dimanche 3 février 2013

en dehors des sentiers rabattus





L’université Rennes 2 célèbre cette année le bicentenaire de la naissance de Verdi et Wagner à l'occasion de la troisième édition du festival Transversales Cinématographiques consacrée à la thématique "Opéra et Cinéma".
 Ce festival étudie les liens entretenus par le cinéma avec les autres arts.
A l'université Rennes2 du 11 au 16 février


LE SITE DU FESTIVAL 


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CONTRE VENTS ET MAREES
jusqu'au 24 mars  la Galerie "Le Lieu" propose à l'Hôtel Gabriel-Enclos du Port à Lorient trois expositions photographiques:

 photos:Alain Le Nouail


 -LES ÎLES consacrée à Ouessant, Hoëdic et Sein



-La GLACIERE 





photos: Stéphane Cuisset


-DOCKS ET DOCKERS

PLUS D'INFOS

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Jusqu'au 21 février le Théâtre  de Cornouaille de Quimper ouvre ses portes au cirque contemporain avec seize spectacles sous chapiteau, en salle mais aussi en plein air sur les places et jardins de la ville



L'Homme Cirque par Ulllyssse

FESTIVAL CIRCONOVA




"La forêt est un symbole historique et culturel fort de la Bretagne. Une ressource précieuse, quelque peu négligée. Un milieu naturel d'une grande richesse, pourtant assez méconnu. L'Ecomusée a choisi d'y consacrer sa nouvelle exposition temporaire.../..."
 Ecomusée du Pays de Rennes 


samedi 2 février 2013

c'est moi





"Ne vivez pour l'instant que vos questions.
Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses."
 -Rainer-Maria Rilke-




C'EST MOI!

"La vie moderne a inventé ce bonheur. C'est le revers de tous les enfermements, de toutes les mises à distance, de toutes les méfiances occasionnées par le progrès. Avant on s'avançait, on entrait dans le champ visuel de l'autre, on le voyait sourire, bien sûr. Mais plus vive est la sensation de passer par la voix, le truchement d'un haut-parleur juste à côté d'un digicode, et de lancer "C'est moi!".
A distance du regard, plus besoin de pudeur pour dire la satisfaction profonde d'être celui, celle que l'autre attendait. On y met un élan, une fraîcheur dissipant toutes les fatigues, les mélancolies;
C'est moi. On ne sait pas toujours quel est ce moi. Il se dilue parfois dans des je hasardeux que l'on rassemble mal. C'est peut-être pour cela aussi qu'il y a ce regain d'enthousiasme dans cette fraction de seconde jubilatoire: le haut-parleur de l'interphone prend une vacance amplifiée où l'on va faire tomber une identité soudain reconstituée, parfaite. Pas moyen de faire chuter l'inflexion de la voix sur la seconde syllabe, de signifier: ce n'est que moi. Non, le moi monte vers l'aigu, l'exclamation, une sorte d'allégresse.
C'est très humble en même temps. il y a des milliards d'habitants sur terre, et l'on n'est moi que pour un autre, deux au plus. Mais l'intensité du plaisir vient de cette singularité fantastique, inquiétante parfois mais protectrice à ce moment.
En bas de l'immeuble on jette dans la boîte à voix une bouffée de froid roborative ou bien l'haleine de l'été. On vient vers celui qui nous sait. On lui apporte un tout petit nuage d'oxygène, un infime bouleversement du quotidien;
Pas moyen de trouver une place, je n'ai fait que courir depuis ce matin- ça, c'est juste pour donner le change quand on aura gravi des marches, emprunté l'ascenseur. Comme pour faire oublier cette ivresse de certitude: avoir été celui qui dit: "'C'est moi!"
Philippe Delerm- extrait de "JE VAIS PASSER POUR UN VIEUX CON et autres petites phrases qui en disent long" -Editions Seuil-