mercredi 29 janvier 2025

et les vagues, toujours

 

Est-ce que c'est une chose ?
 
Oui et non.
 
Est-ce que c'est un être vivant ?
 
Pour ainsi dire.
 
Est-ce que c'est un être humain ?
 
Cela en procède.
 
Est-ce que cela se voit ?
 
Tantôt oui, tantôt non.
 
Est-ce que cela s'entend ?
 
Tantôt oui, tantôt non.
 
Est-ce que cela a un poids ?
 
Ça peut être très lourd ou infiniment léger.
 
Est-ce que c'est un récipient, un contenant ?
 
C'est à la fois un contenant et un contenu.
 
Est-ce que cela a une signification ?
 
La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi n'avoir aucun sens.


C'est donc une chose bien étrange ?
   
Oui, c'est la nuit en plein jour, le regard de l'aveugle, la musique des sourds, la folie du sage, l'intelligence des fous, le danger du repos, l'immobilité et le vertige, l'espace incompréhensible et le temps insoutenable, l'énigme qui se dévore elle-même, l'oiseau qui renaît de ses cendres, l'ange foudroyé, le démon sauvé, la pierre qui parle toute seule, le monument qui marche, l'éclat et l'écho qui tournent autour de la terre, le monologue de la foule, le murmure indistinct, le cri de la jouissance et celui de l'horreur, l'explosion suspendue sur nos têtes, le commencement de la fin, une éternité sans avenir, notre vie et notre déclin, notre résurrection permanente, notre torture, notre gloire, notre absence inguérissable, notre cendre jetée au vent..
 
Est-ce que cela porte un nom ?
 
Oui, le langage."

Jean Tardieu



"Parlons-en de l'air du temps, putain ! Il a une sale odeur. Ça fait trente ans qu'on progresse vers la pestilence avec une indignation courtoise. On peut traiter une ministre de la Justice de "singe" et lui jeter des bananes parce qu'elle est noire, on peut appeler "ayatollah" une ministre de l'Éducation nationale parce qu'elle est d'origine marocaine. Il y a trente ans, on pouvait rire de l'autre, on pouvait même rire avec lui. Je me souviens des Smaïn, des Coluche, des Boujenah, des Desproges, des Fellag et d'autres qui endossaient le rôle de l'autre, de l'étranger, avec plus ou moins de talent, et se marraient d'eux, de nous, du choc de la rencontre. Finalement, de l'homme dans tous ses états. Aujourd'hui, les fachos de tout poil ont distillé le pire de ces différences pour faire de cette moquerie fraternelle une haine politique. On parlait hier de Branly et du musée des Colonies. Aujourd'hui, en France, on laisse revenir les conceptions colonialistes des années 30, dignes de Hergé : on jette des bananes au Noir ; l'Arabe est jihadiste ou délinquant. Je repense à Sarkozy qui voulait renvoyer les délinquants dans leur pays, comme s'il y avait un pays dont les habitants sont les Délinquants ! On a morcelé l'espèce humaine en groupuscules rivaux pour mieux nous monter les uns contre les autres : les Noirs, les Jaunes, les Arabes, les Juifs, les homos, les fonctionnaires, les riches, les communistes, les rentiers, les retraités, les banquiers, les francs-maçons, les politiques, les chômeurs, les Roms, les intégristes, les profiteurs... À la fin de la journée, on a tellement d'ennemis qu'on ne sait plus qui on doit haïr en priorité ! Heureusement qu'il y a le "20 heures" pour nous donner des repères !"          
Nicolas Lebel




"Il y a, au bout de l'horizon, des noms de ports qui flottent, des noms de villes qui brûlent, des humanités que la mer engloutit à tout jamais.
Et les vagues, toujours qui reviennent au rivage."
Xavier-Marie Bonnot- extrait de: "Les vagues reviennent toujours au rivage."





