samedi 26 mai 2012

la roue tourne


 "La photo fait du bruit, une déflagration dont l'écho se prolonge, et invente paradoxalement l'invisible silence des fêtes, des jeux des pièces et des jardins."
-Bernard Puissesseau.-



Le clavier penche à l'est, c'est ainsi. La disposition des lieux fait que lorsque le soleil daigne baisser ses couvertures au matin, il s'invite conquérant entre les murs
et l'écran s'éblouit
pour le meilleur
et pour l'Empire
Comme aurait dit un Corse du sud, des temps jadis.

Ce soir, si les caprices de l'estuaire le permettent , je retrouverai mon vélo, largement délaissé ces dernières semaines. Les jours qui s'étirent d'aise me permettront sans doute, à l'heure de rejoindre mon foyer d'emprunt, d'apercevoir à l'ouest du grand parc que borde la voie cycliste, celui qui se couche ici et se lève ailleurs, dans le faste d'un Au Revoir.
 Et n'en déplaise au proverbe qui voudrait que:
 "On adore plutôt le soleil levant que le soleil couchant"
Je l'aime tout autant
du début jusqu'à la fin
et j'apprécie qu'il me chaperonne,  compagnon généreux et attentionné dans mon parcours de fin du jour, plutôt que d'avoir à accorder mon pédalier sur des nuits froides qui n'en finissent plus.
 Il faut sentir, respirer, humer...-posez ici même votre synonyme préféré- mais le nez au vent qui est (parfois)  un des prestiges de la condition de cycliste vous en fait voir de toutes les sauces et couleurs entre herbe coupée et  brise de mer. Les grillades sont aussi de la partie forcément, rituel pour les chanceux qui dînent au jardin. A cet instant de l'histoire, ce n'est pas ma fragrance préférée mais elle en rajoute à l'insouciance de l'époque...

Gigi  san-franciscaine et Serge montpelliérain ont repris la route des sud.
Fulup inaugure la croisière.
Toujours de l'air et des vagues
pour les passagers
du plancher des vaches, albatros ou dauphins.

Les quatre cardinaux se retrouvent pour faire le point.
La boucle est bouclée.
Par prudence, ne pas trop  regarder derrière.
S'accorder juste un peu en nostalgie dans ce qu'elle a de plus fréquentable
et faire risette aux photos qui nous le rendent bien.





"Une photo?  C'est l'instant qui s'arrête, les sentiments qui demeurent et la vie qui s'en va."
-Jérôme Touzalin-



"Je ne sais pas me servir d'une arme!. Même principe qu'un appareil photo: On vise, on appuie."
-Andrew Sipes-




"La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard."
-John Stuart Mill-




"La photographie? une lâcheté devant le souvenir."
-Didier Le Pêcheur.-



En photo
on s'expose
on pose
on impose
on repose
on surexpose
on tient la pose
on dépose
on compose
on sous expose...


en quelque sorte,
on se fige du temps







Pour les papilles (et les mamilles aussi)
quelques lignes
à déguster:
sur une grande nappe 
aux motifs grecques
posée dans un jardin d'intérêt général
Le premier d'une longue série à construire dans les arrière-cours de leurs Bourses


"Un festin les attendait. Côtelettes d'agneau grillées, steaks tendres et juteux. Une sauce à base d'aubergines et de tomates, nappée de miettes de feta. Un dahl de haricots noirs et un pilaf aux épinards. Plusieurs salades -chou blanc à la crème, salade grecque garnie de tomates cerises bien rondes sous d'"épaisses tranches de feta; une autre de pommes de terre à la coriandre, et un saladier plein de crevettes bouquet. Hector ne s'était vraiment pas rendu compte de l'activité à la cuisine. Sa mère avait apporté un pasticcio , Aisha avait préparé un curry d'agneau à la cardamome, elles avaient rôti deux poulets au citron avec des pommes de terre. Il y avait du tzatziki, un chutney à l'oignon, du tarama goûteux, un grand plat de poivrons marinés, soigneusement pelés, assaisonnés à l'huile d'olive et au vinaigre balsamique.
L'un après l'autre, les invités se munirent de couverts et les enfants prirent place autour de la table basse.
.../..."
extrait de:"Le gifle" de Christos Tsiolkas" traduction: Jean-luc Piningre. Editions Belfond-










jeudi 24 mai 2012

on ne dit pas...









