, êtes vous proches
Ou trop loin pour entendre nos cloches?
Gardez-vous les mains dans les poches
Ou est-ce vos larmes quand il pleut?

D'en haut de vos très blanches loges
Les voyez-vous qui s'interrogent
Millions de fourmis qui pataugent
La tête tournée vers les cieux?

Sommes-nous seuls dans cette histoire
Les seuls à continuer à croire
Regardons-nous vers le bon phare
Ou le ciel est-il vide et creux?

Adossé à un chêne liège
Pris comme dans les fils d'un piège
Je descendais quelques arpèges
Je n'avais rien trouvé de mieux

Où êtes vous dans l'atmosphère?
On vous attend, on vous espère
Mais c'est le doute et le mystère
Que vous m'aurez appris le mieux

Adossé à un chêne-liège
Je descendais quelques arpèges
Par un après-midi pluvieux

Je descendais quelques arpèges
Par un après-midi pluvieux...."


-Francis Cabrel-




-envoyé par karamieka-

RETOUR A LA NICHE



 Vendredi.
Comme il n' avait pas de chien à promener en laisse, 
il alla faire pisser
son appareil photo

























                                                                      FIN

BEN X



J'ai vu un film, enfin deux, mais pour l'autre on verra plus tard. Je sais bien que ce n'est pas forcément une nouvelle bouleversante, mais en même temps, quand  les infos du jour à la radio qui me cause, débutent au matin par l'attente énervée de savoir si: oui ou non, la France dans toute sa majuscule suffisance et représentée par son commercial en chef, allait  gagner le droit de construire des stades, avec plein de sous qu'on trouve dans ces cas là, pour pouvoir  distraire comme il faut des clients, forcément toujours  mécontents mais finalement si faciles  localement à satisfaire.
Fort heureusement en début de soirée, au flash de 19h, nous avons enfin la réponse , en direct-enregistré- C'est gagné et là, Ouh! Là!  l'émotion submerge les commentateurs, le monde des autres  peut s'écrouler, ici on a  "Baballe" en 2016, et  j'suis presque  sur que sur ce coup là,"le magicien qui ose" aura gagné deux trois points dans les prochains sondages;
Alors, reconnaissons-le, béatement,  pour soulager le fardeau de  la misère humaine ça valait  quand-même le coup de faire le déplacement.
Pas vrai?





"L'important... c'est le courage"

J'ai vu un film , Belge de chez Flamand- Ben X- qu'il s'appelle et un titre pareil  fait penser à un jeu  vidéo  d'au moins 8 tomes pour ado habile de ses ptits doigts .permettez-moi de vous  vous féliciter pour votre perspicacité parce que justement, c'est très ressemblant.; enfin, il y a bien le clavier, l'écran, les héros aux super pouvoirs , la déco.  , les costumes, et tout le bataclan  pour ceux qui voient, parce que  tout cela me reste du genre: abscons con(g) (comme on disait là-bas où j'y étais ).
  Seulement l'écran de l'ordinateur  sert aussi de doublure parce que dans la vie au naturel , le champion du jeu, lui contre presque tous, il  y arrive pas , même contre un seul abruti du bulbe, il panique. il est pas fait pour ce monde, il n'est bon -que dis-je super-bon  que  dans l'autre- Et quand vous étiez petit? demanda un  spécialiste, c'était pareil répondit la mère. Son  fils économisant  la parole, sauf avec sa super héroïne (pas piquée celle-là mais plutôt) transcendée.




C'est  l'histoire d'un garçon qui souffre d'être entouré du vrai et moche monde, fabriqué -objectivement parlant-  pour  et par  un grand nombre  d'abrutis, de ceux  qui  ne supportent pas  que d'autres le soient juste un peu moins qu'eux.






J'ai vu un film qui m'a  fait l'effet d'une piqure de rappel  sur le trop cruel  apprentissage du vivre au milieu des autres,  quand la majorité  se ressemble et forcément -c'est sans doute humain -excusez du peu-  prend tous les degrés de la non-compréhension pour exprimer sa supercherie confortée par le nombre,

J'ai vu un film qui m'a renvoyé, en plein dans le pif ,une cour d'école transformée en arène  où  ce sont les jeunes taureaux  tellement  surs de leur droits et devoirs culturels  qui fichent  des  banderilles sur celui qui n'avait  même  pas  le costume du toréador,
Rien,
que La Classe!



 J'ai vu un film, ne le cherchez-pas sur les écrans dans l'actuel  . Je l'ai juste emprunté à la médiathèque
de mon lieu-dit-ci
Et il a ému (comme disait  ma manman quand j'en avais une)
"Un coeur d'artichaut"



J'ai vu un film qui m'a  fait penser, allez donc savoir pourquoi! que samedi à Nantes  c'était "la marche des fiertés" plus communément connue sous l'appellation: "Gay Pride"

Et  sinon, 
vous, 
ça va?