"Les peurs… Nos peurs.
Finalement, ce sont elles qui structurent nos modes de fonctionnement, de pensée.
Qui n’a pas regardé sous son lit ou dans son placard, alors qu’il était enfant ?
Moi, je me rappelle l’avoir fait, plusieurs fois, tout en me convainquant que mon entreprise était ridicule.
Mais comment aurais-je réagi si j’avais réellement aperçu quelque chose ? Si l’une de ces créatures m’avait dévoilé son vrai visage ?
Je n’ose y penser, car, finalement, je sais aujourd’hui qu’ils existent… Oh ! pas comme les monstres imaginaires pourvus d’une poignée d’yeux vitreux ou de mâchoires à rallonge bien garnies de dents tranchantes prêtes à vous dévorer…"         
Gilles Caillot




Si votre maison brûlait, qu'emporteriez-vous ?
J'emporterais le feu.
Jean Cocteau




mardi 28 janvier 2025

à la crème

 

Sur un lac d'endives au jambon,
dans un monde gentiment gratiné
tranquillement et
chicon le garçon.
Aucune hiérarchie dans la distribution.
Chacun son rang, à l'aise,
sans prendre toute la couverture ; tête béchamel;
doré sur plage chaude;
Bref!
pas de quoi se chicorer  

En attendant le beau jour où la tolérance deviendra aimante, nous dirons que la tolérance, la prosaïque tolérance est ce qu’on peut faire de mieux ! La tolérance –si peu exaltant que soit ce mot- est donc une solution passable ; en attendant mieux, c’est-à-dire en attendant que les hommes puissent s’aimer, ou simplement se connaître et se comprendre, estimons-nous heureux qu’ils commencent par se supporter.  
La tolérance est donc un moment provisoire. [...]
Elle permet à ceux qui ne s'aiment pas de se supporter mutuellement, en attendant de pouvoir s'aimer."
Vladimir Jankélévitch Extrait  de: les vertus et l'amour vol2    


  Karin Huet extrait de: "Poèmes à l'encre de seiche et d'encornet"





illustration source: Lundi matin

"L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir… C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout."
Guy Debord


illustration source Lundi Matin


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                                GIF source: Toile




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Le monde comme une tarte à la crème







"Mon cher ami, je ne crois pas en l’amour universel. L’amour est limité par nature. On peut aimer cinq personnes, peut-être dix, très rarement quinze. Mais ne venez pas me dire que vous aimez le tiers-monde tout entier, ou l’Amérique latine, ou le beau sexe. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la rhétorique. Des paroles en l’air. Des slogans. Nous ne sommes pas nés pour aimer plus qu’un petit nombre d’êtres humains. L’amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu’un parce qu’on s’aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l’objet de cet amour, le soumettre 
ou, à l’inverse, se livrer à lui."         
Amos Oz

vendredi 24 janvier 2025

que par les mots qui sont autour

 


" Le silence n’existe que par les mots qui sont autour."
Paul Gadenne

"Se tenir
entre     reconnaître
à la source la radicale   étrangeté
de l’autre tous ces autres sans qui
nos visages forêt     sans lumière
impossibles à voir

     oser l’ombre debout de l’ignorance

se tenir
entre     laisser
aux informes le cirque     mensonger
de l’abrasement universel et lui
préférer les appartenances  plurielles
et jubilatoires

     guetter le sens à la racine du geste

Se tenir
entre     donner
aux enfants du ciel  des bras
armés de la même innocence et quand
la nuit viendra danser   sur nos épissures
prendre le risque de l’espérance."
Anne Bihan extrait de: "Ton ventre est l'océan"

 


" On ne peut être vraiment soi qu'aussi longtemps qu'on est seul ; qui n'aime donc pas la solitude n'aime pas la liberté, car on n'est libre qu'étant seul. Toute société a pour compagne inséparable la contrainte et réclame des sacrifices qui coûtent d'autant plus cher que la propre individualité est plus marquante. Par conséquent, chacun fuira, supportera ou chérira la solitude en proportion exacte de la valeur de son propre moi. Car c'est là que le mesquin sent toute sa mesquinerie et le grand esprit toute sa grandeur ; bref, chacun s'y pèse à sa vraie valeur."
Arthur Shopenhauer



