dimanche 4 juin 2017

il y a trop


Il y a trop de mots
et peut-être pas assez.
Je croise ta parole et j'essaye d'en faire un collier,
seulement,
 trop fragile, il se casse;
et  les points de suspension  
roulent  partout sous les meubles,
dans les coins les plus reculés
d'une mémoire poussiéreuse qu'on ne rattrape plus,
ou alors à priori,
au minimum...
 même pas syndical.

Il y a trop de mots
et peut-être plus assez,
pour se retrouver
entre les lignes
les guillemets grand ouverts 
à chercher leur becquée
à avaler de l'air
à force de ne plus savoir le fermer
l'avaloir
qui prend la mouche.

Il y a trop de maux
et peut-être
plus assez du silence 
qu'on cherche toujours  à couvrir
de babillages
pour qu'il n'ait plus froid
en soie
en toit
On noie...quoi?

Il y a trop de mots
qu'il faut trier
pour retrouver les sens ciel
et l'histoire qui se débrouille avec l'Histoire
en majuscule
dans sa bulle,
en minuscule
dans sa nuit
etc 

Tu crois?



samedi 3 juin 2017

fraternité



"Seul, en ce moment, inquiet de tendresse et songeur,
il me semble qu'il y a d'autres hommes en d'autres contrées
inquiets de tendresse et songeurs.

Il me semble que je puis jeter un coup d'oeil et les voir

En Allemagne, Italie, France, Espagne,
ou là-bas, très loin, en Chine ou en Russie, ou au Japon,
parlant d'autres dialectes.

Et il me semble que si je pouvais connaître ces hommes-là
je m'attacherais à eux, comme je m'attache aux hommes de mon pays.

Oh! je sais que nous serions frères et amis.
Je sais que je serais heureux avec eux."
Walt Whitman
 
"ça flambe, mes frères, ça flambe,
s'est notre ville, hélas qui flambe,
des vents cruels, des vents de haine
soufflent, déchirent, se déchaînent
les flammes sauvages s'étendent
aux environs déjà tout flambe.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
les mains immobiles,
et vous, vous êtes là, vous regardez
brûler notre ville...

ça flambe, mes frères, ça flambe
c'est notre ville, hélas, qui flambe
et les flammes carnassières
dévorent notre ville entière
et les vents de colère hurlent
notre ville brûle.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
les mains immobiles,
et vous, vous êtes là, vous regardez
brûler notre ville...

ça flambe, mes frères, ça flambe,
oh l'heure peut venir, hélas
où notre ville et nous ensemble
ne serons plus rien que des cendres,
seuls resteront, comme après une guerre,
des murs noircis, des murs déserts,

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
les mains immobiles,
et vous, vous êtes là, vous regardez
brûler notre ville...

ça flambe, mes frères, ça flambe,
il n'est de salut qu'en vous mêmes,
prenez les outils, éteignez le feu,
éteignez-le de votre propre sang
vous le pouvez, alors prouvez-le!

Ne restez pas ainsi, frères à regarder,
les mains immobiles,
frères, n'attendez pas, éteignez l'incendie
qui brûle notre ville."
Mordechaï Gebirtig






"Le monde usé jusqu'à la corde
découvre son envers hideux
et l'univers se désaccorde
mais nous serons bien un ou deux
pour ne pas nous soucier des hordes
et pour lever les yeux."
Jean Wahl
 





"Aujourd'hui à minuit
les loups blonds se sont réunis
avec force aboiements.
Et l'un deux a tenu ce sermon:
dans l'Etat des loups blonds
les troueaux de moutons prolétaires
ne sauraient être mangés que par les loups clairs.
Pour cette raison, un seul principe à valoir:
à bas les loups noirs!

Et quand on en vint à la violence
même les moutons furent de la danse."

Erich Weinert




Regarde et Ecoute from Jean-Côme Bouden on Vimeo.


" Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue."