dimanche 28 février 2010

phrases du jour et autres bricoles

entendu ce matin dans le poste: "la bouche c'est un peu le sexe du visage".

et un peu plus tard: " Dans les journaux c'est toujours les mêmes qu'on cite, c'est pour ça qu'ils sont connus." -Michel Audiard


"Voyager c'est être vivant, mais parvenir quelque part, c'est être mort." Alan Watts

 PROMOTION:
Deux SNECK pour le prix d'un (merci Rémy)





 

  

 







En remerciant les différents contributeurs qui s'imaginent sans doute qu'en me refilant leurs fonds de grenier, cave et autres cabanes de jardin, ça va me faire plaisir peut-être!
hein(g)?


ben heu!  après une courte réflexion,
je peux dire que oui
finalement .Pffffffffffffffff!!!!!
Bon dimanche! (sous mes applaudissements)







FRESQUE HUMAINE -vue de dessus-

source

samedi 27 février 2010

44=BZH-la fresque humaine



Quelques milliers de personnes se  sont retrouvées cet après-midi dans la capitale bretonne pour participer à une fresque humaine, histoire de rappeler aux politiques qui briguent nos suffrages que sans la Loire Atlantique il n'y a pas de Bretagne...

 
 

jouez au bois , résonnez...



découvert dans "le petit monde de balbc"

FAUT VIVRE

mourir d'aimer



Evidemment , j'allais dire,
puisqu'il faut bien...
dire quelque chose
n'est-ce pas;
quand le silence est trop pesant
embarassant
insupportable...
et que de toute façon
la seule envie
qu'il nous viendrait à l'esprit
en cet instant
c'est de Hurler
en majuscule.
J'ai découvert cette photo, par hasard;
elle a quelques années déjà me diront les spécialistes
de l'info suivante
qui annule aussi vite la précédente ou il ne faut surtout pas s'attarder
Mais 
Il  est où le temps
pour ne pas oublier?

Cette photo que j'aurais tant voulue truquée ,
m'a autant horrifié que fasciné
je ne pouvais plus détacher-(tu parles d'une expression...)-mes yeux de cette " image",
où l'on connaissait d'avance  la monstrueuse, l'ignoble suite
et fin.

C'est quoi ce monde, cette insanité?
Mais c'est le tien répondit l'écho, et il faudra bien que tu t'y fasses,
même si tu le refuses de tout ton être
de toute ta rage
de toute ta compassion...
En attendant, il existe
et d'ailleurs tu le savais
sans le voir
parce que c'est trop , c'est...

Comment a t'il fait celui qui l'a prise, pour ne pas trembler
était-il complice?
et les bourreaux , les juges... étaient sans doutes aussi de bons pères de famille
Va savoir!
et ils ont condamné puis  assassiné (en Iran pour cette fois) deux  garçons adolescents qui étaient coupables de s'aimer.

Parfois, j'ai  peur
j'ai très peur...

tu penses à quoi?

Ou vont les souvenirs après qu'ils nous visitent?
Rentrent-ils sagement dans leur boite à ambiance jusqu"à ce qu'on leur offre la permission de revenir?
Mais ont-ils vraiment besoin de notre accord pour débarquer n'importe comment et de préférence quand on ne les sollicite pas?
Font-ils preuve de lucidité ou au contraire sont-ils le pâle reflet d'une réalité?
Ont-ils encore et toujours le goût, l'odeur, la vue...ou s'habituent-ils, au fur et à mesure qu'ils prennent de l'âge,  à ne plus ressembler à grand chose ou à perdre les sens ?
Ont-ils quelque idée de la hiérarchie, du devoir, de l'histoire?
Comment se comportent-ils en société alors qu'en général ils préféraient la solitude?
Pourquoi sont-ils  si douloureux ou joyeux ou pénibles ou...?
 Pourquoi parfois  le passé prend-il  le parti du présent jusqu"à lui prendre la place?
Pourquoi  n'arrivent-ils pas ces foutus souvenirs à se faire oublier comme on le voudrait  tant, alors qu'à d'autres moments  ils s'effacent, même si l'on aurait voulu qu'ils restent encore un peu?
Sont-ils un luxe, un boulet ou autant de racines,
une maladie d'en trop avoir ou de ne plus rien savoir?
Peut-on leur faire confiance?
ainsi,
Tu vois,
je m'interroge!