"L’obstination de cette mouche est surprenante. En général, une mouche que l’on pourchasse finit tôt ou tard par s’en aller d’elle-même, ou par périr sous vos coups. Il est vraiment singulier que je ne parvienne pas à la mettre hors de combat, d’une manière ou d’une autre. C’est, je crois, la première fois que je me trouve sans défense devant une mouche. Et je suis d’autant plus agacé que, cette mouche mise à part, tout va le mieux du monde pour moi : cœur, argent et affaires, comme disent les faiseurs d’horoscope. Mais il y a cette mouche qui, à elle seule, gâte tout."
Clément Rosset

«  Toutes choses sont muables et proches de l’incertain » ..         
Pierre Michon



"Mais l'important ne va pas forcément de pair avec l'agitation, le bruit, ce qui se voit, le temps. C'est parce qu'on tend à les confondre que des tas de gens se montrent beaucoup, parlent d'abondance. Tout l'effet que ça fait, c'est celui d'un rideau dont le vent s'empare ou qu'un enfant agite dans ses jeux. Alors que le silence, quand il est fait des mots amers qu'on a tus, les larmes ravalées, l'absence pratiquée dès le temps qu'on est présent au monde parce qu'on y fut contraint et forcé, c'est le contraire. On en tient compte. On n'agit pas comme on ferait si cela n'avait pas été, n'était plus. C'est pour ça que l'air, la lumière ne sont pas, comme on croit, inhabités, vides mais, parfois, par endroits, vibrants, vivants, chargés de présences éminentes."         
 Pierre Bergounioux

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 "Sous ses allures compactes, N’oublie rien est un livre-gigogne, à la fois récit carcéral et témoignage historique sur la Gauche prolétarienne, récit politique et récit de transfuge. Difficile de ne pas songer à L’organisation de Jean Rolin (Gallimard, 1996) ou à Tigre en papier de son frère Olivier (Seuil, 2002). Or, c’est une curieuse impression que produisent ces récits, si semblables dans leurs références partagées mais aussi tellement singuliers, à l’image sans doute de la façon unique dont chacun a traversé cette période. Le livre de Jean-Pierre Martin se distingue néanmoins car il met l’accent sur un épisode assez peu décrit jusque-là, sauf peut-être dans le roman graphique de Dominique Grange, illustré par son conjoint, Jacques Tardi, Élise et les nouveaux partisans (Delcourt, 2021) : par le récit de soixante et un jours passés dans l’obscurité du mitard de la maison d’arrêt de Saint-Nazaire, N’oublie rien revient sur l’incarcération des militants de la GP. L’injonction du titre, c’est autant le mot d’ordre du détenu à l’endroit du monde extérieur et des raisons de son engagement que celle que l’auteur s’adresse à lui-même au sujet d’événements vieux d’un demi-siècle. Ainsi règle-t-il peut-être une dette à l’égard d’un temps révolu qui a si souvent été caricaturé à des fins politiques. "
Alexis Buffet- Source 
 
  Jeudi 23 janvier à19 h 30  Jean-Pierre Martin sera aux Abeilles 44, 3 rue de l’Ecluse (Petit Maroc). Entrée gratuite, sans réservation.
 
 "Quand les aliénations mentales prennent l'allure d'un discours politique, les discours politiques manifestent des aliénations mentales. Le club des psychopathes en tous genres forme un cercle nettement plus large que ses représentants les plus spectaculaires. Aujourd'hui le monde est plus que jamais borderline, aujourd'hui que la folie est au pouvoir sans plusieurs Etats du monde, il est probable que le dérèglement psychotique s’accélère. Trump, Bolsonaro, Orbán, Berlusconi, Erdogan, Boris Johnson, Poutine, Salvini, Bachar el-Assad, un bon nombre d'autres, au pouvoir ou pas encore : on voit bien que le trouble psychique n'est pas reconnu à sa juste valeur. Si le dossier de tous ces personnages n'a pas été accepté par les organismes compétents, c'est qu'il y a bien des progrès à faire. La bête immonde est psychotique."
Jean-Pierre Martin
 
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lundi 20 janvier 2025

2 jours comme de nuit

 