Vous reprendrez bien un peu de thé?

 Si, allez, j'insiste!

BEN X







un  résumé, parmi les officiels

les photos  ( à part le chose et son ballon)  sont tirées (poliment)  du film .
et les vidéos aussi
(Non? trop fort!)




Ses musiques:



jeudi 27 mai 2010

VESPERS



envoyé par Musicaeternal

ABSTRACTION LYRIQUE

 Yahne Le Toumelin- "la mer couleur d'absinthe"

Après une portion de nuit  quasi identique dans les symboles qui m'habitent, ou qui m'agitent (je rayerai un jour la mention inutile, ou les deux ou...)  à une tempête méditerranéenne, savez-vous! De celle qui ne prévient guère et vous tombe sur le ciré-Vi ,foi de breton il y a toujours un ciré quelque part, pas très loin et quand-même-et ensuite et ainsi de suite lorsque la vague s'en est revenue à de plus calmes esprits et que le vent apaisé pour un temps, mais lequel? c'est à notre tour de souffler, doucement- faudrait voir à ne pas rallumer les braises- respirez qu'elle disait la gentille dame au doux sourire de la sophro- dont j'ai oublié une partie des exercices, parce que ...
parce que!
 et alors? et après?
Et bien vois-tu!  dans les z'hasards des méandres de la net-aventure sur clavier incorporé et  des liens qui se tissent et se défont parfois (mais pas toujours) aussi vite que... 
soudain!
comme si à l'instant on en avait besoin!
Une
Belle rencontre sur une toile
et logique aussi  peut-être... Non?
(là je me cause moi-même personnellement)
Elle s'appelle Yahne le Toumelin.
situation de famille:  fille de marin et soeur de Jacques Yves le Toumelin , navigateur solitaire et mère de Matthieu Ricard-porte parole du Dalaï lama..
et elle même:
 nonne bouddhiste et artiste peintre
sacré famille quand-même
Dame!
personne n'est parfait n'est ce pas! et y'aurait  pire sans doutes!
Voyez, moi par exemple... ou alors ptêt  dans une autre vie, nonne bouddhiste ça ne me déplairait pas forcément.
et ce n'est pas qu'une affaire de costume même si cela me semble tout à fait pratique et seyant, je dirais même plus: indémodable.
Attention (parce qu'à force je vous connais..) pour ma défense, et mes excuses, d'avance... je ne suis pas d'une religiosité à toute épreuve, mais comme de la séparation de l'Eglise et l'Etat, j'ai retenu la leçon qu'il ne faut jamais  laisser les affaires spirituelles qu'aux seuls détenteurs du label -made in mystique- il m'arrive -sans marque déposée (là je me répète un peu)  de penser, que ce serait drôlement ballot, si le passage -somme toute-rapide sur une moitié d'orange bleue n'était qu'une affaire de boulons ou de flux sanguin.
Ma fragilité  récurrente (quoi! pas vous? mince alors! )et les angoisses existentielles qui l'accompagnent me font espérer autre chose des rouages de l'humanité même si je ne sais pas vraiment de quoi je cause, présentement...
J'ai coutume de dire que de mes passages entre les griffes- pas toujours bien propres-de la religion aussi catholique qu'officielle sous mes latitudes, il me reste quelques renvois qui se manifestent à l'occasion quand elle fait son larron. Mais est-ce bien  forcément de cela dont il s'agit?

Bon, là... je sens que je me perds et vous avec aussi revenons-en ,après le verbe digresser à tous les modes...à l'idée de départ qui était, merci d'avoir suivi, la découverte des oeuvres de Yahne Le Toumelin artiste  peintre dont le frangin me racontait des histoires de sa mer  quand j'étais ptit et scout marin (Ah! oui, vraiment, c'est du lourd comme bagage) 

"l' abstraction lyrique" qu'elle s'appelle son expo dans sa galerie  -pratique- qu'est toujours ouverte et personnellement, c'est une expression qui m'interpelle,
où.?
heu! 
je sais pas, mais...bon...
qu'importe!