vendredi 26 février 2010

Le festin de Victor




"Il se trame de drôles de choses à la maison de retraite des Quatre vents. Personne ne le sait car les vieux parlent sans bruit. Après la visite médicale quotidienne, lorsqu'ils sont sûrs du battement de leur coeur, les anciens se racontent une étrange histoire. Elle se modifie un peu en fonction de la langue des pays qui s'égare par ces chemins de campagne; Les patois alsacien, occitan, basque ou berbère dans les périodes austères s'emmêlent les dialectes et racontent le fantastique festin de Victor.
Un jour, il y a quatre ou cinq ans un dénommé Victor est descendu au petit matin dans le jardin des Quatre vents. Il a étalé une jolie nappe sur le gazon frais puis dressé la table avec des couverts en porcelaine. On dit qu'il avait fait venir en secret des oeufs du cul de ses poules, du saucisson, du boudin d'un cochon de ferme. Les aïeux se sont penchés aux fenêtres et toutes narines dehors se sont enfumées de l'odeur du café coupé à la chicorée.
Victor a déplié un couteau bien à lui, un de ceux à la lame usée par des années de pierre à aiguiser. Il a pris sous le bras une miche de pain dure et craquante comme le blé de l'été et l'a entamée d'un geste large et circulaire. Il portait une moustache, un mouchoir noué sur la tête faute de casquette et un gilet côtelé en velours vert.
Les veilleurs de nuit dormaient, épuisés par l'insistance de la chaleur et la générosité d'une prune agrémentée de somnifères pilés.
Un par un, les vieux ont rejoint le jardin et comme un seul homme ont posé sur la table leurs provisions champêtres. Le festin dura de cinq heures à sept heures mais le temps pour nos ancêtres compte triple aussi parlent-ils volontiers d'une matinée entière. A huit heures certains fumaient des cigarettes roulées de gros gris, d'autres chatouillaient la saucisse et entamaient la fine.
Tout cela ne rallonge pas la vie d'un vieux, Victor est mort une semaine après son dernier festin, infecté par l'alcool, les vaisseaux bouchés de cholestérol. Les vieux rient de la version officielle, ils savent eux pouvoir mourir par excès de précaution.
Bien souvent, une fois la vérification du matin terminée, ils ouvrent en cachette les fenêtres et respirent les effluves corsées de la charcutaille, des grattons, du boudin, du saint-nectaire.
Les tables au jardin des Quatre vents attendent sous la toile plastique un rayon de printemps et une nappe à carreaux. Elles espèrent le pain, le vin, les miettes, les taches de sauce, les doigts graisseux de couenne, les verres de rouge. Un jour, un d'entre eux n'attendra pas cette maudite visite, il descendra dans le parc et s'attablera pour faire la peau au temps grincheux, si pressé de le pousser dans le trou.
Lorsque la fin devient insistante, les vieux s'accrochent au festin de Victor. Ils parlementent avec leurs souvenirs plombés qui disent "va doucement, pas trop vite, cramponne-toi à un lever, un repas, un pas devant l'autre" avec ces petites choses sans importance. Alors ils font semblant, ils trompent leur monde, ils s'agglutinent sur les fauteuils de l'entrée des Quatre vents et s'astreignent à rester vigilants.
Ne vous méprenez pas, s'ils ferment les yeux c'est pour renvoyer aux limbes la voix des ombres. Ils sont des sentinelles.
Ils se racontent de drôles de choses mais c'est sûr! Demain avant la visite s'il fait beau, Victor reviendra."

-Le festin de Victor- de Jean-Claude Arévalo (histoires d'éducs) a été publié dans la page "Rebonds" de l'hebdomadaire -Lien Social-n°961



les plages

envoyé par Tropnul




"Sur toutes les plages du monde
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui font signe aux bateaux
Sur toutes le plages de tous les coins
Y a des mômes qui tendent la main
Aux navires de passage

Et si pour toi, là-bas c'est l'paradis
Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
C'est ici hum! c'est ici

Sur toutes les plages de toutes les mers
Sur toutes les plages y a des mômes
Qui tournent le dos à leur mère
Sur toutes les plages, tous les pontons
Sur toutes les plages y a des p'tits garçons
Qui fixent l'horizon hum! l'horizon

Et si pour toi, là-bas c'est l'paradis
Dis-toi qu'dans leur p'tite tête l'paradis
C'est ici hum! c'est ici

Qui veut les prendre à bord ?
Pourquoi pas eux d'abord !
Ils sauront être forts
Et dans leur cœur pas de remords
Non, aucun remords

Et par un beau matin
Y en a un plus malin
ou y en a un plus fou
ou peut-être un plus beau
Qui prendra le bateau
Pour le je-ne-sais-où
Pour le soleil ou pour les sous

Dans tous les ports du monde
Dans tous les ports y a des vieux qui débarquent
Et qui vont sur les plages
S'asseoir près des vieilles barques
Et si pour eux, la vie c'était pas l'paradis
Dis-toi qu'dans leur vieille tête l'paradis maintenant
C'est ici, c'est ici

Sur toutes les plages y a des vieux
Qui regardent les mômes
Tendre la main aux bateaux."

-Jean-louis Aubert