mercredi 11 mars 2009

reprisé de justesse


"Mais voyons monsieur le juge, vous connaissez mon client c'est maître...il ne peut pas être responsable de ce qu'on lui reproche!" Comme un souvenir d'un tribunal montpelliérain qui me remonte, genre ambiance acide d'un retour d'estomac, un lendemain de mauvais vin. Aucun rapport, faut pas tout mélanger, des années et d'autres aventures séparent deux bâtiments judiciaires, même s'ils se ressemblent -les deux bâtiments- parce que c'est un peu comme pour les églises, dieu et la justice ça aime les colonnes, les grands espaces où l'on se sent tout petit- un fait exprès sans doutes! ...Dans cette histoire là, la nazairienne, il s'agissait de juger -un soudeur, un ouvrier du port, un lycéen et un marin- quatre personnages qui pourraient être les principaux protagonistes d'un roman de l'estuaire- après il y aurait juste à poser le décor, et revenir ainsi à une manifestation point d'orgue à une journée d'action contre la politique de N.S. Restons prudent je ne mets que les initiales, pour éviter le retour des aigreurs et puis avec ce personnage -de roman lui aussi- on ne sait jamais ce qui peut se passer...Donc, nous en étions un 29 janvier au soir, lorsque la manif qui touchait à sa fin, s'en est allée, comme le veut la tradition locale, jouer la dissolution jusqu'à la prochaine... devant la représentation de l'Etat, à savoir la sous-préfecture des bords de mer.Tiens, je me rappelle un des slogans que nous lancions dans les années septante et compagnie "une seule solution :la motion, un seul moyen: la sous préfecture" Cela ne faisait rire que nous... et les cerbères syndiqués de la métallurgie nous priaient -manu militari- d'aller nous amuser ailleurs. On n'était pas là pour rigoler, éventuellement écluser quelques bières dans les bars alentour ça c'était légal mais de là à faire de l'humour suspect, fallait pas déconner non plus. "Gauchiste va" . Ah dame, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu cela aux alentours du front de mer, le smog policier à la sauce lacrymo, et puis personne ne s'y attendait, la manif avantageuse était plutôt du genre tranquille et familiale, et va comprendre pourquoi les robots-cops fonctionnaires avaient été lâchés aussi vite. "On peut cogner chef ?"... S'agissait-il d'un entrainement, d'une répétition générale avant un prochain voyage vers les colonies? - Toujours est-il qu'au résultat des courses- nous avons des peines de prison de un à quatre mois avec sursis, quand au manifestant grièvement blessé, après avoir reçu ce jour là une grenade assourdissante dans les pieds, il a dû être amputé de deux orteils, il a bien sur porté plainte et "il ne restera plus" qu'à faire la lumière sur la violence policière- si quelqu'un a une lampe de poche... "Tu vas apprendre ce que c'est que la justice, celle des hommes pas celle des juges, on a ton adresse..." -comme à la télé... Voilà ce qu'un type cagoulé et accompagné de quelques copains , me déclara un soir d'été alors que j'allais récupérer ma voiture dans un parking souterrain de la capitale du languedoc. Quelle idée j'avais eu aussi de vouloir poursuivre des ex- employeurs politiquement et socialement en vue parce qu'ils avaient oublié (une étourderie certainement ) de me payer . Au final je perdis tout d'abord mon avocat qui soudainement n'eût plus le temps de s'occuper de mon affaire et pour ma part, la trouille au ventre pour moi même et ma ptite famille, l'envie de continuer à croire en la justice "celle des juges, pas celle des hommes"


-compte-rendu du procès de saint-nazaire sur nantes 7-

Soyons ludiques cher(e)s camarades et pour la peine je vous offre un lien que voici qui vous propose de vous faire prendre en photo avec la célèbre réplique d'un non moins célèbre président de la république, vous ajouterez ainsi votre cliché aux centaines d'autres déjà postés sur le site...

mardi 10 mars 2009

mars et ça repart


C'est tout bio et c'est semble t'il de saison, le département de loire- atlantique en collaboration avec la chambre des métiers et de l'artisanat organise les 20 et 21 mars à chateaubriant un "écoforum" afin de mieux connaître l'éco -construction. Ateliers, tables rondes ( et ovales aussi) conférences seront donc au programme de ce premier éco-forum départemental. Attention les jeunes, cela est réservé aux professionnels de la profession (sic) artisans, architectes, élus locaux, promoteurs, financeurs ( mais non pas ma soeur) urbanistes et ainsi de suite- on attend 300 personnes- bravo les gars!