Dimanche;
La pierre et le mulet,
la bière et son billet.
Dimanche -sous la coupole-
du marché ,
l'ouest éclair
sous la brume.
 Si elle osait , elle pourrait faire de la neige,
mais, c'est pas son genre,
ou alors, quand rien n'y fait.,
quand on attend rien .
Dimanche
à sa fenêtre,
chacun sa sienne
et la déco qui va avec;
vu la mienne (je n'ose imaginer).
Dimanche dans la salle de ciné
où tous les vieux dans mon genre semblent s'être donné la même idée;
aller au ciné, à 17h50 pour ne pas rentrer trop tard , à l'heure de la soupe,
à feu doux, et les infos, BOF!  des papillons sur la sept
et une étrange poésie- la nana qui, se la pète -un peu- sur la cinq,
miroir, mon beau miroir"
deux vieilles canailles des idées en l'air sur  LCI,
le brushing parfait de la deux, kleenex fournis à l'entrée
Dimanche,
je file à la tirette,
en soutien à  la traite vigneronne.
Dimanche,
j'imagine tout ce qui bouge
et...
 

 L'histoire va dans un sens
 

L'histoire va dans un sens, disait un prof. d'auto-école à un élève
qui adorait les sens interdits.
L'histoire n'a aucun sens pensait un dialoguiste en panne d'expiration.
L'histoire en est une autre, songeait par intermittences, les claquettes du papi.
La vie s'enfile dans un sens et ses noeuds de hasard.
Dimanche, à basket-ville
 

 

 
Un  lundi repeint  en bleu pour glorifier le rouge great again  
Comprenne qui pourra.
Le mien est gris, bariolé de goélands;
Ils deviennent frileux en ce moment.
 J'aimerais voir un peu de neige,
attention de la vraie, pas de l'industrielle,
puisqu'on n'arrête pas le progrès...
Je sais que mon envie est parfaitement égoïste,
comme la plupart des envies qui nous animent sans doute ,non?
Un lundi blanc immaculé
j'imagine la plage repeinte,
Ce n'est pas d'une crise urticante mystique
qu'il s'agit mais d'un nuage ce chantilly
sur ma fraise.




"Libre est la race des poètes."
Démosthène


 L'envers des caisses
 
En faire des caisses
l'enfer des caisses                  -la caisses de retraite-
 
à fond la caisse 
 
"la vie c'est un "tiroir-caisse" . On y trouve ce que l''on y met."
Claude Duneton


"La solitude serait un endroit idéal si on pouvait choisir les gens qu'on évite."
Karl Kraus

 
 
 

 
lu quelque part: "Tous ceux qui  dans les 10 ans n'auront pas acheté de voiture électrique, seront considérés comme des traîtres à la batterie."
 
 
"Las de s'être contractés tout l'hiver les arbres tout à coup se flattent d'être dupes. Ils ne peuvent plus y tenir : ils lâchent leurs paroles, un flot, un vomissement de vert. Ils tâchent d'aboutir à une feuillaison complète de paroles. Tant pis! Cela s'ordonnera comme cela pourra! Mais, en réalité, cela s'ordonne! Aucune liberté dans la feuillaison... Ils lancent, du moins le croient-ils, n'importe quelles paroles, lancent des tiges pour y suspendre encore des paroles : nos troncs, pensent-ils, sont là pour tout assumer. Ils s'efforcent à se cacher, à se confondre les uns dans les autres.Ils croient pouvoir dire tout, recouvrir entièrement le monde de paroles variées : ils ne disent que "les arbres".
Incapables même de retenir les oiseaux qui repartent d'eux, alors qu'ils se réjouissaient d'avoir produit de si étranges fleurs."
Francis Ponge



      
" On ne finit jamais de lire, même si les livres s'achèvent, de la même manière qu'on ne finit jamais de vivre, même si la mort est un fait certain."  
Roberto Bolano
 
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"Une fois n’est pas coutume, Disclose se met au diapason de l’actualité du jour : Donald Trump est investi 47ème président des États-Unis ce lundi 20 janvier 2025. Son retour à la Maison Blanche après un premier mandat destructeur nous donne l’occasion de reparler de l’incroyable investigation du procureur américain Robert S. Mueller sur les ingérences russes dans les élections de 2016. Ce travail colossal, qui nous plonge dans les secrets du bureau ovale, a été adapté en roman graphique par le Washington Post avant d’être édité, en France, par Disclose et les Éditions Goutte d’Or. Il est de nouveau disponible chez votre libraire préféré !
 
