lundi 2 avril 2018

là-bas


Lundi
bon d'accord
mais l'autre alors il dit quoi?
L'autre
ben
il se vautre
dans la caisse de mots
 forcément...jamais rangée
et qui trône en plein milieu du passage.
                                                                Depuis le temps que j'le dis
                        Pfffff!!!!!!
Mais personne m'égoutte
sauf la pluie bien sur
même si elle n'y voit goutte
surtout les jours de grande lessive
où chacun essaye de se faire mousser
comme il pleut.

Lundi: gratin de  potiron
et nous irons où tous les...
Là-bas...
"Faut du cœur et faut du courage
Mais tout est possible à  mon âge
Si tu as la force et la foi
L'or est à  portée de tes doigts
C'est pour ça que j'irai là -bas" 

                                                                         Hein(g)?
Tu veux ptêt parler de l'EHPAD ou quoi?
-D'EHPAD D'EHPAD oui mais des
pans d'ami(e)s
                              pour tenir chaud quand il fera gris
                                pour tenir bon quand il fera nuit

AUSSI
 ce sera ailleurs, pas dans les boites à soleil vert
où tous les vieux se désespèrent
en attendant d'filer leur place
           Au suivant!
                                   Au suivant!





Non,
vraiment non.

D'une manière ou d'une autre...
 je veux retourner  dans ma maison d'amour
celle qu'on s'est fabriquée dans les années septante
avec du rêve autour, de la poésie en bandoulière et aucune envie ,
 vraiment aucune envie
d'uniformes et de chefs et toutes ces cochonneries à paillasons
NI
de prendre l'ascenseur vers la réussite
Souviens t'en:
"Quand je vois votre réussite j'ai envie d'échouer"

Alors:
 
"La cigarette sans cravate
Qu'on fume à l'aube démocrate
Et le remords des cous-de-jatte
Avec la peur qui tend la patte
Le ministère de ce prêtre
Et la pitié à la fenêtre
Et le client qui n'a peut-être



Ni Dieu ni maître 


 Le fardeau blême qu'on emballe
Comme un paquet vers les étoiles
Qui tombent froides sur la dalle
Et cette rose sans pétales
Cet avocat à la serviette
Cette aube qui met la voilette
Pour des larmes qui n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

Ces bois que l'on dit de justice
Et qui poussent dans les supplices




Et pour meubler le sacrifice
Avec le sapin de service
Cette procédure qui guette
Ceux que la société rejette
Sous prétexte qu'ils n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

Cette parole d'Evangile
Qui fait plier les imbéciles
Et qui met dans l'horreur civile
De la noblesse et puis du style
Ce cri qui n'a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite
Ni Dieu ni maître" 
(Léo Ferré)





























samedi 31 mars 2018

îles de Pâques




"J'aimerais bien
Danser le rock à Java,
Boire du café à Ceylan,
Retrouver le pied d'un moai sur l'île de Pâques.
Attraper un papillon pour le relâcher
sur l'île du Diable.
Accoster sur Zanzibar en calebar.
Arriver en avance à la Réunion.
Changer de principes à São Tomé.
Soigner les îles Maldives.
Rencontrer Reggiani à la Barbade,
Et Brel aux Marquises.
Boire du rouge à Curaçao et du cacao à Cuba.
Chanter la complainte du phoque à Sakhalin.
Rire sur l'île de la Désolation.
Voir tomber la neige à Tinos.
Mettre un bémol à Ré.
Goûter aux grenadines,
manger une soupe à la Tortue.
Être comblé par l'île de la Déception.
Finir à Capri.
J'aimerais aussi
Taquiner le jambon beurre aux îles sandwich,
Briser un cœur à Rodrigues,
Bomber l'ile Moustique.
Me repentir à la Jument,
Rencontrer le maigrichon de Rhodes,
Être le beau Roméo de Borromée, ho !
Eviter les Sanguinaires,
Me coucher au Levant
Et faire Dodo à Maurice.
Décoller à Madère,
Peigner l'ile Rousse,
De toutes les matières, préférer Houat.
Donner dans la dentelle à Burano
Puis souffler un peu à Murano.
Boire une bière à Malte et péter à Lanzarote
Puis m'en aller avant que ça se Corse.
Etre présent à Saint-Cado,
M'assoir sur le ban d'Arguin.
Je voudrais Tatihou et plus bas encore,
Caresser l'ile de Sein,
Puis prendre une douche à Tahiti
Les ouvrir à Yeu et les fermer au Cercueil"

François Schmidt extrait de: "Les drôles d'îles"
découvert chez: "Les Grigris de Sophie" 

                                          source: "Les Grigris de Sophie"

                                                
    Ouessant et une voisine en ballade









L'oeuf était d'hécatombe et regardait machin
qui cherchait dans tous les coins
un lundi matin
au jardin.

L'oeuf se planquait comme il le pouvait...
 en essayant de se fondre dans la nature
ce qui était pour lui une gageure
des plus risquées
si l'on s'en référait à tous ses congénères déjà tombés 
au chant d'horreur
des boulotés.

Dans c't'affaire:
l'oeuf était 
qui l'eut cru
presque cuit
pour ne pas dire chocolat...
D'ailleurs,
chaque année voyez la même rengaine
de gamins excités courant dans les prés
...
en pleines crises de foi(e)



      Photo Nouvelle-Zélande: Camille P.




        Merci Ewa