mardi 5 mai 2015

dazibao

photo Pascal M.

"Je ne suis rien.
Je ne serai jamais rien.
Je ne peux vouloir être rien.
A part çà, je porte en moi tous les rêves du monde.
Fenêtres de ma chambre, 
Ma chambre où vit l’un des millions d’êtres au monde
     dont personne ne sait qui il est
(Et si on le savait, que saurait-on ?),
Vous donnez sur le mystère d’une rue au va-et-vient
     continuel,
Une rue inaccessible à toutes pensées,
Réelle au-delà du possible, certaine au-delà du secret,
Avec le mystère des choses par-dessous les pierres
     et les êtres,
Avec la mort qui moisit les murs et blanchit les
     cheveux des hommes,
Avec le Destin qui mène la carriole de tout par la
     route de rien.
Aujourd’hui je suis vaincu comme si je savais
     la vérité.
Aujourd’hui je suis lucide comme si j’allais mourir
Et n’avais d’autre intimité avec les choses
Que celle d’un adieu, cette maison et ce côté de la
     rue devenant
Un convoi de chemin de fer, un coup de sifflet
A l’intérieur de ma tête,
Une secousse de mes nerfs, un grincement de mes
     os à l’instant du départ.
Aujourd’hui je suis perplexe, comme celui qui a
     pensé, trouvé, puis oublié.
Aujourd’hui je suis divisé entre la loyauté que je dois
Au Tabac d’en face, chose réelle au-dehors,
Et la sensation que tout est rêve, chose réelle
     au-dedans. 

.../..." 
Fernando Pessoa- extrait de "Bureau de tabac"-





 photo: Pascal M.









"On ne dit plus Lawrence d'Arabie
on dit François Hollande."
(sortie du poste) 







vendredi 1 mai 2015

une goutte de pluie sur le visage




"Je compris alors que je ne m'étais engagé
que pour déserter.
L'état du déserteur serait le mien.
J'avais enfin découvert ma vocation."
-Jean-Claude Pirotte-






découverte de PAR ICI






".../...
La peur et la joie. Pile ou face. On vit toute une vie avec ça. La peur ou la joie. Être une pièce. On tombe d'un côté ou de l'autre. On choisit, plus ou moins, de quel côté on tombe. La joie est le dos de la peur. quand l'une s'éloigne, on distingue le sourire sur le visage de l'autre. On est les deux. une pièce. Qui vole en l'air. Qui tourne. Qui tombe; S'il n'y a rien ou personne pour nous lancer une nouvelle fois. On reste en bas. Le visage couché dans la poussière. L'idéal serait de rouler. Sur la tranche. C'est un idéal. Ou de rester en l'air. A voltiger. Eternellement. Jusqu'à ne plus avoir besoin de distinguer le sol du ciel.
.../..."
Thomas Vinau-extrait de: "La part des nuages"-Alma Editeur-




".../...
Tous les jours ne se ressemblent pas
un seul jour suffit à l'image du bonheur
dessinée sur l'escalier des rêves
une feuille de citronnelle à la main
pour le parfum des jours à venir

Une goutte de pluie dans les yeux des puissants
et tout bascule

Le visage se détend
le silence raconte un sourire
une goutte de pluie sur le visage

L'égo perd ses ailes tremble et vacille
pour la première fois de sa vie
l'égo ouvre les yeux sur la vie
qui peine à voir
tel qu'en lui-même emmuré dans sa tour d'ivoire."
-Tanella Boni-"extrait de: "La pluie aussi a son mot à dire" Editions Vents d'ailleurs-