dimanche 10 mai 2020

du soi au matin


On nous a savonné la planche
et depuis lors:
je m'en lave les mains,
du soi au matin 
en répétant et plus:
Qui veut voyager loin
ménage ses circuits courts


                                                                            |||||||||||||||||||||||{{{{{
Le présent

"c’est une recherche
des liens
qui palpitent

dans une litanie
saccadée,
le présent
(aux grandes
ailes)
s’insinue
dans l’agitation
accueillante
des mots"

Elis Podnar   "Quod manet"


                                                         \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\[[[[[[[[[[[[[


                              photo source: "Dune"

Robes dans le vent

"Dans l'idée de liberté 
chemine l'ivresse du pas sensible
au parfum qui flotte sur le trottoir

dans le mot liberté
frémit l'ouverture tant souhaitée
aux nuances colorées du temps


l'isolement provoqué
a dressé des barreaux
difficile à écarter 

il n'y a pas de monde d'avant et monde d'après
il y a simplement la vie poursuit sa route 
avec ses traumatismes et ses tressaillements de joie

demain les jours écarteront le barreaux
combleront les manques
libérant mots et sourires

demain fera flotter les robes légères"
Christine Saint-Geours  "Dune"

                                                   ||||||||||||||||||||||||||||||||||||[[[[[[[[[[[



"Le miracle du moi : ça part dans tous les sens, ça vient de partout, c’est très incertain et varie beaucoup et pourtant, ça tient."
Arno "Les restes du banquet."





                                                       |||||||||||||||||||||||||||||{{{{{{{{{{{{{

"Un jour
Je cesserai d’écrire
n’aurai plus rien à dire
nada
nothing
nichts
quelques mots
des peaux mortes
peluchant sur la langue

Je serai sèche
le crâne momifié
bouilli
réduit
moisi
la tête vide
les yeux clos
branlant sur mes épaules

Je ne pourrai plus feinter
des mâchoires du cerveau
racler les os
pour en tirer le suc
à la cuillère

le vieux bout
de cervelle
qui aurait
(peut-être)
un dernier
(qui sait)
mot
à
dire

..................si
.....................non"
Murièle Modely  "L'oeil bande"


                                                  \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\[[[[[[[[[[[[



"Ils ont tellement de mots. Moi je n'en ai pas. Je n'ai pas les mots. Je m'assoie là, devant, dehors, par terre n'importe où et je les cherche. Des mots de pollen et de plume. De poussière de soleil. De vigne grimpante qui s'accroche aux failles. Des mots en ombre de fleur. A l'immuable fragilité d'une ombre de fleur. Des mots verts pleins de jus, au sucre des fruits blancs, au sang et à la terre. De mousse et d'écorce patiente. Un millième de la  certitude de la mousse fraîche et de l'écorce patiente. Des mots qui montent dans l'air, et s'évanouissent. De rosée invisible fabriquant ses nuages. Souples et explosifs. Des mots en dents de taupe dans le noir. En minuscule impitoyable, pointus comme les yeux de feu d'une araignée. Des mots en grisaille de bois délavé, en rouille, en noblesse cassée, patiné de temps passé. Des mots en langue de silence et de chants d'oiseaux. D'eau prête à disparaître, de germes et de pain rassi. Des instants de pierre dans la salive. De petites plaies, de petite langue sur les petites plaies. Des mots d'abeille, d'ailes d'insectes. Vastes et légers comme le ciel. Un œufs bleu encore tiède d'entrailles dans la douceur d'un nid dévasté. Je n'ai pas les mots. Je m'assois là, devant, dehors, par terre, n'importe où et je les cherche. Je ne les trouve jamais."
Thomas Vinau  "ETC-ISTE"

                                                          \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\[[[[[[[[[[[[[[[

 Découvert chez: KEDISTAN:

"Le monde d'avant se réveillera dans celui du futur"
suite de l'article

    photo source: Kedistan


samedi 9 mai 2020

avez-vous mesuré le temps?



Noir et blanc
haut en couleurs des gris de l'avant
se moquant des détails
pour se figurer juste une impression
où les gens
surtout les gens, avant,
.pour  ne pas gaspiller la pellicule rare et chère
réservée à ceux qui pouvaient et osaient figer le monde
et ses personnages.
Certains plus hardis peut-être,
envisagèrent l'expérience sans la présence humaine,
comme une histoire de nature vide de ses conquérants,
de ses intempestifs
ou alors très éloignés ou surpris par les hasards d'une profondeur de champ.
Noir et blanc
pour ne pas offenser les couleurs
réservées aux séances de coloriage,
la langue pendante  et appliquée.
Noir et blanc
 et revenir à la fin de l'ébauche,
aux contraires des origines
que tout oppose et lie dans l'aubaine
et le trouble 
d'une aventure
aux émotions en noir et blanc.

                                                     \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\||||||||||||||||||||||||||



Découvert chez: KUB

"Vestiges d’un passé révolu, les villes fantômes de l’Ouest américain sont chargées d’histoires et de légendes. West Empire est une immersion au cœur de ces villes laissées à l’abandon au temps des exploitations minières et dans lesquelles quelques habitants persistent encore à vivre aujourd'hui. Dans ce décor de déserts américains, ces habitants mènent une vie hors du temps avec une priorité : la recherche de liberté.
En se référant à leur passé, ces hommes et ces femmes apportent le fort témoignage de leur expérience de la vie. À la lumière de ces rencontres atypiques, le film nous fait réfléchir sur le fonctionnement de notre société moderne, sur le temps qui passe et sur l'importance de vivre l'instant présent."

Source: Film-Documentaire





                                                      \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\[[[[[[[[[[



Détachement.

Paré à virer vers une légère désinvolture,
propre aux rêves éprouvés.
Paré à la dérive des courants fameux,
Paré à l'abandon.
Paré aux mystères coutumiers.
Retour à l'extra-ordinaire,
droit devant.

 










                                          \\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\[[[[[[[[[[[[[[[[[[







 





LE SITE

                                                ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^``````````````












"Avez-vous mesuré le temps ?
Avez-vous mesuré le vent ?
Avez-vous mesuré la nuit ?
La vie ?

Viens avec moi mon veux pays
Le jour se lève, levons nos rêves aussi

Je veux faire l’amour dans les champs
Je veux faire l’amour et des enfants
Qui se baigneront dans les rivières
En oubliant

Viens avec moi mon vieux pays
Levons nos rêves, le vent se lève aussi


Avez-vous mesuré le feu ?
Avez-vous mesuré la fin ?
Avez-vous mesuré ce jeu ?
Qu’on joue sans avoir l’air de rien

Je veux serrer encore entre mes dents
La fleur rouge du printemps
Rouge est ma peau lorsque je t’aime
Souvent

Viens avec moi mon veux pays
Le jour se lève, levons nos rêves aussi

Viens avec moi mon vieux pays


Levons nos rêves, le vent se lève
Viens avec moi mon vieux pays
Quand tu te lèves le jour se lève
Le jour se lève
Nos rêves aussi"

Emily Loizeau