dimanche 30 septembre 2012

c'est un passant



 Botzulan, le 17 décembre 1975

"Il est là. Il dort. Dans la chambre d'à côté. C'est un passant. J'aime recevoir les passants. Celui-là surtout.
Car il n'est pas tout à fait comme les autres. C'est qu'il est poète et qu'il vit de sa poésie. Et non seulement il en vit, mais il la dit et la déclame lui-même. Il est son propre acteur. Il est son porte-voix. C'est très rare. Seul, ce me semble, le Gallois sublime qu'était Dylan Thomas avait ce génie-là. Il en mourut, à New-York, sur les planches. Il avait dit: Portrait de l'artiste au jeune chien...
Mon passant, c'est aussi un jeune chien. Il n'a pas encore fait son service national. Il vit dans la bise d'une petite baraque des Côtes-du-Nord. Il a des rires plein les dents. Maigre, le sourcil noir, trois pulls les uns sur les autres. Le jean en accordéon. Il vient de sortir un deuxième livre: En espoir de cause. C'est un joli titre. Il parle souvent d'Essenine, de Maïakovski et de je ne sais plus quel écrivain roumain absolument dingue de son pays.
Il est là, il dort. Hier, il déclamait dans une boîte de Concarneau. Combien de personnes? Il lui arrive d'avoir des auditoires minuscules, derrière des chaises vides. Comme dans Ionesco. Il dit tout de même ses textes, tendres ou vengeurs, des phrases épileptiques, cataleptiques. La transe étoilée. Après, il revient sur terre, un peu fatigué. De ses propres éblouissements. De son grand voyage prolétarien et révolté. "Mon père était cantonnier." dit-il. La misère, la sale misère, il faut aussi des poètes pour la dénoncer.
Faire un métier de ses rages et de ses maux, les balancer, seul, dans la nuit, devant les verres des bistrots ou les houles des meetings, voilà bien sa force et son courage. Il est son propre opéra. Mais où sont les ballerines?
"Une fille a cassé mon disque sous mes yeux, elle trouvait ça insupportable!" confesse-t-il en riant...
Il est là. Il dort. C'est un passant..."

-Xavier Grall cité par Yvon Le Men dans son livre: "On est sérieux quand on a dix-sept ans"-Editions Flammarion
















samedi 29 septembre 2012

et l'on a vue la mer, comme toujours






"Ne serait-ce qu'une fois, si tu parlas de liberté.
Tes lèvres, pour l'avoir connue, en ont gardé le goût du sel.

Je t'en prie,
par tous les mots qui ont approché l'espoir et qui tressaillent,
sois celui qui marche sur la mer.
Donne-nous l'orage de demain.

Les hommes meurent sans connaître la joie.
Les pierres au gré des routes attendent la lévitation.

Si le bonheur n'est pas au monde nous partirons à sa rencontre.
Nous avons pour l'apprivoiser les merveilleux manteaux de l'incendie.

Si la vie s'endort
Risque-là."

-Jean Malrieu-"Préface à l'amour" Editions P.J. Oswald-




...Et l'on a vu la mer comme toujours.

A moins que.
Qui sait?
Ce ne soit-elle qui nous dénicha
le programme de la soirée.
A quelques embrasses du Croisic,
en coucher de rideaux.




Pour le sauvage de la côte.
Pour ses humeurs océanes.
Pour la chance de sembler connaître et de ne rien savoir.
Pour les mots toujours rabâchés
aussi inutiles qu'inévitables.
Pour l'extrême onction du sel sur la peau.
Pour l'instant envolé
avec la grâce de boucaniers de l'Atlantique
tirant des bords d'ailes,
un droit d'affranchi












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La musique qui marche au pas....
 pas forcément ma tasse de thé.
Sauf que parfois,  plus rigolo qu'un a priori dont il faut toujours se méfier- bien entendu-.

Serge nous propose  en ce samedi de la Saint Michel (Chef-Chef?) une synchronisation de 32 métronomes.
 A vos marques.
 Prêt.
 Partez...