mercredi 4 mars 2020

trouvez ce que le marin a caché



"Au cours de l'automne 1939, nous retournâmes à Paris, et, vers le 20 mai de l'année suivante, nous étions de nouveau près de la mer, cette fois sur la côte ouest de la France, à Saint-Nazaire. Là, un dernier petit jardin nous entoura, tandis que toi et moi, et notre enfant, maintenant âgé de six ans, entre nous deux, le traversions en nous rendant aux docks, où derrière les bâtiments qui nous faisaient face, le paquebot Champlain nous attendait pour nous emmener à New York.
[...]



 [...]
Là, devant nous, à l'endroit où une rangée interrompue de maisons se dressait entre nous et le port, et où l'oeil rencontrait toute sortes de camouflages, tels que du linge de corps bleu pâle et rose dansant le cakewalk sur une corde à linge, ou une bicyclette de dame voisinant bizarrement avec un chat rayé sur un rudimentaire balcon de fer coulé, quelle profonde satisfaction ce fut de distinguer, parmi le brouillamini angulaire des toits et des murs, une superbe cheminée de tableau, se laissant voir derrière la corde à linge comme ce que, dans une image devinette-Trouvez ce que le marin a caché-, on ne peut plus ne pas voir une fois qu'on l'a vu."
Vladimir Nabokov extrait de: "Autres rivages" traduction: Yvonne Davet-Editions Gallimard














"Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage

Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré la main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin



Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux coeurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir"

Georges Brassens -source: Frédéric Corvest



Niki de St Phalle dans "Retour aux docks"


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Lu dans Marianne n°1198
-cqfd- pour les pas "oeil de lynx" on clique sur l'article










mardi 3 mars 2020

je suis un ver de terre amoureux des étoiles


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"Je vois la façon dont les noms sont jetés en pâture.
La violence et la haine montent.
De plus en plus, les anti-truc rejettent d'un bloc ceux qui ne pensent pas comme eux...
Mais on peut très bien vivre avec des gens qui ne pensent pas comme soi!
Là, on prend le risque de ne plus pouvoir vivre ensemble.
Quand Trump montre des journalistes du doigt, et que les autres font "bouh,bouh" *, ce sont des visions d'horreur.
Et pendant la crise des "gilets jaunes", par exemple, il a été question des "sales bourgeois"...
Considérer que tel type est un salaud parce qu'il vit dans tel quartier, c'est très inquiétant.
Mais la violence s'exerce dans tous les sens. On ne perçoit plus les gens qu'à travers un prisme très étroit, qui peut être leur origine, leur classe sociale ou une autre chose.
Je le vois bien avec Kamel Daoud ou moi : on serait des traîtres à nos pays, des islamophobes qui veulent se faire mousser...C'est fou.
Tu essaies de défendre les homosexuels et une sexualité libre,et on te dit que tu veux manipuler les opinions. Mais il y a quoi, dans ces grands mots creux, comme défense de la vie des gens?
La vie des gens, c'est des personnes en prison, des femmes qui se font avorter à l'eau de Javel dans des caves.
C'est du concret, ça existe.
Dire que je suis "vendue au colonialisme", ça fait avancer quoi? Rien.
Je n'empêche pas les gens d'avoir la vie sexuelle qu'ils veulent. Si une femme veut rester vierge jusqu'à son mariage, ça la concerne. Mes seuls combats, ce sont celui du droit, qui doit protéger chaque individu, et celui d'une sexualité fondée sur le consentement. 
j'ai toujours eu cette conviction: c'est mon corps, je vais souffrir, jouir, mourir avec, et personne n'a à me dire ce que je dois faire avec lui.
Cette immense solitude du corps fonde l'immense liberté qu'on doit avoir d'en disposer."
Leïla Slimani extrait d'une interview accordée à Grégoire Leménager pour l'OBS édition n°2886

*vécu personnellement  à Montpellier dans les années 80  alors que je faisais juste mon boulot (d'alors) à  un meeting de Jean-Marie le Pen
(N.B.)-le passage en gras n'existait pas comme tel dans l'article

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"Je suis comme Werther,
Je suis un ver de terre,
Amoureux des étoiles

Je suis Quasimodo,
J'ai ma bosse dans mon dos
Et dessus une voile

Je suis un Scaramouche,
Je suis la pauvre mouche,
Empêtrée dans la toile

Je suis cet orphelin,
De parents saturniens,
D'origine animale

Je suis un peu beaucoup,
Moitié chien, moitié loup,
Amoureux des renardes

Je suis la nuit hibou,
Chauve-souris itou,
Accroché à vos barbes

Je suis ce vieux crapaud
Qu'on écrase au sabot,
Peut-être par mégarde

Je suis ce pélican
Qui ne veut pas d'enfant,
Que les poissons regardent

Je suis la huche en bois,
Je suis le petit bois
de Bretagne qui fume

Je suis cette remise,
Cette cabane grise
Où dort le bois de lune

Je suis le champignon
Bien caché tout au fond
De la mousse sauvage

Je suis l'orage blond
Qui joue à saute-mouton
Par-dessus les nuages

Je suis le batailleur,
Je suis le ferrailleur
Des utopiques causes

Je suis ce franc-tireur
Qui voudrait vivre ailleurs,
Sur des planètes roses

Je suis Bernard Clavel,
Je suis la sentinelle
Qui désarme et déserte

Je suis un soir d'automne
Quand Frédéric entonne
Sa sonate funèbre

Je suis passionnément,
Dessus un papier blanc,
Le verbe qui s'allume

Je suis à la folie,
Dans l'orchestre maudit,
Insomniaque de plume

Je suis ton compagnon,
Ton récit, ton galion,
Ton port et ton naufrage

Je suis ton compagnon
Et je lis sur ton front
Que je suis davantage

Je suis ton compagnon
Et je lis sur ton front
Que je suis davantage!"
Henri Tachan 
 
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OYEZ! OYEZ!
 Le "Bretons" nouveau est arrivé
 
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