mardi 18 mars 2014
une brume sans mousse
Une brume sans mousse
écorne la nuit.
Des navires fantômes rognent l'estuaire
et leurs cris de solitude
ne parviennent même plus à réveiller la compagnie des rêves endormis.
Faut dire qu'elle en a vu tellement d'autres,
d'ectoplasmes guidés par le brouillard,
de barges humides et grinçantes,
de dragues de Loire pleurant leur mer,
et...
combien de mirages à jamais ensablés sur des iles bidons, sans noms et sans scrupules.
de chimères à boire pour poète de circonstance tenu en laisse par des vagues
illusions.
La brume cache les défauts, peines et misères.
Elle ne fait plus vraiment de différence entre le jour et l'ennui
entre la veille et son lendemain.
Elle délocalise tes repères en ombres chinoises
et ainsi tu te retrouveras sans le savoir
largué sur le quai d'un port vaguement exotique
à chercher une rime comme excuse à ta soif
d'absolue candeur.
lundi 17 mars 2014
ipéca
photo Marc Racineux
VOMITIF
"Qui se souvient de ce vomitif dont on ne trouve plus guère le nom que dans les grilles de mots croisés, l'ipéca? C'était radical, l'ipéca! une cuillerée et hop!
Eh bien, il semblerait qu'on n'ai plus besoin de cette vieille recette de grand-mère. il suffit maintenant de regarder l'actualité et hop!
Lorsque le mec très "con" a torturé un chat au point de lui casser la patte, les réseaux sociaux se sont mobilisés comme jamais depuis le soutien au bijoutier qui avait tiré dans le dos de son voleur. La vidéo a tourné en boucle et chacun y est allé de ses cris offusqués et de ses condamnations morales. A juste titre sans doute, me direz-vous. Bien sûr, à tel point que le tortionnaire de chat a été condamné à un an de prison ferme. La justice est certes indépendante mais là! Je me demande si le juge n'a pas Facebook! il y a une semaine, une petite fille est morte brûlée sur un terrain où vivent des Roms bulgares à Bobigny! La nouvelle est tombée à 7 heures va les agences de presse, les journaux du matin étaient déjà sortis, on en a causé dans les rédactions, l'info a été donnée froidement, les réseaux sociaux ne se sont pas enflammés pour dénoncer les conditions de vie des Roms sur le terrain ni les soupçons d'attentat criminel, dans la mesure où ce camp a déjà fait l'attaque d'une agression extérieure du même genre cet été. non, rien, la maire de Bobigny, Madame Peyge a fait un appel solennel au gouvernement pour que le minimum de conditions décentes soit envisagé dans ces terrains sans sécurité, sans toilettes, dans douche. Bien sûr, les gentils militants du coin ont rappelé lors de la marche blanche, quelques jours plus tard, que cette enfant était scolarisée et que c'était une bonne élève. Ah oui? et si elle ne l'avait pas été? Je les comprends ceci dit, il fallait dire au monde que cette gamine était une enfant comme les autres, comme les vôtres. il fallait le dire parce que, face au silence des médias, ce n'était pas si évident.
Une petite fille Rom n'en vaut pas une autre?
Peut-être ne vaut-elle pas un chat?
Vous voyez, plus besoin d'ipéca pour gerber."
- Etienne Liébig- "Sur le vif" Lien Social n°1136
photo Marc Racineux
"Acte I : écris
acte II : et crie
Acte III : brûlant de vivre
ici"
Jean Durosier Desrivières
photo: Marc Racineux
Brigitte aux platines:
VOMITIF
"Qui se souvient de ce vomitif dont on ne trouve plus guère le nom que dans les grilles de mots croisés, l'ipéca? C'était radical, l'ipéca! une cuillerée et hop!
Eh bien, il semblerait qu'on n'ai plus besoin de cette vieille recette de grand-mère. il suffit maintenant de regarder l'actualité et hop!
Lorsque le mec très "con" a torturé un chat au point de lui casser la patte, les réseaux sociaux se sont mobilisés comme jamais depuis le soutien au bijoutier qui avait tiré dans le dos de son voleur. La vidéo a tourné en boucle et chacun y est allé de ses cris offusqués et de ses condamnations morales. A juste titre sans doute, me direz-vous. Bien sûr, à tel point que le tortionnaire de chat a été condamné à un an de prison ferme. La justice est certes indépendante mais là! Je me demande si le juge n'a pas Facebook! il y a une semaine, une petite fille est morte brûlée sur un terrain où vivent des Roms bulgares à Bobigny! La nouvelle est tombée à 7 heures va les agences de presse, les journaux du matin étaient déjà sortis, on en a causé dans les rédactions, l'info a été donnée froidement, les réseaux sociaux ne se sont pas enflammés pour dénoncer les conditions de vie des Roms sur le terrain ni les soupçons d'attentat criminel, dans la mesure où ce camp a déjà fait l'attaque d'une agression extérieure du même genre cet été. non, rien, la maire de Bobigny, Madame Peyge a fait un appel solennel au gouvernement pour que le minimum de conditions décentes soit envisagé dans ces terrains sans sécurité, sans toilettes, dans douche. Bien sûr, les gentils militants du coin ont rappelé lors de la marche blanche, quelques jours plus tard, que cette enfant était scolarisée et que c'était une bonne élève. Ah oui? et si elle ne l'avait pas été? Je les comprends ceci dit, il fallait dire au monde que cette gamine était une enfant comme les autres, comme les vôtres. il fallait le dire parce que, face au silence des médias, ce n'était pas si évident.
Une petite fille Rom n'en vaut pas une autre?
Peut-être ne vaut-elle pas un chat?
Vous voyez, plus besoin d'ipéca pour gerber."
- Etienne Liébig- "Sur le vif" Lien Social n°1136
photo Marc Racineux
"Acte I : écris
acte II : et crie
Acte III : brûlant de vivre
ici"
Jean Durosier Desrivières
photo: Marc Racineux
Brigitte aux platines:
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