vendredi 15 janvier 2010

comment va le monde?






"Il est comme il est" dira le sage ou supposé comme tel  depuis son piton rocheux et goémoneux  qui
redresse la tête quand la marée organise son replis  et plonge sous les draps quand l'assaut des vagues se fait plus insistant.
"Il est à la mesure de nos capacités" lui répondra un vieux professeur de relativité à la retraite, "il faut faire avec nos possibles et ne pas se plaindre ensuite des conséquences".
"Il est insupportable" rugira à son tour, la barbe en bataille et les yeux brillants de colère , du haut de sa tribune improbable, le double du sage dans sa version Yin.
"Il est à la merci de nos angoisses, de nos rêves, de nos passions, des humeurs du temps, des mots à retenir et d'autres à oublier, des phrases à libérer, du regard des autres, de l'envie ou la peur de vivre, il est à notre portée même (surtout?) sans connaitre la musique. il est à la périphérie de toutes nos illusions, du prêt à porter de nos émotions, de l'instant perdu et du passé recomposé. Il est à prendre ou a laisser..." rétorquera un poète bavard
"Il est spectaculaire et théâtral, source inépuisable d'idées de mise en scène, il est muse et trinque  à la tienne. Salut l'artiste." prononça avec une certaine emphase l'interminable intermittent
"Il est dans ta tête" rajouta un divan de faux cuir ayant beaucoup servi mais ne manquant pas de ressort
 "Il était, il est et il sera" en profite pour conjuguer un adepte de la bonne vieille méthode classique.

 Bonjour, c'est pour un sondage alors d'après-vous?

Hier comme aujourd'hui il est très énervé par ici, et  même  tout retourné par là et ce n'est pas toujours la faute des Hommes même s'ils ne ratent pas une occasion d'en rajouter une couche;
Le monde est atroce et merveilleux,cruel et bienveillant, désespéré et optimiste, en bonne santé et malade, pacifiste et guerrier, misérable et beau, redoutable et accueillant, tout et son contraire en somme, à l'image des ptits êtres intrépides et lâches qui lui grattent le dos

Pas de quoi s'en faire tout un monde?
si des fois quand même
avec la peur au ventre
des sanglots dans la voix
l'ironie du destin
le courage et la noblesse d'exister
contre vents et marées
là ou le hasard -s'il existe lui aussi-
nous a posé, au sortir de notre mère
avec l'injustice comme étendard
et le rire comme analgésique.

mercredi 13 janvier 2010

quand une bougie


"Quand une bougie éclaire la nuit
quelle que soit la quantité de cire
la flamme est toujours la même"

Dans la  pénombre qui me porte vers la gare, alors que j'essaye tant bien que mal de me protéger d'un vent cruel qui fouette le visage, à la lumière fadasse d'un réverbère brillant de givre, sur la porte bleue d'une maison endormie, je découvre ces quelques mots et... magie d'une flamme se frottant à  mon imaginaire, soudain je ne sens presque plus la morsure du temps.
On pourra bien bâtir des tours de baby-lone afin de vérifier   les théories  multiples sur la mégalomanie ou les lois de l'apesanteur. On pourra sans doutes aussi, encore et toujours, envahir l'espace médiatique de sa suffisance. Face à l'angoisse d'exister multitude, des hommes qui veulent à tout prix se faire connaitre en individuel , une phrase à priori insignifiante et dérisoire à l'échelle de la toute puissance supposée des caractériels qui nous gouvernent, par sa simplicité, que dis-je sa puérilité met comme on dit,  une bonne claque aux mauvaises odeurs.

photo: Patrick L.

mardi 12 janvier 2010

Green Flash at Sunset over Buzzards Bay, West Falmouth MA

en pensant à Eric Rohmer

Le Nouveau Pavillon


vous avez dit urgence?




En hommage à notre président des faits divers

".../...C'est qu'il faut penser l'urgence avant tout comme une idéologie. Ainsi à chaque début d'hiver, notre société bienveillante découvre qu'il y a "urgence" à s'occuper des sans-logis. La conclusion que nous devrions logiquement en tirer, c'est qu'elle n'a toujours pas compris que tous les neuf mois l'hiver arrivait. Et pourtant, en n'étant pas polytechnicien, je peux m'affirmer sans trop m'avancer que aujourd'hui *dans dix mois l'hiver va arriver, qu'il y aura un certain nombre de gens dans la rue, j'assume même le risque de prévoir qu'il va faire froid...
Dans ces conditions, qu'est-ce que c'est que cette urgence, que sont ces urgences que tout un chacun peut prévoir si longtemps à l'avance?
Pour le comprendre il faut, comme nous le disions, prendre l'urgence comme une idéologie, celle qui correspond à la pensée unique et qui à vrai dire est une attaque en règle contre toute possibilité de penser.
Contester l'urgence, résister contre l'urgence ne revient pas à laisser les gens "sur le carreau" mais bien au contraire, résister contre l'urgence- et résister veut dire créer- est la possibilité de développer de nouvelles pratiques de solidarité et de partage.../..."
- *l'article a été écrit en février 98-
extrait de -Vous avez dit urgence?- Miguel Benasayag-regard-Le Lien social -n°.433-

page LU


dimanche 10 janvier 2010

il faut tourner la page

"Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel
Il faut tourner la page...
Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes
Qui disent dans leurs yeux
Mieux
Que toutes les facondes
Des redresseurs de monde
Des faussaires de Dieu
Il faut tourner la page
Jeter le vieux cahier
Le vieux cahier des charges
Oh yeah
Il faut faire silence
Traversé d'une lance
Qui fait saigner un sang
Blanc
Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire"

allez zou! tout le monde à la baye



AVANT


APRES

Et voilà donc le final en apothéose d'une histoire commencée l'été dernier quand avec Philippe nous nous sommes arrêtés sur la commune de Baye  dans le Finistère à deux pas de Quimperlé  et  pas très loin de Pont-Aven, si cela vous dis quelque chose, pour acheter des andouilles fumées au bois de hêtre, magnifique spécialité locale. Il a fallu attendre ensuite que les bestiaux veuillent bien tranquillement sécher pour en arriver finalement à ce dimanche hivernal où après 6 heures de cuisson dans la bière pour l'une et en bouillon pour les autres, nous avons pu avec quelques sympathiques  convives déguster ces merveilles, agrémentées d'une purée maison, comme il se doit. Quelques  bonnes bières artisanales nous ont également accompagnées tout au long du repas, Philippe n'étant pas pour rien spécialiste reconnu  de la question mousseuse et  co-auteur de "Deux siècles de bière en Bretagne"  ouvrage à consommer sans modération.



Petite précision, pour ceux qui n'ont ni la patience ou l'envie d'attendre, ni peut-être  le savoir-faire, on peut bien sur acheter sur place et même par correspondance   des andouilles toutes prêtes à la consommation. Attention ceci n'est pas une publicité déguisée je ne touche aucune commission. 
Bon après ça, ce soir une soupe et ça ira...