samedi 1 février 2025

histoire naturelle

 


« Voici comment j’ai compris l’art de la vie : éliminer… autrement dit : effacer et continuer. Je me suis, de bonne heure, fait un sac où je mettais les humiliations. Et quand il était plein, je le jetais à la mer. »
August Strindberg



Un bout de ciel philosophique
Une chanson à l'eau de rose symphonique
Un  regard pathétique
 et des ombres autour.
La couleur d'un encens
qu'on s'hume
nature.

Qu'amorce t-on de l'autre?
L'instant d'une écoute?
Une idée d'exister?
La cire de l'oubli?
...


"Deux hommes qui se croisent n'ont pas d'autre choix que de se frapper, avec la violence de l'ennemi ou la douceur de la fraternité."
Bernard-Marie Koltès



Les experts en tout ce qui bouge
aux heures d'influence
ont des livres derrière eux
presque toujours;
c'est pour dire s'ils savent lire
c'est pour dire s'ils sont open cultivés
c'est pour dire du vide des étagères sans les experts


"Les souvenirs sont des armes secrètes que l'homme garde sur lui lorsqu'il est dépouillé…"
Bernard-Marie Koltès

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mercredi 29 janvier 2025

et les vagues, toujours

 

Est-ce que c'est une chose ?
 
Oui et non.
 
Est-ce que c'est un être vivant ?
 
Pour ainsi dire.
 
Est-ce que c'est un être humain ?
 
Cela en procède.
 
Est-ce que cela se voit ?
 
Tantôt oui, tantôt non.
 
Est-ce que cela s'entend ?
 
Tantôt oui, tantôt non.
 
Est-ce que cela a un poids ?
 
Ça peut être très lourd ou infiniment léger.
 
Est-ce que c'est un récipient, un contenant ?
 
C'est à la fois un contenant et un contenu.
 
Est-ce que cela a une signification ?
 
La plupart du temps, oui, mais cela peut aussi n'avoir aucun sens.


C'est donc une chose bien étrange ?
   
Oui, c'est la nuit en plein jour, le regard de l'aveugle, la musique des sourds, la folie du sage, l'intelligence des fous, le danger du repos, l'immobilité et le vertige, l'espace incompréhensible et le temps insoutenable, l'énigme qui se dévore elle-même, l'oiseau qui renaît de ses cendres, l'ange foudroyé, le démon sauvé, la pierre qui parle toute seule, le monument qui marche, l'éclat et l'écho qui tournent autour de la terre, le monologue de la foule, le murmure indistinct, le cri de la jouissance et celui de l'horreur, l'explosion suspendue sur nos têtes, le commencement de la fin, une éternité sans avenir, notre vie et notre déclin, notre résurrection permanente, notre torture, notre gloire, notre absence inguérissable, notre cendre jetée au vent..
 
Est-ce que cela porte un nom ?
 
Oui, le langage."

Jean Tardieu



"Parlons-en de l'air du temps, putain ! Il a une sale odeur. Ça fait trente ans qu'on progresse vers la pestilence avec une indignation courtoise. On peut traiter une ministre de la Justice de "singe" et lui jeter des bananes parce qu'elle est noire, on peut appeler "ayatollah" une ministre de l'Éducation nationale parce qu'elle est d'origine marocaine. Il y a trente ans, on pouvait rire de l'autre, on pouvait même rire avec lui. Je me souviens des Smaïn, des Coluche, des Boujenah, des Desproges, des Fellag et d'autres qui endossaient le rôle de l'autre, de l'étranger, avec plus ou moins de talent, et se marraient d'eux, de nous, du choc de la rencontre. Finalement, de l'homme dans tous ses états. Aujourd'hui, les fachos de tout poil ont distillé le pire de ces différences pour faire de cette moquerie fraternelle une haine politique. On parlait hier de Branly et du musée des Colonies. Aujourd'hui, en France, on laisse revenir les conceptions colonialistes des années 30, dignes de Hergé : on jette des bananes au Noir ; l'Arabe est jihadiste ou délinquant. Je repense à Sarkozy qui voulait renvoyer les délinquants dans leur pays, comme s'il y avait un pays dont les habitants sont les Délinquants ! On a morcelé l'espèce humaine en groupuscules rivaux pour mieux nous monter les uns contre les autres : les Noirs, les Jaunes, les Arabes, les Juifs, les homos, les fonctionnaires, les riches, les communistes, les rentiers, les retraités, les banquiers, les francs-maçons, les politiques, les chômeurs, les Roms, les intégristes, les profiteurs... À la fin de la journée, on a tellement d'ennemis qu'on ne sait plus qui on doit haïr en priorité ! Heureusement qu'il y a le "20 heures" pour nous donner des repères !"          
Nicolas Lebel




"Il y a, au bout de l'horizon, des noms de ports qui flottent, des noms de villes qui brûlent, des humanités que la mer engloutit à tout jamais.
Et les vagues, toujours qui reviennent au rivage."
Xavier-Marie Bonnot- extrait de: "Les vagues reviennent toujours au rivage."





"Les peurs… Nos peurs.
Finalement, ce sont elles qui structurent nos modes de fonctionnement, de pensée.
Qui n’a pas regardé sous son lit ou dans son placard, alors qu’il était enfant ?
Moi, je me rappelle l’avoir fait, plusieurs fois, tout en me convainquant que mon entreprise était ridicule.
Mais comment aurais-je réagi si j’avais réellement aperçu quelque chose ? Si l’une de ces créatures m’avait dévoilé son vrai visage ?
Je n’ose y penser, car, finalement, je sais aujourd’hui qu’ils existent… Oh ! pas comme les monstres imaginaires pourvus d’une poignée d’yeux vitreux ou de mâchoires à rallonge bien garnies de dents tranchantes prêtes à vous dévorer…"         
Gilles Caillot




Si votre maison brûlait, qu'emporteriez-vous ?
J'emporterais le feu.
Jean Cocteau