mercredi 13 janvier 2010

quand une bougie


"Quand une bougie éclaire la nuit
quelle que soit la quantité de cire
la flamme est toujours la même"

Dans la  pénombre qui me porte vers la gare, alors que j'essaye tant bien que mal de me protéger d'un vent cruel qui fouette le visage, à la lumière fadasse d'un réverbère brillant de givre, sur la porte bleue d'une maison endormie, je découvre ces quelques mots et... magie d'une flamme se frottant à  mon imaginaire, soudain je ne sens presque plus la morsure du temps.
On pourra bien bâtir des tours de baby-lone afin de vérifier   les théories  multiples sur la mégalomanie ou les lois de l'apesanteur. On pourra sans doutes aussi, encore et toujours, envahir l'espace médiatique de sa suffisance. Face à l'angoisse d'exister multitude, des hommes qui veulent à tout prix se faire connaitre en individuel , une phrase à priori insignifiante et dérisoire à l'échelle de la toute puissance supposée des caractériels qui nous gouvernent, par sa simplicité, que dis-je sa puérilité met comme on dit,  une bonne claque aux mauvaises odeurs.

photo: Patrick L.

mardi 12 janvier 2010

Green Flash at Sunset over Buzzards Bay, West Falmouth MA

en pensant à Eric Rohmer

Le Nouveau Pavillon


vous avez dit urgence?




En hommage à notre président des faits divers

".../...C'est qu'il faut penser l'urgence avant tout comme une idéologie. Ainsi à chaque début d'hiver, notre société bienveillante découvre qu'il y a "urgence" à s'occuper des sans-logis. La conclusion que nous devrions logiquement en tirer, c'est qu'elle n'a toujours pas compris que tous les neuf mois l'hiver arrivait. Et pourtant, en n'étant pas polytechnicien, je peux m'affirmer sans trop m'avancer que aujourd'hui *dans dix mois l'hiver va arriver, qu'il y aura un certain nombre de gens dans la rue, j'assume même le risque de prévoir qu'il va faire froid...
Dans ces conditions, qu'est-ce que c'est que cette urgence, que sont ces urgences que tout un chacun peut prévoir si longtemps à l'avance?
Pour le comprendre il faut, comme nous le disions, prendre l'urgence comme une idéologie, celle qui correspond à la pensée unique et qui à vrai dire est une attaque en règle contre toute possibilité de penser.
Contester l'urgence, résister contre l'urgence ne revient pas à laisser les gens "sur le carreau" mais bien au contraire, résister contre l'urgence- et résister veut dire créer- est la possibilité de développer de nouvelles pratiques de solidarité et de partage.../..."
- *l'article a été écrit en février 98-
extrait de -Vous avez dit urgence?- Miguel Benasayag-regard-Le Lien social -n°.433-

page LU


dimanche 10 janvier 2010

il faut tourner la page

"Il faut tourner la page
Changer de paysage
Le pied sur une berge
Vierge
Il faut tourner la page
Toucher l'autre rivage
Littoral inconnu
Nu
Et là, enlacer l'arbre
La colonne de marbre
Qui fuse dans le ciel
Tel
Que tu quittes la terre
Vers un point solitaire
Constellé de pluriel
Il faut tourner la page...
Redevenir tout simple
Comme ces âmes saintes
Qui disent dans leurs yeux
Mieux
Que toutes les facondes
Des redresseurs de monde
Des faussaires de Dieu
Il faut tourner la page
Jeter le vieux cahier
Le vieux cahier des charges
Oh yeah
Il faut faire silence
Traversé d'une lance
Qui fait saigner un sang
Blanc
Il faut tourner la page
Aborder le rivage
Où rien ne fait semblant
Saluer le mystère
Sourire
Et puis se taire"

allez zou! tout le monde à la baye



AVANT


APRES

Et voilà donc le final en apothéose d'une histoire commencée l'été dernier quand avec Philippe nous nous sommes arrêtés sur la commune de Baye  dans le Finistère à deux pas de Quimperlé  et  pas très loin de Pont-Aven, si cela vous dis quelque chose, pour acheter des andouilles fumées au bois de hêtre, magnifique spécialité locale. Il a fallu attendre ensuite que les bestiaux veuillent bien tranquillement sécher pour en arriver finalement à ce dimanche hivernal où après 6 heures de cuisson dans la bière pour l'une et en bouillon pour les autres, nous avons pu avec quelques sympathiques  convives déguster ces merveilles, agrémentées d'une purée maison, comme il se doit. Quelques  bonnes bières artisanales nous ont également accompagnées tout au long du repas, Philippe n'étant pas pour rien spécialiste reconnu  de la question mousseuse et  co-auteur de "Deux siècles de bière en Bretagne"  ouvrage à consommer sans modération.



