vendredi 26 octobre 2012

Sauve-toi la vie t'appelle



"Quand rien de ce qu'on dit n'est entendu, quand tous les mots sont déformés, comment voulez-vous ne pas vous taire?
Votre personnalité se clive en une partie socialisable, et soudain un mutisme où vous vous sentez en sécurité, emmuré à l'abri. L'auditeur désorienté éprouve une étrangeté qu'il a lui-même provoquée et qu'il vous attribue./..."




".../...Je croyais que raconter des histoires me permettrait de ne pas raconter mon histoire. J'espérais me cacher derrière ce que j'inventais, alors qu'en fait je mettais en scène ce que je ne pouvais dire.../..




".../...La vérité narrative n'est pas la vérité historique, elle est le remaniement qui rend l'existence supportable. Quand le réel est fou, c'est un arrangement avec sa mémoire qui le rend cohérent.../..."





".../...Aucune histoire n'est innocente. Raconter c'est se mettre en danger. Se taire, c'est s'isoler.../..."




"..../...Tous les blessés de l'âme éprouvent l'effet protecteur du silence.../..."




Extraits de "Sauve-toi, la vie t'appelle" - Boris Syrulnik- éditions Odile Jacob



jeudi 25 octobre 2012

fille de darse






La brume avait pris le bateau par les cornes.
L'estuaire trainait mollement sa descente de lit.
Au regard des évènements du ciel, la tendance semblait de mise
dans les variations du gris
roulant en écume de mer.



 Maintenant,
l'avant port avait toute la l'attitude à s'envoyer en mer.
Mais il restait là sagement assis sur ses principes d'amarrage
à regarder pousser la mousse au fond d'un verre, pendant que les alchimistes
du parc d'attraction,
là, derrière,
continuaient à orchestrer une mise en Loire
pour géants des mers


Ce n'est pas la taille qui compte,
souviens t'en.
Y a des demi qui voient double
au bar des vrais semblants. 
De quoi porter sa bouée en bandoulière.

Eh!
Sauve qui peut,
la mer.