Leçon de politesse d'un capitalisme propre sur lui:
On ne dit pas:
 Patron voyou
C'est pas poli, pas gentil,
pas respectueux
QUOI!
Casse toi pov'con au moins c'était délicat, frais, bien de chez nous.
Mais là!
Traiter un patron de....
Non franchement il y a des limites que la bienséance et con sort...
Mais alors on pourrait en politiquement correct remplacer par exemple P.V. par: Actionnaire
qui  fait une synthèse assez pertinente de la question, qui va avec tout et peut sans effort se marier avec enfoiré.
Petit ou grand
Selon les moyens bien sur.





                            [[[[[[[[[[[[[[[[[[\\\\\\\\\\\\\\\\\\]]]]]]]]]]]]]]]]]\\\\\\\\\\\\\\\

La question existentielle
en sept tableaux
 offerte par Laure et Serge:























source

                                                         //////////§§§§§§§§§§§§§////////







L'essence de l'Art:

Brève de comptoir:
Dans l'affaire de l'Erika, il parait que Total pourrait être prochainement  blanchi.
Au moins comme ça,, à la prochaine marée noire, nos côtes resteront propres. 






                                                                ///////////________8888888_______///////







Pas vu m'sieur le maire  Bertrand Délanoé depuis une semaine nous dit-on dans le Landerneau parisien.
Selon des sources fleuves, il n'aurait pas apprécié de ne pas avoir un maroquin au gouvernement.
 et pour la peine il serait parti dans sa maison de vacances en Tunisie

Logique non?

La chanson dédicacée:










                                                              ......//////////§§§§§§§§........///////





Selon le dernier rapport d'Amnesty , 70% des armes vendues dans le monde seraient fabriquées par les cinq membres permanents du conseil de sécurité  de sécurité de l'ONU
(On arrive à 80% si l'on rajoute l'Allemagne.)

Toujours selon Amnesty la vente des armes dans le monde est moins bien réglementée que celle des bananes...

De là à se comporter
en républiques bananières...




Indépendance - Amnesty International par Amnesty_France






On ne dit pas Etat voyou
patron voyou
etc
on dit:



mercredi 23 mai 2012

déclaration préremplie





 Presque deux heures que j'étais posé sur cette chaise accordée aux autres par les liens de l'administration et je n'avais presque pas vu le temps passer.
D'habitude, enfin dans les transports en commun,  et surtout ceux  du genre ferroviaire, ce n'était guère de bonne augure d'envisager partager l'espace avec des enfants en bas âge qui demandent au bout de trois kilomètres si on est bientôt arrivé et ensuite laissent agir leur imagination débordante pour vous pourrir l'ambiance.
Et bien là - à moins que les Dieux du Fic me soient apparus en songe-  ces deux heures aimables à attendre que mon numéro soit tiré au sort, je les devais à une petite fille de trois ans accompagnée par sa jeune grand-mère qui en s'intéressant avec  naïveté et naturel  à ses voisins transforma une partie de la  salle d'attente du service local des impôts en plaisant papotage.
Peut-être étions-nous en présence d'une future artiste de la communication capable du tour de force de chambouler un public regroupé dans un espace optimisant la place et ne souhaitant pas y être. En aussi peu de temps qu'il n'en fallait pour faire un tour de magie, les sourires remplacèrent sur les visages m'entourant, les stigmates de la lassitude ou de l'énervement. 
Lorsque mes chiffres lumineux  apparurent, je quittais presque à regret ce rare moment de privilège;

Cependant, ce matin, avec toute la lucidité d'un mercredi ensoleillé et gazouillant je ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit:
Je ne veux pas y retourner

Dis Mamie, quand est-ce qu'on s'en va?


mardi 22 mai 2012

en tranche



 source: Toile





 Sur tranche

Au soleil des marches de la bibliothèque,
assise.

Quand je suis entré,
elle lisait.
En sortant,
elle n'avait bougé
que les pages.
Enfin je suppose.