Yahne Le Toumelin- "amor"


Yahne Le Toumelin "vagues sur vagues"

Yahne Le Toumelin "Abyss 2"

Yahne Le Toumelin "les cinq océans"


Yahne Le Toumelin "bon voyage"

C'EST LA PEAU

 (cie épiderme)


"ce qu'il y a de plus profond en l'homme c'est la peau" -Paul Valery-

je viens de lire cela quelque part du  petit jour  en godillant sur une toile relativement  paisible et à l'heure qu'il est, présentement et ainsi de suite, par pensée, par action et par homme ission impossible ...je me dis que cela est fort probable
-sacré peau-paul, va!-
-pour celle qu'il faudrait sauver
-pour celle qui faudrait faire
-pour les os qui vont avec -en toute circonstance-
-pour le:  pince moi, je rêve
-pour la peau tiche
-pour la peau théose aussi
-pour la peau thiquaire qu'est un grand malade qui s'ignore! si signore!
-pour la peau de chamois là haut sur la montagne ou l'été un vieux chalet
-pour la peau logis (à domicile)
-pour la peau stérité qui rime avec la tasse
 (ah bon?- ben oui la tasse de thé forcément)
-pour la peau  rosité  qui gobe n'importe quoi
  et au soleil pour.. heu!....la peau rouge
-pour la peau de chagrin, pour la  peau morte qu'était pas forcément une vieille peau
-pour la peau de satin, pour la peau d'mec...
- pour un changement de peau
-pour la peau de banane (toi même)
-pour tous les types de peau et les nanas aussi finalement
-pour la peau du saucisson qui s'effeuille ou qui se mange.
-pour la peau de l'ours -avant- et après en descente de lit
-pour la fleur de peau à la fête des mères
-pour l'avoir dure et être bien dedans
-pour entrer dans celle de quelqu'un qui vous irait comme une seconde peau, ou comme un gant de peau naturellement sinon ça crin...
-pour ce que ça coûte -la peau des fesses-
-pour la peau de pêche , c'est quasiment la saison.
-pour la passoire qui se la fait trouer
-et pour tenir à sa....
même s'il faut bien s'arrêter un jour
et pour la peau chaine fois?
ben on verra
en attendant cha- peau

mercredi 26 mai 2010

THE GYPSY'S WIFE



Envoyé par Brigitte

DEAD BOYS



.../...Nous nous retrouvâmes tous plus tard à la cafétéria. Tout le monde était abstinent sauf Bill et moi, alors on n'arrêtait pas de sortir tous les deux pour siffler du bourbon entre deux tasses de café. Nita avait préparé du poulet au riz et quelqu'un avait apporté quelques tartes du supermarché. La radio était allumée et l'urne contenant les cendres de Bud avait sa propre table. Assez vit, Ray Ray et Dennis disposèrent leurs pièces pour faire une partie.
Whitey paraissait vieux ce soir. Sa main tremblait quand il soulevait son café. Diverses personnes s'assirent en face de lui et essayèrent de le faire parler mais il se contentait de hocher la tête ou de répondre: "Oh, vraiment?" sans jamais prendre sa part de la conversation. Même quand j'ai joué avec bill au jeu vidéo, dont Whitey prétendait toujours que le bruit lui filait la migraine, il ne trouva pas l'énergie de nous rabrouer. Mon personnage avait des poings en acier et Bill lançait du feu depuis une amulette sur sa poitrine. Nous nous affrontions sur un ring au milieu du désert.
Whitey me suivit lorsque je sortis en griller une. une file de gens attendait pour entrer dans la boite de nuit en face. Nous regardâmes deux jolies filles traverser en dehors des clous pour la rejoindre. La porte s'ouvrit et la musique et les rires qui s'en échappèrent couvrirent le bruit des voitures. Je me suis demandé ce qui clochait chez moi.
"Gamin, dit Whitey en montrant ma cigarette. Ces trucs-là vont te tuer.
-T'inquiète pas pour ça
-File-m'en une, dit-il et je lui donnait le paquet. J'ai un boulot pour toi, reprit-il.
-J'en ai déjà un, répondis-je, et c'est vrai: je travaillais chez U-Haul depuis six mois.
-Il faut que quelqu'un aille remettre les cendres de Bud à sa fille. C'était ce qu'il voulait.
-Sa fille?
-Elle a quitté la Floride pour s'installer ici il y a quelques temps. Bud et elle ne se sont rencontrés qu'une fois et ça ne s'est pas trop bien passé, mais c'était ce qu'il voulait.. elle habite à Downey avec mari et enfant, ça ne te prendra pas une heure."
Putain d'histoires de famille. Je n'avais pas parlé à ma propre mère depuis des lustres.
"Tu étais son meilleur ami, dis-je. Je te conduirai.
- Je ne suis pas de taille
-Un des autres gars, alors."
nous nous retournâmes pour regarder par la vitrine de la cafétéria tous ceux qui traînaient là. "Qui? dit Whitey. José? Le gars à une larme à la con tatouée sur la joue. Ray Ray? Tu crois que je vais confier ça à un mec qui oublie une fois sur deux de mettre son dentier? Ou Bill?" A ce moment-là Bill, debout dans le coin, faisait des calculs dans les airs en se marrant tout seul. "Tu te lèves le matin, tu te douches, tu te rases. Je paierai pour le coiffeur et l'essence" dit Whitey.
Je me retournai vers la boîte de nuit, en me disant à nouveau que c'était là que j'aurais dû être plutôt qu'à la cafétéria. Je ne dansais pas, mais ce n'était pas un problème. On peut s'asseoir au bar, offrir un verre à une fille. ça marche aussi comme ça. Whitey posa une main sur mon épaule et la serra. J'avais l'impression que l'alcool me rongeait l'estomac. quand le feu passa au vert, tout se mit à bouger en même temps.