le citoyen qui se développe durablement


Alors que le brumisateur sans piles s'est remis soudainement en marche après quelques semaines d'inactivité qui firent dire à bon nombre de "par ici" et de ses environs : "Ben! même si on a pas peur de l'eau, on va pas s'en plaindre non plus s'pas! " - pour rester dans l'ambiance et positiver comme on dit chez -http: optimist toi même- je vous signale un festival (couvert) qui débutera jeudi 12 pour s'achever dimanche 15- il s'appelle solid'air , il se tiendra à la chapelle-sur-erdre et l'idée sous jacente (qui c'est celle là?) est de faire du bien à la planète! citoyenneté et développement durable sont donc les deux mamelles de cette manifestation et pour traduire les propos des organisateurs :avec des gestes simples de notre quotidien on peut ptêt faire quéque chose pour la grosse boule bleue et par extension (ouille) pour les ptites choses speedées mais fragiles qui se démenent dessus. Au programme des échanges de recettes, de vêtements, d'outils de jardin, de plantes, de livres, d'idées de toutes sortes sur le développement durable, la visite (attention à la tête) d'une maison écologique, des forums, des ateliers (four à pain, bricolage de vélos) des spectacles, un défilé de mode...C'est une manifestation "éco-conçue- qui optimisera pendant quatre jours toutes les énergies -papier, électricité, eau- elle fera la part belle aux modes de déplacement doux ( chic j'vais pouvoir ressortir mon tapis volant) et mobilisera tous les publics. Cela se déroulera à l'espace capellia- pour plus de détails- veuillez -sans vous commander- consulter le site de la manifestation ou téléphoner au 02-40-72-97-58- sachez également, heureux veinards, que l'entrée est libre.

Léo Ferré-La poésie

les poètes font le printemps?











Comme les hirondelles, la poésie serait-elle annonciatrice du printemps? Rien n'est moins sur, y'a pas de saison pour attraper les vers ou faire tourner sa rime en bourrique. Et les mots qui chantent ou dansent avec le précaire équilibre sortent par tous les temps; qu'il pleuve, qu'il vente et bien au contraire, l'insubordination est au rendez-vous. Car ne nous trompons pas, rien n'empêche les mots de s'envoler et ceux qui ont essayé ou veulent toujours et encore les mettre en cage ont la surprise de la retrouver vide au petit matin des condamnés. La pensée poétique échappe à la règle car si elle se prend des coups c'est elle qui se les donne et personne d'autre, et pour son plus grand bien encore puisque c'est dans la tripaille que vit la rose ou le lilas. Le verbe qui se tripote résiste parfaitement aux intempéries et aux branlées de l'âge, mieux il rajeunit quand on le secoue et il n'a pas son pareil pour dévaster les musées et autres encyclopédies de la vie sous perfusion. La poésie n'appartient à personne, ni aux codes, ni aux valeurs et encore moins au ministère de la culture en boite, elle se fout des médailles et de leurs bienfaiteurs qui pontifient les morts pour mieux les neutraliser. La poésie pue la pisse et patauge dans la révolution permanente, elle n'est jamais où on l'attend et comme un virus démultiplié, elle balaye tout sur son passage, la politesse et ses ptits doigts, le grand soir et son poing levé dans la toile d'araignée, la bourse et ses fossiles schizophrènes, la grande muraille de chine et son capitalisme bridé, les militants en trois huit, les curés en robe du soir, le préfet et ses pantoufles, les profs qui se croient tout compris, les couples qui se font la paire, le travail agonisant, la médecine hypocrite, les frontières barbelées, les salons mortuaires, le sport bêlant et la télé qui braille. La poésie n'a aucun plan de carrière, aucune prétention, aucun avenir, elle est hors du temps, hors des murs, hors circuit, d'ailleurs elle n'existe même pas là où il faudrait qu'elle se pavane, elle met ses doigts dans le nez, elle pète, elle rote et elle emmerde la bienséance avec des mots qu'elle s'invente rien que pour elle, rien que pour faire chier les bécasses instituées , les paravents livides, les botoxés de la politique et leurs humeurs dégoulinantes. La poésie n'a pas d'ordres à recevoir ni à donner d'ailleurs , elle ne rime jamais avec dieux ou pouvoirs, chapelles, écoles, académies, définitions, elle n'est d'aucune utilité pour caler les livres, d'aucun régime , d'aucune vertu et de la morale elle s'en fait des boules de geisha pour ses longues soirées d'hiver, ou des colliers de nouilles à la gueule enfarinée. La poésie c'est quoi? aucune idée mais surtout pas celle là!