 
Alors que la guerre de la Russie contre l’Ukraine devient l’un des dossiers internationaux prioritaires pour la nouvelle administration Trump, la lecture de cette bande dessinée est plus que jamais éclairante. Elle montre avec une précision inédite les moyens que le président de la première puissance mondiale est capable d’investir pour tenter d’étouffer des enquêtes qui dérangent."
source; DISCLOSE 

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lundi 13 janvier 2025

absence

 

 A la rencontre des autres, se battre avec soi-même.
A la rencontre des autres, essayer de respirer,
A la rencontre des autres, lutter avec son double.
A la rencontre des autres, apprendre  la relativité. 
A la rencontre des autres, sortir du tableau.
A la rencontre des autres, ouvrir les vannes.
A la rencontre des autres, comme un jeu de doute,
un jeu à gogo. 
 

" Déposez une étoile
A la source des larmes,
Déposez une larme
Dans le ciel du regard,
Une larme, une étoile,
Et la beauté revient
Sur le printemps du monde,
Et le chant des bouvreuils
A la clarté des yeux."
Gabriel Audisio 


 
" Prends ce que tu peux, mais ne te laisse jamais prendre ; ne s'appartenir qu'à soi-même, être son propre maître, voici tout le secret de la vie, me dit-il un jour."
Ivan Tourgueniev
 
 

 
"Les Indiens ne se serrent pas la main, peut-être la seule chose que nous aurions dû apprendre de vous. Malheureusement, tellement de mensonges ont été scellés par une poignée de main que nous sommes devenus réticents à cette tradition."
Antonin Varenne 


 

 


" Ne jamais rien reprocher à l'autre des petites merdes obligatoires de la vie."
Jean-Bernard Pouy


 

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 `Sloan, quand elle rattache le micro qui vient glisser du col de Fife, lui tapote l'épaule comme pour dire : Brave chien, brave chien, tout en retenant son souffle à cause de l'odeur d'urine et de merde qui colle à ses vêtements et à son corps. Elle qui est si pleine de jeunesse, si fertile et propre, si forte et souple ! Il déteste sa fécondité et sa beauté. Elle a un corps parfait, sans douleurs, et tout ce qu'i a, lui, c'est une carcasse puante en train de pourrir." 
 
"Connais-toi toi-même. Il a toujours pensé que c'était une injonction inutile, un poncif, un credo intellectuel de boy-scout. Il n'a jamais tenté très sérieusement de se connaître lui-même, de savoir s'il était un homme bon ou mauvais —  s'il était bon, jusqu'à quel point, et s'il était mauvais, jusqu'à quel point. Cela lui semblait être une affaire résolue, évidente, et ainsi moins importante ou nécessaire que de connaître les autres, les connaître surtout pour discerner ce qu'ils voulaient de lui ou ce qu'il voulait d'eux."
 
" Il sait qu'il n'est pas littéralement en train de se noyer, mais qu'il est en train de mourir, et le flot du temps a enfoncé les digues et les barrages qui retiennent ses secrets depuis presque toute une vie. Son esprit est inondé de souvenirs, et le débordement s'est mis à charrier les épaves flottantes que sont ses peurs et rêves secrets, ses espoirs, ses ambitions et ses fantasmes, en même temps que des chansons, des poèmes, des histoires écrites dans des livres et les films qu'il a aimés - les décombres de sa vie. Comme il est incapable de faire la distinction entre les uns et les autres, il les raconte tous."
 
Russel Banks extraits  de: "Oh Canada" 

 

 
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Il a tout compris il a free?
 

L'absence en cinémascope
 



 
"Rien n'est durable en ce monde, et c'est pourquoi la joie n'est plus aussi vivace la minute d'après ; une troisième minute, et elle devient encore plus faible et elle finit par se fondre dans l'état habituel de votre âme, comme un rond dans l'eau, issu de la chute d'un caillou, finit par se confondre dans la surface lisse. "
Nikolaï Gogol