Petite précision, pour ceux qui n'ont ni la patience ou l'envie d'attendre, ni peut-être  le savoir-faire, on peut bien sur acheter sur place et même par correspondance   des andouilles toutes prêtes à la consommation. Attention ceci n'est pas une publicité déguisée je ne touche aucune commission. 
Bon après ça, ce soir une soupe et ça ira...

flocon mais vraie neige


"Toute vie est soumise aux lois de l'attraction" (Jean-Marc Parisis)

Ils sont si fins les flocons qu'on les voit à peine. On les devinerait plutôt dans le halot du lampadaire du boulevard de janvier de ce dimanche matin.
-janvier-JAAANNNVIER - MONSIEUR. JAN...oui  je sais...avec un B , mais s'il vous plait, permettez,  que je fasse comme  je veux (sur la langue).
Ici, sur mon radeau,  forcément je radote au milieu des flots de paroles qui tapent comme des oeufs à la coque, je me donne le droit d'interpréter à ma sauce, de cuisiner les mots... enfin pour être à peu près honnête, c'est d'ailleurs plutôt l'inverse. En général ce sont eux qui me cuisinent et  n'ayant pas été programmé pour enfiler la panoplie du  héros, j'avoue tout, avant torture  et même, je devance l'appel, je soliloque, je monologue, je débite, je baratine, je dégoise, je m'en raconte des tonnes -auteur, compositeur, interprète mais pas trop curé enfin  j'espère...

La neige ici même vaut son pesant de civelles, aussi rare, aussi chère et lorsqu'on l'aperçoit, c'est un met de choix, pour  grandes occasions avec argenterie et  nappe blanche, à consommer rapidement sur un coup de  tête et son coup de  blanc, frais mais pas trop,  sec mais légèrement fruité- ambiance  du cru -sèvre et maine-à table ou sur lie selon les intimes  préférences.
Mais... Chuuuuuuut!!! on la sent si fragile, timide, se demandant si elle va rester. Elle est pas habituée la pôvre, à fréquenter les becs jaunes de la darse, la garcette qui s'effiloche, les manilles, les filets rapiécés et en pleine forme  la bite gelée qui raidit son bout (on prononce te).

Aussi, vous m'excuserez, mais de peur qu'elle ne s'effarouche, je n'ose même pas en faire un cliché, enfin... et d'ailleurs j'en viens même à me demander si elle a vraiment existé ou si c'est un clone. Juste pour rire en sorte.

Vous me direz ptêt que  la photo qui emballe le sujet n'a rien à voir avec son complément, certes, mais je vous répondrais le reste non plus- ou  alors... si peu.
JAAAAANVIER!

LA TRAVERSEE DE PARIS "JAMBIER, JAMBIER"

samedi 9 janvier 2010

interdisons aussi le casque à pointe



lu sur: "Tourner la page" le blog de Jean-françois Kahn:

Absurdité de la loi anti-burqa

"Il est interdit de masquer systématiquement son visage, c’est-à-dire de dissimuler son identité à l’occasion d’activités publiques, telles que faire ses courses, se rendre dans une administration ou participer à des manifestations. Qu’on applique donc ce principe, de façon intransigeante, au port de la burqa. Et point barre. Mais, en revanche, voter une loi spécifique dirigée exclusivement contre une dérive vestimentaire, aussi désastreuse soit-elle, est non seulement absurde mais inapplicable. On imagine les policiers passant leur temps, par exemple dans certaines banlieues, qu’ils sont déjà incapables de sécuriser faute de moyens, à courser et à arrêter des femmes porteuses de burqa !
Sans quoi certains demanderont, fatalement, l’interdiction du port de la soutane (qui désigne, désormais, les adversaires de Vatican II), ou de l’accoutrement Loubavitch sous prétexte que ces deux façons de se vêtir implique, à l’évidence, un engagement intégriste radicalement hostile à l’émancipation de la femme.
Si j’étais député, et si on mettait une telle proposition de loi aux voix, je proposerais, en outre, des amendements étendant l’interdiction au casque à pointe (pour des raisons patriotiques), au nœud papillon (pour dérive élitiste ringardisante et par surcroît ridicule) et au béret basque qui tend à donner des Français une image caricaturale."