vendredi 6 juillet 2012

plus loin que la vie




."../... C'est là où j'ai compris qu'il y avait autre chose, au delà de l'univers, plus loin que la vie. Je sentais cette force incroyablement bienveillante qui me diasait qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur, jamais.../..."

extrait de American Beauty

 















« … La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français…  »
Louis Ferdinand Céline  » Voyage au bout de la nuit « 



 
"Où sont-ils tous ces mots à l'emporte-pièce , superbes de flamboyante naïveté ?
Ont-ils pris le maquis de l'océan qui nettoie les plaies et les creuse du même temps, au sel de la vie?
Sont-ils délavés, lessivés, effacés...quand le sable y est et la raison s'accorde
à  force de menus compromis,
de laborieuses mais peut-être apaisantes concessions ?
Qu'en est-il des chemins  trop clairs malgré les brumes matinales , des routes sans boussole ou lune victorieuse, où il faisait bon d'en jouer à se perdre, tellement ce serait sur de s'y retrouver un jour,

Ne rien savoir du froid dans des mansardes étroites où l'on poussait les murs sur les étoiles de mer, où l'amour plein la bouche troquait  la  poésie pour des chagrins magnifiques, griffant de leurs larmes généreuses des pages entières de souffrances rédemptrices.

Maintenant ou  alors,
plus tard.
Les héros repentis  blanchissent  leurs variables  souvenirs.
La fatigue a bon dos et campe sans vergogne dans le jardin d'hiver grand  ouvert sur  les inspirations des vents sans tambour mais tempête.
Où sont les chants à l'unisson, la guitare torturée qui  gentiment se laissait faire pour le plaisir de s'endormir au ressac  d'une  tendresse cramponnée à  l'universel?
Où sont les conjugaisons insolites, les expériences inédites, les cocktails aux couleurs improbables?

Deux doigts de piano, ça ira merci,  que je m'envole.

Regarde derrière la glace, soulève la couverture des nuages  tout à toi et respire encore  doucement d'autres paysages, d'autres rêves où tu pourrais accrocher les rides comme un trophée sur tes illusions bricolées et revendiquer enfin  la gloire pour chacun et la nostalgie  pour tous.

Aux premières peintures du jour, quand le sommeil te lâche parce qu'il n'a plus rien à te dire, dans la pénombre des repères, pour ne pas  encore déranger  l'ordre du  sage chaos qui t'habite, tu soulèves gentiment  le rideau du grand capharnaüm qui trône en son boulevard et tu te dis qu'enfin tout peut arriver puisque tu  n'attends vraiment  plus rien."







illustrations: Serge-Philippe- Estuaire

jeudi 5 juillet 2012

en petites coupures






"Les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite."
-Yvan Audouard-








 "Découper ce qu'on pense est bien fait. Mais il ne faut pas découper son sujet avant d'y avoir pensé. c'est là ce qui est un défaut, et un défaut propre à décrier la découpure."
-Joseph Joubert-







A l'heure
 de la coupure du déjeuner,
sur la coupée du navire,.
l'échelle
fut coupée.

On cherche encore le coupable...





 Rose,
la coupe est pleine.
L'hameçon a perdu le fil
de l'histoire.
Fallait-il pour autant couper la poire en deux 
en arrivant à Sainte -Hélène?

L'isle me donne toujours autant la berlue.
Est-ce en raison de l'étrave qui coupe de part en part un océan
ou quand  lui se referme  aussitôt sur sa blessure?

Pour renaître 
il avait tout à gagner à perdre les eaux
mais
il craignait encore
des coupures de sentiment.












"Non...
Rien n'a été promis

Cette voix est une écharde de souffle
Un craquement de monde

Le couteau de la langue
Taille des lèvres dans les romances

Rien n'a été promis au ciel
C'est une voix née du divorce
De l'ombre et de celui qui la suit

Le poème est la marque d'un cri oublié

La voix creuse des échos dans le mur
Qui la tient par les pieds"





"Quand on ne peut plus faire un pas sans trouver de toute part des barrières et des coupures.../...alors pour quoi ne pas s'apercevoir qu'à travers le chaos, il y a une mer invisible à notre disposition? Celui qui ne sait pas parler qu'il chante!"

extrait de: "Le soulier de satin" - Paul Claudel.



Illustrations: Zach Meyer.