J'ai laissé les cendres de Bud dans le coffre de ma voiture cette nuit-là. Pas la chose la plus intelligente que j'aie faite, mais après avoir partagé encore un demi-litre avec Bill, je suis devenu un peu chochotte. Ma grand-mère me racontait des histoires de fantômes quand j'étais petit.Ensuite, une fois que j'étais endormi, elle se glissait dans ma chambre avec un drap sur la tête et hurlait au meurtre. un jour, j'ai pissé dans mon pyjama tellement elle m'a foutu la trouille et tout le monde était mort de rire. Elle essayait de m'apprendre quelque chose, je crois, mais encore maintenant j'ai peur du noir.
Quand je suis descendu pour aller bosser le lendemain matin, le coffre était grand ouvert. Un connard avait arraché la serrure. Ma roue de secours avait disparu, mon cric et l'urne qui contenait les cendres. Le soleil peut sembler tellement cruel dans ces moments-là. Et les arbres, cette façon qu'ils ont juste d'être là, et tous le chiens du quartier qui se foutent de ta gueule. Ta propre peau te fait l'effet d'une punition.

Toutes sortes de gens venaient chez U-Haul. Des gens heureux, des gens tristes. on entrait leur nom dans l'ordinateur, on vérifiait leur carte de crédit et on les conduisait à leur véhicule. On avait droit à une prime si on arrivait à les convaincre de prendre des assurances optionnelles. Le responsable nous enquiquinait toujours avec ça. "Vendez votre came, disait-il, vendez votre came." C'était un jeune Black Cedrick. Très ambitieux. Mais la seule chose à laquelle je pouvais penser ce matin-là, c'était les cendres de Bud et quel abruti j'avais été de les laisser dans le coffre. J'aurais bouffé celui qui les avait prises. Je me serais bouffé.
'homme aux dents bizarres avait un milliard de questions, mais on voyait bien à son sourire épanoui qu'il connaissait déjà les réponses et que c'était juste pour m'emmerder. Certains types prennent leur pied en faisant ça à ceux qui bossent derrière un comptoir. toute ma vie, j'ai eu affaire à eux.
"il y a combien d'essence dans le réservoir?
-il est plein, monsieur;
-Et s'il n'est pas plein quand je le rends?
- Nous ferons le plein et nous débiterons votre carte.
-Combien du litre?
-Un dollar
-Vous trouvez vraiment ça juste?"
Mes mains se mirent à transpirer au point que j'arrivais à peine à tenir le stylo et le col de mon tee-shirt se resserra autour de ma trachée. L'homme aux dents bizarre m'adressa un sourire encore plus large, de sorte que sa bouche coupait son visage en deux. Je m'excusai et passai dans l'arrière-salle. Ma langue refusait de se tenir tranquille et j'étais terrifié à l'idée de l'avaler. Quelqu'un au comptoir dit "réfrigérateur " et quelqu'un d'autre dit "qui". Le sol me paraissait à environ un million de kilomètres. C'était Denver qui recommençait. Je ne voulais pas pleurer, mais ça se passait en général comme ça.
Cedrick me retrouva les bras autour de la fontaine à eau, la tête posée dessus. il y avait une telle gentillesse dans sa voix quand il me dit de prendre une pause. en sortant, je déposais mon badge sur son bureau parce que je savais que je n'allais pas, que je ne pourrais pas revenir.

il y avait tout un choix d'urnes au funérarium. elles étaient exposées sur des étagères dans une salle pleine de cercueils. un vieille femme dont les cheveux ressemblaient à un nuage de fumée essaya de m'orienter vers les modèles de luxe, mais je restai ferme sur mes positions. Le récipient de base en cuivre me coûta soixante dollars.
J'empruntai l'hibachi de mon voisin et versai un demi-paquet de charbon dedans. quand il fut brûlé, désagrégé et refroidi, je transvasai les cendres dans l'urne. C'était le seul moyen que je voyais pour rétablir la situation. Bud aurait approuvé, je suis sur. il avait toujours su apprécier une bonne supercherie. Je montai l'urne à mon appartement et ouvris une boite de chili con carne. Le premier aliment que je prenais de toute la journée. Le sommeil ne vint pas plus facilement, mais je ne m'attendais pas à des miracles.../..."

Extrait de: 'La défense logo-indienne" une nouvelle de Richard Lange-publiée dans un recueil de... nouvelles (bravo) "Dead Boys"- traduit de l'anglais par Cecile Deniard- Terres d'Amérique- Albin Michel