J'aurais dit:
doucement
et 
dans l'affirmative:
"Vous aimez les livres"

Elle aurait répondu
sur la même tranche:
'J'aime lire".

ou 
peut-être:
"D'habitude je préfère les pâtes, mais c'est le jour de fermeture de l'épicerie où je les achète en général..."






Cabotage

"Ignorance de notre situation au monde.De l'île.
Notre situation matérielle;
Jamais l'exactitude.
Ignorance
qui se lève
et claque
comme le vent
sur un linge déjà sec.


Berceau
Gendarmerie des lèvres.
Bouée rouge.
Sans histoire. Rouge dans la baie bleue.
Mer assurée sans condition. Sans rapport.
Aux cahiers coloriés.
A la dentelle du ressac."

-Eugène Nicole-











Les Machines de l'île (de Nantes)


"Toute la nuit
Nous avons marché dans la rocaille
roche sur roche, l'un sur l'autre
a nous repenter.
Une lune s'était levée tard
qui nous avait tourmentés;
Il y avait là
un puits de lune
et des arbres qui suaient la lune
éclaboussés de clarté
vert sombre
et ombres chatoyantes.
Tendu vers -Trop escarpé?
Alerté
Insoutenable car

Vienne quelque chose enfin
qui doit sourdre."

extrait de: "Sosthène" de Monchoachi




source: Toile


"Ils ont exproprié le fonds de terre mienne
me repoussant
         Coeur saignant
dans la chair giroflée de l'exil
         Ô Titan
pour un retour au port natal
la démesure s'empare de mes rêves
déjà
     enfant
j'imaginais la mer
rêvant de malle incrustée de nacre
décorée d'oiseaux Rukh et d'éléphants blancs
mais aujourd'hui
sans artillerie ni artifice
la gorge serrée la tripe amarrée
je planterai un arbre de séjour
serait-ce le cactus-tortue
ou le ravenale aux ailes à l'aube déployées
ou bien le latanier bleu
dont les palmes me rafraîchiront le soir
            en l'allée
ô pourvu que j'y garde la force de vie
les yeux fertiles
            le coeur à l'arganeau
ô dock         dock        et kadok
bassins des jeux de mon enfance
quelle sirène donc
s'est penchée sur le ber de ma naissance
car de port en port
de Saint-Pierre jusqu'au Port
j'ai des algues marinées pour couche
et là
      dans ma mémoire
j'habite
une ville qui vient de la mer
de haute mer
         indienne."

"Retour au port natal" de Patrice Treuthardt







source: Toile






dimanche 20 mai 2012

be bop a lula

Un dimanche
objectivement
Be -Bop-A-Lula
et tout ça:
Vanille plombière
Gris passe partout
Thé vert
en citronné.
Ambiance sur canapé.
et le feu rallumé,
une chanson en tête
d'une époque à volo,
confortablement
émancipatrice.
Joli coin de promenade
dans les souvenirs.
Pour la rime.
avec toutes ses bonnes mauvaises raisons.










Il était une fois le salariat  1906-1975 le... par SCHOUM1










Il était une fois le salariat  1906-1975 le... par SCHOUM1



source: Toile







                          

                                         {{{{{{{{{{{{{}}}}}}}}}}



Pas changée!



Non tu n'as pas changée
ou si peu
la ville qui me fut offerte dans des couches lavables.
Non tu n'as pas changée
D'ailleurs, remarque, les couches qui se tiennent
redeviennent elles-aussi  lavables
et les voies de communication
restent à la louche du temps
les mêmes
du moins dans les motivations
et
au grain près.





C'est un bateau qui fut
comme un bateau qui fuit
dans la bonde du  bassin du port
 livré à son sort
qu'il a toujours eu bon
et s'en sort.
malgré tout.
Essore aussi
On ne fait peut-être pas un navire sans 
tempête,
 pour l'essayer.
C'est la loi du naufrage et de
ses survivants.
Non tu n'as pas changée.
sur rail
Ohé! du bateau.
L'histoire, ma grande,
 se précipite
toujours
à la suite des vagues.
qu'elles soient maudites
ou apaisées.